Ultime récit : Chapitre vingt-sixième

31/08/2017 16:11

 

Le feu.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

En suivant le cours de ce « ru », même si la pente vers la mer n’est pas très forte, Paul finit par déboucher sur une sorte de petit jardin, taillé dans une sorte de clairière sise dans la végétation tropicale éparse, où poussent des tomates.

De vraies tomates !

Sublimes, même si elles ne sont pas très grosses ni très mûres…

Les « filles » se sont faites cultivatrices : incroyable !

Elles sont là depuis combien de temps ?

Comment sont-elles arrivées jusque-là ?

Qui sont-elles ? Des fugitives ou des proscrites ? Et pour quel crime odieux et barbare commis dans cette seconde hypothèse ?

Plus loin, ça ressemble à des radis, avec d’immenses feuillages et de toutes petites racines.

Les navets cultivés en aval sont quand même plus réussis.

Et alors, miracle, plus loin encore, guidé par les « filles », il y a des sortes de poules pleines de plumes qui vaquent en liberté. Ça donne des œufs, ces bestiaux-là, non ?

Tout cela ne vaut pas un trois étoiles du Michelin, mais c’est quand même suffisant pour faire un repas divin.

Sauf que tout est dégusté cru : pas de feu !

Même les œufs qu’il faut gober. Ce n’est pas qu’on manquerait si cruellement d’ustensile de cuisine, quoiqu’à part quelques bouts de bois taillés et des récupérations de la déchetterie de la plage, ce n’est pas Byzance non plus de ce point de vue-là.

Car Paul veut leur montrer comment il allume un feu avec deux bouts de bois secs et un peu de lichen…

Elles le regardent faire avec intérêt, assises en cercle autour de lui, lui-même assis en tailleur à même le sol, et puis quand elles commencent à comprendre, elles se mettent à pousser des cris d’orfraie !

Et bien sûr, pas d’explication avec leur logorrhée faite que d’onomatopées. Elles sortent d’où avec cette absence de langage et leur maigreur à faire peur à des anorexiques ?

 

Elles peuvent prononcer des consonnes, mais c’est dans un langage que Paul ne saisit pas, alors qu’elles ont l’air de pouvoir facilement communiquer entre elles. Paul devient d’ailleurs « bôô ». C’est vrai qu’il est beau, enfin… sans prétention il l’a toujours été aux yeux de la gente féminine, mais tout de même…

Et pourquoi cette peur du feu ? Impossible d’avoir une explication rationnelle.

Au moins au début de leur cohabitation.

Pareillement, à force de ténacité, Paul se fabrique une sagaie. L’arc et les flèches, une autre fois : il n’y a aucun outil et pas le moindre bout de chanvre assez résistant pour supporter d’être étiré afin de ployer un bout de bois…

Mais le lendemain, où il ramènera un second poisson pour le faire cuire, elles s’opposeront à sa tentative de faire du feu.

Là, ça ne vas pas être facile avec un régime d’œufs, de coquillages et de crudités…

En revanche, elles sont douées pour la cueillette de baies et de fruits plus gros qui ressemblent à des papayes. Et expertes dans l’ouverture des noix de coco qui viennent de tomber. Fraîches.

Quoique Paul s’essaye encore à grimper sur des cocotiers en bordure de mer qui ont l’avantage d’avoir poussé « pas droit », s’étirant vers le large en pente plus ou moins prononcée. S’il glisse et tombe, ce sera sur du sable…

Il se donne également un mal fou pour en faire tomber à coup de lancés de pierre. C’est beaucoup d’énergie pour un piètre résultat.

 

Les trois femmes dorment la nuit à même le sol, sous un petit abri fait de branchages de palmier-cocotier entrelacés. Et désormais Paul est invité.

Il faut dire que ça le change des cyborgs aux physiques « adaptables » à ses désirs, ceux à « géométrie variable ».

Là, on est quand même assez loin des lieux communs véhiculés par la culture cinématographique, par exemple d’un James Bond étalé sur une plage de sable avec une Ursula Andress qui sort quasiment nue de la mer avec ses formes divines pour venir séduire l’espion de sa très gracieuse majesté dans « Docteur No ». On est beaucoup plus proche de « Lost » ou « Koh-lanta », les caméras, l’équipe d’assistance et de soutien en moins, de Robinson Crusoé sans Vendredi et sans végétation généreuse, voire d’un épisode d’Exodus qui se serait échoué dans l’océan indien pour toute Terre-Promise.

Des clichés, ce sera une autre fois, réservés seulement à ce qui est télégénique, or là, personne ne l’est pour être plus proche de l’animalité de Cro-Magnon en mode « survie » !

Bref, la « belle-vie » dans l’Éden retrouvé, dans les livres seulement.

La séquence suivante a toutefois débuté par une sieste. Paul essaye de trouver le moyen de se raser : une barbe de quatre jours, ça gratte. Surtout qu’il va pour se décrasser dans les vagues. Ce n’est pas l’idéal, parce que si on ne se sèche pas rapidement, le sel se dépose sur la peau et les poils et ce n’est pas du meilleur effet.

Sa chemise et son pantalon font office de serviette à l’occasion, mais là encore, le tissu s’imprègne de sel et ça durcit le vêtement en séchant. Pas vraiment l’idéal, mais c’est mieux d’être propre dans des vêtements craquant de sel, que d’être sale dans des vêtements sentant la transpiration.

 

Première étape, sans aucune pudeur, les « filles » s’installent accroupies sur la plage et le regarde se dénuder entièrement. À la vue de ses fesses un peu ridées, comme le reste désormais, pour avoir salement maigri, elles gloussent de petits rires idiots.

Et quand il se retourne exhibant son sexe, elles se cachent les yeux mais mirent l’objet de leur gourmande convoitise avec délice entre les doigts.

Une fois ses ablutions faites, il s’étend sur le sable sec, à l’ombre, en slip. Histoire de finir de sécher. Là, curieuses, elles s’approchent prudemment, se posent, piaillent un peu et l’une, puis les deux autres, finissent par oser lui caresser le torse.

Les poils, tous ces poils, ça les perturbent. Elles, elles n’en ont que sous les aisselles et un peu sur les mollets. Le reste est dissimulé par leurs hayons, à moitié déchirés ici ou là.

Et puis « Hihi », celle qui a la chevelure la plus claire, avance sa main sur le slip.

Réaction immédiate de « Popol-au-col-roulé » qui se met à enfler…

La curiosité est alors devenue trop forte.

Le sexe de Paul est libéré, accueilli par des exclamations et des doigts maladroits.

La suite reste indécente à décrire … (1)

 

Elles ont beau ne vraiment pas être physiquement « attractives », mais alors pas du tout, notamment pour être dépourvues de « formes féminines », la plus « épaisse » ayant des seins en « goutte-de-lait », c’est quand même rassurant : ça fonctionne toujours !

« Hihi », la plus claire, de cheveu et de peau, le visage osseux. Mais elle a tout de osseux, comme ses comparses. On pourrait presque jouer aux osselets avec ses os saillants.

Petites fesses molles et inexistantes, poitrine désolante et flasque.

« Hoho » est beaucoup plus « mat » de peau, les cheveux toujours en bataille qui lui tombent au creux des reins. Elle paraît nettement plus jeune avec de vagues esquisses de « formes féminines », mais rien de très aguichant, il faut bien le reconnaître.

Quant à « Houhou », c’est elle qui se bat avec un chignon en perpétuelle décomposition. Elle est brune, la peau foncée, mais très… défoncée ! Elle a dû être « bien enveloppée » dans un temps lointain, avant son régime « bio » îlien imposé par les circonstances.

Outre ses perpétuels « houhouhou », elle a la voix douce et un sourire « mielleux ».

Paul les a baptisées comme ça au hasard de leurs onomatopées perpétuelles.

Et elles se reconnaissent alors pourquoi en demander plus, d’autant qu’elles ont aussi un prénom – et peut-être même un nom – mais c’est imprononçable, pas plus que mémorisable et de de toute façon, ça commence par leurs voyelles préférées…

Plus simple comme ça.

 

Quant aux étapes suivantes, elles se passent soit la nuit sous le petit faitage de feuillage, soit en mer ou sur la plage à l’occasion des ablutions quotidiennes de Paul, avant ou après la « cueillette » de quelques coquillages destinés à améliorer l’ordinaire végétarien, puisque la pêche et la chasse sont sans intérêt faute de pouvoir faire du feu.

« Houhou » est « mordue » et s’accroche souvent comme un poulpe avec ses jambes poilues et égratignées autour de la taille de Paul. En plus, c’est une rapide à jouir et très réactive…

« Hihi » est en revanche plutôt une peine à jouir, alors que « Hoho » s’extasie comme une gamine, à chaque fois qu’elle le peut, à la vue des éjaculations que Paul propose et qu’elle provoque volontiers : une douée.

Il n’empêche, tout cela l’éloigne de sa mission.

Paul fait donc de longues promenades pour découvrir « son » île, quitte à glaner encore ici et là des détritus éventuellement utilisables.

 

Et c'est à cette occasion qu’il découvre, au loin et au nord, une « montagne », qui doit être une autre île située à la limite de l’horizon, grâce à des nuées d’oiseaux de mer et un nuage accroché au-dessus. Intrigué, il pense d’abord que les bestioles volantes planent au-dessus d’un banc de poisson.

Mais non, il y a bien autre chose.

Et Ô surprise, il perçoit de brefs éclats de lumière. D’abord, il pense avoir eu la berlue, une illusion d’optique, un coup de chaud sur le nerf optique, mais non : il s’agit probablement d’un rayon de soleil qui se reflète sur une vitre ou un miroir.

La vitre d’un bateau oscillant au mouillage semble nettement plus probable.

Découverte fantastique : il y a de la civilisation à quelques 10 milles nautiques, peut-être plus, peut-être moins, avec peut-être au bout un téléphone !

Il faut absolument qu’il se signale. Et comment faire avec un portable resté longtemps dans la poche de son pantalon d’origine et à la batterie épuisée ?

Eh bien en allumant un feu sur la plage, tout bêtement !

Ce qui ne va pas être facile avec les trois filles qui ont une peur bleue des flammes…

À moins que ce soit le fait qu’une fumée révélerait leur présence sur cet îlot ?

Il faut une explication et au soir, avec des gestes, il leur dit qu’il doit s’en aller d’ici.

Pas facile à faire comprendre…

Quant à leur expliquer qu’il reviendra les sortir de leur prison aquatique ensuite, encore moins !

 

Deux jours plus tard, il a amassé assez de bois mort sur la plage la plus septentrionale de ce bout de terre émergeante au-dessus des flots. Les trois filles ont disparu, sans doute cachées quelle que part où il ne saurait pas les trouver.

Le feu n’a pas pris du premier coup, et ce n’est qu’après le midi-solaire qu’a pu s’élever une mince colonne de fumée.

Il aura passé le reste de la journée à persister à alimenter ce foyer, en en profitant pour se faire cuire la chair d’un poisson plus gros que les autres qui a bien voulu se laisser approcher du bout de sa sagaie, avec l’idée de durer assez durant la nuit pour faire comme d’un phare.

Si avec ça, il n’est pas repéré, il faudrait envisager de confectionner une embarcation avec ce qui resterait de matériel flottant…

 

La première tentative ayant échouée, il lui faut recommencer le surlendemain.

Entre-temps le « potager » des trois filles a été « vidé » et la hutte démontée. Manifestement, elles n’apprécient pas l’initiative de Paul.

Mais comme lui ne compte pas vraiment vieillir ici, à passer son temps à se faire bouffer par les insectes ou à se retrouver au matin avec un lambeau de ses vêtements en moins, bouffé par les rongeurs du coin, il y met toute son énergie.

Et miracle, après un peu plus d’une semaine de « stage de survie » en milieu hostile, un hélicoptère est enfin en approche.

Franchement, Paul n’y croyait plus, d’autant que la brume matinale et marine cache parfois cet îlot toute la journée et que tous ses efforts pour faire de la lumière et de la fumée doivent se dissiper avant même d’alerter les éventuels plaisanciers qui se trouvent manifestement à portée de longue-vue.

Des plaisanciers, équipés d’un hélicoptère, ce n’est probablement pas très courant dans cette région du monde, mais passons.

Et c’est là qu’il a son ultime surprise : les hommes qui débarquent sur la plage à bord de leur petit appareil sont armés et … anglophones !

Des M16 américains, pas l’air commode et sur leurs gardes.

Évidemment, la première chose qu’ils font, c’est de fouiller Paul dans ses hayons, de le désarmer, de faire le tour de paquetage et de l’entraver, mains dans le dos.

Pas un mot d’explication, mais Paul est content de lui : il va pouvoir enfin regagner la civilisation, la vraie, la sienne !

 

Après une grosse heure à battre cette partie de l’île où Paul a échoué, ces gars-là repartent vers leur « navire ».

Pas du tout un navire.

Oui, certes, il y en a un, plusieurs même et de tailles différentes : un petit cabotieur qui transporte manifestement des barils de pétrole et fait probablement office de navire de liaison, plus un yacht type « cabin-cruiser » et surtout une vaste maison de plain-pied en bordure de mer, dissimulée par une végétation nettement plus luxuriante que l’île d’où Paul est extrait.

Mais c’est quoi ça ?

Une station scientifique ou la demeure d’un richissime excentrique ?

 

1.                  Et fera peut-être un jour l’objet d’une « aparté » dans un recueil de toutes les « apartés » qui parsèment les « Enquêtes de Charlotte » au fil des épisodes mis en ligne…

http://flibustier20260.blogspot.fr/search/label/1%20-%20Les%20enqu%C3%AAtes%20de%20Charlotte

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-vingt-sixieme.html

 

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