Ultime récit : Chapitre treizième

18/08/2017 11:10

 

Le roman « Ultime récit » s’enrichit des 23 chapitres de « Paradoxes temporels » mystérieusement apparus sur le blog de l’Infreequentable en 2008.

 

 

Paradoxes temporels (23/21)

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

La bataille de « Boomerkar », du nom donné à l’amas d’étoiles local par la mission astronomique qui aura identifié le système planétaire détecté il y a des dizaines de décades de ça, restera dans les annales de la légion.

D’abord, parce que c’est un échec. L’amiral Landditsy sera relevé de son commandement par l’état-major, non pas pour cette raison qui aurait suffi à elle-même, mais parce qu’il n’a pas su empêcher une mutinerie de ses officiers supérieurs.

Il faut dire que les circonstances s’y prêtaient.

Il sera ensuite promu, sans commandement opérationnel, pour avoir validé, une des premières fois dans l’histoire de la Légion, l’existence de « La Garde », cette légende et de ses moyens technologiques qui dépassent largement la science et les connaissances du moment.

Par ailleurs, la révélation restera dans les hautes-sphères du « Haut-Conseil » : la légende de Patrick Cortinco reprend de l’épaisseur, puis s’étend à l’ensemble des officiers de la légion.

Dès lors, le message « pas les Krabitz » deviendra un mot d’ordre général durant de très longues périodes dans ce corps de soldats de l’espace, et même au-delà, quand celle-ci se muera en « La Garde » par absorption.

 

Par ailleurs, on cherchera longtemps à localiser à la fois « les barges » où auraient transité Lierreux le Sapiens et Edgorkloonyx le Krabitz. Mais probablement elles sont « cachées » au-delà de l’horizon de l’univers visible.

Plus étonnant, ça restera la présence d’un « Homo-rustique » se présentant comme l’ambassadeur d’une Coupole, qui se saisira du vaisseau de l’amiral Landditsy de façon inexplicable.

Qu’est-ce donc, cette Coupole qui ne laisse aucune trace dans les archives et reste insaisissable dans l’organisation du cosmos, en tout cas dans les galaxies explorées du groupe local ?

Ce qui valide du coup les hypothèses d’infinités de l’univers dans ses dimensions spatiales.

Bien trop loin pour être éternellement cachées aux instruments et sondes de recherche.

Les deux seuls témoignages qui en restent sont celui d’Axel, l’officier de navigation qui aura accompagné le « Charlotte », le Sapiens primaire des plus rustres qui aura ouvert la route et pilotant ainsi la flottille des cargos de Krabitz vers leur destination finale et un récit oublié – présenté comme d’un roman –, dans les mémoires internétiques mis en ligne par un certain « I-Cube » de l’époque très ancienne d’où serait issu « Charlotte », mais aussi la légende de Cortinco : rien ni de très sérieux, ni de très probant et finalement, le toute reste très embarrassant.

Puisqu’inexplicable.

En revanche, le plus crédible des rapports et études qui auront été produits depuis sur le sujet, restera l’idée générale d’une civilisation spatiale qui semble maîtriser les déplacements sur la flèche du temps.

Ce n’est pas que la recherche scientifique du moment ne s’intéresse pas aux propriétés cachées du neutronium-spiné, loin de là, et l’idée a déjà fait l’objet d’études théoriques et de mises en applications pratiques nombreuses, mais jusque-là, on n’en sait pas plus quant aux voyages sur la flèche du temps.

Et la consigne est désormais, dans les flottes de la Légion, de ne pas s’opposer à n’importe quel prix aux vaisseaux de « La Garde », dès qu’ils sont identifiés comme tels.

 

Pas la peine de risquer inutilement les matériels et les troupes…

 

Par ailleurs, la présence de « Michel », une sorte d’archange, qui se présente comme un « jardinier » œuvrant pour des « maîtres » qui se nourrissent du « vivant » et lutte contre des « sans-âmes » qui détruisent la vie sous toutes ses formes, générera des travaux en quantité considérable.

S’agit-il d’une énième espèce dont personne n’a encore et jusque-là aucune trace ?

D’une espèce « à naître » si l’on envisage des boucles temporelles, ou au contraire « originelle » si l’on considère qu’elle est première, dépassant la théorie du tout ?

Ce qui voudrait dire que l’univers est « causé », ce qui est parfaitement inenvisageable ?

Où gisent les « maîtres », comment se manifestent-ils, quels sont leurs objectifs ?

Il faut alors se replonger dans les textes anciens, voire très anciens, mythologiques de dizaines et de dizaines de civilisations exotiques, parfois disparues, pour avancer des explications qui ne sont que des spéculations.

Dieu n’existe pas pour les « Sapiens-Plus » dit « augmentés ». Tous les phénomènes religieux sont les résultats de pures spéculations d’esprits faibles : c’est une constante historique dans toutes les civilisations rencontrées, quelle que soit l’époque, leur développement, les lieux et les espèces.

Un fait scientifique acquis. Irréfragable.

D’autant qu’au fil du temps, les connaissances s’accumulent sur les origines de l’univers et ses mécanismes intimes. Et il est convenu que Dieu, la notion, ne peut pas être réduit à une série d’équations. Or l’univers entier, le connu et celui qui échappe à l’observation, le macro comme le plus petit de ses éléments microscopiques, obéissent tous à des équations.

Il n’y a donc pas de place pour « les maîtres » dans la culture des « Plus ».

Même les « Ultras » sont prévisibles puisqu’il s’agit de recherches des plus pointues, mais pas les « maîtres » et « Michel » n’entrent, à ce moment-là, dans aucune catégorie.

Inutile de dire que l’épisode de Landditsy et de la bataille perdue de « Boomerkar » restera un « marqueur » important dans la culture de la « Légion ».

 

Effectivement, sitôt après cet ordre de suspension, à la surprise générale, une alerte des « sentinelles-avancées » disséminés dans l’espace proche survient de façon inopinée, juste le temps que les messages arrivent.

« Vaisseau non-identifiée en approche ! »

Hostile demande le robot d’alerte du pont ? Pas de réponse…

« Amiral ! Qu’est-ce qui se passe ? »

La question se veut surtout portée sur la « prémonition » formulée par Landditsy l’instant précédent.

« Armez un coup de semonce et tentez d’entrer en contact avec ce vaisseau pour lui indiquer qu’il entre en zone de combats. Formation de combat ! »

Les émetteurs crépitent…

« – C’est quoi ce message de contrordre que vous venez de me remettre ?

– Je vous ai demandé de l’analyser en urgence.

– Semonce armée-verrouillée. Boucliers armés.

– Une réponse à nos messages ? Quelle est la distance de l’intrus ?

– Huit minutes. Progression en ralentissement, trajectoire convergente. Mais on ne sait pas par où il est arrivé.

– Alarme ! Chasseur inconnu en progression convergente et accélération sur azimut 100, hauteur – 40, à 3 minutes.

– Alerte ! Chasseur inconnu en progression convergente et accélération rapide sur azimut 200, hauteur + 110 à 6 minutes.

– Alerte ! Chasseur inconnu en progression convergente et accélération, azimut 220, hauteur 330, à 12 minutes.

– Amiral ? On nous assaille !

– Je le vois bien. Alors ces analyses ? La sonde de liaison ?

– Il n’y a pas plus urgent ?

– Si !… L’évacuation du secteur…

– En abandonnant notre offensive contre les touffes d’herbe ? Après tant d’efforts pour être parvenu à les regrouper.

– Commandant, vous ne voyez pas que nous sommes attaqués ?

– Par quatre malheureux vaisseaux inconnus…

– Et ce coup de semonce, alors ? »

Le dégagement d’énergie est immédiatement envoyé dans la direction verrouillée et… loupe sa cible qui réapparaît immédiatement – le temps que l’information arrive – sous un autre angle.

« Pas possible ! C’est de la magie, ça… » lâche un des officiers de pont, celui qui est de plus le responsable de l’arsenal du bord.

 

Landditsy se rend compte que la bataille est mal engagée.

« – Ordre de repli. On se regroupe en …

– … Ah non amiral ! Refus de se battre en pleine action de feu, c’est l’exécution immédiate !

– Commandant, ne déraillez-pas. On ne sait rien de la dangerosité de la menace. Pensons d’abord à nos matériels et nos troupes !

– Mais non ! Pas question !

– Ventre-saint-gris, commandant ! Vous obéissez à mes ordres oui ou non ? Je vous ai demandé une analyse du contrordre que je vous ai remis, un sonde de liaison avec l’état-major et je vous dis que la situation créée par ces intrus nous oblige à un repli. On reviendra régler le problème des Krabitz ultérieurement !

– Les quoi ? Avec tout le respect que je dois à votre rang, je constate que c’est vous qui avez les foins de vous battre et que vous avez de plus un langage qui témoigne de votre inaptitude au commandement, amiral !

– Vous débloquez totalement, commandant ! Ce n’est pas le moment de jouer au fanfaron.

– Au titre de l’article 156 du code de la légion, je vous destitue sur le champ de votre commandement, vous mets aux arrêts de rigueur et prends la tête des opérations ! » fait l’officier le plus proche entouré de quelques-uns de ses collègues qui s’étaient regroupés autour du fauteuil de l’amiral durant l’échange verbal.

« – Planton ! Désarmez l’amiral et escortez-le en chambre-forte.

– Vous faites une immense bêtise qui va nous mettre tous en péril imminent, commandant ! »

Dans l’instant, des droïdes désarment l’amiral et se saisissent de sa personne. Celui-ci persiste à protester vertement.

« Je vous en conjure. Cessez cette mutinerie immédiatement ou vous en rendrez-compte ! »

 

Pendant ce temps-là, les « chasseurs » se sont rapprochés alors que le vaisseau initial a encore changé de position.

« Hostile au contact ! » annonce un robot.

« Vite ! Armez les champs et les tourelles ! »

D’un coup d’un seul le vaisseau amiral de la flottille devient impénétrable par activation des champs de gravitation et l’activation des boucliers d’énergie des tourelles chargées en principe d’annihiler tout forme d’énergie venant de l’extérieur.

« Combattants ! Feu sur tous les hostiles, depuis toutes les stations ! Exécution immédiate ! »

L’espace est aussitôt zébré, en divers endroits de puissants traits lumineux créés par l’éjection de pairs de jet de matière et d’antimatière prélevées sur les réservoirs d’énergie, qui circulent autour de la planète des Krabitz, mais aussi d’un peu partout ailleurs jusqu’aux confins du système stellaire, là où sont positionnées les « sondes-vigie » qui n’ont pas vu venir le vaisseau hostile.

Le temps pour que l’information en retour parvienne au poste de commandement, il faut se rendre compte que l’incroyable se produit : pas un seul des objectifs visés par les armes de la légion n’atteint sa cible ! En revanche en quelques parcelles de temps, la plupart des engins automatiques des légionnaires sont pulvérisés !

Une déroute à laquelle assistent médusés et terrorisés les Krabitz derrière leurs écrans de visionnage de l’extérieur.

« Vous voyez bien qu’il s’agit maintenant de profiter de l’occasion pour évacuer ce foutu caillou ! » s’exclame Edgorkloonyx à l’adresse des siens.

Oui, peut-être, mais avec quels moyens… ?

Les bipèdes Homos de la légion vont de toute façon rappliquer, dans des délais courts, avec des moyens militaires et de destruction supplémentaires et ils n’auront pas le temps de finaliser la fabrication de leurs propres vaisseaux.

Peut-être un ou deux pour sauver leur espèce, et encore. 

 

Les deux vaisseaux amiraux, celui de commandement et le second, celui qui suit de très loin la bataille qui sera livrée à ses capteurs plusieurs heures (décimales) plus tard, pour, comme dans toute expédition de la Légion, à la fois témoigner en lâchant des sondes automatiques vers les relais de l’état-major et éventuellement récupérer et porter secours aux légionnaires survivants, sont épargnés.

Mais, seconde surprise, et des plus étonnantes, celui qui est « engagé » en première ligne est tout d’un coup « occupé ».

Paul de Bréveuil, alias « Charlotte », se présente à la porte du sas du poste de commandement, entouré de trois cyborgs, immédiatement identifiés comme tels, revêtus de combinaisons grises argentées et ajustées.

Il est impressionnant, revêtu d’une sorte de scaphandre antique, exactement le même qu’il avait à Biskra (1), articulé, noir-profond, mais en plus tout orné aux articulations de liserés dorés du meilleur effet qui en jettent !

Son visage est en partie dissimulé par un masque transparent qui lui permet de respirer dans un air surchargé de dioxyde d’oxygène propre aux homos-rustiques.

Et contrairement aux équipes du bord, s’il s’agit d’un bipède à la stature impressionnante, ce masque laisse apparaître des poils, notamment au-dessus des yeux et autour des paupières : des cils et des sourcils !

Une horreur pour l’équipage, dépourvu de tout poil depuis des générations et des générations de manipulations génétiques successives… !

 

1.                  http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-viii-liberation-de-florence-25.html

 

Quelques explications.

Ce chapitre est ajouté soudainement à la suite des 21 chapitres du roman « Paradoxes temporels » mis en ligne en 2008 sur le site de « l’Infreequentable » : http://flibustier20260.blogspot.fr/search/label/Paradoxes%20temporels

 

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-treizieme.html

 

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