Laudato si… (XLIV)

18/09/2016 12:42

 

Quarante-quatrième chapitre : Le retour « aux affaires »

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Paul de Bréveuil rentre en France par le vol quotidien d’Air-France qui le dépose à CDG-Airport non sans avoir reçu un accueil flatteur de tout l’équipage : il commence à avoir l’habitude !

Quoiqu’il partage ce jour-là la vedette avec une vraie vedette du cinéma qui se rend à Paris, après le festival du film américain, pour faire la promotion de son dernier long-métrage primé à Deauville qui doit sortir dans la capitale dans les jours qui viennent.

Mignone « la gamine », et très « intéressée » par la carrure et le charisme de Paul : elle lui trouve une « gueule de vedette », qui prend bien la lumière, et lui propose d’en parler à son agent californien afin de « l’accrocher » au générique de son prochain film à elle alors en préparation !

C’est ça, c’est ça en pense Paul…

 

Dès son arrivée sur les quais de Seine, il appelle San Francisco pour avoir des nouvelles, plutôt rassurantes – la belle-famille n’a pas encore trouvé ses marques – et s’annonce à Aubenas.

Accueilli le lendemain par un « boxon » syndical de première classe !

Ils sont sans dessus-dessous depuis que la fille d’Isabelle n’a rien trouvé de mieux, quand il avait le dos tourné, de lâcher que sa mère était indisponible pour être restée « en négociation » à Paris.

Là, ça gamberge ferme sous les vêtements de travail dans les ateliers et derrière les lunettes dans les bureaux.

Elle « négocie » quoi la patronne, si ce n’est la vente de la boutique ?

« Pas du tout ! » s’insurge Paul. « Elle est comme moi, à avoir plusieurs impératifs à gérer en même temps. Perso, j’étais en Californie pour soigner ma femme, vous le savez tous ! »

Oui, ils savent, mais il devait aussi rencontrer Allen et Gates pour les moteurs du « Nivelle 003 ».

« Je les ai vus, mais les choses ne sont pas mûres. Il va falloir encore avancer tout seul ! »

Et les financements, alors ?

Faudra faire avec ce qu’on a dans un premier temps.

 

Et il s’attèle ensuite aux dossiers en cours, à l’examen des tableaux de bord, aux échéanciers de facture, etc. quand Sophie Nivelle, la fille d’Isabelle, entre dans son bureau.

« Je crois que j’ai fait une gaffe ! »

Allons bon… Encore ? Et laquelle ?

« Maman a été contactée par des associés des actionnaires de la maison qui lui ont proposé de racheter les parts des « majoritaires »… » que sont la famille Nivelle et Paul, ce dernier pour une petite part de blocage. « Mais elle voulait t’en parler avant de prendre la décision d’entrer en négociation exclusive. »

Décidément, elle ne sait pas tenir sa langue : « Et alors, pourquoi tu m’en parles à sa place ? »

C’est que… « J’ai dû le sous-entendre par mégarde à la réunion de direction de la semaine dernière… »

Bravo !

Paul comprend alors mieux l’accueil matinal d’une partie de l’encadrement et des délégués syndicaux qui refusent de ne pas être partie prenante aux dites négociations : la boutique n’est pas à eux, mais ils ne veulent pas être vendus aux enchères avec les meubles, sans avoir leur mot à dire.

Sans jamais imaginer que d’une part, la stratégie actionnariale n’est pas de leur compétence, même si le PEE de l’entreprise est partiellement investi dans le capital social depuis quelques temps et que, d’autre part, ça ne peut être qu’une rumeur malveillante dont ils se font bêtement le relai…

« Eh bien la prochaine, on la fait ensemble et tu me laisses causer sur le sujet. On ne va pas laisser les cinglés laisser dire n’importe quoi au risque de mettre le feu dans toutes les têtes… »

Elle suggère d’avancer ladite réunion.

« – Pas question ! Surtout pas ! On maintient le calendrier prévisionnel. Ce serait donner trop d’importance à une simple rumeur que tu as initiée bêtement. Pour dégonfler le problème, il faut que ce soit un non-événement. Elle est où, ta mère ?

– En Allemagne ! »

Ce n’est donc pas du flan : elle n’avait aucune raison d’aller en Allemagne en son absence puisqu’elle devait « cornaquer » et « surveiller » sa fille de loin en loin mais au plus près, même pour rejoindre un amant improbable, d’autant que celui-ci l’aurait sûrement emmenée au soleil, au bord de la mer, dans une île grecque ou à Bali, et Paul n’en a jamais entendu parler.

Nivelle, c’est l’Ardéchoise et ça reste un « cœur-fidèle » (cf. épisode « Ardéchoise, cœur-fidèle », à paraître aux éditions I3) : incohérent…

C’est que ce déplacement était une urgence, donc quelque chose d’important, donc, donc, correspondant bien à une possible vente : à suivre de très, très près.

Il n’y a jamais de fumeroles sans feu qui couve.

 

Pour autant, Paul gère aussi ses urgences personnelles. Joindre Anjo pour lui remettre ses  parts de BKR-A qu’il les vende au meilleur prix ; s’occuper du cas de Matilda en essayant de prendre contact avec l’évêché, juste pour avoir quelques informations ; réfléchir à lancer une activité d’hôtel-restaurant en Normandie, dans la maison de son grand-père désormais désertée – là, il se voit bien passer chez Mylène à château-sur-Cher pour l’aider, Petros étant trop loin au bord de l’Adriatique ; faire un tour au Kremlin-Bicêtre pour « renifler » l’état d’esprit des équipes de vente d’alcools-forts sur les campus d’élite d’Europe et demander à sa secrétaire générale, Barbara, de lancer un recrutement d’étudiants américains, selon les bons conseils de « Junior n° 4 ».

D’ailleurs, en matière de recrutement, il faudrait aussi, peut-être, recruter un petit équipage capable de convoyer Eurydice sous les tropiques : ce serait sûrement plus agréable pour Florence que d’y passer sa convalescence au soleil plutôt qu’en Normandie, cet hiver.

Et puis la goélette aimerait peut-être enfin naviguer en « eau-chaude », parce que la baie de Seine et les côtes anglaises ou belges, c’est sympa, mais c’est limité pour une pareille unité.

La miss va avoir du pain sur la planche dans les semaines qui viennent qu’elle se met déjà à rechigner.

 

Le « Codir » de fin de semaine se passe presque bien. Après l’examen des dossiers en cours, le point fait sur les essais à venir du « gel-Birgit » et les non-avancées de ses rencontres californiennes, est enfin abordé par la bande la rumeur de la cession des actifs de la famille Nivelle.

C’est que la rumeur serait confirmée à la fois par des fournisseurs et par un client…

« C’est n’importe quoi ! » s’emporte Paul mi-comédien, mi-marri d’être le dernier informé.

« Madame Nivelle ne m’en a jamais parlé et elle reste outrée quand j’ai pu la joindre au téléphone. Elle dit être aux Seychelles pour prendre un peu de recul et laisser la boutique tourner toute seule avec sa fille en vigie. »

Un pieux mensonge : Paul n’a pas pu la joindre et elle n’a pas rappelé malgré les nombreux messages qu’il a laissé sur sa boîte vocale.

Sophie, pendant ce temps-là, regarde ses pieds à travers la table de travail…

« – Mais alors, ces rumeurs… jusqu’ici ?

– Justement, des rumeurs ! Ce n’est pas la première fois, souvenez-vous, le dernier étant l’épisode « Schmouller » qui avait réussi à prendre pied dans le CA (cf. épisode « Au nom du Père, tome II », publié aux éditions I3).

Vous vous souvenez que pour y parvenir, nos « minoritaires » avaient réussi à me mettre sur la touche via leurs réseaux politiques.

Et on est quand même parvenu à les virer.

Je veux bien considérer que l’entreprise est une cible de choix pour quelques-uns, que notre montée en puissance des peintures et enduits spéciaux attire les convoitises, qu’éventuellement le gel « Birgit » intrigue et que notre savoir-faire sur les céramiques réfractaires peut même être envié à l’étranger…

– Des secrets justement à protéger des espions…

– Mais tu sais aussi que la réussite du dernier vol du « 002 » reste expérimentale. Les céramiques, c’est très bien, mais c’est fragile comme d’une assiette en porcelaine. La niche industrielle et technique est étroite en matière aéronautique.

– Justement, grâce à toi, on a su marier les contraires. Et on n’a pas encore expérimenté d’autres formules. C’est peut-être un saut technique qui intéresse quelques « pointus » ?

– J’en conviens aussi. Mais jusque-là, j’ai expliqué partout, même en Chine et aux USA, qu’il n’y a rien de secret, que la NASA fait mieux ! Quant aux chinois, je suis même quasi-certain qu’ils n’ont pas encore décliné le procédé. Donc, ce n’est pas ça.

À mon sens, il s’agit seulement d’une manœuvre destinées à déstabiliser la direction et les équipes en vue de nous faire prendre du retard ou de commettre des fautes sur nos cahiers des charges pour mieux nous décrédibiliser et nous avaler dans quelques années à vil prix.

Franchement, la patronne met le pied à l’étrier à la génération à suivre en ce moment même (il se tourne vers Sophie), que je vais même lui proposer d’étoffer les équipes avec du sang-neuf à former pour vous soulager, dès que la trésorerie sera définitivement consolidée, ce n’est évidemment pas pour brader au premier venu, soyez raisonnables ! »

Crise provisoirement désamorcée : l’idée d’avoir des recrues nouvelles à s’occuper, en général, ça les branche.

Calmés provisoirement avec seulement des arguties, parce que Paul brasse dans le brouillard, sans cap ni boussole, faute d’être informée par « la boss » de ce qui se passe réellement.

Et justement…

 

À Paris, la « boutique » se met en ordre de marche pour turbiner, dans l’optimisme.

Mylène n’est pas chaude pour ouvrir un second site : ce sera sans elle, au moins dans un premier temps et du coup Barbara programme déjà ses petites-annonces.

Paul passe le début du week-end avec Anjo en Normandie.

Celui-là, il n’en revient pas : 68 actions de BKR-A, là, avec seulement un demi-million de dollars, en moins d’une semaine, il se demande bien comment Paul a pu faire.

« – J’ai fait les poches à une vieille, vous me connaissez !

– Mais enfin, il y en a pour 10 à 12 millions de dollars ! Ce n’est pas possible…

– Le double si j’avais été secondé utilement … (faisant allusion au refus d’Anjo de doubler la mise avec ses fonds à lui).

Il faut me liquider ça rapidement au moins à hauteur de l’avance en compte-courant qui m’a été faite. Et le reste au mieux.

– Au mieux ? Ça dépend à la fois du cours de l’action, des quantités d’offres et de demandes sur le marché et dans quelle monnaie je liquide tout ça, rapport aux taux de change. Le marché de Londres reste demandeur, comme Wall-Street, mais ce n’est pas la même monnaie…

– Pour l’heure en euro pour compenser l’avance en compte courant. On verra ensuite comment les transférer en dollar ou en monnaie locale selon les besoins.

– Et c’est quoi les… besoins ?

– J’ai plusieurs projets en tête. Je me vois bien mettre à disposition, moyennant loyers « honnêtes » quelques-uns de mes actifs. Une société d’exploitation de mon voilier qui serait à disposition des chartistes locaux dans les caraïbes françaises, une autre pour une grosse partie de cette bicoque. Disons qu’on en aurait deux, là : l’auberge et ses nuitées d’un côté et un restaurant et ses couverts de l’autre, de façon à ce que ce lieu soit entretenu par des pros et vive un peu.

Et l’un comme l’autre de ces projets auront besoin de quelques picaillons pour amorcer la pompe. Par exemple, pour le restaurant, il s’agirait de se constituer un fonds de cave pas trop déshonorant, d’autant que nous avons la place en sous-sol.

– Bel endroit, effectivement, plein de charmes.

– Nos filiales d’ingénierie peuvent-elles s’occuper de tout ça, de façon à optimiser les rendements fiscaux et sociaux ?

– Bien sûr ! Je vois bien des sièges en Irlande avec ses taux d’IS au rabais si on travaille sur les revenus en euro, voire aux Caïmans ou au Delaware si on travaille en dollar, avec un jeu de comptes-courants…

– Très bien, quoique je ne suis pas sûr que les USA ce soit une bonne idée si je noue un deal sur place (rapport à l’activité « alcools-forts » sur les campus). Il me semble que j’aurai aussi besoin d’ici la fin d’année de quelques fonds en euro en plus pour soutenir « Château-sur-cher » et la société de ma copine Charlotte. Et pour le reste, ce n’est pas trop pressé : ça viendra en son temps. »

Il sera fait selon les désirs de Paul.

 

Le lendemain, Jean-Luc, le pornocrate basé à Caen, l’ex du « Newvox » de Michel, de l’époque des jeunes années de Paul à Paris chez sa tante, s’annonce : il aimerait bien utiliser les locaux rénovés de la demeure du grand-père pour quelques prises de vue, le parc, tout ça, tout ça…

Ce qui n’arrange pas Paul compte tenu de la destination putative des lieux, surtout si Jean-Luc en profite pour piéger les chambres avec ses webcam, comme il avait si bien fait à Paris dans l'hôtel de la tante avec un matériel désormais obsolète.

Lui au contraire y voit une façon de faire la publicité du lieu.

« Oui, mais à condition qu’il soit en exploitation. Et une fois fait, je veux dire mis en exploitation, ce n’est pas sûr que ce soit une bonne publicité que de retrouver les décors dans des films classés X ».

Bien sûr, quoique…

Le problème, c’est que Jean-Luc ne sait pas tenir sa langue lui non plus, et l’annonce de l’ouverture d’un hôtel-restaurant « haut-de-gamme » dans la région ouvrira des appétits qui s’avèreront catastrophiques quelques semaines plus tard.

 

Leur conversation est interrompue par un appel du Padre José Gabriel, l’ex-garde du corps de Paul qui avait été si utile en 2012, envoyé par le SIV à l’occasion des aventures relatives à la poursuite d’« Ahmed le diabolique » (cf. épisode : « Parcours Olympiques », publié aux éditions I3).

Toujours autant de bonne humeur affichée et il commence par prendre des nouvelles de Paul et de sa « petite-famille ».

Pour finalement donner des nouvelles de Matilda, elle-même émargeant aux services de renseignement du Vatican, réputé être le meilleur et le mieux informé du monde.

Elles ne sont pas bonnes : « Elle est dans un coma léger mais dont on ne parvient pas à l’en sortir ! »

Comment est-ce arrivé ? Un accident ?

« – Oui, un accident allergique. Elle a mal supporté une injection qui devait permettre de lui faire raconter sous simili-hypnose son expérience au-dessus du bled algérien. (cf. l’épisode « Mains invisibles, tome II », publié aux éditions I3).

– N’importe quoi là » s’emporte Paul. « Elle n’avait pas à rapporter ce qu’elle a vu ou ce qui s’est passé… Même l’armée n’est pas au courant !

– Le témoignage d’un agent de sa valeur, rapportant qu’elle a vu un OVNI est considéré comme de la première importance par la Curie. Il fallait absolument vérifier et confirmer, vous comprenez ?

– Mais ce n’est même pas ça. Il fallait m’interroger moi, car c’est bien pire que ça. Mon père, faites-moi rencontrer vos autorités, qu’elles m’entendent sur le sujet, si ça les intéressent !

– Pourquoi pas ?

– Et débrouillez-vous pour me remettre Matilda qu’elle soit soignée correctement.

– Mais elle est soignée correctement et par les meilleures équipes… Je ne suis pas sûr que ce soit possible de faire mieux… et encore, à condition qu’elle soit jugée transportable !

– C’est comme ça : je veux la récupérer parce que je crois savoir comment la faire sortir de son coma.

– Et comment là où une armée de professionnels en sont incapables jusque-là ?

– Je vous expliquerai si ça marche. En échange de quoi, si je n’y parviens pas, tant pis, elle sera suivie médicalement à mes frais et pas aux vôtres, et je rencontre le pape s’il le faut pour lui expliquer ce qui s’est passé au-dessus de Briska et ce qui s’est passé depuis et qu’elle ignore forcément. À prendre, en bloc, ou à laisser ! »

Le Padre tente de calmer et rassurer Paul. Il ne comprend pas pourquoi cet attachement qui semble si fort et si peu orthodoxe de la part de Paul pour une pauvre créature qui est en train de se mourir, presque une épave, déjà un légume, sans même la moindre assistance respiratoire et sans effet des médicaments qui lui sont administrés.

« Je vais vous dire pour quoi : la mère de mes gosses vient de subir une anesthésie générale et à son réveil, elle m’a parlé d’elle comme d’une urgence. C’est tout. Si je veux pouvoir me regarder dans une glace en me rasant le matin sans me taillader la caouane, je ne peux pas lui dire que j’ai oublié ou que je ne l’ai pas fait. D’autant que vous venez de me confirmer que Matilda ne va pas au mieux, c’est le moins qu’on puisse dire, et ce à cause de vos propres chimio-inquisiteurs de toubibs d’élite ! »

L’argument fait mouche.

Alors qu’il est faux de dire que Florence se souvient de cet épisode de son réveil.

Mais tout de même.

« Je vais voir ce que je peux faire… » conclut le Padre Gabriel à l’autre bout du fil (sans fil…).

 

C’est comme ça que dans le courant de la semaine suivante, les choses se précipitent. Oh pas à San Francisco : ils semblent tous ravis de leur « été-indien » sur la côte pacifique, pas vraiment décidés à rentrer au plus vite.

Mais Isabelle Nivelle rencontre Paul chez elle à Paris. L’occasion pour ce dernier de lui préciser « l’atmosphère » de la boutique en rapport avec les « rumeurs » de cession et pour elle d’informer Paul qu’effectivement EADS voudrait couper l’herbe sous les pieds de Dassault Aviation en rachetant tout, murs, activités, machines-outils, brevets, stocks, commandes, trésorerie et personnels y compris le bureau d’études « et toi ! »

Le prix est inattendu… Une offre présentée comme de celles qui ne se refusent pas et pour cause : la valorisation est nettement plus forte que jamais espérée.

Ils ont bien travaillé ces dernières années pour une boutique qui ne valait plus rien à l'arrivée de Paul aux effectifs.

« Dis, tu sais, ma Boss, je suis toujours en réserve de leurs effectifs, souviens-toi. Même s’ils n’ont pas voulu me réembaucher quand j’en ai eu besoin. »

C’est même lui qui avait débauché Barbara, son actuelle secrétaire générale, après l’avoir secouée en qualité de RRH de ces prétentieux-là…

Ils voulaient le faire bosser sous les ordres d’un psychorigide d’ingénieur mécanicien imbu de lui-même, lui l’X diplômé, sur le ZEHST qui semble « en panne » depuis.

Paul a fait mieux depuis : un tour du monde en douze heures sur le « 001 » et un second tour complet de la planète en trajectoire suborbitale sur le « 002 » : le Zehst, c’est sûrement très bien, mais Paul a 20 ans d’avance…

Ou eux ont encore 10 ans de retard : un vrai tournant dans la carrière de Paul qui discute désormais « à tu et à toi » avec des calibres milliardaires américains…

« Alors que toi, tu m’as repris sans tiquer. Je te suis dans cette affaire. Mais si tu te casses, je me barre aussi par solidarité. Est-ce que ça fera baisser le prix annoncé ? »

Non.

« Tu en es sûre ? »

Oui. Certaine !

« Et tu fais quoi ensuite ? Comme tu recases ta gamine ? »

Elle, elle envisage de se retirer sur la côte. Quant à sa fille, elle finira expert-comptable dans un cabinet qu’elle achètera pour elle le moment venu après avoir un peu « blanchi sous le harnais » pour y faire enfin ses armes, pas de souci.

Dans ces conditions…

« – Oui mais toi, mon secrétaire général préféré ?

– D’une part, j’admets avoir échoué à porter ta fille aux affaires : délai un peu court et elle ne sait pas tenir sa langue. Et ça, c’est un très vilain défaut. Et puis je crois qu’elle s’emmerde à Aubenas loin de tous ses petits-copains.

D’autre part, en ce qui me concerne, j’ai de quoi rebondir. Tu sais mes affaires de « petits-flacons » : ça commence à se consolider correctement. Et puis j’ai des projets…

– Lesquels ?

– Je vais m’occuper de rentabiliser l’héritage de mon grand-père en Normandie, et si Florence en est d’accord, son voilier, celui que j’ai acheté et rénové avec mes plus-values d’antan, fera des croisières dans les Caraïbes quand nous n’en auront pas besoin. Pas de problème. »

Dans ce cas…

« Ça veut dire qu’on se quitte, finalement … » conclut-elle avec un certain dépit dans la voix.

« – Tu resteras « ma boss » adorée. En cas de besoin, je serai encore là pour toi, tu le sais bien…

– Je sais que ça va te paraître bizarre » rebondit-elle, « vue ta situation de père de famille, mais ce soir, si je te le demande comme d’un service pour sceller notre accord, tu restes ? »

Piégé par une veuve décidément fatale !

 

… Aparté n° 2…

 

Reste à régler, après cette nuit d’enfer, les détails et à gérer la paranoïa du personnel sur le site ardéchois…

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/09/laudato-si-xliv.html

 

 

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