Ultime récit : Chapitre dix-huitième

23/08/2017 12:13

 

Le 95ème saut.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Certes, il y a bien sa curiosité naturelle qui l’emmène à parcourir les longues coursives où il découvre les « barges de secours », qui sont en fait de petites machines autonomes, un peu étroites pour son gabarit, en parfait état de vol dans le vide spatial, qui plus est armées, qui lui permettront de faire des « sorties » à explorer les contours de l’immense vaisseau pris sur la légion.

Certes, il a ses propres équations à avancer pour concevoir correctement le Nivelle 003.

Bien sûr, ça manque un peu d’activité sportive. Il fait installer un vélo d’appartement, les ateliers du bord étant capable de fabriquer ex-nihilo à peu près n’importe quoi, même des pièces défaillantes du vaisseau lui-même, même les plus complexes, par méthode additive – comme dans les imprimantes 3 D de son époque – et faire défiler « son paysage » avec un peu de vent dans les cheveux rend l’illusion presque parfaite : il suffit pour cela d’adapter la difficulté à la pente apparente de la piste et le souffle de l’air à sa vitesse théorique.

Ça reste toutefois limité.

 

Le plus splendide en matière d’activité physique et « autre », ça reste « Alpha », « Bêta », « Gamma » et leur « catalogue » de formes.

Il pourra ainsi « essayer » quantité de « people », des actrices, des femmes célèbres ou des épouses d’hommes publics, des comédiennes, des femmes politiques, d’autres simplement splendides qui auraient pu devenir « top-modèle » dans la vraie vie, des chanteuses, des romancières, des athlètes sportives, voire quelques-unes de ses anciennes conquêtes, dont Florence, Matilda, Emily, Isabelle Nivelle, sa fille, Mylène et sa fille, et beaucoup d’autres dont Miho, sur lesquelles il fantasmait sur terre : un vrai bonheur !

Des blacks, des beurs, des métisses, des blanches, des asiatiques, des grosses, des maigres, des grandes, des petites, des superbement belles, d’autres moins belles et même une réplique d’Axel elle-même est très ressemblante, juste pour en rire…

D’ailleurs, le jour où elle s’est ainsi croisée, alors qu’elle se contentait de rester habituellement dans ses quartiers à elle, qu’il en fallu sortir son cyborg ainsi transformé, juste pour lui faire une démonstration de ce qu’il avait à lui offrir jusque dans le poste de pilotage, elle a été à la fois outrée, scandalisée et … intéressée !

Au moins, ça aura réveillé sa libido d’homosexuelle, puisque Paul lui aura « prêté » un cyborg à plusieurs reprises.

Paul, en revanche, devant ces masses molles disgracieuses et bloblottantes à outrance, son absence de poitrine faute d’utilité, il en a eu « une défaillance »…

Ça lui a fait comme l’effet d’être un peu l’équivalent d’une activité zoophile déplacée.

De toute façon, ça reste des cyborgs et c’est déjà en soi « contre-nature », des cyborgs manquant en plus d’un peu de diversité vestimentaire. Ça a même un côté un peu dément, alors que ces créatures artificielles savent y mettre les apparences d’y prendre un goût certain et quelques compétences, beaucoup de « bonnes techniques » comme les massages mantra, sans jamais aucune retenue ni aucun tabou des meilleurs venus.

Passons : on fait avec ce qu’on a sous la main…

 

L’autre activité qui reste intéressante, c’est de faire la cuisine. Steph avait fait rentrer quantité impressionnante de vivres dans les réserves de la cambuse, mais essentiellement congelés ou sous forme de poudres lyophilisées.

Beaucoup de produits déjà préparés, qu’il suffit de réchauffer au micro-onde ou en bain-marie, mais heureusement encore, aussi pas mal de produits bruts qui avaient dû être frais à un moment ou à un autre.

Manquaient que les œufs, remplacés par des poudres sans saveur…

Dès lors, quant à pâtisser, là, il ne fallait pas trop y compter, même si les quelques essais de crème ne sont pas trop mal réussis. En revanche, les glaces et sorbets prennent très bien…

Alors cuisiner avec ça, c’est l’affaire de « Gamma ».

D’ailleurs même Axel est venue partager ce moment de convivialité, malgré la présence de « sa réplique » découverte en milieu de parcours, pour manger des portions ignobles, hyper-protéinées de couleurs inconvenantes, avec des surdoses de glucides. Très peu de graisses apparentes, et pourtant elle est grasse.

Allez savoir pourquoi ?

Quand Paul se met aux fourneaux, ça a une autre gueule et les odeurs de fritures et d’épices dégoulinent un peu partout avec bonheur. Même Axel n’y est pas totalement indifférente, c’est dire.

Et c’est d’ailleurs ce qui l’a fait revenir « en cuisine ». Ce qui embête un peu Paul au début : il a pris l’habitude de « se faire tripoter » sous la table pendant ses repas et il ne veut pas contrarier son pilote après l’épisode de la « copie-cyborg »…

Tiraillements dans l’ambiance générale.

En revanche, question boisson, le Gouverneur Stéphane avait fait des efforts particuliers : il y a de quoi satisfaire les palais les plus fins et exigeants pendant des années et des années, à coup de productions australiennes, argentines, californiennes, européennes et même chinoises.

Tel qu’au bout de son voyage, il ne restera plus grand-chose et que finalement Paul aura dû se contenter d’eau gazeuse sur la fin, ce qu’il déteste, d’autant que celle disponible a un arrière-goût de désinfectant et est très salée : c’est ce que boivent habituellement les « Homos Plus ».

Alors qu’Axel a apprécié les vins californiens…

Ça, et les plats au thon rouge…

 

L’eau et la pitance d’Axel, ça aurait tendance à filer la tourista à Paul. Et la pharmacopée, bien fournie pour les « Homo-Plus », aura dû être « adaptée » pour Paul et ses petits-bobos du voyage. Soit en diluant les principes actifs, soit en forçant les doses, après avis d’Alpha, le cyborg.

Les seuls moments reposant et plaisant, outre les parties de « pattes en l’air », ça reste les longs moments à écouter des enregistrements de concerts ou regarder des films anciens et la « bibliothèque » disponible – sur écran – jusqu’à y compris une biographie complète, mais alors complète jusqu’à sa nécrologie, de « Charlotte-soi-même » : très perturbant de découvrir tout ça, presque par hasard…

C’est ce qui meuble ces trop nombreuses « étapes » où les robots-ateliers ravaudent les blessures du vaisseau, où les générateurs quantiques refont les pleins d’énergie.

Si le cinquième arrêt, en bordure apparent de la galaxie de départ est aussi dû à la présence d’un obstacle imprévu, il est surtout question de faire quantité de travaux de réparation des défaillances de la machinerie du vaisseau.

À cette occasion, ils se font rattraper par la flotte des cargos chargés de Krabitz.

Ceux-là sont arrivés par sauts sur la flèche du temps grâce aux efforts de la Garde, à proximité de leur planète-refuge.

Des mécaniques probablement plus solides et mieux adaptées que les vaisseaux de la Légion, puisqu’ils sont prêts pour un long voyage le long des crêtes avant que le vaisseau de Paul ait pu être prêt lui-même.

Impressionnant que d’entendre les alarmes retentir dans le poste de pilotage. Paul faisait une sieste « coquine » avec une « bimbo » (qui n’existe pas, mais est très à son goût du moment) dans ses appartements, et à chaque nouvelle arrivée, plutôt à chaque rafale d’arrivées, les détecteurs se mettent à hurler.

Il débarque en petite tenue, dissimulant mal son érection insatisfaite et finissante.

Tel qu’il est accueilli par un hurlement d’horreur poussé par Axel, à la vue de sa pilosité.

Drôle d’effet…

Il y en a partout tout autour, arrivés par grappes, à touche-touche… presqu’au contact.

Axel est également arrivé, nue sans sa tenue de vol, encore plus moche avec ses « plis » sur le ventre et ce qui lui tient lieu de fessier.

« – Tu viens pour me finir une pipe où tu t’occupes de manœuvrer pour éviter des collisions ?

– Votre excellence, voyons ! Je ne sais pas faire et vous n’êtes pas du tout mon genre, vous le savez bien. Mais un jour si mon cul vous intéresse, passez par derrière ! »

Du lard ou du cochon ?

Axel serait-elle une hétérosexuelle refoulée ?

Ayant une attirance pour la zoophilie d’avec des Sapiens ?

On ne saura jamais.

 

Au fil des arrêts, ils prennent l’habitude de faire un check-up complet de tous les organes du vaisseau, de refaire les pleins d’énergie, de procéder à quelques réparations plus ou moins majeures.

Il peut y avoir ainsi des étapes sans pratiquement aucune panne détectée, d’autre avec une foultitude de choses à remettre en état. Parfois les jauges d’énergie sont seulement au plus bas : la machine ne peut plus aller plus loin en toute sécurité, parfois non.

Juste un obstacle imprévu qu’il faut cerner.

Mais à chaque fois, l’arrêt prend quelques jours, parce qu’ils décident de cartographier l’espace « de leur point de vue ». On entre ainsi au fil du temps dans des portions de l’espace où personne n’a jamais été. Et l’univers visible – et celui qui rayonne dans l’invisible mais qui reste détectable par les instruments de mesure – se modifie du tout au tout : une mine d’informations inégalée pour les scientifiques de la Garde !

Non pas directement, puisque tout sera effacé des mémoires sur le chemin du retour, mais pendant les quelques mois où la route est tracée et pas encore refermée, Paul imagine à juste titre que La Garde, le seul organisme qui connaît la localisation précise dans le temps et dans l’espace des « balises » laissées par Paul dans son sillage, « maintenant » et « à jamais », enverra bien quantité de sondes et d’engins, à n’en pas douter.

Ainsi, jamais aucune sonde n’aura été aussi loin dans l’espace profond.

Ce qui reste curieux, c’est que les galaxies lointaines, les plus jeunes, semblent vouloir rester en nombre important, quel que soit l’azimut où elles sont détectées.

L’univers apparaît n’avoir aucune limite, hors le rayonnement fossile, qui reste le même dans toutes les directions, sauf les « irrégularités » déjà connues sur Terre et ce « point bleu » qu’ils ont visé dès le départ qui s’intensifie de fil en aiguille.

Disons qu’il grossit, et en son sein, on distingue désormais une toute petite portion qui approche le zéro absolu comme jamais. À peine 0,000.01 °K !

C’est celui-là qui grossira au fil de leur progression, jusqu’à devenir « non mesurable » sur l’échelle des températures : le noir absolu, là où il n’y a rien, même pas ce rayonnement fossile, le siège de la matière « mange-énergie », les « sans-âmes » vers lesquels ils emmènent les Krabitz chargés de les « avaler », de les métaboliser…Incroyable, l’univers a-t-il une fin, une limite ?

 

Au 95ème saut, alors que les précédents sont « sans histoire notable », mêmes alertes en cascade que lors du 5ème saut. Paul était prévenu : là, ça ne peut pas être une ânerie de navigation.

Il ne sait plus quelle heure, ni quel jour il est malgré qu’il ait tenu un calendrier à jour, comme un prisonnier qui coche une barre sur les murs de sa cellule chaque jour qui passe.

En fait, sa montre possède une fenêtre indiquant le jour, mais combien de fois, l’avait-il avancé à bon escient à l’occasion des mois courts de 30 ou 28 jours ?

On doit en être au 15ème mois, peut-être le 14ème ou le 16ème, de navigation monotone, mais il allait falloir se battre, il le sait déjà.

L’état du vaisseau n’est alors pas au mieux et Axel s’est précipitée pour régler les urgences et redémarrer les générateurs identifiés comme déphasés.

Paul lui s’occupe de l’environnement immédiat.

Il y a quantité de « grosses pierres », grosses, c’est de plusieurs kilomètres, qui suivent des trajectoires convergentes.

Le problème, c’est que ça ne vient pas d’une seule direction, mais de plusieurs à la fois.

Pas de doute, ils sont tombés dans une sorte de traquenard : une intelligence quelconque dirige ces pierres vers eux, qui se sont mises en mouvement dès que le vaisseau volé à la légion s’est matérialisé dans leur espace !

Il va falloir livrer bataille.

C’était prévu…

 

Seulement voilà, ces « assaillants » sont encore loin, mais ils sont nombreux. Ils ne volent pas vite et ne sont pas visibles à l’œil nu, même s’ils apparaissent clairement sur les focales des instruments du bord.

Quant aux niveaux des réserves d’énergie du vaisseau, elles sont des plus faibles, à peine 3 %. Et 95 % des générateurs se sont déphasés depuis leur départ. Pourtant, en prévision, ils avaient perdu un peu de temps à les rendre disponibles à hauteur de 100 %.

Et d’avoir fait les pleins de matière et antimatière à hauteur de 90 % des capacités. Au-delà, par exemple 98 % ça prend un temps fastueusement et inutilement long.

Il vaut mieux remplir deux fois à 70 %, on va plus loin et ça demande des arrêts beaucoup plus courts.

« – Comment va-t-on pouvoir faire face ?

– Est-on sûr que ce sont des hostiles ? »

Là, il ne faut pas trop en douter, d’après Paul.

Pourtant, à l’observation, quel que soit le spectre, ce sont des astéroïdes tout ce qu’il y a de plus inoffensif. Pas la trace d’une seule arme de projection.

« – Tu sais quoi Axel, pour en avoir le cœur net, je vais aller au-devant avec une des barges.

– Excellence… ça peut être dangereux.

– Bé oui, mais je préfère avoir l’initiative plutôt que de faire uniquement confiance à nos systèmes de défense.

– Les barges sont très limitées en cas de problème.

– Elles ont un canon à antimatière, non ?

– Un seul. Et deux tourelles d’auto-défense. Nous, on peut sortir plusieurs tourelles…

– Eh bien voilà ce qu’on va faire. Toi tu restes et tu mets en branle l’armée des robots et droïdes pour réparer cette foutue barcasse. Mais tu consacres un peu des réserves d’énergie à ces fameuses tourelles.

– Euh, je ne sais pas comment elles fonctionnent.

– Les cyborgs du bord si !

– Mais je vais en avoir besoin pour les remises à niveau.

– La priorité, c’est le vaisseau. Sans lui, nous ne sommes plus rien et notre mission échouera. Alors tu le mets en état de combat, avec bouclier et tout. Celui-là, tu vas l’ouvrir pour me laisser passer, à l’aller et à mon retour.

Ok ? »

Une phrase qui va lui provoquer une énorme angoisse.

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/08/ultime-recit-chapitre-dix-huitieme.html

 

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