Menaces sur l’argent…

22/03/2016 23:18

 

Le Revenu universel et liquidité.

 

C’est à la mode, tout le monde en parle de plus en plus et même nos voisins Helvètes vont « votationner » sur le sujet en juin prochain.

Une idée très séduisante dans notre époque troublée par un chômage endémique et les véritables risques qui vont se matérialiser dans les prochaines années avec la révolution robotique qui sera un massacre total pour l’emploi tel que nous le connaissons encore actuellement.

Nous en avons déjà causé

Et on y reviendra sans doute encore.

 

Le problème est présenté comme toujours le même : Comment financer un tel revenu universel et continuer à créer de la richesse ?

Une question centrale que le communisme n’a jamais su résoudre (le « à chacun selon ses besoins »). Si tout le monde touche toujours la même chose, alors pourquoi faire plus, et si faire plus me fait payer beaucoup d’impôts alors pourquoi produire ou faire plus ?

Du coup, tout le monde ne faisant plus rien, c’est le PIB qui s’effondre. Une fois le PIB effondré, il n’y a évidemment plus aucune ressource pour financer le revenu universel à part la planche à billets.

Attention, d’une certaine façon, avec toutes les aides qui existent en « Gauloisie-sociale », un tel revenu serait, dans une certaine mesure, déjà envisageable, alors même que le pays et son économie ne brillent pas par son dynamisme et sa fiscalité est plus soviétique que libérale, c’est incontestable.

 

C’est le 5 juin prochain que les citoyens suisses voteront sur l’initiative pour un « revenu de base inconditionnel » (RBI).

L’idée est d’inscrire dans la Constitution le droit pour chaque citoyen de toucher à vie une rente mensuelle, sans condition.

La rente envisagée serait de 2.500 francs (suisses et de 625 francs pour les mineurs), mais actuellement, le texte proposé ne précise pas de montant. Pouvoir s’émanciper du monde du travail, y rechercher l’accomplissement plutôt que la survie, avoir le choix, disposer d’un coussin de sécurité à vie est certes désirable.

 

Selon les initiateurs du référendum, le RBI se substituerait à la plupart des prestations et cotisations sociales existantes, et il ne resterait à financer que l’équivalent de 3 % du PIB. Or, si une partie de la population sort du monde du travail, cela entraînera une perte de PIB. Si moins de richesse nationale est produite par le travail, le coût du RBI représentera davantage, au fil du temps, que 3 % du PIB, selon les dogmes économiques habituels.

Je n’en suis pas si certain : Il s’agit d’un transfert de type social !

Je prends 3 % du PIB que je remets dans l’économie : Une somme finalement nulle en termes de PIB.

Sauf à ce que ces 3 % ne repartent tous dans les circuits de consommation (et donc de production et d’importation) mais en épargne.

Notez que l’épargne, en Suisse, c’est une seconde nature.

 

Qui paiera ? Ceux qui travailleront encore. Seuls les impôts du travail permettront de compléter le financement de cette rente pour ceux qui choisiront de quitter le travail salarié, toujours selon les schémas économiques classiques.

En revanche, le coût du RBI est de toute façon appelé à croître avec l’augmentation de la population. Par ailleurs, des suppléments pour maladie, accidents, incapacité et invalidité s’ajouteront aux estimations (déjà théoriques) ci-dessus, mais sans doute pas pour les risques vieillesse et dépendance qui ne se cumuleront pas à terme.

Le RBI devra être financé par ceux qui, paradoxalement, appartiennent au « monde d’avant RBI », celui du travail salarié, le même que les défenseurs du RBI jugent désormais obsolète.

De façon inévitable, un système hybride qui mélange RBI et travail, personnes entretenues et personnes salariées, pourrait créer des tensions : Les salariés accepteront-ils de subventionner les oisifs ?

C’est un faux paradoxe, dans la mesure où c’est un cercle : Je prends pour donner pour dépenser donc être pour être repris…

 

Sauf si l’on envisage que pour s’autofinancer, une partie des bénéficiaires d’un RBI serait poussé à une forme d’autarcie. Or, ici il dépendra en partie des aides de l’État (anciennement les prestations sociales) et en partie des ressources du travail via les augmentations envisagées de la fiscalité (ajustement de la TVA, de la fiscalité directe, taxe sur la production automatisée, sur l’empreinte écologique, etc.).

D’autres financements sont évoqués comme l’introduction d’une taxe sur toutes les transactions économiques, ou la création monétaire par la Banque nationale.

La première, si elle n’est pas mondiale, chasserait des entreprises helvètes de Suisse, qui n’auraient qu’à déménager leur siège pour éviter ladite taxe, mais ça peut être techniquement compensé.

La seconde créerait en principe une inflation qui ferait des 2.500 francs-suisses le « nouveau zéro » : Le pouvoir d’achat de ces 2.500 francs devrait donc rapidement s’évaporer.

C’est un peu le monde dans lequel nous vivons déjà où la plupart des banques centrales des économies majeures cherchent à créer cette inflation avec le succès que l’on connaît en « inventant » des montagnes d’argent… qui n’existent pas et qu'on retrouve dans les « bulles » qui se forment au fil du temps.

Résultat ? Néant !

La BCE après la BoJ en est à prêter à « taux négatif » : Tu prends 1.000 et tu me rembourseras à 999,60 à terme !

 

Le RBI, qui serait dû « sans condition », est-il pour autant un revenu, puisqu’il revient ?

En « Gauloisie-splendide » on dit que 17 % de la population vit avec un salaire minimal (contre travail) de 1.570 francs-suisses (1.458 euros).

En fait, c’est 51 % de la population, des comptes bancaires et postaux ouverts en réalité, qui vit avec moins ou autant.

Ce qui n’est pas le cas en Helvétie : Un référendum qui n’a aucune chance de passer en l’état, car la Suisse est aussi un pays de travailleurs, qui ont très largement refusé, en 2012, de passer de quatre à six semaines de congés payés annuels, une forme plus radicale de « ne pas produire ».

Un peu comme les « Gaulois-de-Gauloisie » sont passés de 40 heures hebdomadaires à 39 puis à 35 et de 4 semaines de congés-payés à 5.

 

S’il est incontestable que le plein-emploi n’est plus garanti et que les robots remplaceront de plus en plus de laborieux, la solution doit passer par des compétences accrues et une éducation supérieure pour des pans toujours plus larges de la population. Et dans ce but-là, davantage de citoyens accepteront de payer des impôts.

Alors, finalement, pourquoi pas ?

On verra bien : De toute façon je ne migrerai sans doute pas sur les bords du lac Léman ou d’un autre !

Il y a bien de l’eau, mais c’est un peu trop loin de la mer pour moi. En mer, au moins il n’y a plus de frontière avec des postes de contrôle, même s’il y a des contrôles à proximité des côtes.

 

Mais on peut s’étonner : Pourquoi toutes ces questions sont-elles de plus en plus soulevés justement maintenant ?

Notamment depuis qu’on parle de plus en plus franchement également de paiement électronique, sans contact même, en vue de faire disparaître les billets de banque…

Moi-même, dans mon exil, je n’ai jamais plus de 40 euros sur moi et depuis des années et des années, même si je vais de moins en moins souvent au DAB en retirer.

Le blanchiment d’argent, l’optimisation de l’impôt, la corruption et aussi le terrorisme, peut-être ?

Ils existent depuis toujours.

Et de toute façon les vraies grandes affaires financières crapuleuses ne passent pas par l’argent liquide : C’est un faux-nez bien commode, me semble-t-il.

 

Que cela vaut peut-être la peine de regarder d’un peu plus près derrière les coulisses et de se faire une idée de ce en quoi tout cela est relié : Lors du krach financier en 2008 le système financier global n’a pu être sauvé que par un « bail-out ». Cela veut dire qu’à cette époque, les États ont apporté de l’aide avec l’argent du contribuable en injectant artificiellement des capitaux et sauvé de nombreuses entreprises financières et banques vouées à la disparition, avec la justification qu’elles seraient « too big to fail » ce qui peut se traduire par « trop gros pour planter ».

Curieusement, ces « trop grosses » ont persisté à s’exposer à des risques encore plus grands et ont accumulé encore plus de dettes.

Comme aujourd’hui les États ne sont tout simplement plus en mesure de sauver de nouveau les banques en cas de crise, un autre « bail-out », c’est-à-dire une autre aide financière venant de l’État, ne sera plus possible dans un prochain cas d’urgence.

C’est pour cette raison que le « bail-in » a été introduit en Europe dès 2015 et un peu partout depuis le début 2016. Cela veut dire aussi qu’à l’avenir les entreprises financières seront sauvées tout d’abord en ayant recours aux avoirs des actionnaires, des propriétaires d’obligations et mais également des épargnants et des déposants. 

 

Cela a déjà été mis en œuvre à Chypre et en Italie, mais avec pour conséquences que beaucoup de gens essayent, actuellement, de se protéger en fermant leurs comptes et en entassant leur fortune sous forme d’argent liquide placé sous les tapis (comme ma « petite-sœur » aux époques fastes d’un autre siècle ! Jusque dans le parapluie que quand elle l’ouvrait, sous la pluie, c’était des liasses qui tombaient à ses pieds sous le regard ahuris des passants qui passaient).

Ce n’est pas vraiment ce que je peux observer depuis ma petite tour-d’ivoire, mais admettons.

Or, pour retirer aux gens cette possibilité de retrait, l’argent liquide doit être supprimé ou du moins endigué. Car si l’argent liquide n’existe plus, les gens seront obligés de laisser leur argent dans les établissements de crédit ou bien de changer pour un autre établissement de crédit prétendument plus sûr. Et en cas de crise, l’État et le secteur financier pourraient sans problème par ce biais avoir recours à ces dépôts privés.

D’autant que si l’argent devient une pure opération « Débit-Crédit » entre deux ordinateurs, on recule le risque de rupture de liquidité qui a failli emporter l’économie grecque il y a seulement quelques mois.

Souvenez-vous : Pour faire face, il a fallu à la fois limiter les retraits de billet à 300 euros/semaine/compte et faire un appel au « fonds d’urgence » de l’UE semaine après semaine.

 

Mais il existe une autre raison pour l’abolition forcée de l’argent liquide.

Actuellement, les intérêts des banques sont à zéro, ou bien même ils sont arrivés dans le négatif (en Suisse par exemple, au Japon et dans quelques pays de l’UE).

La conséquence de l’intérêt négatif est la suivante : À la fin de l’année, au lieu de payer au déposant des intérêts sur ses avoirs en dépôt, dans un avenir très proche on lui prendra un pourcentage de son argent comme d’un intérêt négatif !

L’inflation vous ruinait à une époque révolue, désormais, faute d’inflation, on vous ruinera tout autant en vous « grignotant » vos avoirs.

Quoique là, la population risque de pas accepter de payer autre chose que des frais bancaires (et autres commissions d’opération), une forme d’expropriation toute aussi insidieuse. C’est exactement ce développement que l’État et l’industrie financière essayent d’empêcher maintenant en présentant comme bonnes la limitation et l’abolition immédiates de l’argent liquide, en les exigeant et en les faisant avancer.

Voilà pourquoi tout le monde en parle : On prépare les esprits à se faire racketter !

 

Et notez alors qu’entre RBI ou « revenu universel » et l’abolition de l’argent liquide ce sont quasiment toutes vos libertés d’agent économique qui seront mises sous la toise.

Contrôle à l’entrée (la recette), contrôle à la sortie (la dépense), interdiction économique de former de l’épargne personnelle (parce que devenue coûteuse avec les taux négatifs), vous serez complètement cernés jusque dans votre quotidien.

Les deux faces d’une même pièce de monnaie feuille de papier…

 

Et puis alors quel bonheur pour les autorités policières : En quelques clics, dès lors que vous êtes étiquetés « suspect » par une administration quelconque, fiscale ou autre, un pouvoir réglementaire, beaucoup plus agile et efficace qu’un pouvoir judiciaire, voire un pouvoir législatif… quelle qu’en soit la raison – on l’a vu avec la loi « état d’urgence » – n’importe qui peut bloquer vos moyens de paiement électroniques : Vous devenez instantanément un « paria », un « déchu », un « impotent » même pas capable de s’acheter un billet d’autocar pour fuir son pays de résidence et encore moins faire le plein de son « tas de boue à roulette » pour franchir une frontière ou se payer un avocat pour faire valoir ses droits d’innocent-présumé jusque-là !

Surtout qu’avec les coopérations « sécuritaires » entre États-anti-terroristes, les frontières, elles sont loin…

 

Une perspective assez sympathique pour cerner toute forme de « déviance » politique, idéologique, dogmatique ou je ne sais quoi d’autre encore : C’est même mieux que le Goulag ou les hôpitaux psychiatriques, finalement !

Exilé en son propre maquis, sans pouvoir en sortir : Magnifique.

Et c’est globalement l’avenir que l’on vous propose, finalement.

Le pire, c’est que ces concepts vous sont « vendus » au nom de votre sécurité, un motif que vous ne pouvez pas refuser, ou alors vous êtes devenus fou-à-lier, une sorte d’urgence sanitaire.

 

Ne vous en faites pas : La solidarité, le troc, ça existera encore. Et il y aura toujours quelques-uns qui auront quelques quignons de pain à vous offrir et vous un peu d’or (ou des tableaux de maîtres, des bijoux, des pierres précieuses) qui feront des envieux détenteurs de bitcoins, tant que les plateformes d’échange, des « monnaies-libres » ou seulement locales, de troc, de ventes entre particuliers ne seront pas définitivement bloqués.

Et le plus drôle, c’est que le troc, ce n’est pas fiscalement un revenu : Que des exonérations légales à venir, y compris en matière de TVA !

 

Pour combien de temps, là est toute la question, car recréer des alternatives crédibles devient de plus en plus urgent, me semble-t-il.

En bref, ceci expliquant cela, il n’y a donc pas de hasard à ce que ces sujets reviennent peu ou prou à effleurer l’actualité de temps à autre.

 

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/03/menaces-sur-largent.html

 

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