Ultime récit : Chapitre seizième

21/08/2017 13:02

 

La bataille de « Boomerkar »

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

« Nous sommes au carrefour de la bataille qui va vous permettre de capturer le vaisseau amiral de la flottille de Landditsy à proximité des peuplades à évacuer et dont vous allez prendre la charge.

Je crois qu’on arrive un peu avant le moment où l’amiral fait face à une mutinerie. Lui vient d’avoir un… comment dire ? Un « contact » avec un de ses ancêtres qui lui fournit un contrordre d’assaut des plus crédibles.

Ses officiers ne sont pas du même avis.

Nous intervenons à ce moment-là pour créer une confusion.

Avec la technique des sauts dans le passé, je n’ai aucun mal à échapper à leurs agressions et je vais pouvoir mettre hors d’état de nuire leurs drones spatiaux de combat.

Et puis je vous propulse au sein même du vaisseau de commandement, juste avant sa mise en phase de combat.

– Et comment ça ?

– Mais avec votre scaphandre préféré ! Vous connaissez, non ? »

Il parle de quoi, là, le mutant ?

Paul ne se voit pas du tout traverser le vide spatial sur toute la distance en tenue de plongeur. Avec des palmes en sus pour mieux se mouvoir !

 

« Vous n’y êtes pas. Vous l’avez déjà utilisé entre la Normandie et l’Algérie sur votre planète. Souvenez-vous ! »

Quoi ? Le « truc » qui ne lui a pas empêché de se fouler la cheville ? (1)

« – Attendez, Steph… Moi, là je ne comprends pas très bien. Votre… organisation m’a déjà fait faire deux séjours dans mon propre passé. L’un justement avec ce « bidule » mal commode…

– Oh, il a été réparé et même décoré. Il a l’avantage d’avoir été conçu à vos mesures.

– … Peut-être,  mais malcommode tout de même et l’autre dans une sorte de camping-car. Sans le « machin ».

– Votre premier saut dans le passé s’accompagnait simultanément d’un déplacement vectoriel dans l’espace à trois dimensions. Pour cela, à moins de disposer d’un engin incroyablement vorace en énergie comme notre véhicule actuel, le tout pour déplacer un simple « moucheron », on peut procéder via l’équipement d’un scaphandre équipé comme vous l’avez fait la première fois et d’une série de relais pré-positionnés.

Vous vous souvenez de ce que vous avez pris pour un OVNI en arrivant au-dessus de votre lieu de largage en parachute ? »

Oui.

« – Eh bien il y en avait un au-dessus de votre cave – l’agent Birgit aura profité des conditions météorologiques pour le dissimuler – pour faire la liaison. C’est beaucoup moins vorace en énergie et ça ne perturbe pas trop les champs à proximité.

C’est exactement la manœuvre que nous avons préparé pour vous.

À l’occasion de votre second saut vers votre passé, vous n’avez pas eu besoin d’un déplacement géographique. Souvenez-vous, vous avez pris un aéronef pour vous rendre dans votre désert et George vous a attendu sagement exactement au même endroit qu’à votre départ pour la phase de retour.

C’est son camping-car qui a sauté dans le passé, puis est revenu, avec vous à son bord à l’aller comme au retour.

– Mais lui, comment il est arrivé là ?

– Par la route.

– Par la route ?

– Oui, exactement. Son véhicule est arrivé par la voie normale, avec relai, pour sauter ensuite dans son passé sans mouvement sur la planète. Il a reçu consigne de se rendre à votre lieu de rendez-vous par la route de votre époque. Et une fois qu’il a accompli sa mission, il a fait le chemin en sens inverse.

– Les mêmes relais que je vais devoir poser sur mon prochain parcours ?

– Pas tout-à-fait. Les vôtres sont des balises. Elles sont composées de deux parties. La première cartographie précisément l’endroit où elle est larguée. Elle calcule donc la route empruntée. C’est assez facile. Elle remet ces données à la seconde partie qui part faire le chemin inverse pour être recueillie par les véhicules qui vous suivent. Tout simple.

Et durant votre propre retour à vous, vous les ramassez, pour les détruire, les rendre inactives, effacer leurs données, les rendre irrécupérables pour fermer le parcours.

– Personne ne peut les pirater ?

– Si naturellement. Mais justement, je reste sur place pour empêcher tout départ inopiné de « pirates » de la légion. Jusqu’à votre retour. Il faut vous dire que puisque nous ne détruisons pas le véhicule dont vous allez vous emparer, ne serait-ce que pour ne pas non plus sacrifier inutilement des êtres vivants qui y sont cantonnés, ceux-ci resteront dans les parages pendant quelques temps à bord d’un second véhicule, dit de secours, positionné à quelques « heures-lumière » en périphérie de ce système stellaire.

Même si finalement, je vous attendrai non pas vraiment à votre point de départ, mais à votre cinquième étape pour, à la fois faciliter votre retour à votre époque, et être certain que personne ne vous suive depuis les bords de la galaxie, dès qu’ils seront partis.

Vous ne ferez donc pas 258 sauts, mais 253 avant de me rejoindre. »

Très élaboré : Paul va donc d’abord jusqu’aux « bords de la galaxie ».

 

« – En cinq trajets, effectivement. Mais ensuite, ça va beaucoup plus loin…

– Euh autre chose Steph. Il faut que je vous dise que si j’ai bien compris la Miss Birgit, pour ce type d’usage de votre … scaphandre, il faut que je fasse corps avec lui et qu’il s’agit que je sois totalement enduit d’une sorte de gel hydrosoluble de façon… jusqu’à intime !

Et moi, ça me met dans un état impropre à enfiler ledit bidule.

– C’est prévu. Je vous ai dit que nous avions pensé à votre confort. Vous serez accompagné de trois cyborgs très élaborés, chargés de votre sécurité, aptes à satisfaire à tous vos désirs et à géométrie variable…

– À géométrie variable ? Qu’est-ce donc que cette diablerie ?

– Vous pourrez leur donner l’aspect et la forme que vous désirerez. Ce n’est pas infini, mais ils ont un catalogue assez considérable en mémoire. Vous verrez.

Faites-en bon usage le temps de votre parcours.

Je vous présente « Alpha », « Bêta » et « Gamma » ! »

Entrent alors trois formes d’humanoïde de taille identique, revêtues chacun d’une combinaison gris-argenté et ajustée, mais qui diffèrent par la forme et la couleur de ce qui ressemble à un épiderme : Alpha est pâle, Bêta est de la couleur caramel un peu cramé et Gamma à l’aspect d’un asiatique !

« Des robots… » fait Paul sur un ton dépité.

Pas très féminin d’aspect, en plus…

« Je ne peux pas faire mieux. Désolé. Mais je vous assure que vous en serez très content pour assouvir toute votre … bestialité.

Vous pouvez aller l’équiper ! » fait-il aux cyborgs.

 

La bataille qui suit est conforme à la fois au déroulement des événements qui se sont déroulés en ce lieu perdu dans l’espace, et à ce qui était donc prévu dans les annales de la Garde.

La tactique du Gouverneur Stéphane est simple : puisqu’il connait très précisément le déroulé et les lieux exacts de ses interventions, il n’a aucun mal à faire une succession de saut sur la flèche du temps. De « T », il interrompt les circuits qui l’ont propulsé depuis son époque, disons « T + 1.000 », pour revenir à « T » dans un second saut, mais pas tout-à-fait au même endroit. Puis interrompre à nouveau les « phases », pour passer à « T + 1.000 » et ainsi de suite.

D’ailleurs, entre chaque « saut », il peut très bien se passer plus de temps que l’instantanéité apparente en « T » ne l’exige, par exemple « T + 1.000 » plus « 1 » ou « 2 », mais peu importe.

Le tout consiste à se présenter à faible distance devant la partie la plus faible du vaisseau-robot à détruire, à savoir les tuyères de ses moteurs restées « ouvertes » pour pouvoir se mouvoir et manœuvrer, avant que l’alerte « combat » ne déclenche les protections habituelles de champs d’énergie et de déclenchement de feu automatique.

Steph, choisi le moment juste avant le premier tir de semonce à recevoir : il n’aura pas été le premier à faire feu…

Là, il dégage une bouffée à haute densité de matière et antimatière simultanément depuis ses tourelles d’assaut, focalisée sur la partie visée, en même temps que les réacteurs de son vaisseau produit une accélération compensatrice : c’est que c’est assez « massif » et à grande vélocité pour avoir un effet « recul » non négligeable.

En général, le dégagement d’énergie sur la cible est particulièrement destructeur et déstabilise le vaisseau-automatique-cible.

Il assure ensuite la destruction finale par deux autres tirs du même genre et coupe les circuits de phase temporelle, avant que les morceaux du véhicule détruit ne viennent polluer son environnement immédiat au risque de collision.

C’est rapide et imparable, et il recommence sur la cible suivante.

Compte tenu du parcours pour le moins lent des signaux électromagnétiques et des photons émis à l’occasion de ces « décharges » d’énergie, la bataille semble s’écouler sur plusieurs équivalents-heures, voire équivalents-jours pour un observateur un peu éloigné.

Mais reconstitués, tous ces mouvements créent une impression de saturation, d’autant plus facilement qu’il n’y a pas de trace du tireur en déplacement d’une de ses cibles à une autre.

C’était ce qui était arrivé à Paul à Biskra : un seul bonhomme, mais ils étaient finalement quatre à faire le coup de feu contre les geôliers de Florence (2).

Là, il n’en verra pas vraiment les effets, ou pas grand-chose.

 

Paul se retrouve en effet propulsé, dès avant la mutinerie dans les entrailles d’une machine dotée d’un champ de gravitation léger et artificiel.

Un dédale de couloirs, de portes, avec quelques escaliers à franchir, guidé par les cyborgs qui semblent connaître les lieux comme le fond de leur poche… qu’ils n’ont pas.

Pour déboucher dans la salle de commandement alors en plein drame.

L’apparition inopinée de Paul fait son effet.

Il faut dire qu’avec tous les liserés dorés rajoutés sur son scaphandre, Paul se fait l’impression d’être déguisé en sapin de noël !

Et comme prévu, il est obligé de faire feu à deux reprises sur les « augmentés » du bord, alors qu’il a armé et déverrouillé son arme favorite pendant leur parcours dans les couloirs du vaisseau. Un mystère, ce 11,43 qui le suit depuis la Normandie…

Des « filles » d’après ce qu’il a pu en comprendre des explications antérieures de Steph.

Que ça ne se voit vraiment pas trop, finalement : aucune rondeur « attractive » à se mettre sous la macula.

Hors le fait que leur apparence est plutôt « rabougrie », pas très grande sans toutefois être des naines, métissées à des degrés divers, un peu comme « Bêta », s’agitant dans un langage incompréhensible mais retraduit par Alpha, alors que Gamma se charge de traduire ses propres ordres et indications à lui dans leur logorrhée à elles, elles ont la particularité d’être totalement imberbe, pour ne pas avoir un seul poil visible : pas de cheveu, pas de cils ni de sourcils !

Le reste, il ne sait pas encore.

Ce n’est pas que ce soit « moche », mais ce n’est vraiment pas très sexy du tout.

D’autant que leur visage reste ovale, avec des yeux très écartés au plus large de « l’ovalité », avec un nez assez affreux, équipés de narines épatées mais pareilles à celle des félins, qui se dessine à partir du tiers du visage et tombe jusqu’au-dessus de la bouche sans lèvre et assez large pour barrer le milieu du dernier tiers du visage.

Globalement, les bras sont manifestement plus longs que chez un Sapiens et les jambes plus courtes, pour un buste taillé en forme de tonneau…

Et manifestement, Paul leur fait le même effet, mais inverse, avec sa propre pilosité apparente et son aspect… humanoïde archaïque et musclé !

Pas de quoi en rire…

 

Cela dit, il fait venir l’amirale Landditsy dans son ex-poste de commandement et lui donne ses instructions. Pas contente du tout l’amirale. Mais elle obtempère sans résistance. Qui serait vaine : Paul a encore cinq étuis parfaitement opérationnels dans son chargeur.

Et il se retrouve affublé d’un pilote nommé Axel.

Une bouille plutôt plus moche que celles de ses copines – sans aucun cheveux ce qui lui donne un air de cancéreuse – tachetée de points de rousseur, au visage creusé par ce qui pourrait être des traces d’acné juvénile, dotée d’une voix plutôt grave et rauque, qui a l’air paniquée à l’idée de se faire violer.

Ou quelque chose comme ça…

Elle est grosse et molle des parties-molles : « Vraiment pas mon style ! »

Et puis il est entouré par Alpha et Gamma, pendant que Bêta contrôle l’évacuation du reste de la troupe des légionnaires à jeter par-dessus bord.

« Je veux faire le tour du propriétaire. »

Il aurait parlé chinois… 

 

1.                  http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-xxvii-promenade-hors-norme-33.html

2.                  http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-x-liberation-de-florence-45.html

 

Sources : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-seizieme.html

 

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