Les Maîtres du Monde : motivations et objectifs…

28/03/2015 17:16

 

Les motivations et les objectifs de ceux qui nous gouvernent ou ont l’intention de le faire…

 

Je reprends une analyse de « I-Cube » disponible à la fin du chapitre « Les maîtres du Monde » du roman « Au nom du père » :

http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/03/au-nom-du-pere-chapitre-xi-tome-i.html

Bonne lecture !...

Jean-Charles DUBOC

 

Au nom du père (Chapitre XI : Tome I)

 

Les maîtres du Monde 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Après le dîner, alors que les nuages courent dans la nuit, le vieux Lord va se coucher et Paul est poussé prestement, le verre de tord-boyaux local, distillé il y a longtemps à base de pomme, à la main, par Lady Catherin pour faire une visite guidée par sa sœur cadette dans son « atelier » au premier sous-sol.

« Je m’occupe personnellement de notre invitée. Vous pourrez nous rejoindre plus tard, quand vous en aurez fini », fait-elle les yeux pétillants. 

L’ascenseur encastré dans un des murs du grand salon mène directement sous la bâtisse.

« Avant d’entrer, il vous faut acquitter la « Margaret Tax » » fait la blonde menue et handicapée du haut de son fauteuil à roulette.

La cabine est étroite et Paul s’entend répondre : « Très volontiers ! De quoi s’agit-il ? Je n’ai pas mon chéquier, mais si vous prenez la carte Visa… »

 

(Aparté n° 5) 

 

La porte s’ouvre sur une vaste salle encombrée d’appareils bizarres et une sorte de robot humanoïde assez proche du « 6-3PO » de Star War de Lucas. En moins métallique, avec des mouvements plus souples et la douce voix de « Lady Margaret » qui accueille les visiteurs.

« Milady est accompagnée. Dois-je prévoir de neutraliser son visiteur ? »

Non, répond l’accompagnatrice. « Il a payé son dû. Sers-lui plutôt une boisson aromatisée, s’il le désire et apporte mes médicaments, s’il te plaît. »

Une de ses meilleures réalisations, fait-elle savoir à Paul.

« Voilà, c’est ici que je travaille habituellement. »

Et qu’y fait-elle à part des répliques humanoïdes singeant les « cyborgs » des films d’anticipation ?

Des plans sur la comète. « Disons qu’essentiellement je vérifie la qualité des plans des puces que vous avez vu fabriquer à l’usine de Glasgow. Nous travaillons essentiellement sous licence, pour des commandes précises, mais parfois, il faut pouvoir adapter quelques fonctions pour de petites séries de 20 ou 30.000 Rfid. Le business qui mobilise les ateliers que vous avez visité ce matin. »

Est-ce tout ce qui fait vivre la famille, hormis l’activité de distillation ?

« Oui ! Et ça finance mes recherches qui sont de deux ordres. Je vous l’ai dit dans l’avion. Je me passionne pour mes jambes artificielles et autres membres destinés à la Fondation du professeur Risle. L’atelier est là-bas au fond. Vous avez vu ma meilleure production à la sortie de l’ascenseur. »

Impressionnante, il est vrai. Et tout le reste alors ?

« Y est adjoint un atelier de recherche de programmation, que je n’utilise plus. Mes membres artificiels sont au point, pour la plupart, du petit doigt à la jambe complète, même si il y a encore des améliorations possibles.

Vous avez déjà vu Mark, mon robot, qui reste le plus évolué, mais il a besoin d’une gros calculateur situé là-bas pour se mouvoir par télécommande radio.

En ce moment, viens par ici, je travaille sur la puce « Digital Angel », sous licence de la société américaine « Applied Digital Solutions ». »

Jamais entendu parler !

Et d’expliquer qu’il s'agit d'une puce électronique de la taille d'un petit grain de riz et qui est implantée sous la peau. Elle est aussi capable de renvoyer des informations biologiques sur son porteur, température du corps, rythme cardiaque, etc.

« Une autre version de la puce appelée « Veripay », qui a été présentée en Novembre 2003 au salon « ID World » à Paris, et permet d'y inscrire des données personnelles en vue de servir de carte d'identité ou de carte de crédit.

Là, il s’agit de la troisième version de la puce, nommée « Verichip », destinée à être implantée sur le bétail pour en assurer la « traçabilité ». Bientôt le bétail humain lui aussi sera parfaitement « traçable », dès qu'un nouveau « 11 Septembre » fournira le prétexte plausible pour rendre la puce obligatoire, au nom de la « sécurité ». »

Et de signaler qu’ainsi, rien n’arrive par hasard, pas même les attentats du 11 septembre.

De quoi étonner Paul qui reste songeur en voyant arriver le cyborg « Mark » un plateau à la main avec deux verres remplis aux deux tiers de liquides divers. 

 

« La maîtrise des hommes, opérées par les puissants lobbies « militaro-industriels » américains, ont besoin, comme ça de temps en temps, « d’inputs de crise » pour justifier de leur importance et financer leur suprématie. Un ennemi disparaissant, il lui faut en trouver un autre pour survivre ! »

Et cette fois-là, c’était le terrorisme d’Al-Qaïda, issu de la mouvance islamiste comme d’une préférence pour les opinions occidentales, celles qui sont prêtes à financer les investissements nécessaires par l’impôt, en vue de superprofits à venir.

« Le 11 septembre, c’est quand même un drame inattendu, pense-je. On aurait pu y échapper sans remettre en cause la sécurité des américains. »

C’est plus compliqué que ça, fait-elle savoir.

Il s’agit bien d’un complot, organisé et exécuté par Al-Qaïda, mais planifié très en amont par la complexe militaro-industriel qui manipule les opinions et gouvernements occidentaux. « Ils ont été instrumentalisés. »

Elle sait ça comment, elle ?

Tout simplement parce qu’aucun avion n’est tombé sur le Pentagone. « Quand un avion tombe sur une barre d’immeubles, comme lors de la catastrophe de Schiphol aux Pays-Bas, on peut quand même en retirer des morceaux entiers d’aile ou d’empennage, surtout si c’est un avion de 60 mètres d’envergure. Or, là, non seulement il n’y en avait pas, mais la partie de bâtiment détruite n’est même pas plus longue de 25 mètres ! »

D’une logique, la fille, implacable !

On avait pourtant vu des reconstitutions très convaincantes. Même s’il est vrai que « poser » un avion lancé à 800 km/h juste à la porte du bâtiment, altitude zéro pour s’éclater que sur le rez-de-chaussée à travers les poutrelles du bâtiment, c’est plus de la science-fiction que l’œuvre d’un pilote chevronné.

Et donc ?

« Maintenant, ils ont leur ennemi, qui mobilise plusieurs corps d’armée et trouvent des financements quasi-illimités pour mener une guerre qui aurait dû s’arrêter depuis presque 9 ans. Et elle se poursuit… On ne veut pas tuer Ben Laden [1], ni détruire Al-Qaïda, mais simplement être militairement présent sur zone pour contrôler les puits de pétrole et mettre la pression sur le Proche et Moyen-Orient et tous les pays qui ne se plient pas à l’ouverture de leur marché intérieur aux produits américains. C’est de la politique de la canonnière, rien de plus ! » rajoute-t-elle un brin amusée.

« De multiples moyens sont actuellement utilisées pour préparer l'opinion publique à accepter la puce, et pour réduire la répulsion instinctive à l'intrusion d'objets matériels dans le corps. D'où les efforts des médias et de l'industrie culturelle pour populariser les piercings, les implants en silicone, ou encore les anneaux gastriques, comme solution à l'obésité.

Pour rendre la puce désirable et « tendance », une discothèque de Barcelone dirigée par un américain propose même à ses clients de s’en faire implanter une pour 100 euros afin de pouvoir payer les consommations au bar sans argent.

Mais la méthode la plus largement utilisée est de populariser la puce grâce à des prétextes médicaux. De nombreux hôpitaux américains encouragent ainsi les patients à se faire greffer une puce contenant leurs données médicales personnelles, groupe sanguin, traitements déjà en cours, etc., dans le but d'éviter les risques d'erreur dans l'identification et traitement des malades. Tout ce que sait faire un médecin normalement constitué sans recours à l’électronique.

Les implants seront aussi proposés pour une surveillance médicale à distance avec envoi automatique d'une alerte au médecin en cas de problème. Vous avez son modèle, en plus archaïque, dans votre carte Vitale en France, dans vos cartes de crédits, Monéo, Imagin’air, Vélib’ etc. »

Paul doit se rendre à l’évidence : ça existe déjà, de telle sorte que même demain, les billets de banque en auront, les pièces de monnaie, et chacun pourra ainsi être « tracé » jusque dans la totalité de ses mouvements et actions. 

 

« Cette puce, celle sur laquelle je travaille, est la prochaine étape pour un contrôle absolu des individus par les « Maîtres du Monde ». À terme, les implants électroniques permettront de contrôler directement les esprits en modifiant le fonctionnement du cerveau, et donc, l'humeur, les émotions, les pensées et le comportement. 

À la fin du mois d'Août 2001, des scientifiques américains ont réalisé avec succès trois expériences majeures pour un contrôle social du XXIème siècle, basé sur les implants neuronaux et les biotechnologies.

Un cerveau de lamproie, une espèce d'anguille, a été greffé sur les circuits d'un robot. Résultat : un robot autonome, entièrement piloté par le cerveau encore vivant de la lamproie. C’est une des pistes que j’affectionne pour le contrôle de mes jambes artificielles !

Un micro-processeur a été greffé dans le cerveau d'une souris vivante pour commander les muscles à la place de l'animal : c’est l’autre piste sur laquelle je travaille pour commander mes prothèses. Mais c’est un peu futuriste dans la mesure où on ne sait pas encore si ce type de puce peut être accepté par le cerveau humain lui-même.

Le professeur Risle travaille aussi là-dessus dans ses laboratoires canadiens. Mais c’est très confidentiel et je ne lui ai pas encore fourni un prototype acceptable. »

Monstrueux ?

Et de continuer.


« Ils ont même réussi à greffer des neurones humains dans le cerveau du fœtus d'un singe. Les neurones humains se sont parfaitement intégrés et se sont multipliés dans le cerveau du singe, créant ainsi un hybride singe-homme. Officiellement, ils disent avoir détruit le fœtus hybride avant sa naissance. Quel dommage, n’est-ce pas ! » ricane-t-elle un peu plus.

Paul écoute, quel que peu horrifié, et demande : « Vous ne pensez pas que nous en sommes arrivés à un stade où la Création serait déjà détournée ? »

La « grande machine » est en train de s'approprier totalement le vivant. « Pour elle, tous les organismes vivants, végétaux, animaux, et humains, sont des « ressources » à exploiter. Et le stade ultime sera atteint quand ces « ressources » seront totalement intégrées, incorporées par le système. La suite logique sera que les humains soient placés sous le contrôle direct de la machine, raccordée à leur système nerveux au moyen de greffes bioniques et d'implants neuronaux. Pour le plus grand bonheur et bien de l’humanité, rassure-toi ! », fait-elle.

Pas de quoi être rassuré, en fait, bien au contraire !


« Non mais il n’y a pas de quoi s’inquiéter, je t’assure. On vise quoi en fait ? Non pas à manipuler les esprits pour en faire des moutons corvéables et décervelés [2]. Au contraire. Il s’agit d’améliorer le sort de la plupart en contrôlant leur santé et leurs peurs. En leur proposant des produits toujours plus techniquement avancés tout en leur permettant d’assurer les financements nécessaires pour acquérir ce nouveau niveau de confort de vie par leurs activités créatrices ou laborieuses.

Demain sera meilleur et bien meilleur qu’aujourd’hui. Nous aurons à notre disposition des ressources naturelles à gérer avec parcimonie et des sources d’énergie infinies.

Regarde les travaux de Grand-père : ils sont plusieurs à détenir ainsi des machines à énergie-libre, dites sur-unitaires. Il ne suffit de pas grand-chose à Grand-père pour rendre définitivement industrialisable ses moteurs magnétiques. D’ailleurs, Minato au Japon le fait très bien et ça ne lui est permis, pour conserver son savoir-faire, que s’il n’inonde pas trop vite le monde de ses machines.

Grand-père s’esquinte la santé avec sa « Z-machine ». Il n’a pas vu qu’on pouvait la simplifier radicalement avec un seul piston et une grosse masse inertielle en rotation. Lui s’ingénie à maîtriser ses éclateurs, sans succès. Peu importe le nombre de fusion par rapport au nombre de tour de sa « machine diesel », comme il aime à la baptiser, puisque ça fonctionne au moins toutes les secondes. Alors un éclatement tous les 24 tours ou tous les 40 ou 80 tours, à plus ou moins 4 ou 8 tours près, ce n’est pas très important. »

Elle ne lui a pas dit ou fait comprendre ? 

 

« Quel intérêt ? Les américains maîtrisent parfaitement le problème. Or, leur intérêt n’est pas dans l’émergence de technologies nouvelles, mais d’abord dans l’épuisement de technologies avérées. Dans la maximisation des profits qui servent à financer l’apparition au stade industriel de ces nouvelles technologies. Disons une tous les 10 ou 20 ans, le temps d’amortir les investissements. Et là, crois-moi, ils ont de l’avance pour toute la première moitié du XXIème siècle, voire un peu plus.

Regarde, ici, je travaille sur les productions des 5 ou 10 prochaines années. »

Et d’entraîner Paul dans une autre partie du laboratoire.

« Ici, par exemple, je travaille sur les poudres de Lithium-Fer-Phosphate. Encore sous licence américaine. Mais il faut que nous soyons prêts à faire notre mutation industrielle familiale quand le « top départ » sera donné. »

Et d’expliquer que l’essor des véhicules électriques bute encore et toujours sur les batteries actuelles qui, malgré de réels progrès, ne contiennent pas assez d’énergie pour faire rouler sur de longues distances nos voitures et nécessitent en outre de longs temps de rechargement.

« Or, les nanotechnologies sont en train de révolutionner les solutions de stockage embarqué d’électricité. Plusieurs laboratoires dans le monde travaillent sur des nano-condensateurs électrostatiques, qui augmentent par dix la capacité de stockage du classique condensateur électrostatique. Avec ce dispositif, il sera bientôt possible de stocker et de distribuer efficacement l’électricité récoltée grâce à des moyens alternatifs. »

On recherche une haute densité d’énergie, d’une forte puissance et d’un rechargement rapide, qui sont essentiels pour l’usage des énergies du futur.

« Le but est de réussir à appliquer des milliards de nanostructures dans une batterie. À long terme, il est question que la même nanotechnologie soit utilisée pour offrir une nouvelle façon de stocker les énergies renouvelables destinées à l’alimentation énergétique des usines en même temps que de pouvoir faire face à une demande croissante en « énergie propre ». ». 
La fin des énergies fossiles déjà programmées.

« Pourquoi crois-tu qu’Al Gore a reçu un prix Nobel de la paix ? Parce qu’il est le premier avec le GIEC à tenter de préparer l’opinion publique, américaine d’abord, européenne ensuite, mondiale enfin, à la nécessité de ces nouvelles technologies. »

Préparer les opinions ou les « manipuler » ?

Avec pour première étape de fabriquer à coût raisonnable des batteries de téléphone ou d’ordinateurs qui se rechargent en quelques dizaines de secondes, tout en étant plus petites et plus légères.

« La technologie utilisées ne change pas vraiment des batteries actuelles que nous utilisons, les batteries Lithium-Ion. En effet, le matériau utilisé est le Lithium-Fer-Phosphate, le LiFePOet l’approche ne requiert que de simples changements dans le procédé de production de ce matériau déjà bien connu. Tout ça joue en faveur d’une commercialisation qui ne prendrait pas plus de deux ou trois ans. »

Et d’expliquer que comme toutes les batteries Lithium-Ion, le LiFePO4 absorbe et délivre de l’énergie par l’extraction simultanée et respectivement l’insertion d’ions Li+ et d’électrons.

Ainsi, la capacité à fournir de la puissance et à se recharger dépend de la vitesse de déplacement des ions Li+ et des électrons à travers l’électrolyte, le matériau des électrodes. Or, les ions et les électrons se déplacent intrinsèquement vite, donc la limite à leur déplacement rapide dans les batteries actuelles se situe autre part, dans l’architecture même de la conception de la batterie.


« Il est évident que si les particules chargées se déplacent dans des sortes de tunnels nanométriques à travers le matériau, dont les entrées et les sorties se situent sur la surface, si les particules ne sont pas en face de ces entrées, elles ne peuvent pas se déplacer.

Le LiFePO4 nanostructuré permet d’obtenir une mobilité beaucoup plus importante des ions et électrons vers la surface du matériau. Je vise un prototype de batterie de ce type pouvant se charger en moins de 20 secondes, contre 6 minutes avec un matériau non modifié. Soit un gain de 1 sur 18 ! Et on doit pouvoir faire mieux avec des supports structuraux en nanotube de carbone monocristallin, mais c’est encore plus cher… »

Et de continuer : « La plupart des batteries commercialisées sont faites de Lithium-Cobalt qui chauffent à l’usage intensif, ce qui a déjà entraîné la destruction d’ordinateurs portables ou autres baladeurs MP3, alors que le LiFePO4 ne souffre pas de surchauffe. Même s’il est peu plus cher, le LiFePO4 n’a pas non plus et jusqu’à maintenant retenu l’attention car le Lithium-Cobalt peut stocker plus de charge pour un poids donné.

Cependant, on peut constater que le nouveau matériau nanostructuré ne perd pas sa capacité de charge avec le temps alors que les batteries standards ont une durée de vie plus limitée. Cela signifie que l’excès de matériau nécessaire pour les batteries standards pour compenser les détériorations liés aux cycles de charges et décharges et les effets joules induits, leur dégradation avec le temps ne sera plus nécessairement un facteur de vieillissement, rendant les batteries plus petites et plus légères avec des performances de charge et de décharge beaucoup plus importantes.»


Charger des batteries en quelques secondes au lieu de plusieurs heures doit permettre un changement des habitudes quotidiennes, et donc permettre de nouvelles applications technologiques.

« En effet, actuellement, la vitesse d’évolution de l’électronique est limitée par la capacité des batteries. Demain, avec ce matériau, seulement 360 W seront nécessaires pour charger une batterie de téléphone portable de 1 Wh en 10 secondes. »

Cette technologie bouleversera l’automobile : « Décharger une batterie en quelques secondes, c’est disposer de la puissance immédiate qui fait défaut aux véhicules électriques actuels. La charger en quelques minutes au lieu d’y passer la nuit permet d’envisager sereinement de longs trajets. »

180 kW sont nécessaires pour charger une batterie de 15 kWh (batterie pour véhicules hybrides électriques) en cinq minutes, « ce qui implique l’utilisation de stations d’énergie électriques pour recharger les voitures hybrides électriques. Certains constructeurs ont déjà investi dans des batteries à charge rapide. Utilisant la technologie d’Altair Nanotechnologies. Phoenix Motorcars a déjà construit un prototype de voiture électrique, autonome sur 160 km, pouvant être rechargée en seulement 10 minutes. Et selon Ceder, de telles batteries pourraient être sur le marché d’ici 2015. »

Bref, il faut que la Grande-Bretagne soit présente sur ce marché à l’horizon de deux ans,  2012, même sous licence. « C’est une façon de sauver l’usine de la famille et ses emplois pour les 20 ou 30 ans suivants. Et c’est ici que ça se passe ! »

Convaincu, Paul ? 

 

« Justement, n’est-ce pas une rupture à redouter, vu ce que tu m’as supputé sur les « maîtres du monde » ? »

Pas vraiment tant qu’on continuera de leur verser des royalties. « C’est tout ce qui les intéresse. Et ensuite, les générateurs d’énergie propre de Grand-père pourront émerger. Jusqu’à remplacer plus tard, les batteries nanostructurées. À l’horizon 2030/2035. Je te le dis, on a plusieurs décennies d’avance à mettre au point ici ! »

Ça vaut bien quelques « sacrifices » quant aux dividendes à verser à Lady Joan, n’est-ce pas ?

Et que rapporter à ses « mandants », alors ?

 

(Aparté n° 6) 

 

La conversation se poursuit lundi matin, après les aurores où Paul en profite pour son « petit décrassage matinal » à faire un tour complet du plateau où est juché le « château » des McShiant, avant que les deux Ladies ne rentrent l’une à Glasgow et l’autre à London où l’hydravion de Paul attend de le ramener sur les boucles de la Seine.

D’après Lady Catherin, mal remise de ses « émotions nocturnes », on reconnaît les « Maîtres du Monde » par leurs valeurs et principes fondamentaux communs.

« C’est le ciment de leur unité, leur dénominateur commun. L'adhésion à ces principes est obligatoire pour être admis dans ces cercles. »

Pour eux, la fin justifie les moyens, le fort doit dominer le faible. Il est génétiquement fait pour être un prédateur, et le faible est notoirement sa proie. L'élimination des faibles est conforme au principe de la sélection naturelle de Darwin. La vie de tous les individus n'a pas la même valeur. Ceux qui ont une valeur négative peuvent être ignorés voire éliminés, dans l'intérêt supérieur de l'ensemble, car le peuple est par nature ignorant et stupide. Conséquence, le monde est entre les mains et doit être gouverné par une élite éclairée.

« Ils ne cherchent pas le pouvoir en vue de leurs propres fins, mais seulement pour le bien de la majorité tel qu’ils la définissent. »

Pour eux, les hommes, sont des créatures frêles et lâches, qui ne peuvent endurer la liberté, ni faire face à la vérité. Ils doivent être dirigés par ceux qui sont plus forts qu'eux.


« L'espèce humaine a le choix entre la liberté et le bonheur, or le bonheur vaut mieux. ».

« C’est du Orwell, ça ! » fait Paul entre le corn-beef et le porridge… 

Le bien des autres ne les intéresse pas. Ils ne recherchent que le pouvoir, le pur pouvoir, sur les vies d’autrui.

« Seul et libre, l'être humain est toujours vaincu. Mais s'il renonce à son identité, s'il se soumet entièrement et totalement, il se fond dans le pouvoir collectif, il est alors tout-puissant et immortel d’après eux. »

Le pouvoir, c’est le pouvoir sur d'autres êtres humains, sur les corps mais surtout sur les esprits. «Le pouvoir sur la matière n'est pas important et ils l’ont déjà. La maîtrise de la matière est déjà absolue. Ce qui leur importe c'est de commander à l'esprit. La réalité est à l'intérieur du crâne... 
Le réel pouvoir est le pouvoir non sur les choses, mais sur les hommes. Et comment assure-t-on le pouvoir sur un autre ? En le faisant souffrir. L'obéissance ne suffisant pas, comment, s'il ne souffre pas, peut-on être certain qu'il obéit, non à sa volonté, mais à la leur ? »

Un vrai manifeste fasciste que n’aurait pas renié ni Mao, ni Staline, pense Paul se demandant où elle allait en venir ! 

« Si je comprends bien », fait-il entre deux gorgées de thé infect (mais il n’y avait que ça de proposé), « le pouvoir c’est seulement d'infliger des souffrances et des humiliations à autrui. Pas un peu débile et pervers ? »

Le pouvoir, c’est de déchirer l'esprit humain en morceaux que l'on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l'on a choisies.


« Qu’est-ce que tu peux noter de l’histoire contemporaine, sinon que grandit un monde de craintes, de trahisons, de tourments ? Un monde d'écraseurs et d'écrasés, un monde qui au fur et à mesure qu'il s'affinera deviendra plus impitoyable. Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance. Notre civilisation est fondée sur la haine. Il n'y aura pas d'autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l'humiliation. Tout le reste sera détruit ! » s’enflamme-t-elle.

Les liens entre enfant et parents, entre l'homme et l'homme, entre l'homme et la femme seront coupés les uns après les autres, déshumanisés. « Qu’avons-nous fait, cette nuit et les nuits précédentes, juste pour notre hédonisme individuel, sinon de nous déshumaniser et d’en rester sur un plan bestial ? ».

On peut dire ça comme ça, en effet. Lady Joan en reste coite…

« Plus tard, il n'y aura ni femme ni ami. Les enfants seront à leur naissance enlevés aux mères, comme on enlève leurs œufs aux poules. La procréation sera une formalité annuelle, comme le renouvellement de la carte d'alimentation. Il n'y aura plus de loyauté que pour le pouvoir. Tous les plaisirs de l'émulation seront détruits remplacés par l'ivresse toujours croissante du pouvoir, qui se perfectionnera de plus en plus. Il y aura à chaque instant, le frisson de la victoire, la sensation de piétiner un ennemi impuissant... Autant qu'un monde de triomphe ce sera un monde de terreur... ! C’est vers cela que l’on marche à allure accélérée. Il suffit de le constater pour mieux l’appréhender ! »

L'homme est infiniment malléable. « Même toi, mon beau capitaine, on obtient jusqu’à ta sève, ton jus par le pouvoir qu’on t’a laissé jouir de nous baiser. Et tu aimes ça ! Tu vas jusqu’à distribuer ton sperme dans n’importe quel orifice qui s’offre à toi. Mais on peut aussi l’obtenir sans ta volonté en te manipulant, en te droguant, en te violant. N’est-ce pas ce que ma sœur a fait avec toi hier dans l’ascenseur ? »

Malaise autour de la table… 

 

« Tel est le monde qu’ils nous préparent. Un monde où leurs victoires succéderont à leurs victoires et leurs triomphes à leurs triomphes. Un monde d'éternelle pression, toujours renouvelée, sur la fibre de la puissance. Tu commences à réaliser ce que sera ce monde ?

Et à la fin de leur emprise sur nos vies et nos volontés, nous ferons plus que les comprendre, nous l'accepterons, nous les accueillerons avec joie, et nous en demanderons notre part en idolâtrant nos propres bourreaux. Tu ne crois quand même pas que je vais faire de la résistance dans ma « petite usine » du fin fond de l’Écosse, alors que plutôt, j’anticipe tous les jours et fait ce qu’ils me demandent de faire. »

Dans l’avion du retour, Lady Joan reste longtemps silencieuse. « Tu en penses quoi ? » finit-elle par lâcher. 

 

[1] Depuis, Ben Laden devenu inutile et relativement inactif, a été exécuté le 2 mai 2011 à Abbottabad, ville de garnison au Pakistan, par un commando américain, alors qu’il s’y cachait depuis de nombreuses années.

[2] Là, on peut dire que les médias s’en chargent déjà…

 

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