Moment d’anthologie.

08/03/2017 12:24

 

Celui-là, il va nous manquer…

 

Je veux parler de « Juppette ». Partir de « Bord-d’eau », la ville des négriers (parmi quelques autres adeptes du « commerce-triangulaire »), pour conquérir les plus hautes fonctions du pays, y’a pas à dire, c’est « mission-casse-gueule ».

Je vous rappelle que le précédent historique, c’était « Chat-Banc-d’elle-masse », le général de brigade « Chat-Banc » de la résistance, ex-premier ministre gaulliste qui s’est lui aussi fait souffler la politesse par « Gis-car-A-la-barre » et quelques « félons-frondeurs » de droâte, emmené par « le Chi ».

Déjà deux générations qui s’affrontaient sur le lit de mort de « Pompon-Pie-doux ».

 

Perso, j’étais trop jeune pour voter (mais pas pour « coller des affiches »), mais j’ai eu une leçon de politique (la première) in vivo dans le salon de « mon papa-à-moi » (celui qui me fait toujours « frémir » quand je l’évoque…) où toute la question du « Cousin-Jean » (Tiberi) était de savoir s’il accueillait ou non « le Chi » dans sa circonscription inexpugnable de « Paris-rive-gôche »…

Réponse catégorique et sans appel de mon paternel en parlant de « Chat-Banc » : « Voter pour ce vieux kon ? Non ! »

Le vieux kon-UDR et sa « Nouvelle société » … déjà en soi une erreur de script !

Le jeune-RI, oui. Donc suivre « le Chi ».

 

Ceci dit, il est une question de management assez classique pour laquelle « Juppette » vient d’apporter une pierre de plus : Savoir sortir.

Quand savoir sortir ?

Dans toute entreprise humaine, force est de constater que jamais les choses, mêmes les mieux établies, se passent comme prévu par les « ingénieurs » et autres « sachants » et face aux difficultés, il faut se garder de deux erreurs…

1 – « L’escalade de l’engagement » qui est une combinaison redoutable de déni de la réalité, d’excès de confiance, de besoin de justifier ses choix passés, et de coût déjà investi qui vous fait vous obstiner alors que vous devriez jeter l’éponge.

Je ne vise personne en particulier, mais « les Républicains-Démocrates » vont en faire la belle démonstration dans les jours qui viennent.

2 – Toutefois, il est une seconde erreur très classique aussi, dite de « l’abandon erroné », en cédant à ces autres travers que sont la peur de l’échec, l’apparence de courage que confère le renoncement, ou tout simplement le refus de rallonger les budgets…

Qu’elles sont les clés idoines ?

Un : L’escalade « irrationnelle » est archi-probable quand la responsabilité est concentrée entre les mains d’un seul décideur qui n’a rien à perdre.

Deux : La seule chose qui puisse alors arrêter un projet de manière certaine, c’est que personne ne veuille plus y travailler.

 

Ce n’est pas le cas de « Juppette », très sollicité jusqu’en début de semaine pour prendre le relai d’un « Fifi-le-souteneur », qui « confirme une bonne fois pour toutes (qu’il ne sera)pas candidat à la présidence de la République ».

Et d’en profiter pour assassiner son concurrent de la primaire de « droâte & du centre » : Il « n’a cessé d’affirmer sa détermination. Hier soir encore (au JT de dimanche sur « transe-deuze ») son obstination ».

« Si les pressions qu’exercent sur lui certains de nos responsables le contraignaient à renoncer, le passage de témoins se ferait dans la douleur et ne manquerait pas de laisser des cicatrices », a-t-il sagement estimé.

C’est à ses yeux « la condition sine qua non du succès » : Pouvoir rassembler l’ensemble de la famille politique de la droite et du centre, ce qu’aucun des deux prétendants n’est capables de faire.

Or, « tel était mon objectif en me présentant à la primaire, je n’ai pas réussi. Aujourd’hui, ce rassemblement est devenu plus difficile encore ».

« Une partie du centre, que certains d’entre nous ont rudement stigmatisés, nous a quitté », a-t-il fait valoir, jugeant ne pas être « en mesure de réaliser le nécessaire rassemblement autour d’un projet fédérateur ».

Belle analyse de la situation, là, à chaud…

 

Sa décision aurait été motivée par deux autres arguments : Celui du renouvellement de la classe politique souhaité par les gauloisiens d’une part ; « l’exigence d’exemplarité » d’autre part.

Or, « je ne peux répondre pleinement à cette exigence même si la justice qui m’a condamné m’a exonéré de tout enrichissement personnel ».

« Je ne veux pas livrer mon honneur et la paix de ma famille en pâture aux démolisseurs de réputation. Je le répète pour moi il est trop tard. »

La phrase clé, c’est qu’à 71 ans, il « ne peut pas incarner le renouvellement ».

Bien vu, mais il aurait eu à gagner à faire cette analyse bien avant, avant même la tenue de la primaire…

Quoiqu’il ne soit « jamais trop tare pour bien fer »…

 

Car c’est clair désormais, « Papy à la tête du pays », la jeunesse n’en veut pas…

Le pays veut des hommes neufs, des personnels qui ne sont pas « mouillés » jusqu’au trognon.

Il y a trop de « non-dits », trop de traces indélébiles de corruptions et de magouilles et ce n’est pas pour rien que je suis si fervent-partisan de limiter le renouvellement des mandats publics à deux d’affilée : Ça ne laisse pas le temps de se forger des « carrières » d’indéboulonnables (avec tous les « petits-avantages » que cela procure au détriment d’une saine gestion de la chose publique et de vos impôts).

Place aux jeunes disaient un de mes premiers patrons !

Et qu’est-ce qu’on a pu lui en rendre que de l’avoir fait pour lui…

Les générations qui arrivent au pouvoir, disons aux places où l’on devient responsable et où il faut prendre des décisions, rendre des arbitrages et les assumer, doivent remplacer les dinosaures…

C’est bien de le dire : À 63 ans, c’est déjà presque un pied dans la tombe.

Notez qu’à 62, « Bling-bling » s’est fait jeter comme un malpropre…

Alors 71… passons !

Moment de lucidité : Merci !

 

Notez aussi que pour ma part, un type qui aura été formé durant plusieurs décennies, toute sa vie, pour son boulot promis par les sondages, même s’il avait toujours dit que justement il ne ferait que 5 ans, temps consacré pour faire les réformes auxquelles aspire le pays, sans une once de « revenez-y » dans le crâne, je trouve ça historiquement un peu dommage.

Mais justement, renoncer au dernier obstacle, c’est peut-être pas si kon que ça… mais très lucide.

D’autant que « le noyau des militants et sympathisants LR s’est radicalisé ».

La ligne « Bling-bling/Bruissons » ressort vainqueur de cet épisode et, toujours dans la lucidité, « Juppette », au-delà des querelles d’homme et égo, ne s’y reconnaît pas.

Pas plus que moi, d’ailleurs…

 

Il n’empêche, il a justement la dent dure en parlant de « gâchis », dénonçant l’attitude de « Fifi-le-Souteneur » depuis « le déclenchement des investigations de la justice à son encontre » : « Son système de défense fondé sur la dénonciation d’un prétendu complot et d’une volonté d’assassinat politique l’a conduit dans une impasse ».

De fait, c’est exactement le discours cent fois répété de « Marinella-tchi-tchi ».

Quand même dommage comme amalgame pour un « Républicain-démocrate » se prétendant de plus « Gaulliste »…

Ni lui ni l’autre ne le sont : Ce n’est pas parce qu’ils s’en réclament l’une et l’autre que ça en est !

 

« Au lendemain de notre primaire (…) François Fillon, à qui j'avais immédiatement apporté mon soutien (…) avait un boulevard devant lui, je lui ai renouvelé ce soutien à plusieurs reprises », a-t-il rappelé.

Depuis, certains chez « LR » se sont résignés à la défaite. « Avec Fillon ou avec Juppé, ce sera du pareil au même » peut-on entendre jusque dans la plaine du Pô.

« Quand c’est mal parti, c’est fichu, souvenez-vous », rappellent-ils, « de Nicolas Sarkozy qui avait remplacé Philippe Séguin au pied levé lors des européennes de 1999, ce fut une catastrophe : 12,82 % derrière Charles Pasqua à 13,06 % ! »

Impasse : Il ne leur reste plus qu’à gagner les législatives et sauver le pays, mais avec qui ?

Car comme l’a montré un sondage pour Le Figaro-LCI, paru ce dimanche, les électeurs aussi se détournent un peu plus de la candidature du candidat investi par le comité politique des « LR » : Seuls 17 % d’entre eux envisagent désormais de voter pour lui au premier tour. Il perd ainsi trois points par rapport au 23 février.

Au second tour, « Marinella-tchi-tchi » (26 %) serait face à « Manu-MacRond » (25 %).

« Deux-noix-Âme-mont » ferait 13 %.

Certes, les intentions de vote ne constituent pas une prévision de résultat, elles donnent une indication de l’état des rapports de forces et des dynamiques au jour de la réalisation du sondage et on sait qu’ils sont « trumpeurs ».

 

En fait, en actant qu’il lui était impossible de remplacer le candidat « Fifi-le-souteneur », « Juppette » dresse aussi l’acte de décès de la droâte et des « Républicains-démocrates ».

« Le meilleur d’entre nous » a enterré « le pire d’entre eux ».

Une oraison funèbre d’une droâte défunte, que « Fifi-le-souteneur aura assassiné. La droâte n’est plus la droite. Le surmoi gaulliste est effacé.

« Le règne de la Manif’ pour tous » a commencé et il a tué la droâte.

Je ne vois pas d’autre lecture à faire de la crépusculaire déclaration du maire de « Bord-d’eau ». Ce n’était pas seulement un adieu à la vie publique nationale, c’était surtout l’adieu d’une certaine idée de la droâte gauloisienne.

Désormais, plus rien ne peut empêcher l’avènement de la « droâte d’après », dont la terrible candidature de « Fifi-le-souteneur ».

Cette « droâte d’après », c’est la droâte qui va rassembler, dans un grand élan conservateur tous les partisans de la fermeture Gauloisienne.

Le grand repli identitaire est inévitable, sur fond d’hostilité stupide et apeurée à la mondialisation, l’Europe, le multiculturalisme et la société d’accommodation…

Les souverainistes et les populistes de tous bords vont désormais pouvoir s’assembler, zouker, forniquer.

Dans quelques mois, ils ne trouveront plus de différences avec « Marionnette-Marée-châle-La-Peine ».

Ainsi va s’écrire tristement l’histoire de la « droâte d’après ».

La droâte de demain aura le visage de la droâte d’avant-hier.

 

La droâte-républicains court à sa perte, livrée à un candidat qui la mène là où « Mythe-errant » entendait la mener depuis toujours, entre les mâchoires d’un impitoyable étau, prise entre le « F.haine » et la grande force progressiste qui paraît se dessiner, jour après jour, autour de la candidature « MacRond », elle-même en train de se substituer à un P.Soce en phase de gôchisation mortifère.

Dans cette position, elle va exploser, victimes de ses contradictions internes, entre ceux qui, européens sociaux et libéraux, refuseront la construction de la « droâte d’après », la main tendue au « F.Haine » et ceux qui l’encourageront et franchiront le Rubicon sans état d’âme, au nom du souverainisme et des valeurs judéo-chrétiennes de la « Gauloisie-des-Lumières ».

 

« Juppette » est devenu l’homme d’un autre temps.

Qui a su lire mieux que d’autres la réalité politique du moment.

Qui n’est pas la sienne.

Je vous le dis, un moment d’anthologie politique : Un vrai régal !

En bref, après cet épisode, je ne suis pas près de rentrer au pays.

En revanche, je me suis régalé de ce morceau anthologique de lucidité.

J’ai bien fait de vieillir jusque-là, finalement…

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/03/moment-danthologie.html

 

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