Laudato si… (XXXII)

24/08/2016 13:01

 

Trentième-deuxième chapitre : 25, 26 et 27 février 1991.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Après moult tractations secrètes, le Président français est informé par l'émir du Koweït de sa décision de contribuer à hauteur d’un milliard de dollars à l'effort militaire français pour libérer son pays. Dans un communiqué, le ministère français des Affaires étrangères explique : « Au moment où les soldats français sont engagés dans l'action terrestre destinée à mettre fin à une longue et cruelle occupation, la France apprécie hautement cette manifestation de solidarité ».

Cette information obligera l’ancien ministre de la défense, démissionnaire, à définitivement se taire : il n’y a plus de détournement ni de vol de l’État Koweïtien.

 

L’information sera commentée par le quotidien « Le Monde », daté du 27 février en ces termes : « POUR aider la France à financer sa participation à la guerre, le Koweït va lui verser 1 milliard de dollars (environ 5 milliards de francs). L'émir du Koweït l'a fait savoir directement, lundi 25 février, au président de la République. Une bonne nouvelle pour les finances de l'État : M. Michel Charasse, ministre délégué au budget, n'a pas manqué de s'en féliciter immédiatement. Un don toujours bon à prendre, mais les Français aimeraient sans doute aussi participer plus activement à la prochaine reconstruction du pays.

Appréciant le "geste" de l'émir, M. Charasse ajoutait : "C'est une grosse contribution, mais qui n'a rien d'exceptionnel." Effectivement, la guerre du Golfe a ceci d'original qu'elle réunit, au sein des forces alliées, deux types de pays : ceux qui ont de l'argent mais des armées maigrichonnes (le Koweït, l'Arabie saoudite, mais aussi l'Allemagne et le Japon) et ceux qui ont de puissantes forces militaires mais pas beaucoup de moyens financiers (les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France). Tels des mercenaires, ces derniers travaillent... » etc.

 

Départ pour le Golfe de renforts français. Le 2ème REP, spécialisé dans les « actions en profondeur », quitte Calvi pour rejoindre le dispositif Daguet.

Le gouvernement koweïtien en exil a déjà signé plus de 170 contrats, atteignant environ 1,25 milliard de dollars pour la reconstruction de son pays. 

Les Français Jacques Barrot et Bernard Stasi, qui reviennent de Jordanie, affirment que les responsables qu'ils ont rencontrés leur « ont exprimé leur vif mécontentement du rejet par les Alliés de la proposition soviétique, ainsi que leur déception de voir la France associée à ce rejet ».

Un  débarquement est finalement en cours sur les plages dégagées du Koweït. Plus de 18.000 soldats américains et une trentaine de navires d'assaut amphibie sont à l'œuvre.

Après Air France, c'est au tour d'Air Inter d'annoncer le blocage des salaires de son personnel en 1991 pour faire face aux pertes d'exploitation dues à la guerre du Golfe.

En Iran, des pluies de suie noire dues aux puits de pétrole koweïtiens en feu provoquent l'inquiétude des services sanitaires.

Pour la première fois, les deux grands rabbins d'Israël bénissent des soldats étrangers. Ces derniers sont engagés dans l'opération Tempête du Désert.

Les premiers succès alliés sur le terrain des opérations provoquent la hausse des places boursières internationales. À Paris, le CAC 40 s'ouvre sur une hausse de 1,45 % pour atteindre + 1,65 % à la clôture. Depuis le début des hostilités le 17 janvier, la bourse de Paris a progressé de 15 %.

Israël demande aux USA un milliard de dollars d'aide militaire supplémentaire.

Les blindés du lieutenant-colonel Bourret feront plus de 700 prisonniers aujourd'hui.

Plus d'un par personne !

 

L'impressionnante armada du 18ème corps américain reprend sa route vers l'Euphrate. Depuis 2 jours, les parachutistes de la 2ème brigade de la 82ème division aéroportée attendaient derrière les troupes françaises. Les officiers américains s'avouent impressionnés par la rapidité et l'efficacité avec laquelle les Frenchies ont mené à bien leur mission. En félicitant les Français, un général américain dira même : « Vous avez surtout réussi l'exploit de faire manœuvrer la 82ème Airborne. Moi, je n'y suis encore jamais arrivé ! »

 

Mardi 26 février : 28  soldats alliés sont tués (19 Britanniques, 7 Américains et 2 Français)

1 h 00 : dans la matinée, le porte-parole de la Maison Blanche, Marlin Fitzwater, confirme qu'aucun message de Bagdad n'est parvenu au sujet d'un retrait irakien.

Washington ré-exige de nouveau que l'Irak se retire du Koweït et applique les 12 résolutions de l'ONU.

2 h 15 : un missile SCUD irakien est tiré en direction de la centrale nucléaire de Dimona, en Israël.

3 h 30 : nouveau tir de missile SCUD irakien en direction de la centrale nucléaire de Dimona, en Israël.

4 h 00 : ce n'est que cette nuit, à 22 h 30, que les Challenger et les Warriors britanniques du régiment 14/20 des King's Hussars ont pu quitter la position New Jersey, en territoire irakien. Toute la journée, ils avaient pu assister au plus bel embouteillage du siècle, les convois se faufilant les uns après les autres à travers le passage aménagé par les Américains dans les premières défenses irakiennes. Les positions Bronze et Copper ont été prises d'assaut pendant la nuit. Maintenant, ils foncent vers l'est...

6 h 30 : lancement de l'opération Princesse qui vise à conquérir le village, avec tout d'abord une action psychologique.

7 h 00 : un missile SCUD irakien est abattu en vol dans le ciel de Bahreïn, et un autre tombe quelques instants plus tard sur Doha, la capitale du Qatar, sans faire de victime.

Mikhaïl Gorbatchev est informé par Bagdad que l'Irak va retirer immédiatement ses troupes du Koweït. Trois heures plus tard, le Président soviétique demande un cessez-le-feu immédiat au Conseil de sécurité de l'ONU. Les USA s'y opposent en exigeant d'abord l'acceptation par l'Irak des 12 résolutions de l'ONU adoptées depuis le début de la crise. 

7 h 15 : le convoi change de direction, et se rend à une autre entrée du village. Les Jeep diffusent la même musique de la chanteuse égyptienne Oum Kalsoum et les mêmes consignes en arabe. Après une vingtaine de minutes, une dizaine de personnes sort d'une maison, les mains en l'air. Ce sont quelques vieillards et un enfant. Ce sont là les derniers civils qui se trouvaient à As-Salman, les autres ayant trouvé refuge à 130 km du village.

9 h 30 : Saddam Hussein annonce le retrait du Koweït et la victoire de l'Irak.

Le ratissage du village d'As-Salman commence, alors qu'une tempête de sable se lève. L'escadron d'AMX-10RC du capitaine de Revel contrôle les parties Sud de la localité, alors que la 2èmecompagnie du capitaine Lancelot reste en réserve avant de remonter le secteur Est. Les compagnies Gaillard, Fertinel et Toutous se sont vu chacune attribuer un fuseau.

13 h 00 : Kuna, l'agence de presse officielle du Koweït, annonce la libération de la capitale de l'émirat par les troupes koweïtiennes. 

13 h 15 : L’Irak accuse les forces de la coalition d'attaquer ses troupes en mouvement de retrait vers le nord.

13 h 30 : As-Salman est conquis. Près du QG de la 45ème division d'infanterie irakienne, des VAB stationnent sous un gigantesque portrait de Saddam Hussein en tenue militaire (alors qu'il n'a jamais été soldat).

15 h 00 : les Britanniques venaient juste de prendre la position Steel, quand un A-10 Thunderbolt américain survole le régiment. Plongeant d'une altitude de 450 m, le pilote n'a que 5 secondes pour identifier sa cible. Voyant 2 blindés isolés, il ouvre le feu, avant de repartir vers sa base. Ses 2 missiles Maverick se dirigent droit vers leurs objectifs : des Warriors britanniques du 3èmeRégiment royal, qui explosent sous l'impact.

17 h 00 : flash spécial sur CBS. Les envoyés spéciaux de la chaîne américaine émettent en direct de Koweït-City. C'est la première fois que des journalistes ont accès à la capitale koweïtienne depuis l'invasion de l'émirat le 2 août. Les Marines contrôleraient entièrement Koweït-City, selon une dépêche de l'agence de presse koweïtienne Kuna.

L'état-major américain annonce que 21 divisions irakiennes sur 42  ont été mises hors de combat. Les prisonniers se compteraient par milliers.

16 h 00 : le PC du 3ème RIMa s'est installé près du poste de police d'As-Salman. C'est l'heure du bilan et de la dépression. Soudain, dans le combiné radio, une demande d'évacuation sanitaire. Une explosion vient de se produire dans le fort d'As-Salman. Les 2 soldats tués sont du 1er RPIMa. Aussitôt, les VAB sanitaires foncent vers le lieu du drame. 16 h 30 : une demi-heure à peine après l'explosion du fort d'As-Salman où 2 Français ont perdu la vie, une autre explosion secoue l'aérodrome.

7 Américains, qui manipulaient un conteneur rempli de sous-munitions, sont tués sur le coup.

Parmi eux, un jeune capitaine qui venait tout juste de prendre le commandement de sa compagnie et 2 lieutenants. Un blessé est évacué par un hélicoptère sanitaire français. Chez les Américains, le traumatisme est énorme.

De ce fait, le 27ème bataillon quittera l'aérodrome plus tôt que prévu.

17 h 30 : après 6 heures de combat, le 1er Staffordshire Regiment tient la position Lead, au nord du dispositif britannique. L'avance vers Lead a été difficile, les Irakiens ayant regroupé leurs chars T-55 derrière les lignes de défense pour préparer la contre-attaque.

Les Warriors anglais se sont présentés devant les lignes irakiennes qu'ils ont arrosées à la mitrailleuse, les balles passant au-dessus des défenseurs qui s'éparpillaient dans le désert. L'infanterie, elle, sous le feu des positions irakiennes qui résistaient encore, s'occupait des centaines de prisonniers capturés dans la journée.

19 h 00 : les forces égyptiennes contrôlent l'aéroport situé à 15 km de Koweït-City. Elles font plus de 4.000 prisonniers irakiens.

20 h 00 : le gouvernement irakien informe que Saddam Hussein a visité des unités du 1er corps d'armée irakien. Radio-Bagdad annonce qu'il s'est entretenu avec ses chefs militaires « pour repousser toute tentative d'agression destinée à amoindrir l'Irak. »

23 h 30 : 2 jours après le jour G (Go), la 1ère division blindée britannique a atteint les positions fixées par l'état-major comme objectifs après 10 jours de combats. Au Nord, le 2ème Régiment de cavalerie américain a progressé à la même vitesse. Au Sud, la 1ère division de cavalerie américaine appuie de son artillerie les unités britanniques qui se préparent au dernier assaut vers Tungsten. Ces forces alliées sont à moins de 20 km du Koweït. Plus au Nord, les 7ème et 18ème corps d'armée américains referment le mouvement en tenaille pour prendre au piège les forces irakiennes. Toute retraite vers Bagdad est impossible.

La Garde républicaine est coincée dans la région de Bassora.

 

En France, on note le départ depuis Montauban de 200 démineurs et maîtres-chiens pour le Koweït. Leurs missions sont tenues secrètes, mais le déminage de l'ambassade de France de Koweït-City reste leur priorité.

Les autorités belges annoncent qu'elles verseront 31 millions de dollars à la France et à la Grande-Bretagne pour leur effort de guerre.

Peu après l'annonce par l'Irak du retrait du Koweït, plusieurs milliers de Jordaniens, déçus, se rendent dans des centres de recrutement de l'armée pour s'enrôler aux côtés des Irakiens  et poursuivre la guerre contre les Occidentaux. 

Les combats de rue que craignaient les Alliés n'ont pas eu lieu, les Irakiens ayant fui la veille au soir. Ce sont des éléments de la résistance koweïtienne qui ont pris position les premiers dans la ville après la déroute des Irakiens.

Dans la soirée, un commando de Marines dirigé par le lieutenant Brian Knowles a symboliquement ré-ouvert l'ambassade des États-Unis. La situation reste pourtant confuse, des tirs d'artillerie retentissent toujours dans la ville.

L'émir du Koweït en exil, cheikh Jaber al-Ahmed al-Sabah, décrète « l'état d'urgence » pour une période de 3 mois, afin de protéger les biens, les citoyens et les résidents étrangers. Le prince héritier a été nommé administrateur général de l'état d'urgence. Sa mission : assurer rapidement le retour à la normale. 

 

Le bombardement intensif du convoi irakien sur la route de Bassora a provoqué des centaines de victimes, et de nombreuses protestations en Occident. D'après de nombreux médias occidentaux, les militaires irakiens étaient accompagnés d'otages civils koweïtiens quand ils fuyaient.

L'élite de l'armée irakienne se trouvait dans la région de Bassora, quand les Alliés l'ont attaquée. La retraite vers Bagdad est coupée. Les Alliés ont atteint la rive droite de l'Euphrate et les combats avec des éléments de la garde républicaine ont commencé. L'une de ses 8 divisions a été attaquée par des centaines de chars M-1A1 et l'infanterie du 7ème corps d'armée américain sur un front « large d'une dizaine de kilomètres » selon un haut responsable du Pentagone.

L'effondrement de l'armée irakienne se confirme d'heure en heure. Partout, les soldats de Saddam Hussein lèvent les bras et les Alliés n'ont dû engager que des combats de faible envergure.

Les Américains font état d'au moins 40.000 Irakiens capturés. Cet afflux de prisonniers à expédier vers l'arrière est le seul facteur qui ralentit la progression des Alliés en avance sur leurs prévisions.

Environ 50 % des chars irakiens, soit environ 2.085 sur 4.200 avant la guerre, ont déjà été détruits par les forces coalisées.

 

Mercredi 27 février :

3 h 00 : Un communiqué militaire informe que les troupes irakiennes ont fini leur retrait du Koweït.

9 h 00 : Radio-Bagdad affirme que « l'ennemi a échoué, ses armes ont été calcinées sur les frontières du Koweït », et que les Alliés n'ont pu pénétrer dans l'émirat qu'après le retrait des troupes irakiennes.

L'aviation française bombarde de nouveau la Garde Tawakalma postée au sud de l'Irak, près de Bassora. Les Jaguar français sont escortés de Mirage 2000-RDI pour cette mission baptisée Voltaire 4730. Des bombardements intensifs ont également lieu à la frontière koweïto-irakienne et à Bagdad par les aviations alliées.

12 h 00 : Radio-Bagdad invite l'armée et la population « à utiliser toutes les armes contre l'ennemi envahisseur ». 

Lors du Conseil des ministres, le Président français confirme que le cessez-le-feu ne pourra intervenir que quand l'Irak aura préalablement accepté d'appliquer l'ensemble des 12 résolutions de l'ONU.

Au terme de violents combats, les Marines ont pris le contrôle de l'aéroport de Koweït-City, situé à l'extrémité de la capitale. 4 jours après le début de l'offensive terrestre, les combats se sont déplacés. C'est désormais dans le sud de l'Irak que tout se joue.

Le Wadi est atteint.

Aucune trace des Irakiens, si ce n'est quelques prisonniers de plus. Le passage d'un grand fossé naturel se déroule sans problème.

13 h 00 : la radio des Alliés signale une source de chaleur à 5 km. Ce sont 2 véhicules britanniques en feu. Les occupants sont saufs. Ils s'étaient éloignés pour satisfaire des besoins naturels quand leurs Spartan ont été attaqués...

Le Quai d'Orsay annonce que Jean Bressot sera le nouvel ambassadeur de France  au Koweït.

14 h 00 : Radio-Bagdad annonce que l'Irak est prêt à reconnaître les résolutions 660, 662 et 674 du Conseil de sécurité (retrait du Koweït, nullité de l'annexion et principe de paiements des dommages de guerre). Un cessez-le-feu décidé par les Alliés entraînerait la libération des prisonniers.

15 h 00 : L'agence de presse soviétique Tass considère qu'un règlement politique doit intervenir. La libération du Koweït ne justifie plus l'action militaire.

16 h 00 : La Maison Blanche estime que « l'accord de Bagdad sur quelques résolutions ne justifie pas de changement d'attitude. Il ne peut y avoir de préalable et toutes les conditions doivent être remplies. »

16 h 15 : l’Irak prêt à évacuer le Koweït avec une  condition. L'ambassadeur irakien auprès de l'ONU présente au Conseil de sécurité une lettre de son gouvernement. Les autorités irakiennes se disent prêtes à achever le retrait de ses troupes  du Koweït, conformément à la résolution 660. Prêtes également à se conformer à toutes les résolutions. À une condition cependant : que le Conseil décrète un cessez-le-feu et que les hostilités s'arrêtent. Les autorités américaines avaient déjà catégoriquement rejeté une telle proposition, jugeant que l'Irak n'avait pas à poser de conditions. 

19 h 30 : selon le général Norman Schwarzkopf : « La mère des batailles s'est transformée en mère des retraites ». Plus de 3.000 chars irakiens ont été détruits sur un total estimé à 4.200. Les Alliés auraient mis hors de combat 29 divisions irakiennes sur 42.

22 h 00 : le Conseil de sécurité se réunit de nouveau. À une écrasante majorité, ses membres rejettent la demande de Bagdad. L'Irak doit se soumettre à toutes les résolutions de l'ONU avant un quelconque cessez-le-feu. La guerre se poursuit donc... 

 

La plus grande bataille de chars depuis la Seconde Guerre Mondiale se termine. 6 des 8 divisions de la Garde républicaine, les troupes d'élite de Saddam Hussein, sont regroupées dans la région de Bassora. Ce qui représente plus de 200 chars T-72 de fabrication soviétique. Face à ces divisions, les forces américaines et britanniques, qui ont rassemblé plus de 250 chars M-1A1, qui entrent en action pour la première fois. L'objectif des Irakiens n'est pas de tomber entre les mains de la coalition, mais de faire de la bataille de chars engagée près de Bassora une diversion pour ensuite regrouper les forces irakiennes près de la frontière iranienne.

Un projet que les Alliés se sont employés à faire échouer, tout au long de la journée. « Les Irakiens sont bloqués. Ils ne peuvent pas sortir » assure un responsable militaire, tout en reconnaissant cependant que « c'était une dure bataille ».

La proximité de Bassora rendait la marge de manœuvre relativement étroite pour la coalition. Personne parmi les Alliés ne voulait tenter d'investir militairement cette ville d'un million d'habitants et de risquer des combats de rue.

Il restait alors une seule tactique mise en œuvre en début d'après-midi au 7ème corps et à la 24èmedivision américains engagés dans l'affrontement : s'approcher le plus possible de la ligne des blindés irakiens et la pilonner à l'aide de canons de 155 mm et de lance-roquettes.

« Il faut déraciner ces hommes » explique le colonel Hitt, chef de l'aviation du 7ème corps américain pour décrire la motivation des soldats de la Garde républicaine regroupés autour de Bassora.

Tandis que certaines unités construisent des ponts de bateaux sur l'Euphrate, pour tenter de se replier à la frontière iranienne, 3 autres divisions de la Garde qui en comptait 6 ont encore tenté de faire front à l'ensemble des troupes coalisées dans le Sud de l'Irak.

Elles ont essuyé tout au long de la journée les attaques continues des troupes américaines et françaises. Les Jaguar français ont effectué 3 raids ce matin pour les bombarder, relayés ensuite par les aviations américaine et britannique.

Beaucoup de renforts logistiques ont été acheminés dans cette zone de combats : la 101èmeAirborne a atteint les rives de l'Euphrate, la 24ème division d'infanterie américaine s'en approche, tout comme la 6ème division de blindés française.

 

Toute la journée se sont succédées des déclarations officielles contradictoires. « Le ciel est couvert. Les bombes sont lâchées sans discernement » a condamné l'agence de presse iranienne IRNA qui a assuré que le retrait irakien du Koweït avait débuté avant la fin de l'ultimatum du 23 février. « Nos forces militaires et la population opposent une résistance acharnée » a ensuite affirmé un porte-parole militaire irakien qui reconnaissait pour la 1ère fois que des troupes étrangères ont pénétré le territoire irakien.

Puis, peu après, le présentateur officiel de Radio-Bagdad expliquait : « Nous sommes prêts au sacrifice pour défendre chaque pouce de notre territoire. Les Irakiens ne se laisseront pas humilier et n'accepteront qu'une paix juste et honorable », et appelait « tout le peuple, hommes, femmes et enfants » à se mobiliser « pour faire face à l'ennemi ». 

 

Du côté de la coalition, l'optimisme a été de rigueur toute la journée. « Il doit rester une quinzaine de divisions irakiennes encore en mesure de résister aux forces alliées »,  confesse le général Schwarzkopf, qui dirige les forces coalisées. « 29 des 42 divisions étaient déjà considérées comme neutralisées, 3.000 chars détruits. La défection des forces aériennes est une des raisons de l'effondrement de l'armée irakienne ». 

L'aéroport de Nassiriyah a également été le théâtre de « combats acharnés ». Une partie de ce secteur est couvert par les Français de Daguet, chargés de protéger le flanc nord-ouest d'une contre-attaque irakienne. « Mais les Français ne participeront pas à la réduction de la Garde(républicaine irakienne). Nous ne voulons pas planter notre drapeau sur les rives de l'Euphrate » a précisé le général Schmitt.

Dans le désert irakien, de nombreux véhicules et des dizaines de chars de l'armée irakienne, détruits ou intacts, sont abandonnés dans le désert dans la débâcle. Cette bataille est une victoire éclatante pour les Alliés, qui n'ont pas perdu un seul char ! 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/08/laudato-si-xxxii.html

 

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