Laudato si… (IX)

17/07/2016 12:15

 

Neuvième chapitre : Defense Intelligence Agency.

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

À ne pas confondre avec la Drug Intelligence Agency, le super-gendarme des stupéfiants américain.

Cette agence dépend du Département de la Défense des États-Unis, autrement dit le ministère de la défense, alors que l’autre dépend du ministère de la justice.

 

C’est une création du 1er octobre 1961 qui remplace la division de contre-espionnage, dont le rôle reste le renseignement militaire et qui compte environ 16.500 personnes à ses effectifs, dont à peine 35 % de militaires détachés/rattachés. Elle siège, pour un tiers des effectifs, au Pentagone et tous sont commandés par le lieutenant général Vincent R. Stewart depuis janvier 2015.

Elle sert de principal gestionnaire et producteur du renseignement militaire étranger, y compris l'information politique, économique, industrielle, géographique et médicale étranger liée à la défense nationale.

La DIA répond aux besoins du président des États-Unis, du Secrétaire à la Défense, du comité des chefs d’États-majors interarmées, et collabore avec les autres hauts fonctionnaires de la communauté des agences du renseignement.

Tous travaillent à l'acquisition et à l’analyse du renseignement partout dans le monde. L'agence a aussi son propre service des opérations clandestines, le « Defense Clandestine Service » (DCS), qui mène des activités d'espionnage dans le monde entier, en particulier dans les pays où le DoD a un meilleur accès, ou des experts plus spécialisés que la Central Intelligence Agency (CIA).

 

La DIA se distingue de la CIA qui est, elle, plus focalisée sur la production de renseignement non-militaire à destination du président des États-Unis, du Conseil de sécurité nationale et du cabinet.

Elle est décrite, en 1986, comme un département de la Défense pour le soutien de combat et comme agence de renseignement.

Victor Marchetti et John D. Marks, anciens hauts fonctionnaires américains, ont publié en 1974 le livre « La CIA » et son culte du renseignement indiquant les effectifs et budgets concernant les agences de renseignement des États-Unis, mais si ces chiffres sont à prendre avec précaution, les effectifs de la NSA sont par exemple surestimés par rapport aux chiffres donnés dans une histoire officielle de la NSA.

La guerre du Viêtnam n'était pas alors terminée, ce qui explique en partie les effectifs des renseignements militaires : l’effectif a été estimé dans ce livre à 5.000 employés et elle avait environ 200 millions de dollars de budget (900 millions de dollars valeur 2010). Elle passe des marchés propres et compile les rapports des services de renseignement militaire pour le ministère de la Défense, le gouvernement et d'autres services et, curieusement, elle est alors loin d'avoir les effectifs des services de renseignement des principales branches des forces armées des États-Unis.

Par exemple, l’Air Intelligence Agency pour l'USAF compte 56.000 employés et un budget de 2,7 milliards de dollars (12 milliards de dollars valeur 2011) ; l’United States Army Intelligence pour l'armée de terre dénombre 35.000 employés et un budget de 700 millions de dollars (3,13 milliards de dollars valeur 2011) ; l’Office of Naval Intelligence pour l'US Navy emploient 15.000 personnes et son budget aurait été de 600 millions de dollars (2,68 milliards de dollars valeur 2011).

La DIA fait figure de « parent-pauvre ».

 

Mais en 2012, un nouveau service, le Defense Clandestine Service (DCS), dédié au renseignement humain extérieur a été créé. Et en 2014, 500 agents sous couverture ont été formés au lieu des 1.000 prévus car les programmes de formations de ce service ont été revus à la baisse.

Depuis, les chiffres exacts du budget alloué à la DIA sont tenus secrets pour des raisons de sécurité.

Si la DIA a son siège au Pentagone, son quartier général se situe au Defense Intelligence Agency Headquarters (DIAHQ), situé sur la base aérienne Joint Base Anacostia-Bolling dans Washington, DC.

Elle a des activités majeures à son quartier-général, mais tout autant au National Center for Medical Intelligence (NCMI) à Fort Detrick, Maryland, au Joint Use Intelligence Analysis Facility à Charlottesville, Virginie et au Missile and Space Intelligence Center (MSIC), à Huntsville (Alabama).

C’est une administration qui est membre de la communauté du renseignement des États-Unis et elle est donc placée sous l’autorité du directeur du renseignement national.

Ses activités sont souvent comparées à celles du GRU (Russie), du Defence Intelligence Staff (Royaume-Uni), de la Direction du Renseignement militaire (France) et de l'Aman (Israël).

 

William River a été recruté par les équipes du lieutenant général Harry E. Soyster, issu de l’armée de terre des USA, en poste de décembre 1988 à septembre 1991, puis confirmé par le lieutenant général James R. Clapper, de l’USAF, en poste de novembre 1991 à août 1995 après l’intérim de Dennis M. Nagy, directeur civil pendant deux mois.

Un homme qui apporte des fonds secrets dérobés aux koweïtiens, ça mérite une protection juridique et financière dont il a bénéficié à l’époque d’un « reclassement » à la hauteur de ses espérances, organisé par le service.

Et là, en septembre 2015, alors que cet « agent » dormait, l’inattendu : il prend contact selon la procédure secrète prévue en cas d’imminent danger, pour rencontrer au plus vite son « officier traitant » à Anacostia-Bolling.

Il a été « repéré », démasqué, d’après ses dires où il rapporte sa rencontre impromptue avec Paul de Bréveuil.

L’officier sort quelques archives en amont de leur rencontre et ne croit pas à sa version : Paul de Bréveuil, si c’est bien lui dont il s’agit, n’est autre que « Charlotte », un agent « extracteur » hors pair de la CIA, un héros pour les services officiels des USA et à plus d’un titre. Au moins depuis la guerre en Afghanistan, mais aussi après l’épisode du Boeing tombé dans l’océan, il est depuis double médaillé du Congrès et de la Liberté, citoyen d’honneur de plusieurs villes des USA, fait chevalier de la Légion d’honneur dans son pays, et pair d’Angleterre depuis peu.

Il avait bien 15 ans en 1990 : ça ne peut pas être ça.

Pourtant, William a apporté une photo d’époque, sur papier argentique.

Elle a été prise avant l’offensive irakienne, alors que « Gérard » était reçu par le jeune général Ali, le patron de la sécurité koweïtienne.

En la comparant avec un cliché issu du dossier de l’officie-traitant de la DIA, il y a de quoi être étonné : les deux personnages sont identiques, les mêmes, un « copié/collé », traits pour traits !

 

Mais, « de toute façon, il serait soupçonné d’avoir pillé Fort-Knox un sabre en travers des mâchoires et une hache à la main, qu’on ne pourrait rien contre lui sans l’intervention de la Maison-Blanche ou d’un juge assez suicidaire qui se contenterait de spéculations et d’affabulations. Soyez sérieux, s’il vous plaît. Ce n’est pas un danger ! »

Pour lui, si.

« – Et pourquoi ça ?

– Parce qu’il a été le témoin direct de cette fameuse offensive des irakiens sur le palais princier.

– Et alors, l’histoire est connue. Vous en avez-vous-même fait un rapport complet à l’occasion de votre intégration à nos effectifs, si je ne m’abuse.

– Peut-être, mais croyez-vous réellement tout savoir sur le sujet, sinon ce que j’ai bien voulu raconter à vos prédécesseurs ?

– Il y a des choses que je devrais savoir et que nous ignorons jusque-là ? »

« JW » ne peut que se dérober : la peine de mort est abolie à Washington DC, mais pas les années de prison à vie.

« Ok, je vais faire avec. Mais c’est tout de même dommage qu’après un quart de siècle, dont vous avez largement profité, et tous les efforts consentis, vous preniez le risque d’un dévoilement total du rôle de la DIA dans cette affaire-là. Tant pis : je vous aurai prévenus ! » fait-il comme d’une ultime bravade avant de prendre congé.

« Ne vous en faites pas. On va surveiller un peu votre bonhomme et on vous tient au courant si besoin. Il n’y a mon avis rien à craindre. Une ressemblance, ça peut être une coïncidence ou tout simplement un ressort psychologique d’un sentiment de repentance de votre part. Vous nous tenez au courant si ça se reproduit. Là, on prendrait des mesures. Je compte sur vous ! »

C’est ça, pour qu’on le taxe de cinglé à éliminer parce que présumé devenu un dangereux psychopathe ?

Son chef peut compter sur lui et sur sa discrétion absolue.

Il faudra bien qu’il se débrouille autrement pour assurer sa propre sécurité envers et contre tous si nécessaire.

 

« Vous pouvez me virer un million de dollar à San-Francisco dans un établissement où je peux le retirer en liquide ? »

Paul serait en voie de payer une rançon : « Vous les voulez aussi en coupures usagées ? »

Quel con !

« - Vous savez très bien que je dispose pas d’un million de dollars, mon cher Paul. Tout juste de la moitié, et encore à prendre sur votre « cagnotte personnelle ». Car moi, je ne me sépare pas de mes gains : je veux pouvoir revoir mon argent.

– Vous le reverrez dans la semaine. Je n’ai qu’une parole. J’ai une autre question à vous poser : si je dois acheter en juillet 1990 une valeur au porteur, comptant avec ce million de dollars, pour le revendre la semaine prochaine en septembre de cette année sur les marchés, je maximise mes profits en me portant sur quoi ? De l’or, des matières premières, autre chose ? »

Décidément, cet analphabète de Paul n’y connaît rien en matière de bourse !

« Sur l’or, au mieux, vous plus que triplerez vos avoirs. Le mieux serait d’acheter un terrain où des droits d’exploitation sur les nouveaux gisements découverts récemment.

Mais comment feriez-vous ? »

Non, ce n’est pas ça : on ne peut pas les prendre sous le bras…

Et puis quand Paul se porte sur du foncier, c’est soit pour habiter, soit pour exploiter sous forme d’hostellerie, de commerce ou de bureau. Peut-être qu’un jour il spéculera sur des vignobles, mais sûrement pas sur des gisements : un truc pour « mineux » ça, pas pour un « X-Sup-aéro ».

« – Bé alors sur du BRK. Le A… Oui, ils existaient déjà dans les années 90. Et puis ils n’ont jamais distribué de dividende…

– Parfait, ça. Et c’est quoi, BRK-A ? »

 

Comment peut-on ignorer BRK se demande bien Anjo à l’autre bout du fil ?

« L’oracle d’Omaha », Warren Buffet et ses deux fonds « Berkshire Hathaway » A et B, qui sont des conglomérats de participations, deux sociétés d'investissement américaines basées à Omaha dans le Nebraska (États-Unis).

Warren Edward Buffett y est né et son père y était courtier en bourse et membre du Congrès.

Buffett étudie à l'université du Nebraska et décroche un master d'économie à l'université Columbia. Revenu à Omaha en 1958, il gère des portefeuilles boursiers, en regroupant l'argent de ses amis et connaissances, de sa famille ainsi que le sien.

Dès 1969, ses investissements ont réalisé des plus-values de presque 30 % en moyenne et par an, dans un marché où la moyenne se situe entre 7 et 11 % et où les meilleures performances sont exceptionnelles et souvent, très souvent non-renouvelées.

Or, sous sa direction, le fonds Berkshire A surpasse les références des marchés tels que le S&P 500 et le Dow Jones pendant plus de quarante ans d’affilée, performance réellement « hors norme » quand on sait que plus de 80 % des investisseurs ne battent pas leur indice boursier, et qui fait des envieux tout autour du monde, mais c’est un fond actuellement réservé à seulement 20.000 actionnaires, qui certes s’échange en bourse, mais n’émet plus de nouveau-papier depuis des années…

« Mais vous faites ça comment, vous ? » demande Anjo, un peu inquiet.

« – Ce ne serait pas illégal au moins ?

– Pas du tout et j’ai même l’autorisation d’une haute autorité qui m’y encourage. Un demi-million alors ?

– Mais vous n’aurez plus rien sous le coude…

– J’en fais mon affaire. Vous me dites où et quand. Mais faut que ce soit rapide et sûr ! Sans embrouille…

– Ok, ok, je fais comme vous dites, sur notre compte de l’American Bank, boss, parce que c’est vous le patron et que je ne prends pas de risque avec les fonds dédiés à leur mission première, mais c’est une connerie pure et simple. Je vous aurai averti ! »

Tu parles : reste à mettre à exécution la suite du plan du MIB !

Puis il surfe sur internet à la recherche des pages historiques relatant l’épisode de la guerre du golfe, la première.

En fait, elle a été précédée par ce qu’on appelle la guerre du Golfe, Iran contre Irak, et là Paul était trop petit pour s’en souvenir. Puis la première, au Koweït, et enfin la seconde, directement menée celle-là par « la coalition » contre l’Irak.

Toutes choses qui déboucheront plus tard sur une présence militaire durable des USA sur les Terres saintes de l’islam et donc aux attentats de septembre 2001 d’Al-Qaïda, qui eux-mêmes ouvriront un nouveau conflit en Afghanistan, alors même que l’occupation occidentale de l’Irak radicalisera une fange de la population à travers le Califat de l’EI.

Et les deux organisations terroristes ensanglanteront le monde, d’orient jusqu’en occident, en passant par presque tout le continent africain et une partie de la péninsule arabique et jusqu’aux portes de la Turquie…

Un engrenage monstrueux et imprévisible !

 

Coup de fil nocturne en Normandie – ils sont à peine réveillés sur place – pour les inviter à prendre des billets pour le lundi suivant, détour matinal par la clinique, et le camping-car de George fait son apparition devant celle-ci.

« Je vous emmène à votre banque. Et je vous rappelle que vos faux papiers seront à faire faire en 1990. »

Ça, il avait compris. À l’adresse indiquée, il y a désormais un centre commercial : rien à voir avec une « zone ».

« Rappelez-vous, un passeport français, avec un visa US, un autre pour la péninsule arabique, et un permis de conduire international. Rien de plus. »

Le banquier se fait un peu tirer l’oreille et tarde à éponger le compte.

Les fonds ont bien été reçus la veille par virement interne depuis les îles Caïmans, date de valeur d’aujourd’hui, commissions de transfert et de change payées, mais l’opération reste suspecte.

Ce n’est pas courant de lâcher d’un demi-million de dollars à un quidam qui se présente avec sa bonne mine et un passeport belge, Julius Molenbeek, la couverture éventée de Paul, domicilié dans une ville au nom impossible du petit royaume, sur ordre d’un fond spéculatif européen, dirigé par un gérant français, portant la signature d’un citoyen portugais, virement « à vue » au profit d’un inconnu qui se présente au guichet…

On vérifie et revérifie que le virement est bien provisionné, on réclame copie du passeport auquel il manque le visa d’entrée, ce qui intrigue et on fait signer décharge après avoir réuni les liasses de 100 dollars sur le comptoir, opérations supervisées par le directeur de l’agence, venu en renfort.

« – Monsieur compte rester dans notre ville quelques jours ?

– Je suis descendu au Marriott pour la semaine et la suivante (il y a plusieurs Marriott) et je compte acheter un bateau avec cette somme pour caboter un peu dans votre région. Si les affaires vont bien, je repasse en début de semaine prochaine compléter mes avoirs en vous vendant quelques titres.

– Et pour quel montant, si je peux me permettre ?

– Je ne sais pas encore. Ça devrait être des Berkshire Hathaway A. Ils ne me servent à rien et je ne sais pas quoi en faire.

– Il y en aura pour combien ?

– Je ne sais pas non plus… Disons quelques dizaines ».

Au cours de 192.200 $ le bout de papier, c’est près 2 millions de dollars « la dizaine » !

Un belge totalement excentrique…

« – Vous souhaitez que nos agents de sécurité vous escortent quelle que part en ville.

– Non merci. Mais un petit sac ne serait pas de refus. »

Et Paul se voit remettre une petite pochette aux armes de l’établissement en « gratification ». Juste de quoi empaqueter la livre de billets…

« Merci pour votre accueil. Vous êtes ouvert lundi ou mardi ? »

Bien sûr.

Un « marginal » vu qu’il grimpe dans une guimbarde « colorée » des années 90, c’est une évidence !

 

« Première étape terminée. Où va-t-on ? » questionne Paul à « George », son chauffeur.

« – Moi, je vais me baigner. Mais à une autre époque.

– Et vous venez d’où comme ça ? Je veux dire de quand ?

– Parce que vous pensez que je vais vous répondre ? Non, sérieusement ?

– Et Miss Birgit, elle va bien, au moins ?

– Je ne sais pas : elle n’est pas encore née à mon époque… »

Drôle de conversation en pense Paul…

Une fois arrivés à « Ocean-beach », la grande plage de San Francisco, pas très propre pour cause de détritus divers apportés par les vagues régulières de la houle de l’océan, George gare consciencieusement son camping-car à un endroit bien précis, alors que le parking est libre de toute part.

« Et maintenant ? »

Une seconde : il manœuvre des boutons depuis ce qui lui sert de kitchenette, derrière son siège.

« Non mais je veux dire, on fait comment pour le saut vers le passé ? »

Le MIB se retourne et revient s’assoir sur le siège du conducteur : « Voilà, c’est fait. Nous sommes en juillet 1990 ! »

Mais comment ça ? Paul n’a rien vu, rien senti… 

« Parce que vous aviez vu quelque chose la première fois ? »

Non pas vraiment non plus, c’est vrai. Même pas un éclair, juste la luminosité qui changeait à chaque « passage ».

Alors que là, il est vrai le véhicule a très légèrement tressauté, mais Paul avait mis ça sur le compte d’une rafale de vent océanique et le soleil n’a pas changé de place dans l’azur.

« – Non, ça c’est dû à un dénivelé du sol qui n’est pas tout-à-fait identique. C’est un vieux modèle.

– Mais je ne comprends pas. Lors de ma première expérience, il y avait la présence de relais… aériens.

– Peut-être, mais pas là. Je viens de vous le dire : non seulement c’est un modèle un peu usagé de caisson de transfert, je veux dire tout le véhicule, mais à mon époque, nous ne disposons pas, en tout cas pas moi pour cette mission, d’un modèle disposant de relais spatiaux.

Sans ça, je vous aurai emmené directement sur les bords du Golfe persique.

Même si ça vous aurait privé de voler sur le Concorde !

Et d’ailleurs, je préfère. Ça évite de se badigeonner d’un gel spécial assez dégueulasse quand il ne pénètre pas bien dans l’épiderme, d’autant que je suis allergique à ces produits.

Nous sommes partis d’ici et nous arrivons ici, au même endroit géo-spatial, mais pas à la même époque.

Pareil pour notre retour : je vous attends de mon côté exactement au même endroit qu’aujourd’hui, et un interrupteur coupe-circuit plus tard, on se retrouvera à votre époque d’origine.

Simple et efficace ! »

L’élastique… temporel.

« Et vous retournerez à votre propre époque de la même façon, je présume. »

Effectivement.

« – Bon, en attendant, au travail colonel. Vous n’avez à peine que quelques jours pour rejoindre Koweït-city, alors ne trainez pas.

Pensez à vos faux papiers, pensez à acheter vos titres de bourse, vos billets d’avion, à faire deux photos d’identité et vous me donnez vos papiers de 2015 et votre téléphone portable : je les garde précieusement pour vous les rendre à votre retour parce qu’ils ne vous seront d’aucune utilité.

Et puis ce serait un gap technologique qui n’a pas eu lieu.

Des questions ?

– Je suis censé faire quoi, comme boulot je veux dire, une fois sur place ?

– Ah oui : vous êtes officiellement photographe de presse envoyé sur place au bureau de l’AFP par le siège, alors improvisez au mieux. Vous achèterez d’ailleurs un Nikon d’époque avant de partir de San Francisco et vous prétendrez avoir égaré votre carte de presse : ici ils ne savent pas en faire.

Mais officieusement, vous laisserez entendre que votre « autorité » est un service de renseignement français. De toute façon, à cette époque-là, ça n’étonne personne sous ses latitudes-là. 

Rien d’autre ? Alors vous pouvez filer. Il va vous falloir marcher un peu pour attraper un bus là-bas. »

Tu parles d’une balade !

Il avait dit « colonel »… Donc dans sa hiérarchie à lui, contrairement à « Birgit », la WIB, il est d’un rang supérieur.

Ou c’est un « civil »…

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/07/laudato-si-ix_17.html

 

 

—————

Précédent