Les cendres de Vichy

09/06/2016 19:38

 

Cocu !

 

 

Je suis totalement révolté ! Non pas de partager quelques-unes de « mes femmes-exclusives » avec autrui, il ne s’agit pas de cela, non !

Il s’agit de mes « formateurs », ceux du lycée, ceux de la fac, ceux de la pensée unique et il faut que je parvienne au seuil ultime de mon passage sur cette planète pour m’en rendre enfin compte !

C’est dire si je me sens « sali », dénaturé, violé jusque dans le tréfonds de mon âme et de mes convictions.

 

J’avais bien lu Tirole et puis déboule une nouvelle facette de ce dont on ne parlait jamais que pour en dire le pire des maux : Le si détestable régime de Vichy !

Une sorte de parenthèse honteuse de la République, qui déportait ses propres citoyens dans le silence des maladies honteuses, à l’époque…

Ma grand-mère en parlait que comme quelque chose qui n’aurait été découvert qu'à la Libération, même si certains pouvaient se poser des questions : Mais il y avait le STO comme explication facile.

 

La Libération, son CNR, les réformes majeures qui en ont été issues : Que du bonheur, même si aujourd’hui on en touche les limites.

Tu parles ! Un véritable copié/collé de ce qu’avait pu inventer Pétain et ses sbires qui perdure encore de nos jours…

La honte pour moi qui pensais « Libération » = Liberté, qui avait assimilé les principes de l’économie-mixte, mi-administrée, mi-libérale et ses bienfaits sur le sort des plus nombreux telle que l’avait voulu jusqu’à De Gaulle, sa « troisième voie », son ministère du plan, ses cartels industriels (EDF, SNCF, etc.)… cachés dans des monopôles d’État, sa sécurité sociale obligatoire soi-disant pensée et formatée à Londres sous les bombes des nazis…

Non mais, quelle escroquerie-majeure !

J’en ai le rouge de la honte qui me monte à la tête (un coup à me faire une rupture d’anévrisme létal).

L’exception gauloise ? Mais c’est Vichy, tout simplement !

 

Un livre de Cécile Desprairies sort sur le sujet : Je vais le commander et le lire.

À partir du 10 juillet 1940 (vote des « pleins pouvoirs » à Pétain, exécutifs, législatifs et judiciaires à la fois, le propre des tyrannies qui conduisent tôt ou tard à la corruption-destructrice) le régime est désigné sous le nom d’« État français » et la mention « République française » disparaît des actes officiels.

Les principales caractéristiques et en vrac, du régime sont les suivantes : 

 

– « Révolution nationale » antilibérale, traditionaliste et nationaliste, tendant vers un fascisme « à la gauloise » (et le socle du programme de « Marinella-tchi-tchi ») ;

– Politique de collaboration avec les nazis (collaboration économique, policière et militaire) ;

– Cléricalisme ;

– Corporatismes détruits à la Révolution qui retrouvent leurs lettres de noblesse (avocats, notaires, experts-comptables, huissiers, pharmaciens, médecins, géomètres, architectes et j’en passe…) ;

– La réorganisation statutaire du cinéma qui deviendra cette fameuse « exception culturelle », outil de propagande sur le moment…

Mais on peut aussi penser à l’ORTF, aux licences radiophoniques plus tard, à l’élevage de pigeons-voyageurs, au monopôle des postes et du téléphone…

– Propagande, censure et « contrôle postal » ;

– Planisme à l’instar des soviets ;

– Idéologie socialisante (un quotidien anticapitaliste tel que « La France socialiste », accueillant des hommes de gauche ralliés à la collaboration, tirera constamment à plus de 100.000 exemplaires) ;

– Statut des juifs : Port de l'étoile jaune obligatoire, rafles, convois de déportation (aujourd’hui interdiction du voile…) ;

– Arrestations de résistants, de francs-maçons, et d'opposants ;

– Début de mise en place d'une « protection sociale » étatisée, imposant entre autres un système de retraite par répartition (60 ans) à la place du système de capitalisation existant (les fonds des caisses vieillesse privées sont confisqués) : Le décret-loi du 14 mars 1941 « réforme » l'assurance-vieillesse pour imposer le système de la répartition à la place du système de la capitalisation, en créant une allocation aux vieux travailleurs salariés (AVTS), indépendante des « cotisations versées ». Les fonds des caisses vieillesse privées (20 milliards de francs de l'époque) sont confisqués (ils deviennent inutiles dans le cadre de la répartition et permettent de financer immédiatement l'allocation).

Les historiens de notre vie sociale savaient que la Sécurité sociale a été conçue à Vichy en 1940 par René Belin, ex-responsable de la CGT devenu secrétaire d’État à la Production industrielle et au Travail dans le premier gouvernement de Pierre Laval, ce qu’on m’avait caché : Pour moi, c’était Jeanneney, hésitant entre le modèle anglais de Beveridge et l’allemand de Bismarck ;

– Les premières mesures d'aménagement du territoire ;

– La création des premières administrations régionales (alors que le « cousin-Napoléon » avait inventé le département) ;

– Le début de la politique publique d'urbanisme qui fit tant de désastres ;

– Les premiers projets de villes nouvelles ;

– La création de grandes bureaucraties ;

– La fusion de la Compagnie du Métropolitain de Paris et de la Société des Transports en Commun de la Région parisienne dont le nouvel ensemble prendra le nom de RATP en 1948 ;

– La création des Comités Sociaux d'Entreprise dont les pouvoirs seront renforcés en 45 et prendront le nom de comités d'entreprise ;

– La création de la médecine du travail ;

– La fondation de l'Institut National d'Hygiène qui deviendra en 1964 l'INSERM ;

– Le numéro de sécurité sociale, inventé par le contrôleur général de l'Armée René Carmille (« numéro de Français »), destiné à ficher la population (le « code sexe » à un chiffre servait aussi à recenser les juifs, les musulmans d’Algérie, les étrangers…) qui permet de ficher tout le monde depuis sa naissance…

– Le « délit de non-assistance à personne en danger », qui a été conçu dans le but d'obliger les gaulois à porter secours aux soldats allemands blessés (par les attentats communistes), loi nazie existant aujourd'hui seulement en « Gauloisie-pénale » et en « Teutonnie » ;

– Essais de sirène chaque premier (jeudi) mercredi du mois à midi ;

– Le 23 avril 1941 : Institution de la police nationale (au lieu des gardes champêtres et polices municipales), dont l'uniforme et la gestuelle sont calqués sur celui des Allemands, pour mieux garder la paix !

Le Larousse précise même : « En 1941, les policiers sont obligés de prêter serment de fidélité au Maréchal Pétain » : « Je jure fidélité à la personne du Chef de l’État pour tout ce qu’il me commandera dans l’intérêt du service et de l’ordre public pour le bien de la patrie.»

La police est étatisée dans toutes les villes de plus de 10.000 habitants et Paris conserve toujours son statut particulier.

L’organisation de la police restera pratiquement telle quelle jusqu’au début du IIIèmemillénaire ;

– Le salaire minimum (loi du 4 octobre 1941) qui deviendra Smig supplanté plus tard par le SMIC : Fixé à un niveau bien inférieur au salaire du STO, programme de travail auquel il est vivement recommandé de souscrire ;

– La création du carnet de santé ;

– L’accouchement sous X : Pour empêcher l’infanticide, l’avortement (alors puni de mort), promouvoir les naissances et protéger les « enfants de Boches ».

– La fin des bouilleurs de cru à qui on ne délivre plus de licence, des herboristes à qui on supprime la formation et le diplôme ;

– La création des AOC ;

– La création de l'hôpital public ;

– L’invention de la carte hebdomadaire ouvrant droit à une réduction dans les transports ;

– La carte d'identité obligatoire ;

– La licence IV des débits de boissons ;

– L’extension des allocations familiales ;

– La culture de la tisane : Des « boissons chaudes hygiéniques » pour déshabituer de l’alcool, dont la vente est interdite au-delà de 16° ;

– Le menu au restaurant : Face aux restrictions, il est obligatoire de proposer un plat du jour à la carte à prix fixe ;

– Mozart : Le compositeur est totalement oublié à l’époque. Ce sont les occupants qui imposent son culte ;

– Les femmes ont plus de droits au travail et disposent d’un carnet de chèques ;

– La visite médicale pour les enfants à l’école : Autre mesure hygiéniste ;

– La licence de banque : Ne peut plus devenir banquier qui veut ou en a simplement les moyens financiers !

– L’heure d'hiver, histoire d’avoir la même qu’à Berlin. Supprimée à la libération, elle fut réinstaurée en 1976 lors du premier choc pétrolier par « Giscard-A-la-Barre » ;

– Le code de la route : L’Allemand pouvant s’égarer sur les routes gauloises, il était nécessaire d’instaurer une signalétique claire ;

– Le rugby à XV ;

– Le sport au baccalauréat : Conséquence du culte du corps nazi ;

– Le statut de PDG ;

– La fête des mères ;

Et j’en passe sûrement, puisqu’il y en aurait 100, voire plus encore !

 

Vichy, ce n’est donc pas que la Shoa, c’est en fait votre quotidien actuel : C’est historique et on me l’avait caché !

16.000 décret-lois qui sont désormais présentés comme des « acquis sociaux » où les manifestants du quotidien défilent et font grève pour les défendre « becs & ongles » alors qu’ils mènent à la faillite générale.

J’en suis sur le kul !

Mes « gôchistes », mes « cocos », mes « nuit debout », mes Podemos, mes 5 étoiles, mes trotskistes, mes « Indignés », mes « Tsi-tsi-Passe », tous des dignes héritiers de Vichy, de la « révolution nationale », qui adhèrent sans le savoir (en tout cas j’ignore s’ils l’ignorent) à en devenir suppôt du Maréchal !

Ce n’est plus « Maréchal, nous voilà », mais « Maréchal, on est encore là ! »

À vomir…

 

De l'époque du Régime de Vichy date aussi une prise de pouvoir de la technocratie, qui sera ensuite formalisée à la Libération avec la création de l'école nationale d'administration (ENÂ) : L’originalité du Régime de Vichy est aussi l’arrivée en force de « technocrates », hauts fonctionnaires vite promus et qui rêvent de mettre en œuvre, sans contre-pouvoirs aucun, leur programme de modernisation.

Ils sont toujours-là !

L'historien américain spécialiste de Vichy Robert Paxton estimait que « c’est dans l'administration publique, dans la modernisation et la planification économique que les mesures – et le personnel – de Vichy se perpétuent avec le plus d’évidence » après 1945.

Je le savais, mais pas à ce point-là d’évidence…

Honteux ! 

 

Philippe Pétain, discours du 11 octobre 1940, L’ordre nouveau : « Devant la faillite universelle de l'économie libérale (de 1929), presque tous les peuples se sont engagés dans la voie d'une économie nouvelle. Nous devons nous y engager à notre tour et, par notre énergie et notre foi, regagner le temps perdu. Deux principes essentiels nous guideront : l'économie doit être organisée et contrôlée. La coordination par l'État des activités privées doit briser la puissance des trusts et leur pouvoir de corruption. Bien loin donc de brider l'initiative individuelle, l'économie doit la libérer de ses entraves actuelles en la subordonnant à l'intérêt national. La monnaie doit être au service de l'économie, elle doit permettre le plein essor de la production, dans la stabilité des prix et des salaires. » 

 

Une « idéologie » qui prend pour nom, le « planisme », développé dans les années 1930 au sein du groupe X-Crise, le think-tank de la jeune élite de l’époque.

Pensé comme une alternative au socialisme collectiviste autant qu’au capitalisme individualiste, le Plan se fonde sur l’autorité des experts.

Et c’est là-dessus que de Gaulle a bâti sa « troisième voie » : Je comprends mieux pourquoi mon grand-père était « antigaulliste » contre toute raison dans mon esprit d’adolescent !

Tout simplement parce que dès lors, l’État, qui, depuis la Révolution était conçu comme un instrument de libération de l’individu, devient le principe d’organisation coercitive des forces économiques et sociales.

En créant « l’État français », Vichy a recruté les cerveaux d’X-Crise, le plus emblématique étant Jean Bichelonne, installé au ministère de la Production industrielle. Pétain dans ce discours du 11 octobre 1940 proclame les bases d’une économie « organisée et contrôlée », rejetant le libéralisme comme un « produit étranger, importé, que la France rendue à elle-même rejette tout naturellement ».

 

Et pour gérer ce nouveau système, il a bien fallu regrouper les fonctionnaires sous un statut de la Fonction publique et en former de nouveaux dans des « écoles de cadres » (qui deviendront l’ENÂ).

Afin de recenser la population, que l’État se proposait désormais de gérer, Vichy institua la carte d’identité et le Service national des statistiques (l’ancêtre de l’Insee).

Et pour contrôler les mœurs, le régime mêla mesures d’incitation (les allocations familiales) et de répression (l’Institut national d’hygiène, futur Inserm, qui veille à produire toutes sortes de nouvelles normes).

Même au niveau culturel, Vichy inaugura le rôle de l’État central en créant le Comité d’organisation des industries, arts et commerces du livre, ainsi qu’une école publique de cinéma, l'IDHEC d'aujourd'hui. En quelques années, l’État reprit en main la production économique et la société civile.

Voilà comment vous êtes devenus des esclaves sans le savoir !

Et justifie donc ainsi toutes ces « niches-fiscales » et « paradis-sociaux » qui ne sont rien d’autres que des scories de corporatisme…

Que des « acquis-sociaux » tels qu’ils nous sont présentés encore aujourd’hui et mobilisent les populaces libérées esclavagées !

« Vous adorerez vos maîtres » en disent-ils !

 

Or, et c’est là le crime, cette « révolution nationale » sera largement reconduite à la Libération. Je savais aussi sans le comprendre que Pierre Rosanvallon l’assimile à une « rupture culturelle » : « On célèbre en 1945 l’État comme on célébrait en 1789 la souveraineté de la nation. ».

La « Gauloisie-libérale » jusqu’au moins l’entre-deux-guerres, entre brutalement et durablement dans l’économie administrée, que vous soyez « de gôche » ou non.

Nulle surprise que le général de Gaulle, grand adepte du Plan, reconnaisse ainsi sa dette dans un passage stupéfiant de ses Mémoires de guerre (tome 3) : « Si, dans le domaine financier et économique, ces technocrates (de Vichy) s’étaient conduits, malgré toutes les traverses, avec une incontestable habileté, d’autre part, les doctrines sociales de la révolution nationale, organisation corporative, Charte du travail, privilèges de la famille, comportaient des idées qui n’étaient pas sans attraits. »

Saloperie : Je comprends mieux la portée de cette empathie du Général pour le Maréchal !

Si j’avais su…

 

Or, et c’est dramatique, l’attachement à ce modèle explique largement notre incapacité actuelle à le réformer.

Qui s’y ose s’y pique, même « Mac-Rond », « François III », « Menuet-Valse » et « El Konnerie » et hier comme demain « Juppette », voire « Bling-bling ».

Tout autant de ce que je nomme « l’autisme-politique » des « trisomiques » qui nous gouvernent.

Ils n’étaient pas nés, mais ils en imposent encore et toujours plus…

Que nous discutions dépenses publiques, politique agricole ou mesures sanitaires, nous restons « planistes » sans le savoir. 

 

Il est temps de revenir à nos origines révolutionnaires des Lumières, que mon « cousin » a porté jusqu'à Moscou en flammes, en retrouvant le sens des droits individuels et donc du marché libéré.

Il faut cesser de parler avec indulgence de la « Gauloisie-colbertiste », des Montagnards et des Girondins.

Non, vous vivez décidément et hélas sous Vichy sans le savoir.

Que j’en frémis d’horreur…

Car on m’a appris à détester cette « parenthèse », qui décidément ne veut pas se refermer.

 

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Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/06/cocu.html

 

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