Mains invisibles II : Chapitre XVI : Chengdu (1/3)

17/08/2015 11:18

 

Chapitre XVI : Chengdu (1/3)

 

Redécouverte…

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

La ville de Chengdu est située au centre-ouest de la Chine, dans la plaine du Sichuan, au pied du plateau tibétain et sur le rebord oriental de la dépression du bassin rouge. La ville est considérée comme le centre de la Chine de l'ouest, c'est en tout cas le rôle qu'elle assume dans le plan de développement gouvernemental de l'ouest chinois.

Son climat est plutôt rude et sec en hiver, pluvieux et chaud de juin à septembre.

Les brouillards et nuages sont fréquents et les brumes matinales d'hiver sont tenaces, si bien que Chengdu ne compte que 25 jours de ciel clair. La province du Sichuan est en effet connue pour son temps couvert.

D'ailleurs, la province du Yunnan, dont le nom signifie « Au sud des nuages », le doit à sa position au sud du Sichuan.

 

Chengdu existait déjà à la Période des Printemps et des Automnes (770 – 475 av. J.-C.).

Au début du IVème siècle av. J.-C., le roi du pays de Shu, Kaiming IX, y déménagea sa capitale. L'archéologie a prouvé que les premières routes reliant les royaumes de Qin et de Shu ont été faites durant la période des Royaumes combattants. Elles ont permis l'invasion du royaume de Shu par le roi de Qin. Une légende raconte que le roi de Qin voulait anéantir le Shu, mais des monts escarpés le séparaient de cette région. Il n'y avait pas de route, sur laquelle l'armée de Qin pût avancer vers le Shu. Le roi de Qin fit sculpter cinq bœufs de pierre gigantesques et placer quelques pièces d'or derrière, prétendant que les bœufs pouvaient faire de l'or. Le roi de Shu se laissa duper et envoya cinq hommes robustes tirer les cinq bœufs dans son pays. Trois bœufs furent traînés ainsi jusqu'à Chengdu. Le résultat fut que la route menant au Shu était désormais tracée. L'armée de Qin n'eut plus qu'à suivre pour attaquer le Shu.

Chengdu fut conquise par la dynastie Qin en – 316.

En – 311, le souverain fit édifier les murs de la ville d'après le modèle de la cité de Xianyang (咸阳). Le nom de la province Sichuan fut changé plusieurs fois pendant la dynastie Han : d'abord en Chéngjiā (成家), puis en Yìzhōu (益州), mais le nom de la ville n'a jamais changé depuis le début.

En – 250, le gouverneur, Li Bing, entreprit la construction du complexe hydraulique de Dujiangyan afin d'utiliser les eaux du fleuve Min pour irriguer la plaine de Chengdu, transformée ultérieurement en un véritable grenier à céréales destiné à l'approvisionnement des Qin.

Li Bing et son fils dirigèrent la construction de l'ouvrage en calculant de manière scientifique les rapports entre l'irrigation, la déviation des crues et l'évacuation du limon. La zone irriguée par le complexe de Dujiangyan ne cessa de s'étendre.

La conception de Li Bing n'a jamais été remise en cause et l'ouvrage est considéré comme un chef-d'œuvre de la science hydraulique de l'Antiquité.

 

Depuis cette époque, le Sichuan est l'une des provinces les plus fertiles du pays. Au IIème siècle avant notre ère, de riches familles y possédaient terres, parcs et même entreprises sidérurgiques. Du gaz a été découvert à cette époque et fut utilisé pour la production de sel.

Sous la dynastie Han (– 202 à – 220), Chengdu devint un centre important de fabrication et de commerce de brocard, grâce à un fonctionnaire du gouvernement, Jinguan, qui a développé l'artisanat du tissage et la culture de la soie. Chengdu devient alors une étape très importante sur la Route de la Soie.

 

Vers – 141, Wen Weng, gouverneur de Shu, fonda à Chengdu, la première école officielle ouverte à tous. Active et renommée, on y enseignait aussi bien l'astronomie, la prose et la philosophie.

C'est à Chengdu que fut fondé le royaume de Shu Han par le monarque Liu Bei (刘备) pendant la période des trois royaumes, entre 221 et 263 de notre ère.

 

La population de la province était de 14.047.000 habitants, plus peuplée que la région parisienne, au recensement de 2010, en hausse de 25 % par rapport à 2000.

Celle de la ville de Chengdu est d'environ 9.202.000 habitants, en hausse de 12,03 points par rapport à 2000.

Une cité industrieuse : en 2013, le PIB total a été de 911,0 milliards de yuans, et le PIB par habitant de 63.977 yuans. Chengdu possède un aéroport international (code AITA : CTU).

Depuis février 2012, une nouvelle ligne aérienne directe relie Chengdu à Nyingchi.

Le New Century Global Center est considéré, en 2013, comme le plus vaste bâtiment au monde avec une surface de 1,7 millions de mètres carrés.

Ce projet immobilier est à l'origine d'une affaire de corruption mettant en cause son promoteur le milliardaire Deng Hong et de nombreux cadres du Parti communiste chinois dont Li Chuncheng le numéro 2 du Parti dans le Sichuan et ancien maire de Chengdu qui a été destitué.

C’est aussi 3 aéroports civils, dont l'Aéroport international de Chengdu-Shuangliu (成都双流国际机场, OACI : ZUUU), et une base aéronautique militaire.

Située à la limite de la ville, la compagnie Chengdu Aircraft Industry Group est réputée pour accueillir une des plateformes d’assemblage du nouveau Comac ARJ21, le premier avion commercial de la Chine.

Par ailleurs, cette société est l'un des principaux fabricants chinois d’avions militaires où Paul a déjà piloté le J20 en double commande et également un important sous-traitant d'Airbus.

Justement là où Paul doit installer les ateliers du futur « Nivelle 002 » : un bâtiment entier l’y attend depuis plusieurs années…

Des lieux qu’il connaît déjà. Sa seule déception aura été de ne jamais y revoir la blonde qui lui a fourni un rapport secret à destination de Charles Almont, directeur de la CIA, l’un des aspects « secret » de la mission de son premier passage…

Ni même les cadets, hors quelques exceptions, qui lui avaient réservé un accueil si chaleureux (cf. « Au nom du père », tome II à paraître aux éditions « I-Cube »).

 

La ville de Chengdu, c’est aussi une industrie très développée dans le domaine de l’électronique et des hautes technologies.

La création d’une zone de développement de haute technologie a attiré de nombreuses multinationales, dont Intel, IBM, Nokia, Alcatel, Huawei ou encore Ubisoft…

C’est aussi 5 monastères et temples, une mission de l’église catholique, 5 universités, une ligne de métro et 3 gares ferroviaires plus une en construction livrable en 2017.

Depuis avril 2013, est en place une solution qui permet d'exporter des marchandises vers l’Europe via le chemin de fer.

C'est la première ligne de fret ferroviaire express entre la Chine et l'Europe, la fameuse « route de la soie ».

Avec un délai d'acheminement de l’ordre de 12 à 14 jours selon la destination finale en Europe.

 

À part la « West Pearl Tower » qui domine la ville, avec son restaurant panoramique posé sur son sommet donnant pour une vue à 360° sur tout le bassin, et quelques bâtiments modernes de grande hauteur comme dans le quartier d’Hongzhaobi sur South Renmin Road, ou d’Hongxing Road, le Nijia Qiao sur South Renmin Road, et le Shangri-la Hotel planté aux abords de Jingjiang River, les vieux quartiers sont dépaysant à souhait.

On en compte 4 : la vieille rue Jinli (锦里古街, jǐnlǐ gǔjiē, « vieille rue du village de brocard »), quartier conservant le style des vieux quartiers de Chengdu, où l'on peut trouver de nombreux commerces et restaurants ;

Le village historique de Huanglongxi (黄龙溪镇, huánglóngxī zhèn), situé sur le Xian de Shuangliu ;

Le site archéologique de Jinsha (金沙, jīnshā), relatant de la culture Sanxingdui (三星堆, sānxīng duī, – 1200 à – 650), époque de l’âge du bronze ;

Un musée de cette culture est situé dans la ville de Guanghan, à 40 km de Chengdu, également sur la plaine de Chengdu ;

Le palais de Chuanwang (新场川王宫), sur le bourg de Xinchang (新场真) et les 114 sculptures de terres de la Cour des fermages (收租院) dans l'ancienne demeure d'un grand propriétaire terrien de l'ancien régime, sur le Xian de Dayi.

 

Quant à la « gastronomie », elle est multicolore et multi-fragrances, au mille épices, pleine de saveurs diverses et de textures parfois surprenantes.

La cuisine sichuanaise de Chengdu (成都川菜, chéngdūchuāncài) se divise en trois écoles : l'école « de l'administration » (官府川菜, guānfǔ chuāncài), l'école « de l'hibiscus » (蓉派川菜, róngpài chuāncài) et l'école « au fil de l'eau » (上河帮川菜, shànghébāng chuāncài). La cuisine de Chengdu est réputée plus raffinée que celle de Chongqing car elle combine plus précisément les ingrédients, met l'accent sur l'aspect visuel des plats et offre un goût plus doux.

Parmi les plats originaires de Chengdu, on peut citer :

Le Mapo doufu (麻婆豆腐), tofu en dés et sauce piquante accompagné de viande de porc hachée, le Gongbao jiding (宫保鸡丁), des dés de poulet aux cacahuètes et le Huiguo rou (回锅肉), de la viande grillée à la marmite, accompagnée de choux.

Ou encore les œufs de « cent ans » (pidan) qui ne sont rien d’autres que des œufs de cane conservés pendant 100 jours dans un mélange d'argile, de paille hachée et de chaux vive. Après ce laps de temps, le jaune et le blanc se mêlent et prennent une teinte verdâtre translucide.

 

Chengdu est connue pour la fondue sichuanaise (四川火锅), originaire de la ville voisine de Chongqing.

Elle se cuit à table. On y retrouve des grosses crevettes, des morceaux de foie de veau, de contre-filet de bœuf, de rognons de porc, de blanc ou de cuisse de poulet, des filets de poisson, des œufs, les inévitable écheveaux de nouilles chinoises ou de vermicelles de soja, des ciboules ou des poireaux ou encore des échalotes, des feuilles d'épinards, de cresson de fontaine, de la laitue, du persil, de la sauce de soja et/ou du nuocmam, sel, poivre, moutarde, piment, jus de citron ou vinaigre, etc. et une grande casserole de bouillon en ébullition dans laquelle les convives cuisent leurs aliments à leur convenance.

Pour déguster, chaque convive, à l'aide de sa fourchette à fondue, prendra 1 ou 2 morceaux de n'importe quel mets, les trempera dans le bouillon pour les faire cuire le temps qui lui convient, les retirera et les mettra dans son bol, y versera le condiment qui lui plaît, puis les consommera à l'aide de ses baguettes (ou de sa fourchette).

Il mangera la laitue et le persil avec ses doigts. Il pourra, de temps à autre, mettre un peu de bouillon dans son bol et le boire.

Vers la fin du repas, la maîtresse de maison, de préférence mettra, toutes les nouilles dans le bouillon et les laissera cuire 20 mn environ.

Lorsque les nouilles seront cuites, chaque convive en mettra une partie dans son bol, l'arrosera de bouillon et les mangera.

Et à la fin du repas, les convives pocheront les œufs dans la casserole, se partageront le reste du bouillon enrichi par la cuisson de tous les mets et le boiront après l'avoir assaisonné à leur goût.

Il n'y a rien d'anormal si le poisson côtoie le bœuf, ou si les fruits de mer coexistent avec le poulet. Cinq sortes d'ingrédients sont cependant considérés comme indispensables : bœuf, abats de porc ou de volaille, produit de mer, œufs et légumes.

Précisons qu’il n'y a pas non plus aucune limitation du nombre de sauces ou de condiments à mettre sur la table, que les chinois ont l'habitude d'accompagner ce plat de Petits Pains papillons ou de Crêpes mandarin.

 

On boit du thé, l’eau n’étant en général pas potable, sauf à être bouillie et conservée dans des thermos clos, les fameux « kai shui » (prononcer « quaille choueille ») locaux.

Les Chinois boivent rarement de l'eau plate, mais beaucoup apprécient une tasse d'eau chaude.

Ils boivent principalement du thé vert (lücha). Plus léger que le thé noir et réputé plus sain, celui-ci n’est pas fermenté mais simplement déshydraté (80 % d’eau dans la feuille), puis torréfié.

Les quelques « grands crus » sont le maojian (Hunan ou Guizhou), le biluochun (Suzhou), le longjing (Hangzhou) et le maofeng (monts Huangshan).

En ce qui concerne le thé noir (fermenté) appelé localement « thé rouge » (hong cha), son goût est plus prononcé et il est plus chargé en théine, d’où son succès auprès des Occidentaux. On trouve une gamme intermédiaire de thés semi-fermentés (wulong cha), dont un bon représentant est le thé « guangyin ».

Enfin, il faut citer les nombreux thés parfumés (chrysanthème, osmanthus et le thé au jasmin), des thés plus rares comme le thé blanc (très jeunes feuilles de thé vert recouvertes de duvet encore à l'état de bourgeon), ou le thé jaune dont les maîtres gardent jalousement la recette.

Il faut d’ailleurs vivre au moins une fois dans sa vie « l’instant magique » de la cérémonie du thé. Si le thé ordinaire se boit sans compter à longueur de journée, les meilleurs crus sont servis avec la manière dans les grands restaurants ou les maisons de thé, selon un rituel aussi noble que beau.

 

On boit aussi de la bière, « pijiu » (prononcer « pitio-ou ») également une boisson particulièrement affectionnée par les Chinois. Extrêmement bon marché, il en existe des centaines de marques. La plus vendue est la Snow Beer, réservée au marché local. La Liquan est appréciée dans tout le sud du pays. Généralement peu alcoolisée, la bière existe en bouteilles en verre (grandes ou petites) ou en canettes (souvent l'apanage des bières importées).

Depuis peu, on note également l'apparition de la bière pression (zhapi), très à la mode surtout dans les bars de Pékin ou Shanghai.

Phénomène nouveau, on assiste depuis peu à un développement très important des microbrasseries. Elles permettent de produire des cervoises raffinées avec des parfums et des associations de goûts particulièrement insolites !

Strictement brassée à partir de bons produits locaux ou régionaux.

En revanche, le vin, « putaojiu » (prononcer « rongue poutao tio-ou ») ne fait pas partie de la culture traditionnelle chinoise, qui lui préfère les alcools forts (jiu). De ce fait, très souvent, les productions locales déçoivent les palais exercés.

Le vin sucré évoquant plus un vin cuit (type porto), le vin rouge chinois reste donc un produit à part.

Mais depuis une quinzaine d'années, la Chine a fait des progrès considérables.

Si les meilleurs crus sont souvent issus de collaborations avec l'Occident, on commence à trouver quelques petits vins locaux tout à fait honnêtes.

Quant aux vins d’importation, ils sont de plus en plus présents dans les restaurants un peu chics et occidentalisés. Leurs prix varient selon leur provenance : un vin d’Australie ou du Chili est moins cher qu’un vin français.

 

Férus d'alcools forts (jiu), les Chinois n'hésitent pas à clore un bon gueuleton en vidant une pleine bouteille d'une eau-de-vie quelconque.

Parmi les meilleurs alcools, le Maotai, à base de sorgho fermenté, une sorte de maïs plus goûtu et rustique que le maïs lui-même, et de blé, est de tous les banquets. C’est un alcool blanc (baijiu), qui titre entre 35° et jusqu’à 53°.

Pour le préparer il est nécessaire de procéder à sept fermentations et huit distillations pendant sept mois. On garde ensuite l'alcool pendant quatre ans ou plus, et puis on le mélange avec l'alcool de 5, 10, 20, 30, 40 ans d’âge.

En région, on fabrique également le Xishui, très parfumé et à base de sorgho, et le vin de Dongjiu, mélange de sorgho, de blé et de plantes médicinales chinoises.

Citons aussi le Daqu (55°) du Guangxi, célèbre alcool de sorgho, et le Wuliangye du Sichuan, alcool de cinq céréales (millet, sorgho, riz, maïs et une graminée non comestible qui pousse dans les rizières), toutes choses que n’avait pas pu découvrir Paul lors de son court premier passage : il aura l’occasion de « visiter » quelques « grossistes » lors de ce second séjour, pour compléter sa gamme proposée aux grandes écoles d’Europe dans le cadre de sa « seconde activité »…

D’autant qu’il faut aussi essayer les « vins de riz », dont le vin de riz glutineux (nuomijiu), légèrement chauffé avant dégustation.

 

Mais la base alimentaire reste le riz accommodé de si innombrables façons…

Ce qui reste paradoxal pour cette région : la hauteur des précipitations annuelles y est de seulement 921 mm, ce qui est insuffisant pour permettre la culture du riz !

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-xvi-chengdu-13.html

 

 

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