Laudato si… (XXX)

23/08/2016 09:51

 

Trentième chapitre : Avant l’offensive

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

La police israélienne disperse une manifestation rassemblant des Palestiniens qui exigeaient que soit établi un lien entre la question des Territoires occupés et la situation dans le Golfe.

Pour la première depuis la révolution islamique de 1979, le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akhbar Velayati, est reçu par les autorités françaises.

L'armée française interdit aux femmes journalistes  présentes en Arabie Saoudite d'aller sur le front, pour ne pas froisser les autorités saoudiennes.

Devant le Parlement européen de Strasbourg, l'ancien président français Cisgard-Destin plaide pour la création d'une Agence européenne des armements.

Le gouvernement canadien annonce un renforcement de ses activités militaires dans le Golfe, notamment le lancement d'attaques air-sol au Koweït.

Le gouvernement italien  approuve le plan de paix proposé par les Soviétiques. Mais il reste isolé.

À Téhéran, les ambassades de Grande-Bretagne, d'Italie et de Turquie sont les cibles d'attentats à la grenade, revendiqués par une organisation inconnue qui dit soutenir Bagdad. Les dégâts sont mineurs.

 

Jeudi 21 février : l’aviation alliée effectue 2.000 sorties. L'Irak lance 3 missiles SCUD sur l'Arabie Saoudite. Côté américain, un F-16 s'écrase lors d'un ravitaillement en vol et un hélicoptère Chinook s'écrase lors d'un atterrissage d'urgence. Tous les occupants sont tués. 2 autres hélicoptères s'écrasent sans faire de victimes.

Les Français capturent 2 déserteurs irakiens

 

Les Alliés sont submergés. Personne n'imaginait, au sein de la coalition, un tel afflux de prisonniers irakiens. Les problèmes de logement et de nourriture viennent à peine d'être réglés qu'une autre difficulté gêne la coalition : les interrogatoires qui s'éternisent. Ils nécessitent en effet des officiers qualifiés et des interprètes en grand nombre.

Or, la tâche de ces derniers s'amplifie de jour en jour à l'approche de l'offensive terrestre. Mais les interrogatoires des prisonniers irakiens restent primordiaux pour les Alliés : ils les renseignent sur les positions irakiennes, le nombre de soldats sur ces positions, les renforts, l'armement...

 

L'une des principales missions de la Royal Air Force est de couler la flotte irakienne. Missions assurées par les Lynx de la Royal Navy qui, à coups de missiles Skua, ont envoyé par le fond 60 % des navires de guerre irakiens. Ce n'est pas tant ces navires irakiens que redoutent les Alliés, mais surtout les centaines de mines marines que ces bâtiments dispersent dans le Golfe pour empêcher un débarquement sur les plages du Koweït. Ces mines, de fabrication soviétique, ont été perfectionnées par les Irakiens pour les rendre plus « efficaces ». C'est pourquoi la coalition a disposé 11 dragueurs de mines devant le Koweït (5 britanniques, 4 américains, 2 belges) et 5 allemands au Sud du Golfe.

 

Le vice-Premier ministre irakien, Saadoun Hammadi, se rend à Téhéran, après un court séjour à Pékin. Tarek Aziz  s'est entretenu hier avec son homologue iranien, Ali Velayati. Aujourd'hui, il se rend à Moscou. Alors que le Kremlin vient d'apprendre avec inquiétude les dernières déclarations de Saddam Hussein, le ministre irakien des Affaires étrangères assure les autorités soviétiques que son pays est prêt à accepter le plan de paix de l'URSS. La position du gouvernement irakien paraît floue...

 

À Dhahran, le général Norman Schwarzkopf se plaint des pilotes d'hélicoptères Apache, qui gaspillent leurs missiles, très coûteux, sur des cibles non appropriées. Lors du dernier raid d'hélicoptères sur les bunkers irakiens de la frontière, les Apache ont tiré au moins 100 missiles Hellfire pour ne détruire que des camions et des fortins, ou pour disperser des unités d'infanterie.

Le Président irakien demeure résolu à aller jusqu'au bout. Au 36ème jour de guerre, Saddam Hussein a porté un coup mortel aux espoirs qui demeuraient encore à travers le monde d'éviter une sanglante bataille terrestre. 

 

Les accrochages sont de plus en plus nombreux aux frontières koweïtienne et irakienne. Le général américain Richard Neal, chef d'état-major adjoint des forces américaines dans le Golfe, reconnaît que les Alliés pratiquent « une politique agressive de patrouille et de reconnaissance dans la zone frontalière ». Les Britanniques ont tiré toute cette journée 1.300 obus et 144 roquettes avec leurs 72 canons. Les Irakiens semblent également se préparer à cette offensive : des armes chimiques auraient été livrées aux divisions irakiennes stationnées le long de la frontière. Côté allié, les forces de la coalition se répartissent sur plus de 700 km.

Les Français de Daguet se trouvent désormais à la frontière irakienne en compagnie du 18ème corps d'armée aéroporté américain. À l'opposé, le contingent arabe se trouve sur la frontière koweïtienne, à plusieurs centaines de km des Français. Saoudiens et Koweïtiens sont soutenus par la 7ème brigade et la 1ère division blindée des Britanniques.

 

L'Irak lance 3 missiles SCUD  sur Riyad, Dhahran et la base KKMC en Arabie Saoudite. Il s'agit du camp militaire du roi Khaled, que l'on peut considérer comme le quartier général de la force arabe. Les missiles sont interceptés et détruits par des Patriot.

La ville marocaine de Fès annonce son jumelage avec la ville irakienne de Bassora. Façon originale de montrer son désaccord avec le gouvernement qui a engagé des troupes au sein de la coalition.

Sarah Ferguson, duchesse d'York, rend visite aux pilotes britanniques de la base aérienne de Honington.

En Algérie, 3.000 commerçants manifestent  dans les rues de la capitale en soutien à l'Irak.

 

Vendredi 22 février : l’aviation alliée effectue 3.000 sorties. Un soldat américain est tué et 5 autres blessés au cours d'un échange de tirs d'artillerie sur la ligne de front. Depuis le 17 janvier, 55.000 tonnes de bombes ont été larguées sur l'Irak.

 

Washington, 10 h 42 : toutes les télévisions retransmettent l'événement. George Bush sort de son Bureau ovale, et s'approche du pupitre installé dans les jardins. Dans un discours de 3 minutes seulement, le Président américain lance un dernier ultimatum à Saddam Hussein. Faute d'une évacuation du Koweït dans les 24 heures, l'offensive terrestre alliée sera lancée. C'est donc à 17 h GMT (18 h 00 à Paris) que le délai expirera.

Réagissant à l'ultimatum lancé par les Américains, le Conseil de commandement de la révolution irakien le qualifie de « honteux ».

« Nous ne respectons pas (George Bush) et nous n'avons pas peur de ses forces d'agression. »

Pierre Joxe, ministre français de la Défense : « Le début des opérations terrestres est maintenant programmé. Il appartient à l'Irak de les empêcher ».

 

À 3 heures du matin (0 h 00 GMT), Tarek Aziz confirme les bonnes intentions exprimées lors de son arrivée à Moscou. Bagdad accepte le plan de paix en 8 points de Gorbatchev. Mais ce document sera cependant « actualisé » pour tenir compte de la position irakienne, selon Vitali Ignatenko, porte-parole du Kremlin. Koweït-City devra être évacuée dans les 4 premiers jours du « retrait total et inconditionnel » et les prisonniers de guerre devront être libérés dans les 3 jours suivant le cessez-le-feu. 

 

L'aviation française effectue 6 raids aujourd'hui : 3 en Irak et 3 au Koweït. Aucune perte n'est à déplorer. Désormais, les pilotes français seront chargés de bombarder la frontière irakienne à l'Ouest du Koweït. Cette stratégie vise à préparer une coordination aéroterrestre avec les troupes de Daguet. Les hélicoptères Gazelle ont également effectué des reconnaissances en Irak.

Dans la soirée, plusieurs raids aériens ont lieu sur Bagdad : 12 missiles se sont abattus sur divers quartiers. 3 des 6 ponts de la ville, des bâtiments militaires et de nombreuses maisons sont détruits. C'est la première fois en 15 jours que les Alliés bombardent Bagdad.

Une patrouille saoudienne est parvenue à pénétrer sur le territoire koweïtien, pour procéder à un déminage en vue de l'offensive terrestre. Les soldats saoudiens ont pu désamorcer 75 mines, ouvrant ainsi une large brèche dans ce champ de mines de la frontière koweïti-saoudienne. Au même moment, les Irakiens annoncent avoir repoussé une offensive alliée en infligeant de lourdes pertes matérielles et humaines à l'ennemi dans le secteur d'Al-Mansour. D'après les Alliés, il s'agirait d'opérations de routines.

 

Marlin Fitzwater, porte-parole de la Maison Blanche, fait un bilan : 55.000 tonnes de bombes ont été larguées sur l'Irak et le Koweït en cinq semaines.

Les Irakiens pratiquent la politique de la terre brûlée. Au cours des dernières 24 heures, 140 puits de pétrole supplémentaires ont été incendiés pour paralyser l'aviation alliée avec un rideau de fumée noire. De nombreuses installations pétrochimiques ont également été détruites.

Un missile SCUD irakien est lancé vers l'Arabie Saoudite. Intercepté par un Patriot américain, il est détruit en vol. Mais l'alerte chimique a été déclenchée, les autorités craignant une attaque non conventionnelle de l'Irak pour déstabiliser le déclenchement de l'offensive terrestre.

L'Irak lance un missile SCUD sur Israël sans faire de victime.

 

Samedi 23 février : l’aviation alliée effectue 3.000 sorties. Un Tornado britannique est abattu. Plus de 100 soldats irakiens se rendent aux Alliés. D'après les Alliés, 40 % du potentiel militaire irakien est détruit.

Les Français à l'assaut de l'Irak 14 heures avant l'expiration de l'ultimatum fixé par les Alliés.

Parties à 3 h 00 GMT ce matin, les Gazelle françaises ont reçu pour mission de reconnaître et « nettoyer » le chemin menant à As-Salman. Le but est de préparer le passage des troupes et des blindés lors du début de l'offensive terrestre. Les « coyotes » du 3ème RHC ont tiré plusieurs missiles sur une position irakienne, désormais totalement détruite. Puis les hommes du 2ème REI (Légion étrangère) sont allés contrôlés un escarpement stratégique situé à 2 km environ à l'intérieur du territoire irakien. Les Légionnaires et les hommes du 3ème RIMa doivent occuper les positions Natchez et Montcalm. Dans l'après-midi, les chars du 4ème Dragons franchissent la frontière. Au soir, les marsouins tirent un missile Milan sur un camion irakien qui parvient à s'enfuir.

Sur place, les Français n'ont pas rencontré d'opposition, les troupes irakiennes ayant déjà reculé d'une vingtaine de kilomètres. Les hommes de Daguet entament leur première nuit en territoire irakien, alors que la diplomatie poursuit son cours. Le véritable assaut est prévu pour demain matin...

 

George Bush rejette la proposition de Saddam Hussein, qui réclamait 21 jours pour retirer ses troupes du Koweït, et juge insuffisante les dernières concessions faites par Bagdad. Ce revirement irakien est donc « sans effet ». Il ne reste plus que quelques heures à Saddam Hussein pour retirer son armée du Koweït.

Plus de 67.000 hommes, 500 chars AMX-30 français et M-60 américains, 2.000 blindés divers et des centaines de pièces d'artillerie n'attendent plus que le feu vert du commandement allié pour se lancer à l'assaut des positions irakiennes. Cet impressionnant dispositif est soutenu par 10.000 soldats fournis par le Qatar, le Bahreïn, les E.A.U. et Oman, auxquels viennent s'ajouter 4.000 soldats koweïtiens.

Le département américain de la Justice autorise, à titre exceptionnel, 51.000 Koweïtiens, Libanais et Libériens à rester un an au moins aux USA, en raison des dangers qui subsistent dans leurs pays respectifs.

À la suite de l'explosion prématurée d'une des bombes qu'ils emportaient, les 2 pilotes d'un Tornado britannique sont contraints de s'éjecter en vol au-dessus du territoire irakien. Ils sont faits prisonniers.

 

L'une des filles de l'émir Jaber, réfugiée à Londres, commande 1.000 tee-shirts avec la mention : « Le Koweït est libre ».

La chaîne américaine CBS annonce qu'au moins 179 puits de pétrole koweïtien ont été incendiés par les Irakiens dans le but de ralentir une éventuelle offensive terrestre alliée. La ville saoudienne de Khafji serait plongée dans le noir suite à l'épais nuage de fumée provoqué par ces puits en feu.

L'Irak lance un missile SCUD sur le centre d'Israël sans faire de victime ni de dégât.

Les effectifs du dispositif Daguet atteignent 14.708 hommes.

 

Dimanche 24 février 1991 : l’ultimatum américain expire. Les satellites américains ne montrent aucun signe de retrait militaire irakien du Koweït. Les Alliés déclenchent l'offensive terrestre.

Les troupes terrestres américaines, saoudiennes et koweïtiennes foncent vers Koweït-City. Un contingent américain fonce droit vers la Garde républicaine irakienne. Les Britanniques marchent vers Bassora, pour prendre les Irakiens à revers. Les Français referment le piège en se dirigeant vers As-Salman. L’aviation alliée effectuera 3.000 sorties. Plus de 6.500 Irakiens sont faits prisonniers (dont 1.000 par les Français) en à peine 10 heures. L'Irak affirme avoir repoussé les Alliés, détruisant des centaines de chars et tuant de nombreux soldats.

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/08/laudato-si-xxx.html

 

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