Laudato si… (LXV)

27/11/2016 10:03

 

Soixante-cinquième chapitre : Coup de pouce du 15 mars 2016.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Dans les textes, il aura fallu en fait attendre plus de quatre ans pour voir apparaître le fameux décret relatif à « la conservation des données des communications électroniques » qui précise quelles données de connexions les fournisseurs d’accès internet (FAI), les opérateurs de téléphonie fixe et mobile doivent conserver « pour les besoins de la recherche, de la constatation et de la poursuite des infractions pénales ».

Et surtout la durée de conservation, fixée à un an « à compter du jour de l’enregistrement ».

Selon les directives européennes en la matière, les pays membres de l’Union peuvent aller de six mois à deux ans maximum. Les autorités Française auront donc choisi de rester sur sa ligne adoptée en 2001, après les attentats de New-York et Washington. Le gouvernement de l’époque avait fait adopter la loi sur la sécurité quotidienne, qui édictait déjà les principes d’une rétention des données. Mais ce volet était resté lettre morte, faute de décret d’application.

Depuis, la loi sur la sécurité intérieure de mars 2003 et la loi contre le terrorisme de janvier 2006 sont venues renforcer le dispositif. Le décret du 24 mars de la même année vient en préciser la mise en œuvre. Il définit notamment le type de données qui doivent être conservées : les informations permettant d’identifier l’utilisateur ; les données relatives aux équipements terminaux de communication utilisés ; les caractéristiques techniques ainsi que la date, l’horaire et la durée de chaque communication ; les données relatives aux services complémentaires demandés ou utilisés et leurs fournisseurs ; les données permettant d’identifier le ou les destinataires de la communication.

Mais rien sur les contenus proprement dits des connexions au nom du principe de la protection de la vie privée.

Les opérateurs de téléphonie mobile doivent par ailleurs être capables de fournir l’origine et la localisation d’une communication, ajoute le texte : ils se contenteront de garder l’identifiant de l’antenne-relai la plus proche qui prend en charge la connexion et celui où le message est délivré.

Pour certains, ce décret représente toutefois l’aboutissement d’une stratégie de contrôle toujours plus large de la population, dont la lutte contre le terrorisme ne constitue qu’un alibi. « La rétention des données de communication révèle l’intimité des personnes, cartographie leurs activités et identifie les réseaux de relations tissées entre elles ».

C’est exactement ce qu’exploite le logiciel de Huyck le hollandais polytechnicien sous l’égide de Paul.

 

Le décret du 24 mars introduit également le principe d’une compensation pour dédommager les opérateurs « des surcoûts identifiables et spécifiques supportés pour la fourniture » de ces données aux autorités judiciaires qui en font la demande. Mais les montants les modalités devaient être précisés par un arrêté et le calcul n’a jamais été fait.

Signalons aussi que l’article 6 de la loi antiterroriste de 2006, ces dispositions s’appliquent non seulement aux opérateurs télécoms et aux FAI, mais aussi à tout établissement ouvert proposant un accès internet au public, comme les cybercafés.

Il prévoit également que l’accès aux « loggings » de connexion par les autorités policières, à savoir l’historique des événements, « log » pour « journal » de l’anglais « log file », ne soit plus soumis à l’autorisation d’un juge, mais encadré par une personnalité qualifiée, nommée auprès du ministre de l’intérieur.

Un des interlocuteurs de Gustave.

Et ce n’est qu’avec ça – et les écoutes des fréquences de police de Nathalie depuis le Kremlin-Bicêtre où les antennes sises sur le toit-terrasse des locaux qui n’ont jamais été démontées faute de temps (cf. l’épisode « Mains invisibles » des enquêtes de Charlotte, publié aux éditions I3) – que la première alerte de la CISA est déclenchée, via le ministère de l’intérieur, qui relaye en Belgique, alors même que des pandores visitaient le site du Kremlin-Bicêtre guidés par Gustave.

Les coïncidences hasardeuses…

 

De néant, on passe en quelques heures à « alerte-bleue », le lendemain à « jaune », puis quelques heures plus tard à « orange », plus précisément autour de Bruxelles. Puis à « rouge » avant de devenir « noire » quelques heures avant les attentats de Bruxelles : l’écheveau de connexions courtes, cryptées de quelques IP repérés préalablement dans plusieurs « groupes » et forums de l’historique chargé en janvier et février, s’anime brutalement alors qu’ils auraient été restés silencieux et inertes après les attentats de novembre à Paris.

Une « cellule » suspectée de terrorisme, déjà plus ou moins cernée par l’enquête policière qui dispose ex-post des mêmes données téléphonique de novembre et en remonte les fils depuis, vient de se rallumer : trop beau pour ne pas être « signifiant ». !

Plus tard, il y aura des niveaux intermédiaires d’alerte, comme « vert » entre la bleue et la jaune, « blanche » et « bleue-pale » signalant l’existence d’anomalies récurrentes sur les réseaux.

Il faut rappeler le contexte du moment pour mieux comprendre.

 

Tout d’abord, ça se passe en Belgique où il y a trois opérateurs de réseaux mobiles (BASE, Orange (ex-Mobistar), Proximus) mais aussi un certain nombre important d’opérateurs mobiles virtuels MVNO, ou encore par des partenaires commerciaux qui transitent par les mêmes antennes.

BASE, travaille ainsi pour Allo RTL, Turk Telekom Mobile, Aldi, Carrefour Mobile, Contact Mobile, Digiweb, Ello Mobile, JIM Mobile, Join Experience, Nextel Mobile, Ortel Mobile, Simyo, Sudpresse Mobile, United Telecom, Mobile Vikings, SFR, Transatel, Vectone Mobile.

Orange (ex-Mobistar) porte les réseaux du 1617, de Galaxy Mobile Solutions, de Lycamobile, Plug Mobile, Red Bull Mobile, Telenet, Tellink, Transatel, Voo.

Et Proximus travaille avec La Poste, Scarlet Mobile, Schedom/Dommel.

BASE, Orange et Proximus sont les seuls à avoir déployé des infrastructures radioélectriques en Belgique et exploitent des réseaux qui correspondent à différentes générations technologiques : 2G/GSM, 3G/UMTS/HSPA et 4G/LTE.

Le GSM (système 2G) avait été conçu pour n’offrir que le service de téléphonie mobile et des services de messagerie comme les SMS.

Par la suite, les réseaux 2G ont évolué pour offrir des services de transmissions de données appelés GPRS ou EDGE.

Les systèmes 3G (UMTS) et 4G (LTE) visent à fournir aux utilisateurs des services performants de transmission de données pour accéder à Internet, à partir de terminaux mobiles comme les smartphones et les tablettes. La principale différence pour l’utilisateur entre les systèmes 3G et 4G est la vitesse de transmission qui est de l’ordre de six à sept fois plus élevée avec le 4G. Par exemple, la transmission d’une photo dure typiquement une dizaine de secondes sur un réseau 3G, alors qu’elle peut s’effectuer en seulement une à deux secondes sur un réseau 4G.

Selon les enquêtes de satisfaction dans le royaume, c’est toujours Proximus qui mène la danse. Mais les autres opérateurs ne sont pas en reste et rattrapent progressivement le leader. Mobistar a augmenté le nombre d’antennes émettrices d’un tiers alors que Base est carrément en hausse de 50 % !

Globalement, la couverture 4G n’est pas encore au rendez-vous, se limitant bien souvent aux centres des villes et disparaît rapidement dès que l’on s’éloigne de plus d’un kilomètre du centre. C’est Mobistar qui sort vainqueur de ce test-là avec une disponibilité de 53 % du territoire visité par les testeurs contre 37 % pour Proximus et 41 % pour Base.

Proximus est donc étonnamment dernier sur ce seul critère.

Là où le bât blesse en Belgique, c’est que Mobistar est encore victime de nombreuses coupures de connexion : deux connexions sur trois seulement n’ont pas connu de coupures contre 84 % pour Proximus et 81 % pour Base.

De toute façon, les opérateurs sont soumis peu ou prou aux mêmes réglementations qu’en France et la présence à la fois d’Orange et de nombreuses connexions vers ce pays ou d’autres fait qu’une partie des fichiers téléchargés sans distinction par la CISA provient de Belgique.

A priori peu exploitables par la base de données du fichier de l’état-civil français, mais le trafic des messageries et appels cryptés semble être le fait des administrations sis sur place, en isolant assez facilement les administrations européennes (trafic Bruxelles/Strasbourg ou d’autres capitales européennes) et états-uniennes depuis le siège de l’Otan et jusqu’à Washington où les autorités avérées des pays membres.

Or, depuis les attentats de novembre 2015, la coopération anti-terroriste avec la Belgique s’est amplifiée : tout le monde sait les connexions entre les terroristes et leur base arrière en banlieue de Bruxelles et « la machine » surveille indistinctement tout ce qu’elle télécharge.

Et Nathalie voit passer les flux quasiment en direct…

La traque anti-terroriste se prolonge donc jusqu’aux abords de la capitale du plat-pays, ce qui la met en éveil.

 

Le 15 mars 2016, une opération policière à Forest, situé dans la région de Bruxelles-Capitale en Belgique, a lieu à la suite des attentats islamistes qui sont survenus quatre mois plus tôt à Paris dans les 10ème et 11ème arrondissements, ainsi qu'à Saint-Denis aux abords du Stade de France, et qui ont fait 130 morts et plusieurs centaines de blessés.

 

L’opération, menée par les services de police belge, appuyés par des membres des forces de l’ordre françaises, a tout d’abord pour but de mener une perquisition dans le cadre de l’enquête sur ces attentats.

Elle se déroule dans un immeuble à appartements situé à la rue du Dries n° 60, sur la commune de Forest où, à 14 h 15, les six enquêteurs se rendent sur place, en vue d’y mener leur perquisition. Dès l'ouverture de la porte, ils font face à un tir nourri d’armes à feu de type kalachnikov et riot-gun. Trois des six intervenants, dont une policière française, sont légèrement blessés par l’attaque à laquelle ils font face. Un quatrième policier situé à l'extérieur est également blessé.

Mohammed Belkaid, qui a joué un rôle notable de coordinateur à distance dans les attentats du 13 novembre 2015 à Paris sous le faux nom de Samir Bouzid, est tué en protégeant la fuite de Salah Abdeslam et d’un complice, qui seront retrouvés et arrêtés trois jours plus tard à Molenbeek.

Là, les compteurs de Nathalie ne tardent pas à s’affoler.

Un périmètre de sécurité est directement établi et la rue du Dries est fermée à la circulation. Les enfants présents dans les crèches et écoles situées à proximité, sont confinés dans les bâtiments.

Ce n’est qu’ensuite qu’interviennent les membres des unités spéciales belges, lesquels lancent l’assaut contre l’appartement concerné. Deux auteurs prennent la fuite par des toits situés à l’arrière de l’immeuble à ce moment-là. Ils ne sont pas interceptés.

À 18 h 15, un tireur d’élite de la police fédérale tue un suspect présent dans l’appartement, lequel s’apprêtait à faire feu de manière imminente sur des policiers présents dans la rue.

L’assaut prend fin à 18 h 50 et les médias mondiaux se seront précipités.

Gustave demande à sa fille comment on peut prévenir une récidive : instinctivement, il comprend que s’il y a des fuyards, ce n’est que le début des opérations…

Huyck Maartje est mobilisé par Paul : peut-il ou non déployer un dispositif de filature télécom en Belgique, sachant qu’on a les fichiers d’un des trois opérateurs de relais.

« Là comme ça, au pied levé, juste après la sieste ? »

Sieste pour le moins tardive, mais comme dit l’autre, s’il ne la fait pas avant d’aller se coucher, il va être « fatigué » le lendemain.

Oui, rapidement et sans autorisation…

« Ah, bé alors, si c’est sans autorisation, il fallait le dire tout de suite. Je te rappelle ce soir après avoir hacké leurs serveurs ! »

Le soir était définitivement installé depuis un moment et jusqu’à l’aube suivante : pas décalé pour un sou, le jeune-homme…

Il rappellera le lendemain soir, après avoir décuité…

 

Sur place, une fouille des lieux s’en suit, un drapeau de l’État islamique, une kalachnikov, onze chargeurs, de nombreuses munitions et un livre sur le salafisme sont découverts à proximité de la dépouille. Le corps est formellement identifié comme étant celui de Mohamed Belkaid. Il s’agit d’un individu de nationalité algérienne, âgé de 35 ans, en séjour illégal sur le territoire belge, qui aurait reçu en 2014 un ordre de quitter le territoire, non-exécuté. Il est uniquement connu de la justice pour un fait de vol simple. Son nom figurerait pourtant sur une liste de 22.000 combattants de l’État islamique, obtenue par la chaîne de télévision Sky5.

Toutefois, l’enquête démontrera qu’il a joué un rôle notable, si ce n’est important, dans les attentats du 13 novembre 2015 en région parisienne, en utilisant la fausse identité de Samir Bouzid. Il aurait coordonné les terroristes par téléphone depuis Bruxelles, étant notamment le destinataire du dernier SMS envoyé par les assaillants du Bataclan.

C’est aussi « Samir Bouzid » qui a effectué un virement de 750 euros à Hasna Aït Boulahcen, la cousine d’Abdelhamid Abaaoud que ce dernier avait chargé de lui trouver une cache.

Deux autres personnes sont interpellées, elles sont rapidement libérées par le juge d’instruction, sans être inculpées, hors du coup, pendant que se met en place la surveillance des réseaux belges, à l’arrache.

 

À la suite de cette première opération, d’autres perquisitions sont menées dans la commune de Forest, notamment à la chaussée de Neerstalle. Mais également une vers 21 h 25 à la rue de l’eau, à la suite du fait que des chargeurs de Kalachnikov ont été découverts à proximité.

Une arme de ce même type y est trouvée. Une trentaine de box de garages et un hangar sont également fouillés.

Le mercredi 16 mars 2016 une perquisition est également menée sur la commune de Sint-Pieters-Leeuw.

L’organe de coordination pour l’analyse de la menace, maintient pourtant le niveau de menace à 3, à la suite de ces événements. Soit que la menace est possible et vraisemblable, mais pas immédiate. Cela sera confirmé par le premier ministre belge Charles Michel.

La découverte d’empreintes digitales et de traces ADN de Salah Abdeslam aide à conduire à sa capture à Molenbeek-Saint-Jean, trois jours plus tard, le 18 mars 2016, alors que l’opération initiale ne le visait pas.

 

Cette opération policière s’est déroulée dans l’après-midi. Y sont interpelées cinq personnes, dont Amine Choukri et Salah Abdeslam, en cavale depuis le 14 novembre 2015.

Salah Abdeslam est suspecté alors d’avoir conduit trois des dix terroristes au Stade de France, qui s’y sont fait exploser, à bord d’une Renault Clio noire. L’automobile en question est plus tard retrouvée place Albert-Kahn. Il prend ensuite la direction de Montrouge (Hauts-de-Seine), via le métro parisien. Puis, une ceinture d'explosifs lui appartenant est retrouvée non loin de Montrouge, rue Chopin à Châtillon.

L’organisation État islamique aura revendiqué ces attentats, mais également une attaque dans le 18ème arrondissement, qui ne s’est pas produite. Salah Abdeslam est soupçonné d’avoir renoncé à commettre cette attaque.

S’ensuivra une cavale de 126 jours, au cours de laquelle Salah Abdeslam passe à travers plusieurs contrôles et reste introuvable. Le 15 mars 2016, lors de cette perquisition à Forest, on retrouve ses empreintes digitales sur un verre dans l’appartement perquisitionné.

Plusieurs appartements de Molenbeek-Saint-Jean sont mis sous surveillance dès le mardi, après un témoignage reçu qui apprend à la police que Salah Abdeslam est en mauvaise posture et qu’il cherchae activement un refuge. L’opération a été avancée, car les découvertes récentes de l’enquête avaient fuité dans les médias.

Les forces de l’ordre belge évacuent d’abord les riverains, avant d’ouvrir le feu à 16 h 47 précises sur une maison de deux étages, au 79 de la rue des Quatre Vents.

À 18 h 15, Salah Abdeslam est appréhendé. Il est blessé au genou et transporté à l'hôpital Saint-Pierre pour y être soigné.

Des déflagrations ont par la suite été entendues vers 18 h 40 et 19 h 10.

L’opération s'achève à 20 h 30 et le plan d'urgence est levé à 22 h 04.

L’opération policière donne lieu à l’interpellation de trois personnes, dont Salah Abdeslam, une femme et Amine Choukri, qui accompagnait Abdeslam à Ulm en octobre 2015.

 

Ceci dit, les logiciels Huyck Maartje et ses bases de données constituées et ingurgitées à la hâte des historiques belges auront détecté entre-temps plusieurs « groupes » suspects (cryptés et à connexions vers des sites réputés djihadistes) qui redeviennent inactifs, conformément aux schémas présumés annonçant une série d’attentats, comme l’avait indiqué Sir Oliver John, le sous-directeur du MI5 rencontré par Paul lors de son passage à Londres, de retour des Antilles-néerlandaises après les fêtes de fin d’année.

Alors que tout le monde pense que cette fois-ci, c’est bien terminé pour cet épisode-là.

Même Morthe-de-l’Argentière qui rentre, déçu d’avoir mis en transe tout le monde, sans résultat probant.

Car après la série d’arrestations des derniers jours, c’est logique.

Sauf que, Nathalie note des communications courtes et des SMS de 5 participants à ces forums fermés qui redeviennent actifs, contre toute logique : soit il s’agit de quidams qui n’ont rien à voir avec les personnes interpelées et reforment un groupe « d’idiots-de-Lénine », qui ne fait que passer pour prendre des nouvelles, soit c’est déjà plus grave.

Gustave, immédiatement alerté prend alors sur lui de lancer une alerte rouge sur Bruxelles, aussitôt transmise aux autorités locales par son correspondant au ministère de l’intérieur.

Il en dira plus tard qu’il n’avait rien à perdre et tout à gagner…

La nouvelle parvient au soir à Bruxelles et n’est exploitée qu’au lendemain matin : le pays est déjà en alerte niveau 3, pas la peine d’affoler les populations.

 

Ce jour-là, le 22 mars 2016, à 7 h 58, deux explosions se produisent dans le hall des départs de l’aéroport international de Bruxelles situé à Zaventem dans le Brabant flamand, l’une près de l'accueil de Brussels Airlines et l’autre près de celui d’American Airlines, où de nombreux passagers enregistraient leurs bagages pour un vol à destination de New York.

Une autre explosion se produit à 9 h 11 dans le métro bruxellois sur la rame qui quittait la station Maelbeek, rue de la Loi, dans le quartier européen, vers le centre-ville.

Le bilan provisoire fait état de quinze morts et cinquante-cinq blessés pour cette troisième attaque.

Les frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui, originaires de la commune de Schaerbeek, proches de Salah Abdeslam, viennent de se faire exploser, le premier à l'aéroport de Bruxelles et le second dans la station de métro de Maelbeek.

Najim Laachraoui, également de Schaerbeek qui apparaît avoir tenu un rôle notable dans l’organisation des attentats de Paris le 13 novembre 2015 sous le faux nom de Soufiane Kayal, est identifié comme l’autre terroriste kamikaze qui s’est fait exploser dans le hall d’enregistrement de l’aéroport bruxellois.

Mohamed Abrini, lui aussi impliqué dans les attentats de Paris, est identifié comme l’« homme au chapeau », le troisième terroriste de l’aéroport de Zaventem qui s’est enfui et qui a finalement été arrêté le 8 avril à Anderlecht.

Le « plan catastrophe » est enfin déclenché à la suite de cette double explosion. 

 

L’ensemble du trafic aérien de l’aéroport est alors suspendu et le niveau d’alerte est remonté au niveau 4 pour toute la Belgique, cette décision ayant été prise par l’organe de coordination pour l’analyse de la menace.

Via l’agence Amaq, l’organisation terroriste État islamique revendique, dans l’après-midi du 22 mars 2016, la responsabilité de ces attentats.

L’enquête démontrera plus tard que c’est la même cellule terroriste islamiste franco-belge, constituée au départ autour d’Abdelhamid Abaaoud, qui a préparé, coordonné et commis les attentats de Paris le 13 novembre 2015 et ceux de Bruxelles le 22 mars 2016.

Il semble que les auteurs prévoyaient initialement de seulement frapper le quartier de La Défense et l’institut catholique Civitas en France et pas du tout la Belgique, leur base de repli.

Ils auraient changé de cible en raison de la pression policière et de l’arrestation d’Abdeslam.

Un conducteur de taxi reconnaît les trois suspects et indique qu’il les a pris en charge en bas d’un immeuble à Schaerbeek. La police perquisitionne un appartement et découvrent un engin explosif contenant des clous, ainsi que des produits chimiques et un drapeau de l’État islamique.

Le responsable de la lutte antiterroriste de la police de New York, John Miller, annonce lors d’une conférence de presse que des enquêteurs américains du FBI, accompagnés de membres de la police new-yorkaise, allaient se joindre à l’enquête en cours, menée par la Belgique, du fait que parmi les victimes des attentats on dénombre aussi des Américains.

L’heure de gloire approche pour l’amiral : ils passeront aussi tous en délégations serrées au Kremlin-Bicêtre !

 

On confirmera par la suite que les frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui, des proches de Salah Abdeslam avait été précédemment condamnés par la justice pour grand banditisme, étaient liés aux attentats de Paris du 13 novembre 2015 dans la mesure où Khalid El Bakraoui serait l’homme qui aurait loué la « planque » de Charleroi d’où était parti un des commandos des attaques de Paris, et également l’appartement à Forest où se trouvaient d’autres terroristes dont Salah Abdeslam qui avaient échangé des coups de feu avec la police venue le perquisitionner ce qui avait entraîné la mort de Mohamed Belkaid alias Samir Bouzid, et la fuite d’Abdeslam interpellé trois jours plus tard à Molenbeek.

Le jeudi 24 mars 2016 en début de soirée, trois personnes sont arrêtées à bord de leur véhicule face au bâtiment du parquet fédéral à Bruxelles.

On apprend le 26 mars 2016 qu’une des personnes arrêtées est le nommé Fayçal Cheffou. Ce dernier est présenté devant le juge d’instruction le vendredi 25 mars 2016, lequel l’inculpe et le place sous mandat d’arrêt du chef de participation aux activités d’un groupe terroriste, assassinats terroristes et tentative d’assassinats terroristes.

Son domicile est également perquisitionné, sans qu’aucune arme ou explosif ne soit retrouvé. Le chauffeur de taxi qui avait convoyé les trois terroristes de leur planque de Schaerbeek à l’aéroport, et qui avait par la suite mené les enquêteurs vers cet appartement conspiratif rempli d’armes lourdes et de matériel explosif, reconnaît le troisième terroriste, surnommé par la presse « l’homme au chapeau », comme étant Fayçal Cheffou.

Fayçal Cheffou connu des autorités judiciaires, aurait notamment été arrêté administrativement à plusieurs reprises pour avoir tenté de recruter des personnes en séjour illégal dans le parc Maximilien à Bruxelles, lors de la crise migratoire en Europe.

Par le passé, il se présentait également comme étant un « journaliste indépendant ».

Il est libéré le 28 mars, sans être poursuivi par la justice. Il est cependant interpellé de nouveau le lendemain à Merchtem par la police pour soupçon d’intrusion dans une habitation privée, qui avait par ailleurs fait l’objet d'une perquisition plus tôt dans la journée dans le cadre d’un autre dossier d'enquête pour terrorisme.

« L’homme au chapeau » est finalement identifié comme étant Mohamed Abrini, interpellé le 8 avril à Anderlecht. Le même jour, les autorités belges arrêtent Osama Krayem, un jeune Suédois qui aurait assisté les kamikazes en achetant les sacs utilisés lors des attentats de l’aéroport et du métro.

Ses traces ADN sont retrouvées dans la planque de rue Henri-Bergé, à Schaerbeek, utilisée par Salah Abdeslam au début de sa cavale en novembre 2015. Krayem se serait enregistré sous une fausse identité, le 20 septembre, sur l’île grecque de Leros tout comme un de ses complices Sofiane Ayari arrêté en compagnie de Salah Abdeslam le 18 mars.

 

L’ensemble des transports en commun de Bruxelles seront mis à l’arrêt jusqu’à nouvel ordre. Le 23 mars, la STIB met en place un système de réseau ultra-sécurisé avec l’aide de militaires qui inspectent chaque voyageur, les lignes de métro 2 et 6 ainsi que le tram 81 restent à l’arrêt alors que le reste des infrastructures fonctionnent de manière limitées. La ligne de métro reliant les stations Herrmann-Debroux et Stockel à Érasme ne s’arrête que sur les principales stations.

Les gares ferroviaires de Bruxelles-Midi, Bruxelles-Nord, Bruxelles-Central, Bruxelles-Schuman, Bruxelles-Luxembourg, Delta, et Schaerbeek sont évacuées et fermées jusqu’à nouvel ordre, de même pour les tunnels routiers, eux aussi provisoirement bloqués.

Le 22 mars, vers 17 h, les gares de Bruxelles-Midi, Bruxelles-Nord, Bruxelles-Central, Bruxelles-Luxembourg rouvraient leurs portes avec un contrôle systématique de tous les voyageurs, mené par les militaires déployés depuis 14 h dans le centre-ville. Les gares de Bruxelles-National-Aéroport, Bruxelles-Congrès, Bruxelles-Chapelle, Mérode, Simonis, Delta et Bruxelles-Schuman restent inaccessibles aux voyageurs.

Un grand traumatisme pour les belges et les bruxellois, qui aura reçu un immense écho à travers le monde et trois jours de deuil national au royaume.

Par la suite, des réunions de crise à Paris, à Londres, et même à Amsterdam alors que les sièges des ministères concernés se trouvent à La Haye, auront eu lieu à la suite de ces attentats.

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/11/laudato-si-lxv.html

 

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