Un programme suicidaire.

27/02/2017 10:17

 

Quelques éléments concernant « Mes-Luches »

 

La « Gauloisie-insoumise » a précisé son programme… Enfin, disons que dans l’attente d’un corbillard ou d’un covoiturage avec « Âme-Mont » et les « écololo-bobos », j’ai pu avoir une ébauche de chiffrage, que je vous soumets pour la postérité.

En fait, c’est dans une émission retransmise sur YouTube et Facebook que « Mes-Luches » a présenté, dimanche 19 février, le cadrage macroéconomique de son programme.

Et finalement, en résumé, il compte sur une politique d’investissement et de relance budgétaire pour réduire massivement le chômage et autoriser des taux de croissance et d’inflation très flatteurs sur le quinquennat, en même temps qu’une réduction de la dette publique.

 

Ainsi s’est-il engagé sur une baisse le taux de chômage de 10 % de la population active aujourd’hui à 6 % en 2022, en promettant une croissance de la richesse nationale supérieure à 2 % par an dès l’année prochaine…

Que du bonheur !

Des prévisions très supérieures à celles du gouvernement actuel, de la Commission européenne ou du Fonds monétaire international (FMI), mais son équipe justifie ce sursaut économique par « l’efficacité » de son programme, baptisé « l’Avenir en commun ».

Et c’est beau comme un camion-neuf, les utopies…

 

Très vite après son arrivée à l’Élysée, il débloquerait 100 milliards d’euros d’investissements, financés par l’emprunt.

Coût financier prévisionnel autour de 2 milliards/an, si ma calculette « Windows » (merci à Bill Gates) fonctionne correctement.

Pour lui, il s’agit « d’injecter une masse suffisante qui remette en route l’activité », a-t-il expliqué, lors de cette émission entièrement consacrée au chiffrage de son projet.

Au point où on en est, 100 milliards de plus, après le « plan de rilance » de « Devide-gens » de 26 milliards, qui n’a rien relancé du tout, le « Grand-emprunt » de 35 milliards de « Bling-bling » dont on se demande où il a été dépensé, on double la manœuvre avec vraisemblablement les mêmes effets sur le quotidien des citoyens. Décidément, personne n’apprend jamais rien des erreurs passées.

Seul aspect positif, les banques vont s’enrichir comme jamais.

Pour le reste, les générations futures, si elles ne fuient pas, rembourseront, peut-être, avec des larmes et de la sueur.

Parallèlement, quelque 173 milliards d’euros supplémentaires seraient, s’il est élu, ajoutés, sur l’ensemble du quinquennat, à la dépense publique actuelle.

Soit 273 milliards au total qui seraient compensés, à hauteur de seulement 173 milliards par la suppression du pacte de responsabilité ou la lutte contre la fraude fiscale.

Un coup dans les comptes des entreprises qui tentent encore d’embaucher…

Et gare aux présumés fraudeurs : Ils payent d’abord, ils discutent ensuite, même si on suppose que la fraude ne représente pas vraiment 50 % de toutes les recettes : On le saurait.

Elle a bon dos, la fraude, sommée de financer tous les malheurs du pays : J’adore !

 

Son équipe « d’experts » compte en outre sur une forte progression des recettes (+ 190 milliards sur cinq ans), liée à la baisse du chômage mais aussi à un taux d’inflation qui bondirait d’un taux proche de zéro aujourd’hui à plus de 4 % à la fin du quinquennat…

Ruinant au passage les prolos et l’épargne des bourgeois et autres nantis.
Attendez jeunes-gens, si on compte 4 % d'inflation et seulement 2 % de croissance promise, c’est que tout le monde sera en récession de + 2 - 4 = - 2 % de croissance-négative.
Ou alors ils ont appris à ne pas savoir compter, ces experts-là !
Que du bonheur, vous dis-je.

Et puis quand bien même, je rappelle que les niveaux de salaires indexés, quand l’index « bouge », se fait toujours avec un an d’écart…

Mais justement, ils prévoient d’augmentation les salaires de six points en moyenne, avec notamment une augmentation du smic net de 173 euros par mois, à la charge des entreprises (qui payent aussi l’impôt qui sert à payer les fonctionnaires eux-aussi augmentés) : À elles de vous les refoutre dans le prix des produits et services qu’elles vous refourguent tant bien que mal.

Oui, parce que marché « export », ce n’est pas bien sûr que nos « pépites » parviennent à garder leurs positions internationales.

Quant au marché interne ainsi « augmenté » en termes de pouvoir d’achat, c’est toujours un vrai régal pour les entreprises étrangères.

Comme on a pu le voir en 1981, comme on se souvient également du passage aux 35 heures de « Titine-eau-Brie » : Une véritable opération de dopage des importations…

Les entreprises étrangères adorent ce genre de sport, qu’on se demande comment elles pourraient créer des emplois et gagner en compétitivité avec des machines neuves sans l’aide et l’assistance assidue des « gôches-gauloisiennes »…

Heureusement qu’elles existent !

 

Ceci dit, avec cette recette-miracle, ils comptent créer quelque 3,5 millions d’emplois supplémentaires, dont seulement 2 millions dans le secteur marchand (donc 1,5 qui passent par la case « publique » à financer avec vos contributions volontaires et obligées), et du coup une augmentation du taux de prélèvements obligatoires, passant de 45 % du produit intérieur brut (PIB) aujourd’hui à 49,2 % en 2022, permettant d’obtenir de meilleurs services publics.

En fait, il est déjà à 57 %, tout compris, on en viendra donc à plus de 61 %.

Tiens donc : Dépasserait-on enfin les ratios suicidaires des ex-pays du « bloc de l’Est » ?

Et dire que le communisme marxiste-léniniste-stalinien est mort de sa belle utopie en 1990…

 

À l’en croire, l’autre « effet vertueux » de cette politique économique, le déficit public (État, protection sociale et collectivités territoriales) serait réduit de 3,3 % du PIB en 2016 à 2,5 % du PIB à la fin du quinquennat !

Mais en dérogeant à la règle européenne des 3 % du PIB en 2018, où il se creuserait à 4,8 %.

Quant à la dette publique, elle passerait de 95,8 % du PIB à l’heure actuelle à 87 % en 2022, après une hausse à 96,8 % du PIB en 2018.

C’est marrant, c’est, dans une moindre mesure exactement la même courbe promise par « Bling-bling » en 2006 pour 2007 à 2012.

Vous avez pu apprécier la suite, naturellement…

 

Si c’était tout pour le week-end dernier, on rappelle que le candidat ne s’arrête pas à la « menue-monnaie » qui ne lui appartient pas (l’argent des z’autres).

Au mois d’octobre dernier, il a été clair en invitant son public à réfléchir autour d’une dizaine de « mesures emblématiques » issues du programme.

Ce dernier a été élaboré à partir de son « petit livre rouge » de 2012, « L’Humain d’abord », auquel se sont ajoutées plus de 3.000 contributions d’internautes et les auditions de plusieurs chercheurs et experts par l’équipe du candidat.

Une synthèse de ce travail a été effectuée et un document d’une quarantaine de pages en est alors ressorti, lui-même proposé à la consultation des 130.000 personnes qui soutiennent la campagne du candidat. 

 

Et souvenez-vous, contrairement à 2012, ce document n’est pas le fruit de compromis entre différentes organisations politiques : Il y assume ses choix et déroule ses idées sans se retourner.

En vrac et comme d’une litanie inacnatatoire perpétuellement récitée on y retrouve :

Le droit de vote pour les résidents étrangers ; la retraite à 60 ans (comme chez « Marinella-tchi-tchi ») ; l’interdiction des licenciements boursiers ; la taxe sur les transactions financières ; une échelle des salaires de 1 à 20 dans l’entreprise (notion de salaire-maximum) ; la sortie de l’Alliance Atlantique (OTAN) (comme chez « Marinella-tchi-tchi ») ; ou encore reconnaissance de l’État palestinien, comme nulle part ailleurs et partout en même temps…

Vachement important, s’il en est.

Mais pas seulement.

 

Au chapitre institutionnel, il annonçait une VIème République qui ouvre la marche et constitue le cœur du programme. On y retrouve le projet d’une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution qui sera soumise à référendum : Je ne sais pas ce qu'ils ont tous contre l’actuelle dont ils espèrent qu’elle va les porter au nirvana-républicain.

Dedans, outre le cumul des mandats, y compris l’introduction de la proportionnelle, il détaillait déjà plusieurs éléments développés ces dernières années comme la possibilité de révoquer un élu en cours de mandat mais aussi des nouveautés comme le droit de vote à 16 ans (mais pas de majorité pénale au même âge, ni le droit de se « marier-pour-tous » à cet anniversaire-là) ou le vote obligatoire.

Il veut également mettre sur pied un référendum d’initiative citoyenne ainsi qu’un « congé républicain » afin de diversifier le profil des élus.

 

Du côté de « la planification écologique », il s’émancipait de sa campagne de 2012. Il y a cinq ans, le principal point d’achoppement entre le PCF et le PdG portait sur la sortie du nucléaire. Les premiers y étaient opposés, les seconds favorables. Les deux partenaires s’étaient mis d’accord sur l’organisation d’un référendum pour demander leur avis aux gauloisiens, ces experts en politique énergétique bâtie depuis les années 45 avec patiente.

« Mes-Luches » promet désormais la sortie du nucléaire en fermant « immédiatement » la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) (ce qu’il n’aura pas à faire s’il est élu, puisque c’est désormais en cours, « 100 % d’énergies renouvelables en 2050 » (J’adore : Le retour du chauffage au bois, au lignite et à la tourbe, comme en Teutonie dont les suie viennent polluer les délicats alvéoldes pulmonaires des Parigots et des Genoblois… ?).

Naturellement un pôle public de l’énergie et l’arrêt des « grands projets inutiles comme l’aéroport Notre-Dame-des-Landes » cher à « Air-Eau ».

S’il est élu, la « règle verte » – « ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer » – sera constitutionnalisée !

Que des propositions destinées à séduire les électeurs « écololos-bobos » déçus d’Europe Écologie-Les-Verts (et « konne-benne-dite », « Sicile-du-flot-vert », « Ya-Do-banania », et « Manu-les-Cosses »…)

 

Bien sûr, le projet européen aujourd’hui défendu par le cofondateur du PdG marque également une évolution par rapport à 2012. L’Humain d’abord souhaitait « s’affranchir du traité de Lisbonne », « L’avenir en commun » veut maintenant « sortir des traités européens » (comme, enfin… pas tout-à-fait, « Marinella-tchi-tchi » : encore un point de convergence).

Le nouveau slogan de « Mes-Luches » c’est : « L’Europe, on la change ou on la quitte ».

C’est la version soft du « on s’aime ou on se quitte » que beaucoup de couple amoureux expérimentent de temps à autre.

Et on y découvrait alors que le candidat y développait son idée de « plan A et plan B » fondé sur un rapport de force.

« Le plan A, c’est la sortie concertée des traités européens par l’abandon des règles existantes pour tous les pays qui le souhaitent et la négociation d’autres règles. Le plan B, c’est la sortie des traités européens unilatérale par la France pour proposer d’autres coopérations. »

Et si les conditions fixées sont acceptées, le résultat des négociations sera soumis à référendum avait-il promis.

Prenant ainsi le risque de se faire retoquer par la vox populi « anti-francexit », ce qui me ferait bien rigoler…

 

Les événements qui ont rythmé l’actualité depuis 2012 ont aussi imposé de nouvelles propositions. S’il s’installe à l’Élysée, le député européen entend abroger la loi « El Konnerie » et « rétablir la hiérarchie des normes sociales ».

Ce en quoi, c’est désormais moins sûr : Après tout, il n’y a que les fous qui ont des idées fixes…

Il veut aussi créer un nouveau statut pour les travailleurs avec une « Sécurité sociale intégrale » et notamment un « droit opposable à l’emploi ».

Quand on voit où on en est avec le droit au logement… enfin passons !

L’État devra proposer un emploi au chômeur, en lien avec sa qualification, sur une mission d’intérêt général, dans le cadre d’un « service public de l’emploi ». Le candidat promettait également une sixième semaine de congés payés et un smic à 1.300 euros net par mois en début de mandat.

Un impôt « plus progressif » devrai être créé avec un barème à quatorze tranches : « Tout le monde doit payer aujourd’hui et chacun selon ses moyens. »

Un « revenu maximum autorisé » dera aussi instauré : « 100 % d’impôt pour la tranche au-dessus de vingt fois le revenu médian, soit 400.000 euros annuels. »

Terminé les meks : Ce ne sera plus en « Gauloisie-marxiste » qu’on pourra s’enrichir par son propre talent !

Exit les artistes, les footballeux, les génies en herbe, les gagnants du Loto : Ils devront s’exiler, eux aussi.

Bien sûr, la légalisation du cannabis et le droit à la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes (mais avec un refus de la gestation pour autrui) complètent l’ensemble.

 

Sur l’immigration, un sujet sur lequel il avait créé la polémique ces derniers temps, le programme du candidat s’en tient à des généralités – « arrêter les guerres par une diplomatie active et indépendante au service de la paix » (… faire la guerre à la guerre : Un concept à développer… sans faire de la dissuasion ?) – et reste dans le cadre de ce qu’il avait déjà avancé comme la régularisation des travailleurs sans papiers.

 

En tout cas ses cartes sont sur la table et ceux qui décideraient de rejoindre sa campagne, quels qu’ils soient de « Marinella-tchi-tchi » (la plus proche) à « Âme-mont », le plus éloigné en passant par « Fifi-le-à-déchoir » devront en accepter le cadre et le programme. Cela vaut naturellement pour les « coco-staliniens » qui se sont couchés… 

 

Et pour l’heure, les derniers sondages placent le député européen entre 15 % et… 15 % d’intentions de vote.

Pas de quoi vous affoler, sauf à penser qu’il y a un peu plus d’un électeur sur 6 qui reste masochiste revendiqué, à défaut d’être « autiste-trisomique ».

Passons, ils sont deux fois plus nombreux à l’être à l’extrême-droâte…

Ce qui finalement fait beaucoup de monde au total.

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/02/un-programme-suicidaire.html

 

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