Retour sur le « grand-oral » de « Jupiter ».

23/10/2017 22:46

 

Cap sur 2019 !

 

Vous le savez, dimanche en 8, je n’ai pas pu tout voir de l’interview « du chef ». Il paraît d’ailleurs que j’aurai loupé différents « trucs » importants.

Admettons.

Je ne pouvais donc pas savoir qu’il n’aurait pratiquement pas parlé d’Europe.

Étonnant pour un président qui n’avait il y a encore peu, que ce mot là à la bouche…

On en a d’ailleurs causé ici et encore là, et j’en ai passé.

Que c’est « mon boss à moi-même » qui m’a fait agiter mon « unique-neurone » sur la question : Ce n’est effectivement pas normal.

D’autant que dans les « médias-officiels », ils ont aussi assez généralement zappé « le blanc ».

Étonnant.

 

En effet, à part une rapide confirmation de l’« importance » qu’il accorde à l’Union européenne, le sujet n’a pas été évoqué.

Rappelons aussi que si la campagne présidentielle a été tant suivie à l’étranger, c’est avant tout parce que les « Gauloisiens » étaient invités à décider s’il continuerait à appliquer la politique pro-européenne établie depuis trente ans ou s’il en choisirait une autre, en tentant de forcer un changement d’orientation massif de l’UE sous menace de la quitter façon « Brexit », ce à quoi elle ne pouvait pas survivre.

Et ils ont décidé de faire encore un tour de manège : Voilà ce qui intéressait, et parfois passionnait à l’étranger.

Le résultat a été sans équivoque : Au premier tour les candidats représentant sans ambiguïté la continuation regroupaient 50,4 % des exprimés, tandis que les candidats qui proposaient de forcer un changement totalisaient dans leur diversité 46,5 %. Le résultat fut encore amplifié au second tour – 66,1 % contre 33,9 %.

 

Une fois élu (et on verra comment et pourquoi en décembre prochain) sa mission reste assez claire : Le nouveau président ne devait pas manquer de faire des propositions aux autres pays européens, et avant tout à l’Allemagne la première puissance économique européenne, pays dont l’influence directrice sur la politique de l’UE s’est affirmée depuis une bonne décennie.

L’objectif de ses propositions est clair : Il s’agit de s’assurer que l’euro soit géré non dans la seule optique dite « ordo-libérale », dont l’expérience a prouvé que ses conséquences étaient catastrophiques pour l’économie d’un nombre toujours plus grand de pays (PIGGS), mais d’une manière qui soit profitable de façon « équilibrée » à tous les pays de la zone euro avec toutes leurs différences.

Ce qui est aussi et à l’évidence une condition indispensable au succès de la politique d’ensemble du nouveau président de la République.

 

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois « Jupiter » défend cette nécessité d'un rééquilibrage de la gestion de l’euro. Lors de la négociation autour de la dette grecque en 2015, il argumenta contre des mesures d’austérité trop écrasantes, allant jusqu’à comparer le diktat fait à la Grèce à « une version moderne du Traité de Versailles », ce qui indisposa la chancelière allemande qui exigea de « Tagada-à-la-fraise-des-bois » qu’il sorte son jeune ministre de l’Économie des salons des négociations.

 

De ce que j’en décrypte (pas tout seul, rassurez-vous…) pour l’essentiel et à travers le détail des propositions et mécanismes envisagés ou envisageables, le changement souhaité dans la gestion de l’euro peut se résumer à ces deux points : S’orienter davantage vers l’investissement, en modérant au moins la recherche prioritaire d’équilibre financier quelles que soient les conséquences, même si « Manu-Mak-Rond » se donne pour objectif immédiat de « rentrer dans les clous » pour mieux négocier la suite ; et faire accepter une plus grande solidarité économique entre les différents pays européens.

 

Or, chacun de ces deux points est en contradiction frontale avec la politique que l’Allemagne non seulement trouve plus saine, mais encore dont elle considère qu’elle est la racine de ses succès économiques actuels.

S’y mêle une méfiance largement répandue outre-Rhin envers la tendance prêtée à d’autres partenaires à se mettre dans une situation financière délicate puis à attendre que d’autres les aident !

C’est bien d’ailleurs ainsi qu’ont été présentés les différents plans d’aide « à la Grèce », alors que ces plans étaient en réalité des plans d’aide aux grandes banques créditrices de ce pays.

 

« Jupiter » compte sur une rigueur plus importante dans les dépenses de l’État et l’application plus déterminée d’une plus grande partie des recommandations économiques de l’UE, mais aussi sur l’élan qu'il estime incarner pour convaincre et l’Allemagne, et encore les autres pays d’avancer sur les pistes qu’il propose.

Ce que n’a pas su incarner « Gras-Nul-Laid » alors que les « PIGS » attendait beaucoup de lui.

Néanmoins, « le plan » commence à prendre eau avec les résultats des récentes élections allemandes qui rendront plus difficile à la « sortante-rentrée » de former une coalition viable pour gouverner, surtout cette coalition promet de créer des obstacles supplémentaires dans le cas où la chancelière envisagerait de faire quelque concession significative à la « Gauloisie-précaire ».

Son équation est simple : Pour former un gouvernement stable, il s’agit de mettre d’accord trois partis en plus du sien la CDU :

 

– La CSU de droite conservatrice, le partenaire de longue date de la CDU en Bavière, qui a été mise en danger sur ses terres alors que des élections régionales y auront lieu l’année prochaine, et aura à cœur d’obtenir des concessions significatives sur le sujet des migrants.

Mais de telles concessions rebuteraient les Verts, qui voudraient plutôt peser dans l’autre sens.

 

– Les Verts, « écololos de gôche », demanderont des concessions sur le diesel.

Mais cela gênerait gravement l’industrie automobile allemande qui prend son virage « électrique » sur les « chapeaux-de-roues » mais rebuterait fortement le FDP, le parti préféré des milieux d'affaires.

 

– Le FDP, libéral, exigera le respect des lignes rouges habituelles de la politique européenne de l’Allemagne, une chose qui ne gênerait aucun autre parti indispensable à l’équilibre de la coalition, ni la CSU évidemment, ni les « Grünen ».

 

La seule coalition réaliste est la formule « Jamaïcaine » : Noir-Jaune-Vert…

 

Oui, mais l’Allemagne commence à entrer dans une phase de troubles politiques qui la poussent à se replier davantage sur ses préoccupations internes.

Pour faire des concessions aux autres Européens dans le cadre d’une vraie négociation, il faudrait avoir la liberté d’action que procurerait un gouvernement uni. C’est ce que l’Allemagne avait jusqu'ici et c’est ce qu’elle aura beaucoup moins qu’avant.

Du coup, la « Gauloisie-jupitérienne » prenant une direction claire dès le printemps dernier, disposant d’un nouveau président déterminé appuyé sur une confortable majorité parlementaire, est quant à elle en position de faire des concessions.

Nul doute que le locataire précaire du Palais-Élyséen y sera appelé et il n’a guère d’autre choix dans un premier temps.

En revanche, dans un second temps toutes les options sont envisageables.

 

Vous aurez alors noté que le président de la République a lâché au détour d’une phrase sa stratégie personnelle (il a encore un « plan de carrière » devant lui) : Il attend les premiers résultats tangibles de sa politique « d’ici deux ans ».

C’est un délai raisonnable pour qu’un changement même profond ait le temps de produire ses effets… et un point de rendez-vous à mi-mandat, qui lui laissera encore le temps pour effectuer un ajustement s’il s'avérait nécessaire.

L’objectif est là : 2019 !

 

Découpant ainsi son mandat en deux moitiés, dont la première est occupée par l’application du programme présidentiel approuvé par les « Gauloisien ».

Quant à la seconde, si ses propositions pour la réforme de l’UE ne débouchent sur rien de concret, parce qu’elles sont refusées, ou plus probablement qu’elles seront vidées de leur substance pour surtout ne rien changer (le « Monde d’avant »), le président devra probablement s’attendre à ce que sa réforme d’ensemble, la « transformation » du pays qu’il entend mener ne puisse déboucher sur des résultats suffisamment positifs…

Et encore, si elle ne se révèle pas tout simplement un boulet supplémentaire pour le pays, comme l’ont été toutes les transformations profondes qu’ont entreprises la « Ritalie » et « l’Hispanie » au début des années 2010 sur injonction des autorités européennes, avec des résultats pas particulièrement miraculeux.

À ce jeu-là, il n’y a vraiment que l’Irlande qui, sans faire de bruit, a su tirer son épingle du jeu avec son taux d’IS jalousé par tout le monde (sauf le Luxembourg).

Notez aussi que l’Islande s’en sort avec les honneurs en justement n’adhérant pas à l’UE…

 

Qu’est-ce qu’il va se passer en 2019 ? La question n’est pour l’instant qu’en pointillé, car si la chancelière allemande ne change pas ou s’avère prochainement très différente de ce qu’elle a été durant ses douze premières années de mandat, les choses pourraient bien « basculer » du tout au tout.

Je rappelle que « Manu-Mak-Rond » a en main – outre son avenir politique – quelques « munitions-nucléaires » à tirer.

Toujours les mêmes d’ailleurs (celles dont disposait « Bling-Bling » contre « Déesse-Khâ », qu’il n’a pas jugé utile d’utiliser contre le candidat « Flanby » et dont les « Républicains-démocrates » ont perdu les codes de mise-à-feu depuis. Idem chez « les Soces » d’ailleurs.)

Il faut dire que ça pourrait faire des ravages sur tout l’hémisphère-nord de la planète politique du moment et que par conséquent, chacun est conscient qu’une arme de dissuasion, ça ne sert plus à rien si on l’utilise : C’est qu’elle n’était pas assez dissuasive !

« On » en était là en 2012 et « Déesse-Khâ » a été exécuté sur les boulevards de New-York.

« On » a évité le pire 5 ans plus tard et les deux concurrents de 2012 se sont fait jeter comme des malpropres…

 

Pour ouvrir la voie à « Manu-Mak-Rond ». Et lui menace manifestement de s’en servir, mais « en son temps » : Ça, je l’ai entendu « en direct » dans ma TV-satellitaire londonienne, dimanche en 8, j’en suis certain.

D’ailleurs, en matière de « dissuasion », il reprend peu-à-peu la main : Après avoir poussé son Chef d’état-major des armées à la démission, il vient de « rétrograder » la semaine dernière son Chef d’état-major personnel, alors qu’il est de tradition séculaire qu’il soit nécessairement le second personnage du « Palais de l’Élysée ».

Un futur démissionnaire lui aussi ?

Qu’est-ce qui se passe donc ?

 

Simple : Un refus de se voir imposer un calendrier qui n’est pas le sien.

Le sien passe par 2018/2019 et son futur « coup d’État » (je l’ai déjà évoqué et on en reparlera).

Reste à savoir s’il sera « appuyé », « encouragé » ou bien « contrarié », « empêché » par ses propres commanditaires.

Pour l’heure, je ne saurai pas encore dire, mais ça avance, aucun doute là-dessus.

 

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Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/10/cap-sur-2019.html

 

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