Un prêt de 430 millions d’euros pour l’Irak

10/10/2017 14:41

 

La dette publique de notre pays a atteint la somme astronomique de 2.231,7 milliards d'euros au deuxième trimestre 2017, en hausse de 22 milliards par rapport au trimestre précédent, et représente 99,2 % du produit intérieur brut (PIB).

 

Tout va bien pour les moutons… préparez-vous à vous faire tondre un peu plus !...

 

Mais il faut quand même se poser ces questions :

A qui devons-nous cet endettement effrayant et toujours en croissance ?...

Doit-on faire des économies et lesquelles ?...

 

C’est là où j’ai été franchement surpris de l’annonce le 5 octobre dernier d’un prêt de de 430 millions d’euros à l’Irak, sur 17 ans, à un taux plus favorable que les conditions du marché (6,75 %).

 

Ce prêt pose plusieurs questions :

-      Pouvons-nous prêter des sommes importantes alors que nous sommes nous-mêmes gravement endettés ? ;

-      Compte-tenu de l’état de destruction de l’Irak, après 40 ans de guerres, il est nécessaire de trouver 1000 à 2000 milliards de dollars pour la reconstruction. Un « Plan Marshall » ne serait-il pas plus adapté pour reconstruire l’Irak ? ;

-      Est-ce à notre pays d’aider l’Irak qui est dans la sphère d’influence américaine ?...

-      Les Pétromonarchies ne sont-elles pas mieux placées que nous pour aider un « pays frère » ?...

-      Quels auraient pu être les moyens de pression sur notre gouvernement ?...

 

Pour répondre, tout du moins en partie à ces questions, il faut revenir à la première guerre du Golfe lorsque l’armée irakienne de Saddam Hussein a envahi le Koweït le 2 août 1990.

Une coalition internationale, menée par les USA, la France et la Grande Bretagne, a organisé la libération du Koweït, du 17 janvier au 28 février 1991, lors de l’Opération « Tempête du Désert ».

 

Pour beaucoup, c’est de l’histoire ancienne mais, à l’époque, j’étais captain A320 à Air France et volontaire pour aller en zone de guerre afin d’assurer le ravitaillement de nos soldats, c’est-à-dire que, pour moi, c’est hier.

Aussi, j’ai très mal pris des informations, reçues en 1997, selon lesquelles les indemnités de la guerre du Golfe virées à notre pays avaient été détournées par les dirigeants politiques de l’époque.

En effet, le Koweït, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes-Unis, ont virés aux USA, à la France et la Grande Bretagne, 84 milliards de dollars au titre des frais de guerre.

L’information est disponible dans le New York Times du septembre 1992 et on peut estimer que cette somme a été répartie proportionnellement à l’importance de l’intervention de chaque pays.

Ainsi, la France aurait du toucher environ 7 milliards de dollars.

 

Des députés ont posé à l’automne 2015 des questions au ministère de la Défense, et au ministère des Finances, pour savoir si des fonds avaient été reçus au titre de la guerre du Golfe, à quelles dates, pour quels montants, mais ils n’ont reçu qu’une réponse négative du gouvernement.

 

Ainsi, aucune somme ne serait rentrée dans les caisses du Trésor Public alors que l’on sait, par un communiqué de presse du ministère des Affaires Etrangères du 25 février 1991, qu’un don par l’Emir du Koweït d’UN milliard de dollars a été fait à la France « au titre de notre effort militaire dans le Golfe » !...

Où est passé l’argent ?...

 

D’autre part, un deuxième scandale de détournement de fonds concerne l’extinction des 1100 puits de pétrole en feu au Koweït qui ont été éteints à l’azote liquide, et non pas à l’explosif comme le croit encore le public.

Un contrat de 23 milliards de dollars a été signé par l’inventeur du système, Joseph Ferrayé, qui avait déposé un brevet à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI), dépendante du ministère de l’Industrie dont Dominique Strauss-Kahn était à la tête.

 

C’est l’affaire « Basano-Ferrayé » :

http://www.alerte-ethique.com/affaire-basanoferray%C3%A9/

 

Ainsi, on a eu droit à deux détournements de fonds lors de la guerre du Golfe de 1991 : le premier est d’environ 7 milliards de dollars (soit 18 milliards d’euros en valeur actuelle), tandis que le deuxième est de 23 milliards d’euros (soit 61 milliards d’euros en valeur 2017).

 

Le total de ces détournements est de 79 milliards d’euros en valeur 2017.

 

Cela représente environ 2000 euros par « Mouton » en âge de travailler (36 millions de « Moutons » entre 18 et 65 ans…).

 

Evidemment, cet argent n’a pas disparu et il semblerait que Nicolas Sarkozy ait organisé une opération de récupération des fonds qui auraient été placés dans le « Grand Emprunt 2010 », encore appelé « Plan d’Investissement pour l’Avenir ».

 

On peut faire confiance aux « Médias-aux-ordres » pour maintenir une Omerta sur cette affaire qui mouille l’ensemble de la classe politique des trente dernières années.

 

 

Pour revenir au prêt à l’Irak de 430 millions d’euros, on peut se pencher sur les derniers développements du dossier « Guerre du Golfe » :

 

1/ Le 19 juillet 2017 : démission du général Pierre de Villiers, Chef d’Etat-major des Armées ;

 

2/ Le même jour, mise en ligne d’un texte en langue arabe sur un site libanais où est expliqué le détournement des indemnités de la guerre du Golfe. Certains y verront une coïncidence avec la démission du CEMA ;

 

3/ Un mois plus tard, le 26 août 2017, visite en Irak de Florence Parly, ministre de la défense, et de Jean-Yves Le Drian, Ministre des Affaires Etrangères, afin de développer un important partenariat avec les Irakiens ;

 

4/ 1er septembre 2017, Saad Hariri, premier ministre libanais, rencontre notre « président jupitérien » à Paris ;

 

5/ Le 13 septembre 2017, la lettre d’Atama Teugasiale, ancien de Daguet, à « Manu-Mak-Rond », est transmise à la ministre de la Justice. La transmission au Parquet militaire pourrait avoir de graves conséquences politiques ;

 

6 / Le 19 septembre, dans l'arrêté paru au Journal officiel « relatif à la composition du cabinet du président de la République », le CEMP recule d'une case et passe en troisième position.

Du jamais vu dans l’histoire de la République car le CEMP a toujours eu la deuxième position dans le protocole de l’Elysée depuis 1879 !...

 

A priori, lorsque l’on se remémore le déroulé des événements récents, cette transmission à la ministre de la Justice a été faite sous la contrainte, et la rétrogradation de l’amiral Rogel ne serait qu’une « vengeance » de « Manu-Mak-Rond » !...

Une « vengeance » de bas niveau qui ne peut qu’aggraver la situation.

 

7/ le 25 septembre 2017, deux mois après le courrier en arabe sur un site libanais, où il a été lu 30.000 fois en trois jours, visite d’Etat du général Michel Aoun, président libanais, qui repart avec un magnifique soutien économique, diplomatique et financier de la France (le tout parfaitement justifié) ;

 

8 / le 28 septembre 2017, lancement d’un nouveau Programme d’investissement d’Avenir (PIA) de 57 milliards d’euros !...

Certains journalistes économiques se sont étonnées de la provenance assez complexe des fonds et du « pourquoi ?... » de l’opération ;

 

9 / Le 5 octobre 2017, annonce d’un prêt de 430 millions d’euros pour l’Irak. C’est là, où je trouve que cela commence à faire beaucoup de "coïncidences"…

 

Je rappelle que la démission du général Pierre de Villiers est notamment liée à la réduction de 850 millions d'euros des crédits destinés à l'achat d'équipements militaires en 2017.

Alors, d’un côté on prête 430 millions à l’Irak et de l’autre on sabre les budgets militaires de 850 millions !...

 

La pression risque de monter sérieusement dans les Etats-majors car la vétusté des matériels est une source d’ennuis continuels, de missions annulées, de manque d’entrainement des équipages, etc…

 

D’ailleurs, j’en ai fait un courrier d’information à « La Délégation à l'information et à la communication de la défense » (DICoD) qui rappelle l’essentiel du dossier.

 

 

En conclusion, je me pose cette question : « Les pays arabes qui connaissent maintenant très bien le dossier du détournement des indemnités de la guerre du Golfe, suite à la diffusion en langue arabe d’informations indiscutables sur un site libanais, ont-ils un moyen de pression très efficace sur Emmanuel Macron et le Gouvernement ?...»

 

 

Jean-Charles Duboc

 

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