Laudato si… (XXVIII)

20/08/2016 23:17

 

Vingt-huitième chapitre : Février, préparatifs

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Lundi 4 février : 3.000 sorties de l’aviation alliée. Selon Bagdad, 13 avions alliés sont abattus.

Le Président Hosni Moubarak annonce que les 45.000 soldats égyptiens  présents dans le Golfe participeront bien à l'offensive terrestre prévue par les Alliés, tout en limitant leur action à la reconquête du Koweït.

Bien qu'il n'y ait « aucun signe de souplesse » à Bagdad, le Président iranien Rafsandjani propose une nouvelle fois un sommet à Téhéran pour trouver un plan de paix. Cette tentative de rétablissement de la paix est saluée par Moscou et le Secrétaire général de l'ONU. Mais Saddam Hussein a déjà fait savoir qu'il rejetait la simple idée de se retirer du Koweït.

 

Les autorités irakiennes affirment que, lors du bombardement intensif  de la ville irakienne de Nasiriyah, 47 civils ont été tués et 102 autres blessés lorsque l'aviation alliée a bombardé les piles d'un pont franchissant l'Euphrate. 

 

Bien qu'ils se défendent de jouer les mercenaires, les USA ne paient qu'une fraction de leur colossal effort de guerre.  La plus grosse part est financée par le Koweït, l'Arabie Saoudite, l'Allemagne et le Japon. Les contributions reçues par les USA entre août 1990 et mars 1991 devraient s'élever à 52 milliards de dollars. Ce chiffre est à rapprocher de la prévision de leurs dépenses jusqu'à la fin du mois de mars : entre 47,5 et 85 milliards de dollars.

Malgré le conflit du Golfe, le projet de budget soumis au Congrès par George Bush prévoit une réduction des dépenses militaires de 3,7 milliards de dollars pour l'année fiscale 1992. La France, elle et « officiellement » assumera la totalité du coût de son intervention militaire dans le Golfe, soit environ 220 millions de dollars chaque mois.

 

Monument historique de l'US Navy, le cuirassé USS Missouri n'en a pas moins fait tonner ses 9 canons contre des cibles terrestres irakiennes situées sur la côte koweïtienne. Ils ont tiré des obus de 406 mm, le plus gros calibre en service dans le monde. Le Missouri n'a tiré jusqu'ici que 2 missiles de croisière Tomahawk. Aucun de ses canons n’avait ouvert le feu, si ce n'est en exercice, depuis la fin de la guerre de Corée, en 1953. Présent dans le Golfe depuis 2 mois avec son jumeau le Missouri, le Wisconsin a attaqué des postes de commandement irakiens avec ses 3 tourelles de 3 pièces de 406 mm.

 

Le nouveau ministre de la Défense français arrive en Arabie Saoudite où il rencontre les hommes de l'opération Daguet et s'entretient avec le général Schwarzkopf.

Conséquences économiques de la guerre : l’annulation des contrats en cours avec l'Irak et le Koweït coûtera 25 milliards de francs  (4 milliards d'€) à l'État français et aux entreprises.

Les autorités militaires françaises et américaines reconnaissent avoir répandu des substances toxiques lors des bombardements intensifs sur l'Irak.

 

Le gouvernement saoudien révèle, lors d'une conférence de presse donnée dans un hôtel de Riyad, le bilan définitif des pertes irakiennes lors de la bataille de Khafji. Celles-ci s'élèvent à 30 morts, et 742 prisonniers.

Un hélicoptère UH-1 américain s'écrase dans le désert saoudien, causant la mort de ses 4 occupants.

Dans la plus grande base maritime du monde, celle de Norfolk, 6 bombes artisanales sont découvertes sous 2 réservoirs de substances chimiques contenant plus de 4 millions de tonnes de méthanol, un produit hautement inflammable et toxique. 

 

Mardi 5 février : l’aviation alliée effectue 3.000 sorties. 10 nouveaux avions irakiens se réfugient en Iran, portant à 108 le nombre d'appareils ainsi en sécurité.

L'USS Missouri, qui dispose des plus gros canons du monde, tire 36 obus sur des cibles irakiennes au Koweït.

 

Pour la première fois depuis le début du conflit, les forces syriennes ont combattu des soldats irakiens. Le porte-parole des forces saoudiennes a en effet confirmé qu'un commando de 30 irakiens a été repoussé (pour ne pas dire littéralement écrasé) par 10.000 soldats syriens équipés de 270 chars T-62 de fabrication soviétique de la 9ème division blindée syrienne déployée dans la région de Hafar el-Batin (Arabie Saoudite), au cours d'intenses bombardements de l'artillerie syrienne. Saddam Hussein cherchait sans aucun doute à tester la capacité de résistance de l'armée de Damas, qui a reçu comme unique ordre d'Hafez el-Assad, de défendre l'Arabie Saoudite à l'exclusion de toute incursion en territoire irakien.

 

L'exercice effectué sur la côte sud-est de la Péninsule arabique par les Américains est un succès. Il s'agissait de débarquer 17.000 Marines rapidement et en toute sécurité à proximité de l'île de Masirah, propriété du sultanat d'Oman. Conclusion de l'exercice par le général Thomas Kelly, chef des opérations à l'état-major interarmes : « Nous pouvons y aller. Les troupes sont en bonne forme aujourd'hui et elles le seront encore plus dans un mois ».

À Londres, les autorités annoncent que 5 chasseurs de mines britanniques (Hurworth, Cattistock, Atherstone, Lebbury et Dulverton) vont prochainement se lancer dans un travail de sécurisation des eaux du Golfe afin de dégager la voie pour les bateaux de débarquement qui pourraient, en cas d'attaque, amener jusqu'à 45.000 Marines...

C’est en fait une opération d’enfumage total de l’état-major de Saddam Hussein : eux croient à un débarquement sur les plages du Koweït, comme en juin 1994 en Normandie, alors qu’il n’en sera jamais question.

Les troupes irakiennes déjà avaient consolidé les défenses côtières koweïtiennes : le pilonnage des cuirassés américains, les bombardements incessants et cet exercice, leur confirme que l’assaut sera donné depuis la mer !

 

Visite surprise du Premier ministre français Michel Rocard au Maroc, alors que le climat entre Paris et Rabat se détériore suite aux événements du Golfe.

Le Premier ministre annonce à l'Assemblée Nationale que les opérations militaires de la France dans le Golfe coûteront 6 à 7 milliards de francs  (1 milliard d’€) de plus que prévus, mais précise que « la situation est conforme aux prévisions des Alliés ».

Les autorités tchécoslovaques envoient 37 soldats dans le Golfe pour assurer la protection de leurs 180 spécialistes de la guerre chimique.

Le Premier ministre japonais, Toshiki Kaifu, annonce que l'aide aux Alliés fixée à 9 milliards de dollars ne pourra être utilisée qu'à des fins pacifiques.

Un missile Patriot abat un SCUD irakien juste au-dessus de Riyad. Les débris retombent sur la capitale saoudienne sans faire de victimes.

Les premiers B-52 américains arrivent sur la base militaire britannique de Fairford.

 

Mercredi 6  février : l’aviation alliée effectue 2.500 sorties. 23 soldats Irakiens se rendent aux forces alliées. 22 avions irakiens tentent de se réfugier en Iran. Interceptés par l'aviation alliée, 4 sont abattus (2 MIG-21 et 2 SU-25).

D'après Israël, 600 chars irakiens ont été détruits.

Le gouvernement français annonce que des ravitailleurs KC-135 américains prennent position sur les bases militaires françaises de Mont-de-Marsan et d'Avord, dans les Landes. 

 

Khalid, Moussa, Abu Wahed et Mohamed ont quitté leur tranchée de la 367ème division irakienne. Déprimés, mal nourris, ces 4 appelés voulaient se rendre aux forces alliées après avoir passé 2 mois dans une sorte de trou. Ils se sont donc rendus à des journalistes de l'hebdomadaire américain Life Magazine et du quotidien britannique The Independent qu'ils avaient d'abord pris pour des soldats alliés qui passaient par là.

 

Pour bloquer la marée noire, les Émirats Arabes Unis font installer des barrages flottants et des bateaux aspirateurs à l'entrée des chenaux menant aux usines de dessalement de Dubaï. Après avoir constaté qu'il ne serait plus possible de sauver les oiseaux englués dans le pétrole répandu sur les plages, le prince Abdallah al-Fayçal al-Turki demande aux pilotes de l'US Air Force de survoler le littoral à basse altitude en revenant de leurs missions de bombardement. Cela devrait permettre de faire fuir les colonies de cormorans de la zone polluée.

 

L'Irak rompt ses relations diplomatiques  avec les États-Unis, la France, l'Italie, la Grande-Bretagne, l'Égypte et l'Arabie Saoudite.

L'aviation française poursuit ses missions avec les fameux Mirage-F1 dont dispose également l'Irak. Mais pour éviter toute méprise, des Jaguar les accompagnent. Les attaques ont lieu à moyenne altitude ou en piqué. Les appareils français ont été équipés de missiles Magic pour leur défense individuelle.

À Athènes, des attentats à la bombe visent une banque américaine et la voiture d'un diplomate français, sans faire de victimes.

 

Jeudi 7  février : l’aviation alliée effectue 3.000 sorties. Un pilote saoudien est porté disparu. 2 avions irakiens d'attaque au sol de type Sukhoï Su-22 sont abattus.

Les ponts irakiens sur l'Euphrate et le Tigre deviennent les objectifs prioritaires de l'aviation alliée, ils restent en effet l'un des principaux points faibles de l'Irak, ainsi privé de tous ces moyens de communication. 

 

Rencontre entre les élites militaires  française et américaine : au long des 1.200 km de la ligne de front, des journalistes français ont pu découvrir des unités de vues entre les prestigieuses unités de l'US Army et l'armée française. Le commandement est avare de détails, mais des officiers des 82ème et 101ème Airborne admettent qu'ils s'apprêtent à combattre avec la force Daguet. C'est surtout la Légion étrangère qui intéresse les GI's. Les Français ont été impressionnés par la technique américaine d'héliportage derrière les lignes ennemies de fantassins munis de lance-missiles antichars.

 

La marée noire atteint les côtes du Golfe. Et les nouvelles sont plutôt rassurantes : on est très loin de la catastrophe initialement annoncée. Deux spécialistes français des pollutions accidentelles, basés à Brest habituellement, sont sur place. Ils considèrent que les installations de dessalement ne sont plus menacées. La nappe de pétrole devrait par ailleurs se trouver piéger dans une baie, au nord de Jubaïl. Mais la pollution reste tout de même considérable.

 

L'armée saoudienne expose sous les objectifs de la presse occidentale les trophées   (blindés calcinés et obus) amassés après la bataille de Khafji.

Pour prêter main forte aux Alliés, les autorités roumaines envoient un hôpital de campagne  et 180 médecins militaires dans le Golfe.

Aux USA, on pense déjà à la reconstruction du Koweït. Pour la financer, le secrétaire d'État James Baker propose la création d'une banque.

Les Douze invitent les ministres des Affaires étrangères d'Israël, de Tunisie, de Syrie, d'Égypte et d'Algérie à des entretiens séparés pour envisager l'après-guerre.

 

Un morceau d'aile d'un avion F-16 américain abattu par l'Irak est mis aux enchères  par un club de jeunes Jordaniens qui l'avait reçu de Bagdad en échange de vivres. Il est racheté pour 33.000 dollars par un riche commerçant d'Amman.

Les journalistes occidentaux  se rendent, sous escorte militaire irakienne à Nasiriyah, une ville qui est située à 390 km de Bagdad.

Les soldats irakiens incendient plusieurs puits de pétrole au Koweït. La capacité de l'Irak de ravitailler son corps expéditionnaire au Koweït a été réduite de 20.000 à 2.000 tonnes par jour.

Le chef de la division Daguet Jean-Charles Mouscardès quitte ses fonctions et rentre en France pour raisons de santé.

Les sirènes retentissent  à Riyad et Dhahran, en Arabie Saoudite. C'est une fausse alerte qui sera levée 15 minutes plus tard.

Le  cuirassé américain USS Wisconsin évoluant au large du Koweït bombarde une batterie irakienne.

 

Vendredi 8 février : l’aviation alliée effectue 2.500 sorties. 13 nouveaux avions irakiens se réfugient en Iran (soit 147 avions depuis le début du conflit), 1 patrouilleur irakien est coulé.

 

Les hommes d'affaires envoyés par les plus grandes multinationales occidentales se bousculent à Taëf (Arabie Saoudite) où s'est réfugié l'émir du Koweït. Ce dernier a en effet affirmé qu'il était temps de songer à la reconstruction de son pays. Les sociétés américaines sont bien évidemment les mieux placées sur les tables des négociations, mais l'émir souhaite que les affaires se traitent avec les représentants des intérêts koweïtiens à Londres, laissant ainsi une petite chance aux firmes européennes d'obtenir une part du gâteau.

 

Plus de 500 Afghans arrivent dans la capitale saoudienne pour se battre aux côtés des Alliés contre l'Irak. Les Alliés accueillent cette nouvelle avec réserve. Même si ces soldats connaissent les points faibles des armes irakiennes de fabrication soviétique, puisqu'ils ont combattu pendant 10 ans les chars de Moscou dans leur pays, ils posent un sérieux problème à l'état-major allié : aucun pays coalisé ne semble prêt à les accueillir au sein de son armée.

 

Les hélicoptères Lynx de la Royal Navy, qui se sont particulièrement distingués aux Malouines en 1982, ont coulé un patrouilleur irakien au large de la côte koweïtienne, avec des missiles Sea Skua. Les appareils britanniques n'ont même pas eu besoin de l'appui de l'aviation alliée qui intervient habituellement. Ils ont pu regagner le contre-torpilleur HMS Cardiff sans dommage.

Pour la première fois en 6 jours, une alerte aux bombardements est déclenchée sur la totalité de l'État hébreu.

Dans toute l'Égypte, de nombreux opposants à la guerre sont arrêtés par la police.

 

Les premières Françaises arrivent dans le Golfe. L'État-major français souhaite en effet féminisé « un peu » Daguet : elles ne seront que 13 (employées dans les services de santé) contre les 14.000 hommes déjà sur place. Le gouvernement français a longtemps hésité à les envoyer au front, pour ne pas froisser les autorités saoudiennes.

 

12 Buccaneer S Mk 2B britanniques dotés du système de désignation à laser Pave Spike opèrent au-dessus des lignes irakiennes.

Sur le port de Marseille, les dockers de la CGT (Confédération Générale des Travailleurs) refusent de charger 29 conteneurs de munitions pour la force Daguet.

L'US Air Force « endommage » 3 rampes de lancement de SCUD à l'ouest de Bagdad et utilisées contre Israël. Une autre rampe visant Riyad a également été détruite. 

 

Samedi 9 février : l’aviation alliée effectue 1.700 sorties. 150 chars irakiens sont détruits.

Les Alliés capturent plus de 150 soldats irakiens. 2 avions et 3 hélicoptères irakiens sont abattus par l'US Air Force et un AV-8 Harrier américain est abattu par la DCA irakienne. 13 avions irakiens se réfugient en Iran, où ils sont désormais 147.

 

L'aviation alliée s'acharne aujourd'hui sur Bassora, la 2ème ville d'Irak, bombardée depuis 10 jours. Le bilan s'élèverait à 200 civils tués et plus de 500 blessés. Au large, les cuirassés Missouri et Wisconsin ont intensifié leur pilonnage des fortifications irakiennes avec leurs obus de 406 mm. L'aviation française effectue 2 raids contre des unités d'artillerie irakiennes stationnées dans le sud du Koweït. À Nassiriyah, 3 ponts sont détruits, tout comme le pont du 14-juillet (fête nationale en Irak) symbole historique pour les Irakiens et celui des Martyrs, à Bagdad. De nombreuses coupures d'eau et d'électricité ont lieu dans de larges secteurs du pays. L'essence est rationnée et la distribution de fioul domestique est suspendue, tandis que la viande, le lait et les légumes frais sont introuvables.

Sans attendre les résultats de la mission Cheney-Powell avec le roi Fahd d'Arabie, des convois de chars et de pièces d'artillerie se dirigent dans le désert saoudien vers des positions d'attaque. Les chars d'assaut saoudiens, américains, français et britanniques se dirigent tous vers la frontière koweïtienne. Malgré les démentis de l'état-major allié et de Washington, il ne fait aucun doute que les Alliés se préparent à une offensive terrestre.

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/08/laudato-si-xxviii.html

 

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