Ultime récit : Chapitre quatorzième

19/08/2017 09:56

 

Paradoxes temporels (24/21)

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

La dernière bataille, de très courte durée, fait rage sitôt après cette intrusion.

Comment cette apparition a pu pénétrer le vaisseau, sans avoir été détectée ni repérée alors même que tous ses détecteurs sont en fonction ?

Impossible !

L’un des officiers présents se remet plus vite que les autres de la tétanie provoquée par cette apparition ubuesque et monstrueuse à la fois : pensez, un poilu !

Il se précipite vers une console de commande pour couper l’activation du champ de gravitation interne au vaisseau et centré sur le poste de commandement.

Paul réagit très vite, comme s’il savait, sort son lourd 11,43 colt 45 fétiche et tire dans la direction de la créature alors que chacun flotte désormais en apesanteur !

La détonation claque, l’odeur de la poudre envahit l’habitacle et apparaît un liquide rouge qui gicle de la blessure, mortelle, de l’officier désormais inanimé …

Du sang !

De l’hémoglobine !

Son odeur âcre, ses petites gouttelettes qui se répandent dans le poste de commandement et de pilotage du vaisseau…

L’horreur absolue.

Ils sont combien à avoir vu du sang sortir d’un orifice gros comme un pouce ?

 

Paul se retourne vers un autre, flottant dans un coin isolé, sur le côté et lui loge une seconde balle dans le buffet alors qu’il sortait son arme personnelle de son étui.

Normalement, le massacre doit s’arrêter là, il le sait pour avoir pris connaissance des archives de Steph.

« Un autre candidat ? »

Les mots ne sont pas ceux-là quand ils sortent de son larynx, mais ils sont immédiatement traduits par un des cyborgs qui l’accompagnent en langage coutumier aux autres officiers de la légion.

« Rétablissez immédiatement la gravitation, que je n’ai pas à le faire moi-même ! »

L’un des officiers obtempère.

Tout le monde choie sur ses pieds (ou ce qui en fait office), l’arme sortie de son étui produit un son métallique en heurtant le sol, les gouttes de sang des deux victimes de Paul éclatent en une multitude de tâches par terre.

« Paul de Bréveuil, alias « Charlotte », ambassadeur de la Coupole. Je prends le commandement de cet appareil. »

Un prénom neutre et autre féminin. Serait-ce un transgenre ?

Qu’est-ce donc que la Coupole ?

Est-ce une façon normale et « diplomatique » propre à la fonction d’ambassadeur que de commencer par tuer des officiers de la légion ?

« Vous allez évacuer avec vos barges de secours vers l’appareil en second. Tous ! »

Le temps de comprendre…

« Tous, sauf les droïdes, les cyborgs, les robots d’entretien et un pilote. »

Il prend un otage ?

« Exécution ! Et plus vite que ça. Sortez-moi aussi l’amiral Landditsy de son trou et amenez-le-moi. »

Comment cette… créature peut-elle connaître le nom de l’ex-patron du bord et de la flottille ?

 

« Je ne comprends pas, je ne comprends pas », commence ainsi l’amiral qui est amené manu-militari par les propres cyborgs de son bord, alors que d’autres regroupent les légionnaires vers les véhicules de sauvetage.

« – Qu’est-ce se passe ici ?

– Paul de Bréveuil, ambassadeur de la Coupole. Je prends le commandement de ce vaisseau et vous décharge de toute responsabilité quant à l’usage que je vais en faire.

– …

– Prise de guerre. Mais je vais vous le restituer d’ici quelques temps. Après usage. J’ai besoin d’un de vos officiers qualifiés pour en rendre compte et le piloter. Juste durant l’intervalle. Vous ne comptez pas comme moi, mais j’en ai pour environ 260 de mes mois. Si vous êtes assez patient, vous le récupérerez. »

En un seul morceau et en état de marche…

Qu’est-ce que ça veut dire ? Et puis tout ce sang étalé sur le sol…

Les deux cadavres.

Il reconnaît d’ailleurs en l’un d’eux son « partenaire de sensualité » favori, auquel il était attaché. Le conduire jusque-là pour le voir périr, alors que ce n’était pas vraiment un légionnaire qui s’intéressait à la chose militaire, quel gâchis ?

Pourquoi lui ?

Landditsy réprime le nœud qui lui tord les boyaux à la vue de cette chose devenue inerte et qui savait si bien prendre soin et exalter ses sens, pouvait être très tendre et toujours attentif, tel que lui n’avait jamais su lui rendre la pareille.

Mais quel désastre !

La honte de se faire voler son vaisseau en plus, également. Il ne pourra jamais y survivre.

« Nous récupèrerons quoi, si un de nos pilotes est à bord ? »

Une question stupide. Landditsy se rend compte que ce n’est le problème du moment.

« Comment avez-vous pu aborder et pirater un vaisseau de combat de la Légion ? Savez-vous ce qu’il en coûte ? »

La conversation est un peu hachée pour cause de traduction simultanée, malgré les deux cyborgs qui accélèrent le rythme.

« – Facilement.

– Quels sont vos objectifs ? Votre mission ?

– La même que la vôtre : pas les Krabitz ! »

Alors là, Landditsy ne sait plus quoi penser…

« – Mais, mais… » balbutie-t-il. « Ce n’est pas possible. Je m’apprêtais à me faire confirmer l’ordre d’évacuation par mon état-major.

– Pas la peine. Je suis là. Et puis… je vous signale que vous avez été destitué de votre commandement par vos propres officiers.

– Comment savez-vous ça aussi ?

– Et eux n’auraient fait qu’une bouchée des touffes d’herbes à transférer. Vous le savez bien. Vous n’auriez jamais eu le temps ni la possibilité d’exécuter le contrordre que vous avez reçu.

– Vous… vous êtes encore un avatar de ce… de ce Michel…

– Pas du tout. Moi, je suis un marin-militaire. Pas une gonzesse. Mais militaire de réserve mobilisé de temps en temps par la Garde et ses agents. Et j’obéis.

– Mais qu’est-ce donc que cette « garde » ?

– Je n’en sais rien et de toute façon, si je savais, je ne vous répondrai pas. Vous n’avez pas besoin de cette donnée pour débarrasser mon bord. »

Son bord, comme il y va !

« – Je ne comprends toujours pas, il était convenu avec… enfin il était convenu que nous restions sur place en attendant des vaisseaux de transport pour évacuer les Krabitz…

– Vous restez dans le coin si ça vous amuse. Le navire de la Garde que vous avez voulu écarter restera sur place tant qu’ils n’auront pas tous embarqué dans les cargos qui vont arriver. Des fois que vos officiers félons veuillent en découdre de nouveau.

Ce qui est improbable, mais ça va les retenir.

Moi, je file avec mes troupes et un de vos pilotes. Votre machine, mérite que je ne fasse pas trop de fausses manœuvres avec. Et comme je n’ai pas trop le temps de suivre des cours de pilotage accélérés, tâchez de me fournir celui qui est censé le ramener en un seul morceau.

– Vous allez où ?

– Mais j’en pose des questions, moi ? Faites ce que je dis où je me fâche. Et en ce moment, j’ai le sang chaud !

– Bien, bien ! »

Du calme.

 

Qui lui refourguer ? Soit il choisit Ilke mais ce serait prendre le risque de saboter le parcours, car ce n’est pas le pilote le plus habile, soit il désigne Axel. C’est un bon élément, assez adroit et si le vaisseau revient, il aura bien eu l’idée de noter jusqu’où cet ambassadeur-là emmène les Krabitz.

Pour une opération ultérieure. 

Seulement voilà, Axel est déjà embarqué sur la chaloupe d’évacuation. Il faut le sortir de là.

« – Et pourquoi moi, Amiral ?

– Parce que j’ai besoin d’une personne de confiance.

– Ilke ferait l’affaire. Non mais, je ne comprends pas Amiral. Je ne vais quand même pas voyager avec ce rustre-là, seul jusqu’à je ne sais où ?

– Il affirme en avoir pour 260 de ses semaines à lui…

– Et ça fait combien des nôtres ? »

Comment peut-il savoir…

« – Non mais Amiral ! Vous ne pouvez pas me faire ça… J’ai toujours été bien noté. Je ne vais pas voyager avec cette bête toute poilue tout de même.

– Si ! Et justement parce que vous êtes bien noté. Votre mission, c’est de nous faire un rapport de l’endroit où il va. C’est absolument essentiel. Et je m’occupe de votre avancement et de votre solde… Avec prime de risque doublée !

– Pendant toute la durée de la mission ?

– Toute et au tarif majoré ! »

Dans ces conditions-là…

« – Mais vous me demandez l’impossible… Cohabiter avec ce… ce monstre !

– Vous y arriverez. Prenez sur vous. C’est important pour la suite. » 

 

Les cyborgs de Paul auront compris l’essentiel de l’échange et l’un d’entre eux lui en rapportera le contenu.

Les derniers légionnaires embarquent, laissant l’équipage réduit à un seul de leur membre, désigné volontaire, et une armée de droïdes, de cyborgs et de robots à bord.

«  – On va où et on part quand, votre excellence ?

– On attend d’embarquer mon chargement personnel qui devrait arriver dans quelques instants. Et on démarre.

Appelez-moi Paul. Vous êtes Axel, si je ne m’abuse. Et puis rassurez-vous, j’ai besoin de vous, dans certaines limites, naturellement, mais vous n’êtes pas du tout mon style. Et j’ai ce qu’il faut pour satisfaire tous mes instincts bestiaux… »

De quoi parle-t-il ?

« – Avez-vous à bord une machine qui puisse traduire nos échanges vocaux en direct.

– Naturellement ! »

Axel se tourne vers une des consoles du bord et manipule quelques boutons et curseurs.

« – Je note que votre langage est … comment dire ? Très antique !

– Je viens de votre antiquité.

– Vous, vous… vous êtes un Homo ou une machine ?

– Un Homo Sapiens. L’espèce mère de la vôtre. Mais pas dégénérée par quantité de mutations génétiques comme vous l’êtes… »

L’affront !

Il n’y a pas plus évolué dans tout le cosmos connu que les homos-supérieurs tel qu’Axel…

« Et si je peux me permettre… Paul… Comment à votre époque pouvez-vous disposer d’une telle technologie qu’elle dépasse le mienne ? »

Une alarme retentit et un robot d’alerte indique la présence d’une chaloupe de ravitaillement en approche imminente.

« Ah ! Voilà ma cambuse avec mon matériel, » s’exclame Paul.

Époustouflant de précision : comment cet engin est apparu de façon si proche sans avoir été détecté avant ?

Et de quelle façon il s’arrime à l’un des sas de ravitaillement, pris en charge par les robots manipulateurs qui déchargent le matériel et quantité impressionnante de conteneurs… !

« – Excusez-moi de vous importuner, Paul. Savez-vous au moins piloter ce vaisseau ?

– Vous allez m’expliquer. J’étais assez doué pour piloter n’importe quel engin, à mon époque. Même des prototypes qui n’avaient jamais volé.

Mais vous avez raison, j’ai besoin que vous me fassiez faire le tour du propriétaire…

– Le tour du propriétaire ?

– De la machine et de tous ses organes et nous mettons les voiles ?

– Les voiles ?

– Une expression de mon mode à moi. Ça veut dire qu’on décampe. On se casse.

– On n’attend pas l’évacuation des Krabitz ?

– Pas la peine. D’autres vaisseaux vont s’en charger dès que vos petits camarades auront rejoint leur vaisseau en second.

– Mais comment vont-ils nous suivre ?

– Il est prévu de larguer des balises spéciales sur notre parcours qui débarquent avec mon chargement. Pas compliqué. Elles arrivent dans plusieurs des containers ».

Euh, si tout de même. Et puis n’importe qui peut les suivre…

Axel ne comprend plus très bien…

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-quatorzieme.html

 

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