Panama-papers (4)

01/05/2016 23:15

 

Dernières retombées…

 

On arrive au bout… et hélas, il semble que « la mission » première, une fois de plus, manque sa cible.

Je vais y revenir.

Quoi de neuf depuis notre dernier « papier » sur le sujet ?

Il ressort que les banques Suisses ont été très actives dans la création de sociétés-écrans. Les établissements bancaires UBS, Credit Suisse (via une filiale) ont participé au processus, selon l'enquête en cours.

Il en va de même pour HSBC Suisse, et quelques autres (13 en tout) visées par une demande d’information américaine.

Au plan des « personnalités accrochées », pas de grosse surprise :

– Kojo Annan, le fils de l'ex-secrétaire général de l'ONU : On a la famille que l'on peut…

– Des associés et/ou proches du président russe « Vlad-Poux-tine » auraient détourné jusqu'à 2 milliards de dollars avec l'aide de banques et de sociétés-écrans.

Celui-ci n’a pas lancé la « contre-offensive » attendue et à expliquer que son pote le violoncelliste est en fait un homme ruiné, devant de l’argent un peu à tout le monde, à force d’acheter des instruments de musique.

Un compulsif… ?

Notez que 2 milliards d’instruments de musique, ça a un côté pitoyable comme explication.

Mais bon, c’est la Russie où tout est décidément possible en matière de contre-information !

– Des sociétés liées à la famille du président ukrainien Petro Porochenko apparaissent : On s’en doutait un peu.

– Le milliardaire Bidzina Ivanishvili a été premier ministre de Géorgie pendant à peine 13 mois. Il a été le propriétaire d'une société immatriculée dans les îles Vierges britanniques.

– Pedro Almodóvar et son frère Agustin apparaissent derrière la société Glen Valley Corporation, enregistrée dans les îles Vierges britanniques en 1991.

– Des sociétés liées à la famille du président chinois Xi Jinping, qui affiche sa détermination à combattre la corruption, sont citées : On ne choisit pas sa famille, c'est bien connu !

– Cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane, président des Émirats-arabes-unis et émir d'Abu-Dhabi, l'un des hommes les plus riches du monde, a été le bénéficiaire économique d'au moins 30 sociétés créées dans les îles Vierges britanniques par Mossack Fonseca.

– Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, ancien émir du Qatar : Sa société offshore détenait un compte en banque au Luxembourg et des participations au capital d'entreprises sud-africaines.

– Le prince saoudien Mohamed bin Naif bin Abdulaziz est également cité.

– Ahmad (Ahmed) Ali al-Mirghani, ancien président du Soudan (1986-1989). Il était propriétaire d'Orange Star Corporation, société créée aux îles Vierges britanniques en 1995.

– Des fonctionnaires proches d'Hugo Chavez, l'ancien président vénézuélien, mort en 2013, sont cités dans les « Panama-Pampers ».

– Des cousins du président syrien Bachar al-Assad figurent dans les listings : On s’en doutait aussi : La famille, décidément !

– Le tout nouveau président argentin Mauricio Macri a été membre du directoire d'une société offshore enregistrée aux Bahamas.

Un type incroyable qui vient d’éteindre les actions judiciaires des « fonds-vautours » en empruntant les fonds nécessaires à les désintéresser et qui ont été souscrits au-delà de toute espérance, plus de 6 fois le montant de l’émission.

Il faut dire qu’à 7,5 % de taux d’intérêt, c’est une aubaine par ces temps de taux négatifs qui courent…

Plus proche de « chez nous » :

– Des affaires réalisées dans les paradis fiscaux par le père aujourd'hui décédé de l'actuel Premier ministre britannique David « Camé-Rhône » sont citées.

– La sœur de l'ex-roi Juan Carlos de Borgón, Dona Pilar de Borbón : On a la famille que l'on peut, même chez les Bourbon !

– Le Premier ministre islandais, Sigmundur David Gunnlaugsson, est soupçonné d'avoir dissimulé des millions de dollars aux Iles vierges britanniques.

– Le ministre islandais des Finances Bjarni Benediktsson. Les appels à sa démission ne se sont pas fait attendre.

– À gauche, la ministre islandaise de l'Intérieur Olof Nordal.

Un cas particulier, l’Islande, semble-t-il : Ils ne sont pourtant pas très nombreux…

– L'ex-ministre du Budget Gaulois, « Jéjé Caca-zut-hack », qui a démissionné suite à la révélation de son compte bancaire en Suisse chez Reyl, est également débusqué dans cette affaire au Panama.

On citera aussi parmi les « peoples », le quintuple Ballon d'or Lionel Messi, « Michou Platoche » et Cristiano Ronaldo ; l'acteur chinois spécialisé dans les arts martiaux Jackie Chan est ainsi actionnaire de six sociétés situées dans le paradis fiscal des îles Vierges britanniques.

Jusque-là, et sauf erreur ou omission de ma part, 140 personnalités sont citées dans les « Panama-Pampers » sur 14.000 structures, que j’en reste coi : Tout juste 1 % !

Ce n’est même plus un glaçon qui laisse apparaître 10 % de son volume hors de l’eau…

Et je vous passe les quelques sociétés mondiales épinglées, car globalement, aucun « GAFA », pourtant les champions du monde de « l’optimisation fiscale », ne semble concerné, ni aucun « major » des bourses mondiales : Toutes ces entreprises usent d’autres « moyens » laissant le recours aux sociétés-écrans venant du Panama aux « petites-bites »…

Logique.

Et du coup, pas ou vraiment très peu d’américains dans le lot.

Mais en revanche, une réaction « des 28 », à quelques semaines du « Brexit », des tensions autour du « Grexit » et à la veille des élections autrichiennes, qui est presqu’une répétition de la nôtre de 2017 : Dimanche, ils votaient une première fois pour élire leur président.

C’est une fonction nettement plus « représentative » qu’en « Gauloisie-démocratique », mais ça fait peur quand même quand on apprend lundi matin que c’est l’équivalent du « Marinella-tchi-tchi » local qui est en tête, écrasant tous les représentants des partis classiques autrichiens, « drôate » et « soce-démocratouille », qui rassemblent 22 % des bulletins à eux deux.

Je me demande si je vais suivre cette élection-là, finalement…

Bé oui, les 28 ministres des Finances de l'Union européenne ont affiché samedi leur volonté d'intensifier la lutte contre l'évasion fiscale en réponse au scandale des « Panama-Pampers », avec toutefois des divergences sur l'ampleur de l'effort de transparence à exiger des multinationales.

Après ce scandale d'ampleur internationale, « le sens de l'urgence est clairement bien plus important (…), tout le monde est très engagé pour combler les vides », a affirmé le ministre néerlandais des Finances, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE.

« Nous avons été très occupés à nous combattre les uns les autres sur nos régimes fiscaux, de manière à ce que nos pays soient les plus attrayants possibles pour les investisseurs. Maintenant, nous en sommes arrivés à un tel point que de grandes entreprises ont tendance à ne plus payer d'impôts », a-t-il ajouté.

Il serait plus que temps d’ouvrir les yeux, effectivement !

Au cours de la réunion ouverte vendredi à Amsterdam, tous les ministres ont endossé l'initiative lancée il y a dix jours de ça par cinq pays européens (Teutonnie, Hispanie, Gauloisie, Ritalie et Brexit) visant à expérimenter l'échange automatique d'informations, au sein de l'UE, pour identifier les bénéficiaires des sociétés-écrans.

« Il y a une volonté convergente, assumée, proclamée de lutter contre les mécanismes anonymes » ne permettant pas de savoir qui se cache derrière ces sociétés, a déclaré le ministre gaulois des Finances.

C’est un premier pas d’une « longue-marche »…

À l'heure actuelle, le droit permet des montages financiers créant des structures juridiques (société individuelle à responsabilité limitée, trust, fondation…) en dissimulant l'identité de leur réel bénéficiaire, brouillant les pistes et compliquant grandement la tâche des administrations fiscales, c’est un fait acquis depuis des décennies et il s’agit d’y mettre un peu de « traçabilité ».

Là, les 28 ministres des Finances ont également approuvé la création à terme d'une « liste noire unique », commune à toute l'UE, des paradis fiscaux, comme le souhaite le commissaire européen aux Affaires économiques « Pierrot Moscou-vicié », qui a parlé d'un objectif à atteindre « d'ici la fin de l'été ».

C’est sans compter que les négociations s'annoncent délicates, les États membres ayant des politiques très variables sur les paradis fiscaux. Il s'agira dans un premier temps de définir une méthode commune pour identifier qui pourrait figurer sur une telle liste. Des propositions seront soumises aux 28 ministres lors d'une prochaine réunion en mai.

À propos de l'incitation à davantage de transparence fiscale de la part des multinationales, la présidence néerlandaise de l'UE a assuré qu'elle lancerait « dès la semaine prochaine » les discussions entre États membres sur la proposition de Bruxelles de rendre accessibles au public les principales données comptables et fiscales des grandes entreprises.

Le ministre local n'a pas caché que des réticences s'étaient exprimées à Amsterdam parmi les 28 sur cette proposition de la Commission dévoilée le 12 avril.

« Il y a d'évidence des appréciations différentes sur ce sujet », a-t-il dit, soulignant qu'il ne fallait pas attendre d'accord avant le second semestre, sous la présidence slovaque…

Voilà qui démarre mal, d’autant que le ministre autrichien a pu déclarer que : « Je pense que nous ne devons pas sur-réagir là-dessus en pleine hystérie sur Panama ». Ce qui a permis à ses homologues Maltais, Belge et Teuton de faire part de réserves avec des arguments différents.

Dans l'absolu, « il faut une harmonisation internationale, mais il ne faut pas l'attendre (…) il faut casser ce cercle vicieux » voulant que « depuis 20 ou 30 ans on dise ‘‘on fera plus tard’’ parce que le monde entier ne le fait pas », a souligné votre ministre.

Bref, la route va être longue : « Panama-Pampers » va manquer cet objectif « public-là ».

Et puis au Panama, les autorités s’énervent et ont mené vendredi une nouvelle perquisition dans un bureau du cabinet d'avocats Mossack Fonseca.

Lors de cette nouvelle perquisition, « nous avons trouvé une grande quantité de documents qui sont présumés appartenir à la société ». Et on apprend que le cabinet archive la majorité de ses documents sous forme numérique dans plus d'une centaine de serveurs…

Là, on se dit que le « piratage » des 11,5 millions de documents n’est donc pas l’œuvre d’un unique geek aussi génial fût-il, mais bien de toute une équipe très motivée et organisée : Pas une machine à pirater, mais des centaines de serveurs… !

Et comme par hasard, de son côté, le régulateur des services financiers de New-York (NYDFS) a adressé une injonction aux banques Société Générale, Credit Suisse, Deutsche Bank et à dix autres citées dans le scandale des « Panama-Pampers ».

Rappelons que l’institution avait déjà infligé en 2014 une amende record de près de 9 milliards de dollars à BNP-Paribas pour violations d’embargos américains…

Là, il a été ordonné à ces établissements financiers de lui fournir tout document et porter à sa connaissance toute transaction effectuée avec le cabinet, a poursuivi la source confirmant des informations de l’agence Bloomberg News.

Le NYDFS, dirigé depuis janvier par Maria Vullo après le départ en juin de Benjamin Lawsky, a donné jusqu’au 29 avril à ces banques pour répondre à sa demande.

Dans la lettre adressée à chacun des établissements, le régulateur ne leur reproche pour l’instant aucune malversation, selon la source. Les discussions sont encore à un stade préliminaire mais pourraient déboucher sur l’ouverture d’une enquête si Mme Vullo et ses services venaient à conclure que certaines transactions étaient litigieuses.

Notez que cette requête du NYDFS coïncide avec l’ouverture d’une enquête pénale par le procureur fédéral de New York, Preet Bharara, l’un des juges les plus redoutés de Wall-Street.

Sympa, finalement.

Conclusions encore provisoires :

1 – La « blanche Amérique », pas vraiment concernée par le contenu des fichiers-volés, se permet non seulement de se considérer « hors de cause » (malgré ses propres paradis fiscaux), mais en profite pour en tirer… profit et la couverture à elle !

Et comble du moment, exactement alors que « Baraque-Haut-Bas-Mât » fait sa tournée européenne contre le « Brexit » et pour le TAFTA.

C’est vous dire s’il y a de quoi se bidonner !

2 – L’UE patine grave, alors que le ricain fait la promotion du TAFTA, l’Autriche trébuche, la Grèce s’enfonce, tout cela ne peut pas mieux « s’arranger », se « goupiller » pour montrer les limites des pouvoirs des uns et des autres dans tout ce capharnaüm qui vous lamine tous les jours un peu plus.

Que s’en est magnifique, finalement.

3 – De mon côté je persiste à penser que l’objectif du « Panama-Pampers » est passé une nouvelle fois à côté de sa cible.

Parce que finalement, il y a bien plus grave sur cette planète : La corruption (dont les fruits restent planqués dans les plateformes « offshores » et ressortent à l’occasion dans l’émission d’emprunts toxiques comme en Argentine), qui générèrent de toute façon l’appauvrissement généralisé et parfois dramatique des populations.

Il n’y a pas à dire, de gigantesques fortunes restent « bien au chaud » et toujours cachées, alors qu’elles ont été constituées en quelques décennies : Ce n’est certes pas par le « labeur » de leurs détenteurs, mais bien par le détournement crapuleux d’encore plus « pôvres » sous domination.

C’est cela qui nourrit la « folie de la finance ».

Et on n’y touche pas encore.

Dingue !

Parce que (4), ce n’est pas la première fois que « des fichiers » sortent de leur cocon et s’étalent sur la place publique : Souvenez-vous des listings de « La-Hood » sous la forme tronquée et falsifiés des fichiers « Clearstream » (la banque des banques de compensation européenne, qui compense à travers le BRI et le monde entier), des fichiers d’Hervé Falciani volés à HSBC…

Tous ont atterri sur les bureaux des services fiscaux et nulle part ailleurs !

Comme nous savons que pour ceux-là, le premier a été fourni à Londres par un « aimable correspondant » et l’idée du second « travaillé » par un tout autant « honorable correspondant » à Genève, on ne peut qu’en conclure que les mêmes causes produisant les mêmes effets, les « Panama-Pampers » ont la même origine !

Et hélas, seulement les mêmes conséquences : Être traités uniquement sur le plan fiscal, un peu partout autour de la planète … surtout européenne !

Une slave de « trois tirs » en quelques années, vraisemblablement tirée du même « opérateur-global », vise forcément la même cible.

Et on passe une nouvelle fois à côté !

Ça, c’est vraiment splendide.

Je vous laisse y réfléchir, et si vous-mêmes vous patinez encore un peu, retournez donc lire ce post :

http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/04/suite-du-scandale-des-milliards-de-la.html

Parce que là, le mystère commence seulement, par ses propres voies, à s’éclaircir.

Et il va finir par vous péter à la tronche.

En attendant, tout cela fait les délices de l’auteur du futur roman que je vous prépare pour cet été, comme je le pressentais en début de mois.

Jubilatoire !

Qu’il se pourrait bien que j’avance d’ailleurs sa mise en ligne : Je ne sais pas encore !

Bien à vous toutes et tous !

I3

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/04/panama-papers-4.html

 

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