Mains invisibles II : Chapitre XV : Départ pour la Corée. (4/4)

16/08/2015 11:41

 

Chapitre XV : Départ pour la Corée. (4/4)

 

La « correction »

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Paul virevolte dans les airs tel un danseur-étoile ou un combattant Kung-Fu expérimenté, lui qui n’a jamais pratiqué ce sport, même pas les rudiments, rebondissant à une allure et vitesse incroyable, enchainant les coups portés brutalement à chacun des huit hommes présents tour à tour, qui se tiennent ahuris autour de lui.

Il écrase les visages, les nez, les larynx et plexus des uns et des autres avec ses pieds, ses genoux, coudes, paume de main, tranchant des deux mains, fait des bonds de près de deux mètres de haut à reprendre de l’élan sur les murs, saisit bras et jambes de qui il s’approche pour les projeter violemment conte les murs, meubles et autres obstacles en quelques secondes.

C’est absolument phénoménal les effets de la capsule !

Stupéfiant.

Kim Jun Un est d’abord tétanisé, puis voyant sa garde rapprochée décimée, sans même avoir ouvert le feu, il se met à hurler comme une truie qu’on égorge. Un couinement qui se transforme en un cri strident qui sort du fin fond de ses tripes.

« Ta gueule ! » fait calmement Paul quand la lutte cesse faute de combattants, en se rapprochant du dictateur à cours de souffle, ses petits-yeux bridés véritablement exorbités tel qu’il en a presque l’allure d’un occidental.

« On m’a demandé de te laisser en vie. Je te tuerai donc une prochaine fois si tu m’en fournis le prétexte ! Mais je veux te faire passer l’idée d’une « prochaine fois » en te laissant ma signature. »

Il se saisit d’une arme de poing pris sur l’un des militaires au sol et inerte, et ajuste le dictateur qui est tétanisé, pris de violents trémolos et autres tremblements des membres, totalement silencieux tel qu’on ne l’entend plus ni geindre ni respirer.

Trois détonations lui arrachent un cri de douleur effroyable quand les balles déchirent, détruisent l’articulation du genou et les tibias et péroné du dictateur.

Un retour de monnaie de la pièce laissée à Florence.

 

Et maintenant, le plus dur : sortir de ce piège !

Paul a un atout extraordinaire avec la drogue ingérée : il ne ressent aucune douleur, pas même celle de ses blessures, celle reçue récemment en Algérie, et une plus ancienne au niveau de l’omoplate au large des îles Lavezzi (cf. « Au nom du père – tome II » à paraître aux éditions « I-Cube »). Il peut courir à des vitesses jamais atteintes par lui, faire des bonds qui dépassent, ou au moins atteignent des records olympiques, presque sans effort.

Surtout, il a une acuité visuelle démultipliée et réfléchit si vite qu’il a l’impression de « flotter » dans un monde immobile, ralenti.

C’est bien sûr l’alarme générale dans le pays en commençant par le palais du dictateur. Mais il est trop rapide pour n’essuyer que quelques tirs vaguement dirigés dans sa direction, au jugé, notamment sur le chemin du retour dans l’entrelacs de grandes salles gardées qu’il avait traversées à son arrivée.

En quelques minutes, il sort de la propriété, pique un sprint, chope un vélo enchainé le long d’une clôture d’un petit complexe industriel d’agro-alimentaire à quelques kilomètres de là.

Dévale la route, aborde à l’allure d’un cycliste professionnel une longue côte qui traverse la forêt voisine.

Une route secondaire qui ne l’essouffle même pas. Et sans faiblir l’allure. Pour rejoindre finalement l’autoroute qui mène à l’aéroport, quitte à en doubler quelques camions poussifs !

En moins d’une heure, il a rejoint l’aéroport où il retrouve Cécile attablée au bar-international, dans l’attente de la vérification de ses papiers et absence de visa, à un peu moins de 40 kilomètres de là…

Non sans avoir croisé plusieurs patrouilles lancées à sa poursuite : il va trop vite et il est trop agile pour s’inquiéter pour lui-même, quitte à passer sur les bas-côtés quand un simili-barrage se forme devant lui.

 

« Prend ça ! On décolle ! » lui fait-il quand elle bondit vers lui.

C’est quoi ?

De quoi arracher tout ce qui entravera leur course vers le tarmac.

« Des amphétamines de guerre ! »

Sauf que Cécile, elle a un défaut quand elle a une arme dans les mains et qu’elle n’a plus aucune inhibition : elle s’en sert en rafale désordonnées !

À pétarader de tous les côtés : l’aéroport est attaqué par les « impérialistes »…

Sans limite et jusqu’à épuisement du chargeur avant d’en retrouver une autre à sa portée.

D’ailleurs, surprise une première fois par le chargeur vide, elle en jette son arme à la tête d’un milicien qui en fait un bond en arrière de plusieurs mètres en la recevant sur le crâne, avant qu’elle ne s’empare de son arme à lui en quelques enjambées rapides.

Pour mieux recommencer sa polka de queues de détente de percuteur.

À elle aussi, ça fait de l’effet les « pilules magiques ».

« Par là ! On va voler un avion ! »

Justement, il y  en a un petit qui chemine vers l’une des deux pistes.

 

L’aéroport est curieusement installé dans une vallée étroite entourée de collines pas très élevées. En fait, les deux pistes sont alignées l’une derrière l’autre, un peu décalées l’une par rapport à l’autre, mais axées de la même façon. De quoi se planter quand on ne connaît pas les lieux.

Paul pique un nouveau sprint étonnant et rattrape le petit avion immatriculé localement qui chemine vers l’ouest.

Il arrache la porte du pilote, l’assomme presque dans le même geste rapide, déboucle la ceinture de sécurité et le jette sur l’asphalte du runway.

Son copilote, ou passager unique, tente bien de le retenir, mais à son tour, il est envoyé dans les pommes d’un rapide uppercut foudroyant.

Paul s’installe sur le siège libre, ouvre la porte opposée et jette à son tour son occupant après avoir dégagé la ceinture de sécurité 4 points.

Maintenant, il s’agit de récupérer Cécile en faisant un demi-tour rapide, quitte à mordre les pelouses du bas-côté.

Plein gaz vers l’aérogare.

Ça tire encore de tous les côtés. On peut voir au loin une colonne de camions militaires rappliquer par le réseau routier, venant de Pyongyang.

Cécile débouche à vive allure des bâtiments en direction de l’avion de Paul.

Celui-ci réduit l’allure brutalement en arrivant à sa hauteur. Pas assez pour ne pas la dépasser.

Elle finit par se jeter dans l’habitacle : plein gaz de nouveau !

Même pas la peine de s’aligner sur une des deux pistes, d’autant qu’un avion est en approche en face d’eux : on voit ses phares dans le ciel.

Des véhicules de piste sont lancés à leur poursuite, pendant que d’autres se positionnent pour leur barrer la route.

Paul tire sur le manche. L’avion consent à lever le nez. Les roues quittent le sol. L’alarme « stall » dite de décrochage hurle dans le cockpit.

Plein gaz, Paul enfonce d’un mouvement rapide et précis devant lui le manche, juste ce qu’il faut pour remettre l’assiette de l’avion à l’horizontale et redresse quasi-instantanément.

Ils volent !

À quelques mètres de haut, pas plus, mais c’est suffisant.

Virage à droite, puis cap à l’ouest, vers la mer. Il s’agit de voler assez bas pour ne pas se faire intercepter par la chasse.

Il fait un temps splendide : le soleil d’Austerlitz !

« Géniales tes pilules ! Maintenant, j’ai une de ces envies de baiser, moi, et vite ! »

Et de joindre le geste à la parole en se battant avec ses vêtements pour les ôter dans l’étroit cockpit à s’en faire des bosses de partout.

Dingues ! Les femmes et les émotions fortes…

Il avait déjà noté cet effet avec la conseillère hackeuse détachée de la chambre régionale des comptes à l’occasion de son détour en Afghanistan pour « extraire » un commando pris sous le feu de snipers hostiles, dans les montagnes (cf. « Opération Juliette Siéra »).

Là, avec l’amphétamine ingérée, l’envie décuple telle qu’elle en devient irrésistible.

D’autant que quand celle-là a le feu quelle que part, elle ne l’a pas ailleurs !

Et il ne faut pas seulement lui en promettre…

De toute façon, son honnête et opulente poitrine de « pulpeuse » naturelle, virevoltant en tous sens une fois libérée de son soutien-gorge, son pubis touffu s’ouvrant sur son sexe déjà détrempé sont un appel à la fornication immédiate qu’il est difficile, sinon impossible de refuser.

 

(Aparté n° 2) 

 

Court, intense, acrobatique.

C’est du sportif et heureusement que c’est l’électronique du bord qui contrôle la trajectoire de l’avion, d’autant que des Migs croiseront la route de l’avion de Paul à une altitude plus élevée, un peu plus tard, les sens partiellement rassasiés.

Mais trop haut et trop loin pour perdre inutilement leurs slaves tirées au jugé et tombées en mer.

Il leur faudrait des missiles.

Ce qui a demandé un peu plus de temps.

Le premier s’est autodétruit avant de toucher l’eau, très en arrière de la route de Paul pour avoir à voler trop bas.

Le second aura été abattu très loin par un drone sans doute américain, faisant hippodrome en altitude.

Paul Allen, ou on ne sait encore quel autre « service », qui aura bénéficié des écoutes téléphoniques d’il y a quelques jours, et se seront donc finalement « rendus utiles ».

L’arrivée à Tianjin n’est même pas plus mouvementée que ça, alors qu’ils rentrent d’une épopée tellement invraisemblable qu’elle est à peine crédible.

Même pour les autorités de Corée, des deux Corées et autres services…

Paul met « en panne » devant le bâtiment d’Airbus.

Le soir, ils partent par un vol spécial vers Chengdu.

 

Un raid qui aura plusieurs conséquences importantes.

D’abord la disparition des « écrans » médiatiques du « cher leader » pendant plusieurs semaines.

Il fait venir à grand-frais les meilleurs chirurgiens orthopédistes d’occident pour réparer les blessures infligées par Paul.

Durant sa convalescence, l’OGD veille. Là encore, la rumeur d’un coup d’État fait le tour du monde.

Fermement démenti par Pékin qui gère aussi la colère du dictateur, de loin, quand il n’est pas sous traitement médicamenteux pour le calmer : après tout, il est encore vivant, c’est une chance inouïe, et Paul a disparu pour être désormais au travail, à l’abri alors qu’on le fait passer pour perdu en mer.

D’autant que personne ne comprend comment les événements se sont déroulés.

Maîtriser, sans arme, la garde rapprochée du jeune dictateur, même pour un seul homme, même du « calibre » de « Charlotte », ça paraît complètement insensé !

Lui-même d’ailleurs n’en parle pas : il ne se souvient que d’une chose, son immense peur, la trouille, la vraie, de celles qui vous font vous pisser dessus sans retenue.

Et puis il délire de ses propres souffrances post-opératoires.

Alors que la prise de l’aéroport et l’évasion aérienne démontrent les faiblesses criardes du dispositif de sécurisation du pays : une vraie passoire !

Ce qui est le plus inquiétant pour les autorités qui gèrent l’intérim du pouvoir.

Il leur faut du matériel plus performant qu’ils trouveront plus tard auprès des russes, puisque les chinois, en froid, ne veulent pas les leur fournir.

D’où le rapprochement qui suivra entre les deux capitales, jusqu’à un voyage à Moscou de Kim Jong Un, encadré par l’OGD.

Et les rumeurs se seront éteintes quand le dictateur réapparaîtra, affublé d’une canne en déplacement à l’occasion de l’inauguration d’un complexe d’habitations neuf pour les « travailleurs du parti »… des travailleurs.

Puis plus tard, sans canne, à l’occasion de diverses manifestations.

 

Sans doute devenu fou de peur, le dictateur n’hésitera pas à faire régner encore plus la terreur dans les semaines qui suivront, même chez ses proches collaborateurs, tous suspectés d’incompétence ou de haute-trahison.

Le plus spectaculaire restera l’exécution d’Hyon Yong-chol, le ministre de la Défense qui était l’un des hommes les plus puissants de la dictature nord-coréenne, et apparaissait chaque semaine aux côtés de Kim Jong Un pour des commémorations officielles, des grandes manœuvres militaires ou les essais de missiles balistiques censés effrayer Séoul, Tokyo et Washington. 

 

Jusqu’en mars 2015, six mois après les événements de Ryongsong, c’est ce haut gradé, bénéficiant du titre rare de vice-maréchal, qui avait représenté la Corée du Nord justement à Moscou lors d’une grande conférence sur la sécurité en Asie, au cours de laquelle il avait mis en garde les États-Unis contre la possibilité d’un conflit nucléaire et préparer la cession de matériels militaires plus performants, même d’occasion.

Sa bravade avait été saluée par les médias officiels lors de son retour à Pyongyang.

En avril suivant, le 7ème mois, il aura perdu toute son aura et surtout la confiance du dictateur.

Selon les services de renseignements sud-coréens (NIS), Hyon Yong-chol a été exécuté en public … au canon antiaérien pour des « actes de trahison » et « un comportement blasphématoire ».

Des députés sud-coréens de la commission de défense de l’Assemblée nationale indiqueront à la presse que le ministre nord-coréen aurait notamment ulcéré Kim Jong Un après s’être endormi à un événement militaire filmé par les services de propagande et pour lui « avoir mal répondu ».

Bien sûr, ce n’est pas la vraie raison, tellement le prétexte est si ridicule et ne trompe que quelques « initiés », même si ils ne peuvent rien en dire.

Une exécution qui s’inscrit dans la continuité de la grande campagne de purge orchestrée par le jeune leader du dernier pays stalinien depuis son arrivée au pouvoir fin 2011, suite au décès de son père Kim Jong Il.

 

Se méfiant d’une partie des cadres qui entouraient l’ancien homme-fort du régime et semblaient contester la dimension héréditaire de la dictature, Kim Jong Un a tenté d’instaurer, dès son accession au pouvoir, ce climat de terreur dans l’exécutif nord-coréen en faisant exécuter en 2013 son propre oncle et mentor Jang Song Taek, comme il vient d’être dit.

Souvent présenté comme le numéro 2 du régime, l’homme avait été accusé d’avoir comploté un possible renversement de Kim Jong Un, qui n’est alors âgé que d’une trentaine d’années. Dans la foulée, le pouvoir avait éliminé plusieurs proches de Jang Song Taek.

Plus d’une dizaine d’exécutions de dirigeants du Parti des Travailleurs avaient été recensées par les services nord-coréens.

En avril 2015, le NIS aura assuré que 15 officiels de haut rang avaient déjà été exécutés au Nord depuis le 1er janvier 2015.

En janvier, le vice-ministre des Forêts a été éliminé pour s’être plaint du plan de reboisement du pays.

En mars, ce sont quatre membres de l’orchestre nord-coréen Unhasu qui avaient été exécutés pour espionnage et pour avoir osé divulguer des secrets sur la famille du dirigeant Kim Jong Un. Selon les médias japonais, la purge devait protéger la réputation de la première dame de Corée du Nord, Ri Sol Ju, qui avait été, dans sa jeunesse, chanteuse et s’était peut-être retrouvée en mauvaise posture dans une « sex-tape » où apparaissaient plusieurs autres « artistes » officiels.

 

On apprendra plus tard à l’occasion d’un rapport intitulé « Mouvements particuliers en Corée du Nord » que le Service national du renseignement de Corée du Sud (NIS) a recensé au moins 70 personnes de haut rang exécutées depuis que Kim Jong Un est arrivé au pouvoir, en décembre 2011.

Selon ce rapport, le décompte des hauts responsables nord-coréens fusillés s’élève à 3 en 2012, puis 30 en 2013, et 31 en 2014. Il y en a également eu 8 depuis le début de 2015 et si l'on tient compte des citoyens « ordinaires » exécutés, ce sont 15 personnes de plus qui ont perdu la vie.

Toujours selon le NIS, « les gens liés aux exécutés et les membres de leur famille doivent se présenter sur la scène d’exécution et un affut antiaérien doté de quatre canons de 14,5 mm est utilisé. »

Dans certains cas « un lance-flammes est mis en batterie pour brûler des corps ».

Enfin, selon un autre rapport, des chars serviraient parfois pour « éliminer les traces avec des chenilles » et les personnes présentes « ont interdiction d’incliner la tête et de verser des larmes ».

Elles seraient aussi forcées d’écrire noir sur blanc un avis blâmant le condamné.

Un régime sanguinaire, dictatorial, brutal, moyenâgeux et pour certains, proche de l’agonie.

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-xv-depart-pour-la-coree-44.html

 

 

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