Laudato si… (LXI)

13/11/2016 12:09

 

Soixante-et-unième chapitre : De retour de Téhéran.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Encore une mission de dingue comme seuls les militaires savent les inventer !

Il a tout juste le temps de passer un coup de fil à Gustave pour lui expliquer qu’il vient de nouer un deal avec la CIA et les SIS qui va l’obliger à être absent encore deux ou trois jours.

L’autre exulte de son côté, parce qu’il aurait plein de choses à lui raconter.

Paul perçoit comme l’effervescence des « affaires qui tournent rond ».

 

Sitôt après, il se retrouve dans la Bentley du sous-directeur, en route pour traverser la Tamise et se rendre vers Hyde-Park. Et il se retrouve dans la « war-room » dans les sous-sols de l’ambassade US à Londres, un horrible bâtiment du début des années 60 situé au 24 Grosvenor Square, Mayfair, London W1A 2LQ, pas très loin de Soho, le quartier chic des « Frenchies-bobo » en expatriation.

Pareil que la fac de Dauphine, ancien siège de l’Otan, du temps où le Général De Gaulle n’avait encorepas claqué la porte de l’organisation atlantique, située pas très loin de l’ambassade de l’ex-URSS, construite semble-t-il sur les mêmes plans, en tout cas de façades…

Pas beaucoup d’imagination à cette époque-là…

 

Le plan est simple, en disent les officiers présents. Il prend un avion pour la Turquie. À Ankara, un hélicoptère civil affrété par la CIA le convoiera à Incirlik Air-Base où l’attend un De Havilland civilavec son équipage de barbouzes, direction de Téhéran en transit pour Colombo.

2 heures 30 de vol pépère à 184 nœuds.

Là, ils atterrissent à Ghale Morghi, un aéroport international de seconde zone utilisé par les forces aériennes iraniennes, posé à 4.000 pieds d’altitude dans le fond d’une vallée, à proximité immédiate de la capitale iranienne.

L’équipage fait refaire les pleins pour un départ aux aurores, dépose leur plan de vol pour le lendemain et part officiellement se reposer dans un hôtel du coin.

En fait, ils filent en taxis, l’un les déposant au Hilton où ils louent deux chambres et l’autre les reprenant vers l’aéroport Khomeiny, situé de l’autre côté de la ville et y embarquent dans le premier avion en partance pour l’Asie.

Paul, lui reste dans le coffre à bagages avec une couverture de survie, un sandwich et une bouteille d’eau, sans sortir ni se montrer.

Jusqu’à l’aube.

« Et je fais pipi comment, moi ? »

Dans la bouteille d’eau ?

Dégueulasse…

Il n’ose pas poser la question pour la « grosse commission » de peur de se faire voler dans les plumes pour des histoires de ... merde !

 

L’avion est équipé d’un kit de détection de missile et d’un autre de contre-mesures. Car sitôt l’aube arrivé, et là il s’agit d’être précis, Paul est censé décoller depuis son aire de parking, de filer plein est et de se poser sur l’étendue d’eau du Azadi-stadium axé nord-ouest-sud-est, un équipement sportif local, à proximité du stade du coin.

C’est son arrivée à Téhéran qui déclenchera l’opération de diversion des mutins de la prison.

Mais plus tôt ce sera fait, mieux ça vaudra pour « l’exfiltré ».

Impératif à ce moment-là : être précis, parce qu’entre temps, « l’exfiltré » et l’équipe de soutien de la CIA ont à peine 30 minutes pour forcer les obstacles et se présenter sur le stade au bord de la partie sud-est du plan d’eau, côté sud de la rive, embarquer et Paul redécolle aussitôt, turbine en route : « Pas plus de trois minutes ! »

Après, tout peut arriver.

« – Là, se poser en plein ville, sans même une autorisation de l’autorité de contrôle aérien, ce n’est pas un peu risqué ?

– Parce que vous pensez sérieusement, sir Charlotte, qu’ils vont vous donner une autorisation pour ce genre d’opération ? »

Pas forcément, effectivement…

Mais décoller à la façon d’un pirate, c’est un coup à perdre sa licence internationale…

« Seulement si vous vous identifiez… »

Ce qui n’est pas faux, mais tout de même, il s’agit de ne pas croiser un autre avion ou un véhicule pas averti de la manœuvre.

 

Les officiers qui ont conçu ce plan scabreux estiment à 2 minutes l’alignement, une pour le décollage et une prise de cap et d’altitude, 16 pour atteindre le plan d’eau, une autre pour rejoindre le bord, 3 pour embarquer l’équipe à extraire et se remettre en position de décollage et 2 minutes pour prendre un peu d’altitude et un cap en direction de la mer Caspienne en rase-motte dans les montagnes, globalement vers le nord.

Pas de couverture aérienne.

Une fois au-dessus de la mer Caspienne, cap à l’ouest pour atteindre l’Azerbaïdjan après environ deux heures de vol.

« – Si tout va bien… 

– En 24 minutes tout compris, ils n’auront pas le temps de réagir. Après, en revanche, ils peuvent faire n’importe quoi et même vous envoyer la chasse. »

Oui, mais après, lors des deux heures de vols vers la mer ?

« Moins d’une heure au-dessus de leur territoire. Et vous resterez à très basse altitude au fond des vallées pour éviter leurs radars au sol… »

Ah oui et s’il y a des nuages ? Et si la chasse donne la chasse avec ses radars doppler ?

C’est que les forces aériennes iraniennes disposent au dernier comptage de 270 jets de combat… 36 Mig 29 russes, 10 Mirage F1 français, 43 F14 Tomcat, 70 F4 Phantom, 75 F5 Freedom Fighter américains, 24 J7 Chengdu chinois et 12 Hesa de fabrication locale.

Un pauvre hydravion ne pourra pas grand-chose face à cette armada, sans compter la DCA au sol autour des « sites sensibles ».

« Il n’y en a pas sur votre route, hors les abords de la côte. Et la plupart de ces avions sont parqués au sud, le long du golfe Persique. Un peu moins d’une heure de vol en mode supersonique. Et beaucoup ne sont plus en capacité de voler utilement. »

L’optimisme, là !

Y’en a peut-être stationnés le long de la frontière irakienne, ou encore au nord du pays et qui voleront « de face ».

On ne peut pas envisager une autre façon de faire ?

« Vous décollez dans 28 minutes. Tout juste le temps de rejoindre Heathrow. S’il n’y a pas trop d’embouteillages. »

Quand c’est débile, c’est vraiment totalement débile…

Paul en a l’estomac noué.

 

La première partie « du plan » se passe donc comme prévu jusqu’à Téhéran. Paul en profite pour prendre un peu de repos pendant que les barbouzes du service pilotent la machine. Pas d’histoire, juste un peu de turbulences à l’approche nocturne.

Paul se planque et les deux autres l’abandonnent en début de nuit, pour filer vers l’aéroport international, une fois les pleins faits pour un départ soi-disant « à l’aube ».

Avant l’aube, alors que tout est calme autour de lui, Paul est aux écouteurs dans le noir du ciel étoilé, un peu encombré de cumulus, pour suivre les évolutions de l’équipe à terre chargée de convoyer le chercheur évadé de sa prison.

C’est là que ça dérape totalement.

La mutinerie n’aura pas permis d’extraire la cible et on apprendra bien plus tard qu’elle aura été exécutée. Là ou une autre fois, on ne saura pas : un bel échec !

En revanche, l’équipe de soutien au sol tarde un peu à donner le « top-départ ».

Paul n’y tient plus et, contrairement aux consignes initiales, demande à la tour l’autorisation de rouler pour un départ immédiat et en vol VFR.

« Avec un petit tour au-dessus de la ville, pour faire des photos de lever du soleil », précise-t-il au micro.

Comme ça, pas d’ambiguïté. D’autant qu’il reçoit sans difficulté l’autorisation de roulage avec le chemin de balisage jusqu’à l’entrée de la piste et consigne de prendre langue avec la tour sur la fréquence idoine à l’entrée de la piste.

La procédure normale, quoi : pas de suspicion dans l’air.

Il tarde juste un peu, et au moment où il se décide, il entend clairement le top départ de l’équipe de convoyage au sol : dans les temps !

Décollage, prise de d’altitude, virage, clearance pour se signaler au centre de contrôle régional du vol pendant qu’il s’aligne vers le plan d’eau, un peu gêné par le soleil qui se lève en face et sur sa gauche.

Les radars ne s’affolent même pas de le voir à si basse altitude : ils doivent dormir devant leurs écrans.

Amerrissage impeccable, manœuvre d’approche un peu lente. Deux gusses s’agitent sur les bords sud du plan d’eau, comme convenu. Sauf qu’ils auraient dû être trois.

Qu’est-ce qui s’est passé ?

« On file. Ça a foiré ! On dégage de ce putain de pays… Et vite, please ! »

Évitement, manette au tableau, prise de vitesse, déjaugeage et ce n’est seulement qu’à ce moment-là que le contrôleur se rend compte que l’avion n’est pas à sa place sur son écran et s’inquiète dans les écouteurs.

« Yes !  Je regagne mon altitude, mais changement de programme, on fait un tour vers Chaloos avant de reprendre notre route vers Colombo » au Sri-Lanka.

Pas de réaction hors un « roger » réglementaire.

 

Un vol finalement sans histoire, d’une grosse demi-heure avant d’atteindre la mer Caspienne avec un changement de zone de contrôle au passage.

Paul bidouille son transpondeur, tel qu’il s’annonce sur la nouvelle fréquence avec un nouveau code donné par le contrôleur local et indique son intention de faire des photos de la côte jusqu’à la frontière en prenant bien soin de rester en limite des eaux territoriales et de ne pas rentrer dans les zones de contrôle aériennes russes.

Frontière qu’il dépasse une grosse heure plus tard pour atterrir à Lankaran en approche directe sur la piste 33.

Ce qui l’obligera à revenir en arrière pour rejoindre le parking et remettre l’avion aux agents qui les attendaient là depuis près de deux heures.

 

Lankaran, paraît-il une jolie ville, construite sur un marécage le long de la rive nord de la rivière portant le nom de la ville, avec ses plages de sable-fin, ses sources d’eau minérale situées à 12 km à l’ouest de la ville et les ruines du château de Ballabur, près du village du même nom.

La région aurait une vaste zone de parcs nationaux et « Gizil-Agach State Reserve » abrite plus de 250 types de plantes, 30 espèces de poissons et plus de 220 sortes d'oiseaux qu’il ne verra pas.

Lankaran est également connu pour son « Parrotia persica », ou « ironwood » le seul arbre naturellement présent dans la région qui, selon le mythe local, coule dans l’eau, d'où le nom (bois de fer).

Historiquement, particulièrement dense, il a été utilisé pour le chauffage, car il brûle sur une longue période et ne s’éteint pas facilement.

Un Learjet les attend sur le tarmac.

« Des difficultés avec la chasse iranienne ? »

Aucune. Ils n’ont vu que du feu.

Les difficultés sont à voir avec le commando au sol, tel que ça leur demande du temps pour débriefer leur échec et se faire engueuler, avant de rentrer sur Londres avec escale à Paris.

Une mission impossible, mais finalement presque trop facile, sauf qu’elle a été complètement ratée…

Et qu’un homme en sera mort, si ce n’est déjà le cas.

Pensez donc qu’une mutinerie plus une tentative d’évasion, c’est bien la preuve de la culpabilité de Shah Arimi : un espion américain, à n’en pas douter !

Cette opération avortée l’aura définitivement condamné…

 

À Paris, Paul passe la nuit dans son « loft-sur-quai-de-seine » et se fait intercepter sur le retour de son petit footing matinal autour du quartier par Miss-Nathalie, celle au chat divagant, la coloc de Marie-Claire aux yeux myosotis, sa voisine de palier toujours aussi attrayante malgré sa coquetterie dans l’œil, parfaitement ravie de croiser son voisin…

« C’est que j’ai à te parler… On ne te voit plus beaucoup, par ici…  »

Si c’est pour un plan cul, il faudra qu’elle attende : là, il prend sa douche et file dans ses locaux du Kremlin-Bicêtre : le devoir l’appelle.

« Et ta dame, elle ne revient plus ? Son opération s’est bien passée, au moins ?  »

Tellement bien qu’elle est restée en Californie, sa destination américaine de prédilection.

Alors célibataire, en ce moment ?

On peut dire ça comme ça. « Mais tu le sais, je suis chargé de famille… »

Elle sait et ça ne la gêne pas. 

« Mon « cousin » Lev souhaiterait s’entretenir avec toi. Il paraît que tu aurais peut-être besoin de lui… »

C’est qu’elle faisait donc le guet à l’avoir entendu arriver hier soir, en service commandé…

Lev, c’est l’officier d’active du Mossad qu’il avait déjà croisé dans le passé dans sa course folle d’espionnage des russes et de leur T50, et des chinois et de leur J20 dans le même élan (cf. épisode « Au nom du père » tome II des enquêtes de Charlotte, publié aux éditions I3) a une époque où la CIA le promenait encore par le bout du nez, par l’intermédiaire du Directeur Charles Almont, décédé depuis.

Une autre histoire, celle d’une époque où l’argent manquait…

Les choses ont changé depuis.

«  – Et il me veut quoi, pour mon plus grand bien, ton cousin ?

– Je ne sais pas, tu penses bien ! Passe prendre un verre ce soir, je te donnerai son numéro de téléphone… »

Comme si elle ne pouvait pas lui fournir tout-de-go…

« – Ok, un de ces soirs, promis. Mais s’il y a urgence, tu connais mes coordonnées téléphoniques, dis-lui de m’appeler, ce sera plus simple.

– Mais pour le verre de… l’amitié, alors ?

– Un de ces soirs, viens-je de te dire. Promis, Nath ! »

 

Dans l’heure qui suit, il est à pied d’œuvre « au siège ». Il y a du monde, des têtes inconnues qui grattent studieusement du papier dans la grande salle centrale.

C’est qui tous ces gens ?

Barbara, également aux anges, explique qu’il s’agit des réunions d’entretien en rapport avec les embauches d’agents de sécurité pour la CISA.

« Votre camarade le portugais est passé hier nous remettre tous les papiers et justificatifs de vos nouvelles sociétés. Je n’ai rien compris. »

Pas grave, il aura le temps de lui expliquer.

« Je fais quoi avec sa note d’honoraires ? Elle est salée ! »

Pas tant que ça : à peine 5 chiffres…

« Gustave va arriver pour faire la partie technique des entretiens. Il faut que je m’y mette pour la partie administrative. »

Jean-Charles est-il attendu également ?

« Il est à Berlin avec Loïc et ses équipes, pour débriefer la saison. Ils l’ont sauvé, finalement. Ça a très bien marché. »

Pourquoi en douter après la piqûre qu’il leur avait mise en septembre dernier. Mais pourquoi Berlin ?

« Une idée de Loïc… Pour un petit séminaire de motivation avant de réattaquer pour la saison des remises des diplômes de fin scolarité en juin prochain. »

Encore des frais… Enfin, si la saison a été bonne, il n’y a rien à reprocher à cet associé-là.

D’autant mieux que c’est la première saison où Paul ne s’est pas impliqué du tout et qui a fonctionné « toute-seule ».

Pas comme les précédentes à marquer de pierres noires, tel que l’activité avait failli être fermée plusieurs fois.

Alors ne mégotons pas sur « les frais » : Loïc sait ce qu’il fait à n’en pas douter.

Et Paul file dans son bureau situé au second étage vérifier tout ça à la lecture des tableaux de bord hebdomadaires fournis par « la machine », Barbara et Jean-Charles.

Et éplucher les tombereaux de factures qui s’empilent sur sa table de travail et… un peu par terre : celles des chantiers de Normandie qu’il s’agit de viser pour archivage, parce qu’elles ont déjà été payées pour la plupart !

Une fortune.

 

Gustave débarque alors que Paul ausculte ses comptes sur les serveurs de ses banquiers.

Il est aux anges, lui aussi : tous les projets avancent à grands pas !

Juste le temps d’expliquer qu’il redescend faire sa dizaine d’entretiens matinaux et il insiste pour que les deux hommes déjeunent ensemble pour « faire le point ».

Il y a bien le couscoussier, en bas sur la nationale 7, mais il faudra remonter la pente l’estomac chargé après coup : ce sera pour la brasserie de la place voisine.

« Bon, premier point, en Normandie, votre copine « à l’O’cedar sur la tête » (faisant ainsi référence à Mylène et à sa chevelure foisonnante et frisée) a ouvert votre restaurant et s’est même occupée de vous recruter une équipe pour l’activité hôtelière. Il faudrait que vous y passiez pour vous rendre compte.

À mon goût, c’est pas mal du tout. »

Pas un gage de réussite, mais sait-on jamais…

« – Deuxième chantier, celui de la contre-pente de la colline derrière le petit-bois, pour les futurs locaux techniques de la CISA. Ça sera terminé en fin de semaine. Ma fille est sur place et je vais y aller pour la réception des travaux. On doit pouvoir emménager la semaine prochaine, mais on est un peu bloqué par la définition des matériels à y installer.

Là, on est en retard dans le recrutement de l’ingénieur qui va mettre en place les logiciels que vous voulez.

Troisième point, je suis en contact avec le ministère de l’intérieur et celui des armées pour mettre en place une collaboration efficace sur le pompage des fichiers dont on a besoin.

Au début, ils ne voyaient pas trop l’intérêt, mais je pense que c’est en bonne voie à force de plaidoyer et d’ouvrir les portes.

– Ne vous en faites pas trop sur ce sujet. Je suis allé jusqu’en Iran pour vous venir en aide via Interpol et ou le ministère des affaires étrangères.

– Comment ça ?

– Les britanniques seraient prêts à mutualiser nos et leurs moyens à des conditions que je ne connais pas encore. Idem pour le NSA…

– Bon Dieu ! Comment vous avez réussi ça ?

– Rien n’est encore fait, mais c’est en bonne voie. Ils ont décidé de progresser dans la même voie pour leur sécurité publique à eux. Les effets des attentats du 13 novembre dernier à Paris.

– La vache ! Ça aura eu donc des effets positifs, cette tragédie-là ?

– On va voir. En tout cas, ils m’ont refilé quelques tuyaux utiles, peut-être de façon involontaire, mais je sais désormais comment on va procéder pour détecter des « suspects ».

– Et comment ?

– En surveillant de loin les activités du « blacknet », des messageries cryptées et des forums qui se montent et se démontent.

– Mais on ne peut pas décrypter leurs contenus, leurs échanges…

– Même pas besoin ! Il suffit de traquer et repérer leur existence et les volumes et fréquences de leurs trafics sur le réseau. Ça, on va apprendre à savoir faire automatiquement.

– Et alors ? En quoi c’est prédictif ?

– Le sous-directeur du MI5 en charge de cette surveillance m’a expliqué que l’élément prédictif, c’est la disparition desdits forums… Celui qui va passer à l’action terroriste. Il faudra vérifier auprès de responsables de la DGSI s’il y a réellement une relation. Après on s’adaptera !

– Magnifique. Et les américains ?

– Ils seront dedans, dans le dispositif mutualisé. Je suis allée en Iran sortir un de leurs espions de sa prison à l’occasion d’une mission secrète et expresse d’exfiltration. La raison de mon retard à revenir des caraïbes. Bon, ça a foiré, mais je n’y suis pour rien. En revanche, ils savent que je suis désormais disponible hors les circuits habituels de Matignon.

Et si les anglais sont ok et que nous leur demandions de renvoyer l’ascenseur, je reste persuadé qu’ils le feront.

– Alors là, patron, chapeau ! Un grand bravo !

– Ce n’est pas tout : le Mossad s’est réveillé. Il se pourrait qu’ils aient entendu parler de nos projets et qu’ils y collaborent, je ne sais pas. Il ne restera plus que le SIV.

– Là, je dois vous avouer que votre curé est reparti à Rome en votre absence laissant Matilda en Normandie. Et qu’il m’a demandé que vous le contactiez dès que vous rentrerez.

Probablement pour rencontrer les responsables du SIV et de la sécurité intérieure italienne.

– Sait-on jamais !

– On tient peut-être le bon bout, finalement… Bon, il faut aussi que je vous parle de l’organisation de votre propre sécurité : j’ai tout changé ! »

Allons bon…

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/11/laudato-si-lxi.html

 

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