Ultime récit : Chapitre quinzième

20/08/2017 12:48

 

Préparatifs

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Une bataille, même spatiale et cosmologique, menée par la Garde, même contre des vaisseaux de guerre les mieux armés de la légion et servis par des troupes et officiers au top de leurs compétences, c’est comme un jeu d’enfant.

Absolument imparable !

Et pour cause.

Non seulement la Garde, qui vient du futur et maîtrise les sauts « dans le passé », possède vraisemblablement les meilleurs documents archivés de la vie de l’univers en plus de cartes du cosmos en quatre dimensions, et il lui suffit alors de se conformer à « ce qui est déjà marqué », puisque c’est marqué « comme ça », mais en plus le mutant Steph l’Ultra, a par conséquent prévu de collecter des informations essentielles, là encore en quatre dimensions et de façon très précise, de sa propre intervention en disposant préalablement cinq sondes « passives » orbitant autour du système Boomerkar en temps voulu.

C’est-à-dire « avant » l’arrivée de la flottille de la Légion de l’amiral Landditsy.

Simple…

 

Ayant ainsi tout le déroulé des opérations, en trois dimensions spatiales plus celle du temps qui avance de présents en présents, il a pu prendre connaissance, presqu’intime, des opérations de la Légion qui a d’abord consisté à chasser les Krabitz des planètes et étoiles « extérieures », à la fois en usant de la puissance de destruction des véhicules de sa flottille et en empoisonnant avec des cyanobactéries extrêmement voraces et efficaces l’environnement des « touffes d’herbe », vers Boomerkar, puis des planètes du système « Boomerkar » vers les deux dernières avec pour ambition de finaliser son génocide à coup de « chocs énergétiques ».

Et ses vaisseaux sont équipés pour ça.

Pour lui, il fallait faire rapidement, d’une part parce que c’est la mission que la « Haute autorité » lui avait confiée – et son avancement pouvait en être accéléré – mais aussi parce que la flotte est mobilisée par ailleurs pour réduire la rébellion de Qarassa, ces peuplades autochtones qui ne trouvent rien de mieux à faire, après être sorties de leurs planètes, de s’enrichir en pillant et piratant le trafic de vaisseaux-cargos qui circulent sur les lignes commerciales entre les diverses civilisations de leur coin de la galaxie.

Un transfert rapide s’impose donc à ce moment-là.

Et il est pressé de réussir. 

 

Les sondes de la légion n’ont pas su détecter les « intrus » de la Garde, dissimulés dans les ceintures d’astéroïdes éparpillées autour d’astres plus massifs, composant soit des satellites naturels, soit des « protoplanètes » en devenir, comme il arrive souvent.

Et les sondes de la Garde peuvent ainsi donner de précieuses informations ensuite recoupées avec les autres données disponibles en archive.

Paul de Bréveuil, alias « Charlotte » participe à cette phase finale de la bataille.

Après son enlèvement et « son initiation » par le « gouverneur Stéphane », à l’occasion de son repos, la machine retourne à son présent. C’est-à-dire … dans le futur lointain.

Puis « ressaute » dans son passé, au moment de la dite bataille sur les lieux de celle-ci. Dans l’intervalle, Paul, après avoir pris une connaissance sommaire des événements qu’il va vivre, est prié de préparer son intervention directement sur l’appareil de l’amiral Landditsy.

« – Mais vous faites ça comment ?

– Je crois que l’agent Birgit vous l’a déjà expliqué. Le saut vers le passé est très encadré et n’existe que quand il est évident qu’une de nos machines a pu y procéder.

– Que sont devenus Birgit et George ?

– Je n’ai pas à répondre à cette question, figurez-vous. D’autant que l’une d’entre-elle relève de mon futur à moi-même. Que j’ignore.

– Comment ça ?

– Birgit appartient à mon passé. Un excellent élément antérieur à la création de la Légion et par conséquent de la Garde.

– Ah ?

– C’était une « augmentée ». Elle a été, comme vous, enlevée à son époque, pour réaliser votre jonction et piloter l’opération que vous avez vécue, la première je crois, propre à votre époque et à l’enlèvement de votre… moitié à vous ! »

Une « augmentée »… Il va falloir qu’il comprenne un jour ou l’autre.

 

« Les « augmentées sont des homos, comme vous, comme moi, dont le génome est « travaillé » par Sapiens. Ils ont des capacités physiques et intellectuelles « augmentées » par différentes techniques d’ingénierie notamment génétiques.

D’ailleurs, je crois me souvenir que ces sciences du vivant apparaissent à votre époque et vous allez même être projeté à votre époque, à votre retour de mission, pour mettre un terme à l’une d’entre elle qui reste anticipée pour… votre époque. »

Pas sûr, pas sûr…

« – En revanche George est probablement un cyborg de haute génération issu de mon avenir.

– Haute génération ?

– Il me semble qu’il a une conscience de lui-même et aurait été capable d’empathie. Tout ce dont les nôtres ne sont pas encore capables à mon époque à moi.

– C’est vrai qu’il m’a semblé être doté d’un certain sens de l’humour, de quelque autodérision et a pris son pied à surfer sur les vagues du pacifique à mon époque… à moi, quand il m’a balancé en pleine guerre du Koweït.

– Ah oui, ce conflit interminable du Moyen-Orient de votre siècle…

– Et alors ? Quelle différence entre « augmenté » et « amélioré » ?

– Les « améliorés » sont des « augmentés » mais qui ont atteint, par l’effet des progrès de l’ingénierie génétique, une relative « immortalité ».

Nous disons relative, parce que même pour nous, les « Ultras », nous ne sommes pas vraiment immortels. Au moins autant qu’eux. Il arrive un moment de notre existence où nous nous « endormons ».

Alors certes, nos mémoires et matières peuvent être conservées indéfiniment et « réactivées » n’importe quand, elles peuvent être également dupliquées, clonées, répliquées, mais il nous arrive à tous de ne pas souhaiter persister dans le monde des vivants.

Et nous nous éteignons.

À noter un détail qui reste important pour vous le Sapiens originel et … à peine évolué.

La différence physiologique entre nos quatre espèces tient à leur mode de reproduction.

Vous, les Sapiens et les « augmentés », êtes des vertébrés, sexués, vivipares. »

C’est un peu ça…

« Les « améliorés » sont toujours des vertébrés, mais sont devenus des « ovipares » asexués. »

Pardon ?

« – En fait il n’y a qu’un seul sexe. Celui des femelles. Elles pondent des « œufs », des ovules, tout-à-fait naturellement et en prélèvent quelques-uns avant nidification pour les ensemencer avec des gamètes issues d’autres ovules. C’est du génie génétique-appliqué.

– Eh bien, ça doit être gai un monde pareil, je veux dire sans sexe !

– Une façon comme une autre de goûter aux joies de l’existence. Et puis ça permet de progresser sans sentiments négatifs, tels que l’envie, la jalousie, l’orgueil, la luxure débridée qui génèrent souvent des querelles, des violences colériques, des guerres et leurs atrocités. Des plaies de votre espèce Sapiens si belliqueuse.

– Probablement… Mais comment font-elles pour réaliser une gestation complète ?

– Oh, ça ? Mais même à votre époque vous avez déjà mis au point des machines qui font ça très bien !

– Ah bon ? Je ne suis pas au courant…

– Alors c’est que ça va venir.

– Et vous, les « Ultras », qu’est-ce qui vous différencie ?

– Nous somme également des ovipares, mais pour être à la fois des non-vertébrés et de vrais hermaphrodites, nous sommes encore plus … autonomes. Nous nous dupliquons par clonage et manipulation de cellules souches, éventuellement enrichies. Vous remarquerez que ça nous met à l’abri des diverses distorsions comportementales liées à vos natures torturées pour être avant tout bestiales.

Mais il n’y a pas que ça. Par exemple, vous savez déjà que je reste sensible aux champs dans lesquels nous sommes plongés. Vos sens à vous, les six, dont un est formidablement atrophié, ne nous sont pas vraiment utiles. Et puis, il y a d’autres mutations dont je bénéficie, qui nous séparent de votre espèce particulière.

– Comme quoi ?

– Juste un exemple. J’ai un cortex comme le vôtre, mais ce qui vous sert de nerfs, qui commandent vos muscles, vos organes, vous renseignent sur votre environnement par vos sens, sont chez nous des prolongements de l’équivalent de vos neurones.

– Ah oui ?

– Eh oui !

– Intéressant. Combien de mutations génétiquement stables entre moi et vous ?

– Plusieurs dizaines. Je vous rassure, toutes ces « variantes » peuvent cohabiter. Pas toujours en harmonie, mais ça cohabite et se développe normalement, surtout quand on intervient de temps en temps, bien évidemment.

– Naturellement… Puisque vous disposez d’une « intime connaissance » du, des déroulés historiques.

– Il n’y en a qu’un seul. Seul l’avenir est incertain. Même si nous sommes rassurés sur ce point, puisque nous-mêmes, nous recevons des « impulsions » exactement comme vous. Venant de notre futur.

– Je vois : une longue chaîne de savoirs sur les devenirs.

– Un seul devenir, mettez-vous ça dans la tête, Paul.

– Et le tout contrôlé par une organisation politique optimisée, je suppose ?

– Je n’ai pas à vous en parler. Vous imaginerez bien que ce que vous voudrez. Sachez seulement que l’univers est peuplé d’une quantité incroyable de formes de vie, de la plus microscopique à la plus montreuse. Vous allez d’ailleurs en croiser, de la taille d’un planétoïde. Pas toujours dangereuses, mais d’après mes données, il va vous falloir faire usage des moyens de destruction de votre vaisseau pour « ouvrir un passage » un laps de temps suffisant pour faire passer les cargos-Krabitz et revenir. Étape 95.

– Étape 95 ?

– Je vous explique. Vous allez prendre le vaisseau amiral de Landditsy avec mon aide. C’est pour cette raison que je suis là. Après une courte bataille. Puis vous allez ouvrir un chemin jusqu’au-delà de l’horizon de l’univers vers la matière noire qui fera un excellent terreau pour les Krabitz, dont on peut imaginer qu’ils vont pouvoir se développer sans limite.

En tout, 130 étapes par un cheminement qui nous échappe. Tout ce qu’on sait, c’est que vous serez aidé d’un pilote de la légion, qui va vous guider jusqu’à la sortie de la galaxie, puis que vous suivez ensuite les crêtes gravitationnelles vers les points les plus froids de l’univers.

Vous savez, ces déficiences, des faiblesses du rayonnement fossile. »

Paul en a déjà entendu parler. Mais pas des « crêtes-gravitationnelles ».

 

« – La gravitation universelle est une force d’attraction qui s’exerce sur la matière. La matière n’est d’ailleurs qu’une cendre d’énergie. Qui dit « attractivité » dit, selon les équations des symétriques, « répulsion ». Et l’un comme l’autre de ses champs de force créent des « vallées », où s’accumule la matière qui donne ces magnifiques galaxies qui peuplent l’univers visible, et forment des « crêtes » là où il n’y en a pas…

Ce sont là où se trouvent les champs d’énergie les plus faibles qui finalement ont l’avantage de ne recéler que très peu de matière et donc présentent très peu d’obstacles à votre progression.

Vous retenez tout ça, parce que je ne serai plus là pour vous le rappeler…

– J’enregistre. Savez-vous que je ne sais pas vraiment piloter vos engins ?

– Naturellement. Vous serez aidé en cela par un pilote de la légion, vous ai-je précisé Axel.

– Un otage ?

– Un volontaire désigné d’office. Mais qui compte revenir. Vous pouvez lui faire confiance.

Vous poserez donc à chacune de vos étapes des balises qui traceront automatiquement le parcours à faire pour tous les vaisseaux Krabitz qui vous suivront.

– Pourquoi des étapes ?

– Pour deux raisons : le cheminement le plus sûr dans l’espace n’est pas la ligne droite. Il faut éviter les obstacles et l’engin dont vous allez vous emparer est équipé pour, non pas les éviter, puisque lui va toujours tout droit, mais pour les détecter. Vous verrez. Dès qu’il y a un problème sur la trajectoire, les dispositifs de sécurité vous rendent maître de la manœuvre. Et puis, ils ne sont pas non plus infaillibles : il faut les entretenir, les réparer, les recharger. Ce qui impose des arrêts durant votre parcours, des étapes.

– 130 donc ?

– 129 en réalité. Avec une mention spéciale pour le 95ème.

– Parce que ?

– Vous verrez bien une fois arrivé sur place. En revanche, une fois votre voyage terminé, il vous faudra faire le chemin à rebours et vous ramasserez les balises laissées à l’aller afin de fermer définitivement le passage vers le nouveau lieu de vie des Krabitz.

C’est pour cette raison que personne ne saura jamais, au moins jusqu’à mon époque, où se ils se trouvent.

– Ok, ok ! Je vois. Et maintenant, quel est donc le programme des réjouissances ? »

À ce mot, le gouverneur-Stéphane éclate de rire, ce rire si incroyable qui sort de son orifice buccal étroit et montre ses petites dents-de-lait…

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-quinzieme.html

 

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