Laudato si… (XLII)

03/09/2016 19:07

 

Quarante-deuxième chapitre : Fin de séjour californien

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Dès le lendemain, Jenkings mobilise les moyens de ses administrations fédérales et locales pour vérifier les cinq points avancés la veille par De Bréveuil.

Très vite, les mouvements de fonds au guichet californien sont confirmés : le français ne s’est pas moqué de lui.

Le directeur de l’agence bancaire est formel devant une photo de Paul excipé par les agents fédéraux dépêchés sur place.

Un demi-million de dollars en billets, ce n’est effectivement pas courant, donc ça laisse des traces dans les mémoires et le banquier est sur ses gardes, de peur d’avoir fait une boulette… fédérale !

Une fois rassuré, le gars ne se fait pas prier pour raconter les détails de ce « patronyme-belge » qui est reparti de là dans une sorte de camping-car antédiluvien…

Pas difficile non plus d’en retrouver la trace sur le parking d’Ocean-Beach dans la mémoire des gars de la patrouille…

Mais ces abrutis, ils se sont contentés de contrôler le citoyen français, l’emmenant effectivement au poste pour défaut de visa d’entrée sur son passeport, mais pas le véhicule !

Qui de toute façon a disparu dès qu’ils ont eu le dos tourné…

 

En revanche, la chasse aux BKR-A, demandera plus de temps : Buffet est un vieux renard et ses archives demanderont un délai avant d’être ouvertes.

Confirmation de l’existence d’un général Ali koweïtien, mort en héros dans des circonstances troubles au moment de l’invasion de son pays en 1990. Son père est décédé de son côté depuis une bonne décennie.

Mais on retrouve la trace du « don » koweïtien, non pas auprès de l’ambassade qui rappellera, plusieurs semaines plus tard à son « honorable correspondant », que les ministres successifs du pays, qui seront eux-mêmes interrogés par la députation sur ce sujet, nient désormais farouchement tout encaissement dans les comptes du Trésor public…

Choux blanc, sauf que les archives de la presse de l’époque affirment exactement le contraire.

Également coup d’épée dans l’eau quant à la fusillade putative aux abords de la frontière avec le Bahreïn : pas de trace !

Il faut dire qu’en cette époque de guerre, tout était possible et n’étonnait plus personne…

Il faudra des semaines et des semaines pour qu’on puisse vérifier les mains-courantes de la police locale desdites années qui retracent la mort de celui qui pourrait bien être le général Ali : ça tient en trois lignes !

De même, aucune trace d’un camion arrivant à Manama : il n’y en a vraisemblablement pas eu.

Là, il faudra des mois pour repérer dans les mémoires et archives le ballet d’hélicoptères américains autour des parkings du check-point frontalier de ce jour-là…

Jenkings n’en saura jamais rien.

 

Néanmoins, lundi soir, il peut téléphoner à Monsieur Harrison pour l’informer des premiers résultats de son enquête, d’autant qu’il vient d’apprendre que le dénommé William River est allé à Washington DC la semaine dernière et qu’il est reparti pour Honolulu par le premier vol.

Depuis, il a disparu de la circulation.

Il est peut-être en mer, sur ses champs d’huîtres-perlières ou n’importe où ailleurs autour de la planète.

Un avis de recherche est lancé, à toutes fins utiles.

« – Aucun point qui n’infirme la version de notre ami français ?

– Ni aucun qui ne le confirme.

– Eh bien si, le retrait d’un demi-million de dollar ici même à San Francisco et le contrôle de la police routière, quand même.

– Ça peut très bien entrer dans un scénario très différent et non pas totalement imaginaire.

– Je veux bien, mon cher Brent. Mais tant qu’on n’a pas la preuve contraire, notre ami Paul bénéficie d’une présomption en sa faveur. Reste à pister d’où vient ce demi-million de dollars et surtout l’achat des bonds de BKR, ainsi que leur revente annoncée.

– On s’en occupe. Ça va demander quelques délais. Vous pensez vraiment qu’il ne nous a pas promenés ?

– À vrai dire, je n’en sais rien. Je vais le faire tester par quelques « collègues ». Je vous dirai leurs impressions. Mais avouez que c’est inespéré quant à nos recherches des milliards divagants. Une piste à creuser en toute hypothèse : où serait donc passé le trésor koweïtien qui de toute façon a disparu en 1990 en quasi-totalité ? Il nous faut rechercher une ou des explications et on aura levé une partie de tous ces mystères.

– De vous à moi, là, ça me dépasse… Je dirai même que je suis juridiquement incompétent.

– Pas tout-à-fait mon cher Directeur. Vous avez les listes des avocats panaméens et vos fichiers Promis… »

Il sait, mais ça demande du temps, beaucoup de temps à exploiter…

 

Florence sort le lendemain matin, après les longues formalités et une flopée de saisies de carte-visa…

Plus un épais dossier médical, radiographies sous le bras.

Elle est un peu déçue par la Chevrolet : elle la voyait un peu plus « bling-bling » qu’elle n’est, même si ce n’est pas vraiment un reproche…

Et s’enthousiasme pour son nouveau domicile provisoire. Clair, spacieux, confortable, quoique les différents escaliers, pour y accéder, pour grimper à l’étage, pour descendre dans le jardin ne sont finalement pas des plus commodes.

Même si ce n’est pas ce qu’elle voulait dire : elle fera avec.

Elle se voit déjà aménager une planche à dessin d’architecte dans la pièce en contrebas qui accède directement et de plain-pied au jardin.

« Tu comptes bosser ? » interroge Paul. « Moi, j’essaierai bien le lit, là. Parce que huit jours sans frotti-frotta, j’ai les nerfs et des crampes partout. Pas toi ? »

Pas du tout ! Et avec sa jambe dans le plâtre…

Et puis non, ce n’est pas ce qu’elle voulait dire : elle veut d’abord faire le tour du propriétaire et a hâte d’aller accueillir ses pitchouns… le plus tôt possible.

Ils ont le temps : ils n’arrivent qu’au soir.

D’ailleurs, cette arrivée, ce sera tout un sketch…

 

Car naturellement, il faut qu’elle soit du voyage jusqu’à l’aéroport, elle, sa jambe plâtrée et ses cannes…

Pire que ça, l’avion a un peu de retard et miss claudique en long et en large, très nerveuse, inquiète même, dans le grand hall jusqu’à en perdre un bouchon de caoutchouc qui protège le sol de l’une de ses cannes.

Qu’elle manque de s’en étaler à risquer de se fracturer les os de l’autre jambe…

Perspective fort drôle !

Encore plus drôle, les mouflets qui débarquent accrochés à leurs grands-parents. Le petiot braille dans son couffin au bras du grand-père affublé en plus de deux larges sacs encombrants à l’épaule : il a chaud, soif, faim, sommeil, dans l’ordre variable du moment.

Dans les sacs, les couches, les biberons, le nécessaire à toilette en mode « mini-dose-mono-usage », tout un camion, dans l’autre les doudous indispensables et plusieurs tenues de rechange.

Quant à belle-maman, elle traine Annabelle, enfin c’est plutôt l’inverse, portant un baise-en-ville pour elle-même et un autre pour sa petite-fille, le tout avec le « petit-lainage » sur les épaules, indispensable aux longs voyages.

Si encore il n’y avait que ça pour voyager léger… mais pas du tout, non pas du tout !

 

Ils ne sont que quatre, dont deux petits, avec quatre sacs de cabine, mais il faut rajouter trois sacs de voyage en soute, une poussette, un landau, le lit d’Annabelle et cinq grosses valises.

Pas de celles qui font modèle « normal », non, des vraiment grosses !

« Et le chat, vous l’avez laissé à Cabourg ? »

Regard courroucé : « Quel chat ? »

« Non mais vous avez bien fait, belle-maman. C’est une bonne idée finalement… »

Tellement grosses les valises qu’il faut faire deux voyages jusqu’à la maison pour ramener tout le bazar, André restant en garde d’une partie du chargement pendant que Paul ramène les brailleurs chez eux dans les embouteillages.

Non mais quelle arrivée : un vrai débarquement d’US-Marines !

Annabelle est ravie de retrouver sa môman, le papounet, n’est-ce pas, c’est accessoire et il pique de la barbe, alors que Louis, il braille, il suce sa totoche, son doudou sous le sourire épuisant de ravissement des deux femmes adultes de sa famille.

 

Le plus effarant une fois arrivé, alors que les femmes discutent du mobilier, c’est la corvée de rangement des bagages : la famille rantanplan s’est muée en famille « tortue », ou « escargot », c’est-à-dire se promenant à travers l’océan et le continent américain avec toute sa maison sur le dos !

Aggravant la signature carbone de la planète entière…

Attention les yeux : il y a tout, du chauffe-biberon aux boîtes de lait maternisé en poudre, l’appareil de stérilisation des tétines et biberons, des petits-pots-bébés et leur réchaud « adapté », des kilos de couches-bébé, de produits d’hygiène en quantités diverses et variées, des garde-robes complètes, été-hiver et demi-saison pour tout le monde, des livres de recettes pédiatriques, de médecine et autres, des conserves et même de l’eau d’Évian pour les biberons de Louis, lui qui passe désormais à de la nourriture plus … « humaine » pour être en voie de sevrage avancé !

Il y a, et là c’est très drôle, le fer à repasser, mais pas la table qui va avec, le fer à friser, le sèche-cheveux, les brosses à dents électriques, le bidule à jet d’eau entre les dents, les deux robots Magimix-Seb-Moulinex, le petit pour les petits, le gros pour les adultes…

On a échappé à la cafetière, au grille-pain, à la sorbetière, à la yaourtière, à l’aspirateur, au frigidaire et à la machine à glaçon portatifs, mais de pas beaucoup…

« Dites donc, vous avez pensé à apporter des adaptateurs de prises électriques et les transformateurs pour vos appareils et chargeurs de téléphone, au moins ? »

Les quoi ?

« Bé oui, toute votre quincaillerie ne fonctionnera pas ici. Les prises ne sont pas les mêmes et en France, le courant électrique, c’est du 220 volts délivrés en 50 hertz, alors qu’ici, c’est du 110 volts délivrés en 60 hertz… »

Et que voilà que Paul n’aurait pas pu le dire plus tôt ?

Il se ferait même presque engueuler !

Courageux comme pas un, il rétorque d’un innocent : « Florence ne vous a pas passé l’information, belle-maman ? » 

Et puis d’en rajouter une petite couche, tellement c’est comique : « Non mais soyez sérieux : vous comptiez vraiment débarquer en Californie, ou vous faites juste une escale pour aller jusqu’en Papouasie-extérieure dès demain ? Parce que dans ce cas-là, ce n’est peut-être pas la peine de déballer toutes vos affaires… »

Si : les vêtements vont se froisser !

 

Beau-papa se rend compte du désastre : « Comment on va faire ? », fait-il l’air désespéré, assis sur un bord de lit, celui du type qui envisage sérieusement le suicide par agonie lente.

Il y a une voiture, une carte-visa et quelques magasins pour se fournir en utilités utiles, lui annonce Paul, une main compatissante sur l'épaule…

« – Ne vous en faites pas, on va arriver à surmonter tout ça, vous verrez !

– Non, mais vous en êtes sûr ?

– J’en suis sûr. En se serrant les coudes et les dents !

– Mais vous n’imaginez pas, Paul combien de fois j’ai pu faire et défaire tous ces bagages pour que tout ça rentre. Sans compter qu'il a fallu se soumettre à une fouille à l'aéroport de Paris et encore ici même, ni du prix de la taxe de surpoids ! Plus qu'un simple billet…

– Excellent travail ! Bravo. Vraiment : je suis impressionné. Je vous propose d’attendre un peu et puis, quand vous vous sentirez assez fort, on balancera tout ça avant votre retour.

Mais seulement si vous me promettez de ne pas ramener vos outils californiens en France : ils n’y fonctionneraient pas mieux !

Un verre, peut-être, pour vous remonter le moral ? La machine à glaçons s’impatiente…

– Pourquoi pas au point où nous en sommes. »

Une vraie folie !

Ils dîneront de salades-californiennes fraîchement débarquées par coursier, tellement tout le monde est épuisé par le voyage et le décalage horaire : il n’y a vraiment que Louis qui a envie de jouer jusqu’à une heure tardive…

Complètement « décalé », le garçon !

 

Le lendemain, Paul fait une virée en voiture avec Beau-papa pour qu’il puisse visualiser les lieux de vies et commerces ainsi que les chemins pour y accéder, alors que la voiture avec chauffeur de Junior attend son passager devant la porte.

Juste le temps de préparer son sac, de faire des adieux touchants, et il décolle du haut du toit du building de la « Harrison & Cie » en hélicoptère, direction le nord de la baie.

Pour un déjeuner sur le pouce avec quatre autres convives.

Une belle et grande maison californienne, toute blanche, pseudo-ancienne « m'as-tu-vu » à souhait, avec ses colonnades, son patio, un immense parc où stationnent plusieurs hélicoptères entre les arbres de hautes futaies et de diverses essences.

On fait entrer Paul dans un immense déambulatoire bien décoré, avec goût, puis une vaste salle à manger où tout le repas est déjà installé, éventuellement « mis en température » sous des réchauds à gel inflammable ou déjà serti de glace pillée pour « garder le frais ».

Pas question que le petit-personnel, fort nombreux, n’en sache plus sur ce qui va être dit et s’enfuit dès les verres remplis, les flacons mis en décantation, les apéritifs servis : une sangria fraîche et désaltérante.

 

Que des « side degrees » : un Chevalier Kadosh, aux cheveux blancs, sans âge, un Grand Inspecteur Inquisiteur, beaucoup plus jeune, deux Sublime Prince du Royal Secret, l’un un peu ventripotent, l’autre bossu et rabougri et bien sûr leur Souverain Grand Inspecteur Général en la personne de Junior n° 4, accompagné pour cette « table-ouverte » par junior fiston, le n° 5.

Un type assez bien bâti, au large front dégarni, qui doit déjà assumer une bonne cinquantaine, ou alors il est prématurément vieilli.

Pas du tout le portrait de son père…

De tous ces gars-là, dans le tas, il y en a deux qui font attention à ce qu’ils mangent, diabète ou cholestérol et Paul doit être le plus jeune et le en « meilleure forme physique ». Naturellement, il est sans aucun doute le moins fortuné, puisqu’ils font tous dans le « business », banquier, technologies de pointe, gestion de fortune et marchand d’art, presse, industries et sont sans doute archimillionnaires en devises fortes.

Une belle palette de républicains qui cotisent tous pour Jeb Bush.

Une fois les présentations faites, Paul dit qu’il est ravi.

« Et de quoi cause-t-on, Messieurs ? De politique ? »

De lui, pardi.

Bel aéropage pour un animal de foire…

 

« J’aimerai que vous racontiez à mes amis vos voyages, disons… un peu particuliers que vous m’avez rapporté dimanche dernier. Ça ne vous dérange pas au moins… »

Pas le moins du monde, à condition que tout cela ne s’ébruite pas trop : « Vous le savez, c’est mon assurance-vie. Mais d’un autre côté, si ça dégorge dans la presse, même locale, voire au-delà de quelques cercles de confiance, ça pourrait réveiller quelques démons qui pourraient en prendre ombrage, vous vous rappelez au moins ? »

Bien sûr : « Nous sommes coutumiers des « secrets ». Dans cette salle-à-manger, il s’en est échangés beaucoup plus que vous ne pouvez l’imaginer.

D’ailleurs, j’ai des nouvelles pour vous : notre ami Brent, le directeur du FBI a fait vérifier certains points de vos dires. Pas tous, mais assez pour rendre crédible au moins une partie récente. »

Il fait allusion aux mouvements financiers et à la police de la route.

Mais pas seulement : « Votre ami William River a disparu après avoir fait un saut à Washington DC. On ne sait pas encore qui il a été rencontrer, mais il a été vu la dernière fois en direction des bâtiments de la DIA. Le service des renseignements de nos armées.

C’est donc par-là qu’il nous faudra pousser nos enquêtes ultérieures.

Par ailleurs, et ça n'a peut-être rien à voir, une information inquiétante a été lue dans le Herald Tribune en date d’hier. »

Et de quoi s’agit-il ?

« D’une petite-annonce codée sollicite la prise en charge d’un colis. Soyons clair : l’annonce vient de Hong-Kong et a vraisemblablement été faite par un membre d’une triade chinoise. »

Et alors ?

« Elle s'adresse à Scorpion, Caméléon et Squale, des codes qui désignent une série d'un, ou plusieurs, tueurs à gage dont on n’a jamais su de qui il s'agissait. Chacun signe ses forfaits de balles gravées d’un dessin représentant l’animal. Il y a donc un contrat en cours. Et si River est à HK, ou en relation avec ses contacts à Hong-Kong, c’est peut-être lui qui est derrière tout ça. Mais ce ne sont que des hypothèses. On vérifie tout ça via Interpole qui a signalé l’information. »

Un contrat sur qui ?

Justement, on ne sait pas encore. « Mais j’ai fait la relation avec les menaces que vous nous avez dites l’autre fois. Ça n’a probablement rien de commun, mais je fais suivre cette affaire-là, tous sont redoutables. Ils n’auraient jamais manqué une cible depuis des années qu'ils opèrent et on n’a jamais pu mettre un nom ou un visage sur ces pseudos. Globalement recherchés dans une trentaine de pays. Parfois, « mort ou vif », avec prime du FBI pour tout renseignement utile permettant son arrestation.

Je vous dis ça, parce que si vous en croisez un, ça pourrait arrondir vos fins de mois. »

Un e série de tueurs ? Ça ne fait pas peur à Paul.

En revanche, une organisation complète comme une triade, là, ça devient plus compliqué…

 

« À propos, j’ai les 68 titres au porteur sur moi. Si vous voulez en noter les numéros… »

Ah oui. Excellent, ça !

C’est Junior n° 5 qui est chargé d’en prendre des clichés avec son smartphone.

Certains des convives veulent en toucher. D’autres se proposent d’en acheter immédiatement.

Paul refuse : « Pour tout vous dire, je ne sais même pas combien ça vaut. Mais tel que je vous devine les uns et les autres, vous allez en profiter pour spéculer un peu sur ces titres en attendant que je m’en en sépare… »

Une petite fortune : au moins 11 à 12 millions de dollars !

« – Donc ils existent bien…

– Vous ai-je jamais trompé ou déjà menti, Monsieur Harrison ?

– Assurément jamais. Quoique vous ne me disiez pas tout non plus : vous les avez peut-être volés à une rentière de nos connaissances. Vous êtes un homme de secrets, vous aussi. Et avouez que votre histoire n’est pas non plus très banale. Je l’ai déjà rapportée à nos amis ici présents. Ils aimeraient l’entendre résumée de votre bouche et vous poser quelques questions. »

Paul s’exécute après que chacun ait rempli son assiette de mets divers, présentés au buffet.

Les assiettes sont vides, sauf la sienne quand il en termine : Paul ne parle généralement pas la bouche pleine…

Bien sûr, les mêmes exclamations, les mêmes étonnements, les mêmes doutes que dimanche au milieu de « La baie » sont émis par les convives. Il n’y a guère que les deux juniors qui restent impassibles et silencieux.


« Mais attendez, vous dites qu’il y avait des sortes d’ovnis, des perturbations magnétiques au-dessus de Briska. Est-ce indispensable ? Il n’y en avait pas eu de repérées au-dessus d’Ocean-Beach la semaine dernière. »

Dans l’opération algérienne, il y avait déplacement dans le temps, mais aussi dans l’espace. Pas dans celle de la semaine dernière : juste un déplacement dans le temps, et avec une « vieille guimbarde ».

« Les ovnis signalés à travers le monde, serait donc une technologie humaine, terrienne ? »

Aucune idée : « Mais il me semble que ma WIB m’ait assuré que certains Ovni étaient réellement des aliènes, des exogènes et pas forcément toujours très amicaux… »

On serait donc protégé par notre propre futur : extraordinaire, ça !

« Messieurs, nous discuterons de tout ça ultérieurement. Monsieur De Bréveuil a un avion à prendre. Je voulais simplement mettre cet entretien en perspective avec nos différents travaux », tente de conclure Junior n° 4.

Et il explique : « Vous vous souvenez de nos tables de l’année dernière, où un de nos frères nous a fait redécouvrir les prophéties de Jean-de-Jérusalem (cf. épisode « Parcours olympique » et posts suivants, publiés aux éditions I-Cube.). L’année d’avant, nous avions eu l’occasion de revisiter les prophéties de Malachie et de Saint-Jean l’évangéliste avec son apocalypse. Encore l’année précédente, nous avions vu celles liées au Coran. Si le me souviens-bien, ça doit remonter à cinq ou six ans, nous avions également « tablé » sur les prophètes de l’ancien testament…

Je ne sais plus quand, mais l’un d’entre nos frères avait émis l’idée que tous ces personnages historiques avaient pu être guidés par d’autres personnages ayant une connaissance du futur des hommes telle qu’ils en venaient peut-être.

Notre ami Paul De Bréveuil, que je remercie ici devant vous, semble nous apporter une « solution ». J’aimerai que nous y réfléchissions en commun avec nos propres frères pour venir enrichir notre communauté.

C’était l’objectif de cette réunion qui n’avait pas d’autres ambitions et je vous remercie d’avoir pris sur votre temps et vos obligations pour y avoir participé… »

 

N’importe quoi en pense Paul : lui, comparé aux prophètes bibliques ?

Et puis quoi encore ?

Il devrait en causer au Pape qui reste quand même un grand « allumé » avec sa dernière encyclique « Laudato si… »

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/09/laudato-si-xlii.html

 

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