Mains invisibles

02/08/2015 07:47

 

Dimanche 2 août 2015

Prologue (2/5)

Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Entretiens … surréalistes (suite) !

 

L’heure tourne, le temps passe, le soleil s’incline insensiblement derrière les nuages chargées de pluie et l’amiral, pour s’être disposé de telle sorte qu’il voie les allers-et-venues sur l’entrée et la terrasse, Gustave guette les visiteurs. Son visiteur.

Habituellement et en semaine, le lieu est fréquenté par des « cadres-sup », clients et fournisseurs, « d’en face », de chez la centrale coopérative Sodiaal (et ses marques Candia, Entremont, Le Rustique, Cœur de Lion, RichesMonts, Régilait, Yoplait, etc.…) sise sur le trottoir d’en face au 170.

Aujourd’hui dimanche, ce sont des promeneurs et touristes qui vont où viennent entre le jardin du Luxembourg et l’Observatoire de Paris fameux pour son horloge-parlante et d’importants travaux qui ont marqué l’histoire de la science, notamment la mesure exacte et invariante de la vitesse de la lumière…

 

Il est en avance : pas bien grave.

Mais là, ça devient inquiétant : s’est-il fait poser un lapin ?

Il tourne et vire d’une fesse sur l’autre, marquant des signes d’impatience de plus en plus vifs et à intervalles de plus en plus fréquents, quand le garçon lui indique que le monsieur assis au fond de la salle souhaite qu’il s’attable avec lui !

Drôle de façon de faire… Ce gars-là est arrivé bien avant lui, il s’en souvient, et sirotait déjà un verre d’américano-maison à l’endroit où la banquette est marqué sur le côté d’une petite-plaque ciselée au nom de « Vladimir Illich Oulianov », un ancien pensionnaire qui y avait ses habitudes, absorbé par la lecture d’un exemplaire du JDD, quand l’amiral est arrivé.

 

« Ravi ! Je vous ai commandé la même chose », fait-il en tendant la main sans même tenter de se lever.

Il faut dire que la ressemblance avec Landau est frappante de près, quand I-Cube retire ses lunettes sombres pour en mettre une paire à monture légère, les furoncles en moins et des cheveux en plus, d'âge approximativement équivalent, mais avec un nez fin sauf à être marqué, creusé, comme ceux qui ne boivent pas que de l'eau ou du lait. 

En revanche le gabarit est nettement plus impressionnant que l’élu socialiste : il faut imaginer « Deux-Pardieu » en modèle maxi-XXXL, et non pas comme d'un nain des écrans géants qu’il est dans la réalité.

Pas un quintal, ni quand même le double-quintal promis, mais bien entre les deux, pour une taille de buste « colossale ».

Un tour de taille impressionnant…

« Je me déplace en fauteuil-roulant : c’est mieux pour mes articulations », précise-t-il de sa voix éraillée en montrant l’appareil replié le long de la banquette où il s’est installé.

La raison pour laquelle il fait venir son interlocuteur jusqu’à lui, et non pas l’inverse.

Et puis comme ça, il a aussi le dos au mur et les yeux rivés sur la porte d’entrée, au-dessus des épaules de l’amiral. Et aura pu vérifier que Gustave était arrivé seul et à pied.

 

« Vous avez demandé à me parler. Je veux bien, mais je vous ai donné mes conditions. Jusque-là, il semble que vous teniez parole, Amiral, et j’en suis ravi. Reste que vous devez aussi me dire quand vos services ont-ils décidé de m’abattre, qui et par qui. Je vous écoute. »

Personne ne cherche à l’abattre.

Au contraire, il est « sous protection » … de loin en loin. Il va tenter de le lui expliquer.

« Et Roberto ? Qui est-ce ? »

Donc, c’est bien la énième hypothèse qui était la bonne, celle que n’avait retenu le service qu’un temps : le petit archiviste du service documentation d’un gros cabinet de notaires parisiens et ses multiples activités à temps partiel !

Ce n’est pas Roberto, mais Ricardo. Juste un prétexte pour renouveler la protection policière qui n’existe en principe pas.

« Il était en charge de vous identifier. Ce qui a été fait, puisque dans la semaine vous y avez fait allusion dans un de vos billets quotidiens, directement sur votre blog. C’est ce qui était attendu. Mais il a dû repasser une fois. »

Deux fois !

« La dernière fois, c’était pour vous dire « au revoir », que vous n’aviez pas à vous inquiéter. »

Il n’est pas de ceux qui s’inquiètent : « J’en ai vu d’autres. Je crains juste de ne pas avoir le temps de faire ce que j’ai à faire, c’est tout. »

« Vous ne comprenez pas, Monsieur… L’Ignoble, mais c’est comme pour le capitaine Haddock, votre correspondant internétique. »

Lui, il avait lancé une alerte éthique en juin 1998, au moment des grèves des pilotes « d’Air-transe » avant la coupe du monde de football de l’époque.

Déjà le foot…

Aussitôt que la menace a été lancée par les grévistes d’une révélation en mondovision, le ministère des transports avait capitulé et la grève avait immédiatement été stoppée, toutes les revendications ayant été acceptées d’un coup, mêmes les plus audacieuses !

« Les gens du ministère de l’industrie et des finances, n’ont pas apprécié et ont fait le nécessaire pour que la DST surveille cette équipe de syndicalistes… »

« Corps-bête », le chef de fil du syndicat des pilotes s’est laissé piéger par un miroir aux alouettes tendu à son intention de mégalomaniaque, d’une compagnie aérienne autonome où il y aura perdu une fortune, pour être mis en faillite rapidement.

Les agents du fisc et des douanes, mis au courant par Haddock qui poursuivait son action d’aviseur « ut-singuli » ont été « éliminés » des circuits tour à tour.

Lui-même, pilote émérite de 747-Cargo « d’Air-transe », s’est retrouvé « démoli » par des horaires de vol aberrant à détruire n’importe quel humain en surcharge de travail : éliminé.

 

Et puis, on l’aurait facilement fait passer pour un fou à rapporter avoir croisé un OVNI de 300 mètres au-dessus de Paris quelques années plus tôt…

« Sauf que l’Ovni a été repéré par les radars de Taverny… »

Oui, oui… bon : « Une erreur des machines. Ça arrive !

Mais il a continué à harceler les ministères. Et entre-temps mes prédécesseurs ont compris pour quoi et comment, ses téléphones, sa voiture, ses déplacements étaient suivis de près. Alors ils n’ont rien trouvé de mieux que de lui envoyer un Mirage 2000 sur la balise-espionne qu’il portait sans le savoir à peine 10 jours après la reprise du travail chez « Air-transe »… »

Une façon comme une autre de lui faire comprendre, que même en voyageant incognito dans un TGV de façon anonyme, il était géo-localisé en permanence et avec une extrême précision…

Des équipements tout-neufs reçus alors récemment par les services de sécurité du territoire.

 

« Et l’affaire des trois Transall C-160, portes et rampe ouvertes au-dessus de son jardin ? » Ce qui avait ému jusqu’au maire de la localité et toute la population…

« De ce que j’en ai compris, ça s’est passé après sa dernière lettre à la ministre des finances. Courant mai 2010. Pas plus de trois jours pour réagir. C’était un message des paras des commandos de l’air à l’adresse des gendarmes locaux. À savoir qu’ils étaient encore capables de jeter une compagnie complète en un seul passage s’ils recevaient et exécutaient l’ordre d’appréhender le bonhomme pour le jeter au secret dans une forteresse isolée pour outrage à ministre. N’importe où, n’importe quand ! »

« Pointu » comme avertissement.

« I-Cube » avoue qu’il n’avait pas compris cet épisode-là comme ça, mais plutôt comme d’une menace contre le bonhomme pour le dissuader à n’avoir pas à y revenir.

D’autant qu’à peu-près la même époque, « I-Cube » lui-même postait sur Blogspot la première version « d’Opération Juliette-Siéra », pour la postérité et à l’adresse à la fois de Basanix et de Haddock.

En avance sur son programme de l’été suivant…

Parce que lui-même subissait l’espionnage « des Services » … jusque sur son trottoir !

Cette conjonction d’actions/réactions ont dû les laisser pantois.

Et puis il y a eu la lettre de janvier 2014, par le même « Haddock ».

 

Idem : un Transall survole à deux reprises le village côtier alors que l’ex-commandant « d’Air-transe » se promène avec celle qui partage sa vie depuis des décennies sur la falaise de craie.

« Un signe par lequel les services souhaitaient lui faire savoir qu’ils savaient et appuyaient. »

Gustave ne sait pas tout non plus, semble-t-il. « Haddock reçoit aussi des « signaux » de soutien qui ne viennent pas que de vous ! »

Ah oui et de qui alors ?

« Des services étrangers ? Lesquels ? »

Étrangers, c’est le cas de le dire…

« Je n’ai pas pu le vérifier, mais c’est sans doute probable… À plusieurs reprises, au-dessus de son village, voire aux environs chez des amis, un ovni serait passé dans le ciel à chaque fois qu’il s’agitait à écrire. Ici une bouée rouge, là un engin gris, ailleurs une lentille blanche… »

Il déraille, « I-Cube » ?

« Non ! Et curieusement, avec également de possibles paradoxes temporels, comme mon blog a pu en être victime en 2008… »

C’est quoi cette histoire de « paradoxe temporel » là ?

« Le mien, je ne sais pas. Mais pour Haddock, c’était à chaque fois qu’il écrivait à vos ministres, sans que personne n’ait pu le savoir. Je veux dire avant l’envoi des courriers à leurs destinataires. Comprenez que depuis, il est content que d’autres prennent le relais… »

« I-Cube » veut parler des actions des associations de vétérans ?

« Entres autres… Vous savez de quoi je parle ! On va y revenir. »

 

En effet : « Pareil pour vous. Vous ne l’avez peut-être pas compris non plus, mais le message était pourtant clair ! Après votre premier roman, et plusieurs tentatives passées inaperçues, je présume pendant l’été suivant, il fallait faire savoir à qui de droit que vous seriez désormais en sécurité. Autrement dit, n’importe qui, n’importe où, n’importe quand, vous pouviez être abattu.

Même par Ricardo ou un autre. Mais comme vous aviez mis en ligne le tome I de « Au nom du père », ce que tout le monde a pris pour un vrai roman et non plus le traitement d’une « affaire d’État » qui ne regarde personne, le message était que vous n’aviez désormais plus rien à craindre. Plus personne n’avait à craindre vos dires et que ce qui était fait était fait : on ne revenait pas là-dessus. Pensez bien que si Ricardo avait reçu l’ordre de vous abattre, il aurait rempli sa mission et vous ne l’auriez jamais rencontré. Et reconnaissez que vous avez eu la paix, depuis ! »

Sauf depuis l’annonce de la suite de ce premier roman, sur les mêmes affaires…

Non seulement sa boîte à courriel habituelle, ses sources d’information pour « fabriquer » ses posts, a été bloquée et l’est toujours, mais il se sent tellement menacé par mille virus informatiques qu’il a ouvert d’autres sites avec des machines « propres », et migré son blog sur la plate-forme Google et les serveurs irlandais.

« Les autorités peuvent bloquer l’accès au blog du site toulousain d’over-blog, aucun doute là-dessus : la Loi de programmation militaire de décembre 2013 peut le faire sans même en référer à un juge, j’en suis conscient.

Mais pas l’accès aux serveurs irlandais : d’où mon déménagement, alors même que si je m’abrite autour de la législation américaine, Haddock a migré en Tchécoslovaquie. Ce que j’ai failli faire moi-même, sauf que j’ai perdu les adresses et les codes…

Et savez-vous un détail que je ne connaissais pas ? L’essentiel du trafic sur le nouveau blog est bien d’origine française. Pour un gros tiers. Pour le reste, ça vient pour presque un autre tiers des USA, et puis de la Russie, d'Ukraine, de Malaisie, du Sénégal et même d’Australie. ! Vous ne pouvez plus rien bloquer. »

Mais Gustave, ni même aucun service ne bloque quoique ce soit.

« Mais si ! Sans ça j’aurai pu récupérer mes ID, tous mes ID et pseudos, sauf pour un seul, celui d’infreequentable. »

Impossible pense pour lui l’amiral ! 
 

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Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2014/07/prologue-25.html

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