Mains invisibles

03/08/2015 07:47

 

Lundi 3 août 2015

Prologue (3/5)

Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Entretiens … surréalistes (suite) !

 

« Et puis, depuis que je sais que vous ou d’autres sont donc capables de tout, je me suis « évacué » vers un ailleurs changeant (et même flottant). J’ai tout vendu, même mon appartement, ma voiture, j’ai démissionné de mon boulot, je me suis séparé de mes business collatéraux, j’ai fait dégager « ma nichée », pour pouvoir reparler à travers mes romans de ces « fameux » secrets d’État en toute liberté, tellement je reste très pessimiste sur nos libertés publiques dans ce pays… Surtout depuis la dernière élection européenne : on continue à ne pas mobiliser l’électorat traditionnel qui s’en contre-cogne, tellement leurs partis habituels sont nuls et viciés par la corruption et les magouilles, et en 2017, il n’y aura même pas de second tour à la présidentielle. »

Et là, ce sera le drame et l’abjecte attitude de l’arbitraire, sans voie de recours.

Hypothèse absurde pour Morthe de l’Argentière…

 

Et de quels secrets d’État doit-il être question, désormais ?

« Mais amiral, vous êtes aux premières loges pour le savoir. Et je suis ravi d’être de nouveau à l’abri dès ce soir, tellement les autorités de mon pays me font peur ! »

Il exagère…

« Et puis tout dépendra vraisemblablement desquelles et de qui décidera. Inutile de vous dire que si turpitudes il y a, et il y en a plein dans l'actualité qu'il faut bien mettre en cohérence pour un public qui a le droit de savoir et ne comprend rien, et que leurs auteurs et acteurs avérés arrivent au pouvoir et ne veulent pas que soient dévoilés leurs rôles après coup, Ricardo et personne ne sera là pour nous protéger ! » 
« Rassurez-moi, vous ne repassez pas les plats sans avoir pesé le pour et le contre, j’espère ? »

Parce que Morthe-de-l’Argentière ou ses collègues étoilés auraient des choses illégales à se reprocher et à cacher ?

Bonne réplique…

« Non. Et les menaces, si tant est qu’il y en eût, ont été soigneusement écartées, soyez-en sûr ! »

Petit sourire en coin « d’I-Cube » qui passe inaperçu…

Maintenant que Gustave a fait sa part de marché, à « I-Cube » de répondre à ses questions.

 

« D’où vous est venue l’idée de faire votre premier roman, celui où vous racontez les détournements de Tiersmirant et de ses complices ? »

Il fallait expliquer au Capitaine haddock ce qu’il avait à comprendre de l’affaire, au cas où elle était réelle.

« Alors j’ai compilé des renseignements ouverts, style rapports de l’ONU, coupures de presses de l’époque, d’abord pour vérifier la réalité des dires de l’ancien commandant de bord d’Air-transe(retraité dans sa longère de Normandie), ou au moins évaluer leur probabilité. »

Parce qu’il y avait un problème majeur : « Détourner des milliards de dollars, ce n’est pas un problème en soi. Pas plus que par la suite des dizaines de milliards des mêmes dollars dans le cadre de l’affaire de l’extinction des puits de pétrole en feu du Koweït. Ou même les marges de l’accord « pétrole contre nourriture » qui a suivi. Et tout le monde l’aurait su s’ils étaient réapparus par ailleurs. »

Or, ils avaient disparu dans une sorte de trou noir, ce qui rendait l’affaire invraisemblable.

« Vous, si vous avez lu ce « roman », vous savez la motivation réelle du « maître des mots » : détruire la Vème république honnie à la tête de laquelle il se trouvait. »

Cet objectif n’est d’ailleurs pas un mystère… Celui-là a même formé la génération suivante à une future VIème république…

Et ils sont devenus ministres…

« Blanchir ces milliards, dans un quelconque enrichissement personnel, ou celui de son entourage, et il échouait. Les garder au chaud pour les ressortir une fois disparu, à son centième anniversaire, le 26 octobre 2016, et il triomphait ! Post-mortem, certes, mais un triomphe éclatant tout de même, et incontournable de supériorité ! »

Un peu compliqué à admettre et même à comprendre, mais une opportunité réelle pour les dits ministres, « Tombemour » et « Peillasson » notamment au courant à travers les enquêtes parlementaires qu’ils ont menées dans le courant de l’année 2000 sur le sujet.

Mais il y en a plein d’autres qui se tiennent près et qui arpentent encore les couloirs des ministères, pour avoir été à l’époque dans les cabinets, et devenus désormais ministres « aux affaires ».

 

« Et pour expliquer tout ça, il fallait des pages et des pages d’écritures, de synthèses, d’analyses. Un boulot qui n’était en soi-même pas convainquant et qu’aucun journaliste n’a fait jusque-là. »

Et puis, l’incroyable : le grand emprunt de Krasoski annoncé fin 2009 !

Exactement les mêmes sommes : « Souvenez-vous ! On attendait 50 ou 100 milliards d’euros et on se contente d’un peu plus du tiers. Pourquoi donc 35 et pas 40 ou 33 ? »

Et puis leur financement, totalement opaque « où on se paye en remboursant avec des remboursements de dettes et autres emprunts ! Un gros délire tellement grotesque qu’il en manque immédiatement 13 milliards d’euro, ce que personne n’a vu jusque vers la fin de l’année 2012, début 2013.

Incroyable, mais vrai : vous pouvez le vérifier, c’est dans l’actualité de l’époque. »

L’amiral avait bien entendu déjà vérifié.

Et depuis longtemps…

« Oui d’accord ! Mais pourquoi l’écrire ? »

Et pourquoi pas ?

« Pour en laisser une trace et l’expliquer au « Capitaine Haddock ». Lui dire que ses primes d’aviseur, il ne les aurait jamais, parce que d’autres ont fait le boulot à sa place. »

C’est chien.

 

« Non pas du tout ! Parce que très tôt, il a été le seul à comprendre qu’il y en avait encore à aller gratter.

Personnellement, j’étais passé à autre chose. D’abord, vous ou d’autres m’avaient fait chier avec vos bagnoles pleine d’antennes sur, et non pas le long, des trottoirs que je fréquentais ; que même mon blog a été bloqué, rendu inaccessible pendant 48 heures. D’où la publication préalable sur les serveurs de Google en mai quand j’ai commencé à me méfier… », et encore ailleurs aux USA et au Canada sur des plates-formes d’hébergement anonymes.

« Non ! Ça, c’est justement ce qui a provoqué les tentatives d’identification. J’en suis sûr, j’ai vu une note sur le sujet. »

L’amiral Morthe de l’Argentière, oublie une chose. Un autre « service qui n’existe pas », lancé par « Haddock » sur une alerte ufologique l’a obligé à se réfugier aux antipodes à ce moment-là. « Et c’est ensuite que les services de l’État ont pris le relais. Notamment la DCRI… et la DSS, la direction de la sûreté stratégique. Voilà l’explication et la découverte du roman « Opération Juliette-Siéra » par les services. Et donc la suite, à savoir le blocage du blog, notamment, Ricardo, les filatures, les écoutes téléphoniques, les contrôles Urssaf et fiscaux des boîtes où je bossais et Cie. »

Et il y en a eu des paquets.

Qu’ils se rendent compte, même des associations de petites-crèches et sociétés où « I-Cube » avait seulement des fonctions d’administrateur ont été contrôlées par les Cours des comptes locales, par les mairies concernées et le tout à l’avenant, ou par le fisc et les Urssaf.

 

« Parce que vous faites quoi dans la vie, finalement ? »

Ce qu’il veut, quand il le veut et comme il le veut.

« En fait je suis rédacteur à temps partiel dans une publication juridique connue. Un métier de chien mais qui a l’avantage d’emporter la possession de la carte de presse et des avantages qui vont avec. C’est une filiale d’un cabinet de notaires où je bosse également.

Et comme je bosse-fort, en tout cas plus vite que les autres, j’ai aussi une boîte de renseignements juridiques et fiscaux où je fais des consultations pour mes abonnés par internet, le soir, les week-ends. Et il m’arrive de temps en temps de faire du consulting et de l’ingénierie par personne interposée. Ce n’est pas un problème, ni de temps, ni matériel : il suffit de s’organiser. »

Et son métier « officiel » d’archiviste ?

« C’est justement pour mes notaires. J’ai des petites-mains pour faire faire ! Ce n’est pas vraiment mon gagne-pain. »

Il donne même des cours à la faculté et en grandes écoles… avoue-t-il dans la foulée.

« I-Cube, ce n’est pas votre nom ? »

Évidemment que non !

« J’en ai même plusieurs… et très officiellement ! »

 

« Les deux tomes de « Au nom du père » qui ont suivi « Opération Juliette-Siéra », qu’est-ce donc ? »

Un ouvrage quasi-autobiographique librement inspiré de la vie de son père ! Une promesse faite à l’ex-procureur Philippe Bilger, il y a maintenant plus de 5 ou 6 ans.

« Mais il n’a rien compris, ni même lu », nain du neurone qu’il peut devenir lui aussi.

Le vrai thème, c’est le meurtre par procuration.

« Il y en a tant… »

Un truc assez simple à mettre en place et dont le père « d’I-Cube » aurait été la victime il y a bien longtemps. « Il suffisait de se plonger dans l’actualité. Pour le Tome I, il s’agissait d’utiliser le personnage de Paul de Bréveuil déjà préfabriqué pour le roman précédent, en vue d’introduire le Tome II. L’assassinat de Vial à Porto-Vecchio a fait le reste… Sans compter, entre-temps, les démêlés new-yorkais de l’ex-futur président qui devait succéder à Krasoski… Du pain béni pour un auteur, finalement ! »

Pourquoi ne pas publier, avec un vrai éditeur ? Ça ferait rentrer des sous !

« Et puis quoi encore ? Pour payer des impôts et des charges sociales en plus ! Et puis non, si j’avais mis tout ça dans un vrai bouquin, l’éditeur s’en serait pris plus que pour son grade sans comprendre de quoi il retournait. Or, je ne veux de mal à personne, d’une part et d’autre part, je préfère garder un anonymat, certes relatif, derrière mes blogs, quitte à perdre le droit de payer quelques impôts en trop. C’est de l’optimisation bien-pensée.

En revanche, vous l’ignorez sans doute, ça m’aurait amusé que les américains le porte sur grand écran. J’ai d’ailleurs été contacté à plusieurs reprises par des types comme Hornner, Lucas… et je ne sais plus qui. Mais même chez eux, ils ont encore des choses qu’ils ne peuvent pas filmer ou dire… »

 

Paul de Bréveuil n’existe tout de même pas ? Alors comment autant de précision sur sa vie, son parcours, ses aventures ?

« Vous non plus n’existez pas ! Vous êtes une pure fiction littéraire de ma part. Nous ne déjeunons pas ensemble, Amiral ! C’est moi qui invente tout ça.

En revanche, les « Services » et les agents de ces services existent bel et bien, vous le savez parfaitement !

Alors il suffit de reconstituer, d’après le fil des événements de l’actualité, ce que ces « agents » sont capables de faire, comment ils le font pour rester discrets et surtout pourquoi ils le font. C’est du situationnisme-appliqué et c’est très facile.

Vous-même utilisez la méthode « hypothético-déductive » dans vos états-majors, ce qui est à peu près la même chose et donne des résultats similaires depuis la nuit des temps. »

 

L’amiral n’existe pas, pourtant les brochettes de crevettes à la citronnelle et son riz crémeux qui viennent d’être servies dégagent un fumet pour le moins très appétissant.

Une situation totalement « surréaliste », finalement.

« Ça tombe bien ! Cet endroit a été fréquenté par tant de surréalistes authentiques. Et c’est plus silencieux, plus discret que « La Coupole » où ils y faisaient le spectacle. »

Comment a été inventé Paul de Bréveuil ?

« Au démarrage, Charlotte, la vraie, celle dont le nez bouge quand elle parle, devait tenir le rôle principal de mes romans. Et puis au fil de l’écriture de « Opération Juliette-Siéra », ça ne tenait plus la route.

Trop d’incohérences et d’invraisemblances.

Parce qu’il y a déjà trois ébauches des « Enquêtes de Charlotte », la vraie : « Le feu », « L’affaire du juge Féyard » et « Ardéchoise, cœur fidèle » que je dois réécrire, pour le coup. J’en ai plusieurs autres en tête sur le thème du crime parfait, mais je pense que je vais tous les réécrire sous forme de nouvelle, comme « Le crime est invisible », une histoire sordide d’adolescents qui s’entre-tuent. J’ai aussi sous le coude « Le curieux violeur aspermatique », voire « Elle croyait son crime parfait », une escroquerie à l’assurance-vie dont c’est la spécialité de la « vraie » Charlotte, puisqu’au départ, c’est une actuaire.

Parce que Paul, il a fallu que je l’invente en plus, même si justement il a été « créé » pour les besoins du premier épisode, « Le feu ».

Et ça tombe bien, il est autrement plus « riche » et plus complexe, comme personnage.

Et puis, sur mes vieux jours, si j’en ai un jour, je terminerai par « Le Newvox » qui ne peut pas être écrit au féminin. »

C’était un défi personnel, d’être capable d’écrire au féminin… « Mais ce n’est pas si facile pour un homme, finalement. » 
 

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Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2014/07/prologue-35.html

 

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