Laudato si… (III)

19/06/2016 13:25

 

Troisième chapitre : Départ pour San Francisco

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Le lendemain, Paul, accompagné de Florence malgré ses difficultés avec ses cannes, était aux obsèques de l’époux de Marie-Louise, très abattue, mais entourée de ses deux fils, une seule bru et deux gamins impitoyables.

Elle n’envisage pas de rester au domaine et fera valoir ses droits à la retraite au demeurant largement méritée.

La maison normande du grand-père risque de devenir très terne pour Noël !

Au soir, Paul et Florence sont à Paris, prêts pour le vol de l’après-midi du lendemain, qui les pose normalement 11 h 30 plus tard en fin de journée, peu après 19 h 00 en Californie, en passant par-dessus l’Angleterre, l’Irlande, le Groenland et le Canada avant de toucher les pistes de San-Francisco.

 

Mylène est de passage pour dîner avant de rentrer à « Château-sur-Cher » (cf. épisode « Au nom du père » tome II, publié aux éditions I-Cube) après avoir écumer le MIN de Rungis et fait quelques emplettes au Métro de Nanterre pour son restaurant.

Et d’expliquer qu’elle ne pourra pas payer le loyer à la SCI de Paul qui finance ses murs.
Mimi Mylène et son enthousiasme à toute épreuve…

Plus Charlotte, la vraie, celle dont le bout du nez bouge de haut en bas quand elle parle, accompagnée d’Aurélie la géante, qui en profitent pour venir s’attabler presqu’à l’improviste.

À les écouter toutes les trois, les affaires « vont super-bien ».

Tu parles ! L’une ne peut toujours pas payer son loyer, alors que les échéances d’emprunt courent, et l’autre aimerait bien soit, bénéficier d’un « petit-prêt » d’honneur, histoire d’aborder la rentrée de façon plus aisée, soit d’un apport en capital dans sa boutique de détectives-privés, filatures et autres contre-enquêtes, parce qu’avec l’été, l’activité ça n’a pas été ça…

Quant à Aurélie, elle s’est mise à peindre d’après ses photos…

 

« – Dis, tu as cru bon de ne pas renouveler notre association vieille de depuis l’affaire des bijoux de la biennale des joailliers à Calvi (une vieille histoire : cf. l’épisode « Le Feu », à publier aux éditions I-Cube) et maintenant tu ramènes ta fraise avec le pinard sous le bras en me prenant pour un banquier…

– Eh ho, chéri ! La boîte a flambé quand tu n’allais pas au mieux, tel que c’est toi qui nous a virées jusqu’aux USA dans l’urgence de tes conneries ».

Elle n’a pas tort : il y avait vraiment urgence (cf. épisode « Au nom du père », publié aux éditions I-Cube).

Mais elle s’était refaite sur la côte-ouest avec une boîte de sécurité informatique qu’elle a ensuite vendue en s’en mettant plein les poches. Depuis, elle aurait quasiment tout claqué ?

D’ailleurs, c’est grâce à elle qui organisait une exposition des photos d’Aurélie-la-géante, déjà sa « moitié » officielle, hors les crises de couple qui les mettent en émois, que Florence et Paul s’étaient recroisés à Los Angeles pour finir par… se reproduire !

Une histoire de « famille » en quelle que sorte…

 

Et Paul improvise en pesant rapidement le pour et le contre.

« – Je vais faire mieux : je vais te donner du boulot !

– De quoi s’agit-il ?

– Pas grand-chose pour un brillant cerveau comme le tien. Première chose, j’aimerai que tu enquêtes sur un gars, en fait deux parce qu’il a un homonyme, qui a disparu dans le vol abattu au-dessus de l’Ukraine. Tu te souviens sans doute du vol MH 17 allumé au missile sol-air, pas le député de Boulogne-Billancourt, tiré par les rebelles-ukrainiens ? »

Oui, ça lui rappelle quelque chose…

« – Celui-là, c’est un certain Rene Van Molenbeek… et son homonyme, également décédé, c’est Julius Van Molenbeek. Il y a un lien entre les deux alors qu’ils ne sont vraisemblablement pas parents, et j’aimerai bien savoir lequel.

– Quel intérêt s’ils sont tous les deux morts ? Tu es héritier ?

– En quelle que sorte. Le premier, je ne le connais pas, mais je crains qu’il ait été confondu avec le second.

– Je ne comprends pas. Si le second est mort aussi, quel lien avec toi ?

– C’est le premier qui est mort dans l’accident et le second c’est celui avec le nom duquel j’opère sous couverture pour le Trésor français.

– Encore un de tes trucs tordus ! Tu n’as pas compris que plus tu te tiens loin de ces mecs-là, mieux tu te portes ?

– Justement, personne à part vous autour de cette table, et un autre qui vit au Portugal, personne n’est au courant. Même pas les gars du Trésor pour lequel j’opère en douce sur les marchés financiers pour faire baisser les taux d’emprunt de la dette publique.

– Je ne comprends toujours pas.

– Eh bien, il y a une zouille. Florence, tu te souviens de notre passage en Crète, à Vlichada l’été dernier, de l’année dernière. »

Tirée de son spleen d’avoir dû laisser ses deux loupiots en Normandie, elle se souvient, mais elle ne sait pas trop à quoi Paul fait allusion.

 

« – La grosse blonde russe, avec son accent à couper au couteau, Irina Dichnikov, ingénieure chez Sukhoï, c’est elle le lien. Elle est venue passer la journée sur « Eurydice », là, posé au fond de la mer Égée une paire de jour, juste pour me faire savoir, peut-être involontairement, qu’il y avait un lien à dénicher entre ces deux noms.
Et j’aimerai en savoir un peu plus, contre ta rémunération, Charlotte.

– Attends ? Tu veux que j’aille à Moscou pour faire une interview ?

– Tu es folle ! C’est un agent secret du FSB !

– Tu vois bien que tu n’as encore rien compris dans le choix de tes fréquentations et activités !

– Peut-être, mais la plupart du temps, je ne choisis pas : on me les impose !

– Qui ?

– Les circonstances et les autorités de notre pays !

– C’est bien ce que je te dis !

– Bon et alors ? C’est comme ça et pas autrement…

– M’enfin, tu es père de famille dis donc. Tu as des responsabilités. Tu ne devrais pas l’oublier ! »

Et c’est elle qui dit ça, qui ne veut surtout pas de môme ?

Fabuleux !

Mais du coup, Florence tend l’oreille, scrutant tous les visages un à un.

Pas plus inquiète que ça : elle en déjà a vu d’autres avec Paul, mais ça l’intéresse.

 

« –Bon, et tu fais quoi alors ? Tu as besoin de pognon et tu t’occupes de mon cas ou on passe à autre chose ?

– Tu redoutes quoi au juste ?

– Je redoute que… s’il y a un con assez con pour faire un amalgame de dément à en shooter 280 personnes pour des prunes, j’aimerai bien l’identifier avant qu’il ne récidive ! Tout simplement.

– Tu en as parlé à tes « autorités » ?

– Tu plaisantes, là, Charlotte ! Plus on sera nombreux à savoir, plus le risque sera grand. C’est d’ailleurs le second service, payant, que j’ai à te demander : une nouvelle identité clean de tout, un macchabé de préférence, bien froid, avec papiers et pedigree en règle qui me permettent de circuler autour du monde, pour pouvoir gérer les avoirs du Trésor public en toute tranquillité.

– Mais c’est quoi « ses avoirs » ?

– Tu te rappelles peut-être que j’en avais déjà identifiés et rapatriés une grosse partie en 2009.

– Non !

– J’ai collé tout ça dans le « Grand-emprunt » de Krasoski.

– Hein ?

– Bé oui ! Comment crois-tu qu’il ait pu lever 35 milliards en claquant dans ses petits-doigts après son plan de relance de 26 milliards et en faisant courir la dette du pays à l’allure astronomique de l’époque ?

- …

– Je vous dis tout ça parce que si c’est « secret d’État », c’est désormais prescrit et même nettoyé des conséquences fiscales (cf. épisode « Mains invisibles », publié aux éditions I-Cube). Mais ça ne sort pas d’ici.

– Bon et alors ?

– Bé y’a eu des queues. Sauf que là, le pouvoir actuel un peu moins con, il n’a pas pu refaire le coup du « grand-emprunt », même s’ils ont essayé, mais on use de ces queues pour faire tomber les taux d’intérêt. C’est tout et ça fait même des petits. Des tout-petits.

– Tu gères des « tout-petits » en douce et tu me fais caguer pour quelques milliers d’euros ?

– Eh ho ! Ce n’est pas mon fric, mais celui du contribuable. Je n’ai pas à en disposer comme je l’entends. Tu sais que tu causes à un mec honnête, oui ou non ?

– Je sais ! Jusqu’au bout des ongles. C’est dans tes hémoglobines. C’est dire si t’es con ! Moi, si j’…

– … Je ne veux pas savoir ce que tu ferais, parce que justement, on ne te laissera jamais en faire ce que tu veux à ma place. Question : tu fais ce que je te demande, où je m’adresse ailleurs ?

– Et qui t’en voudrait d’être « honnête » ? »

Les femmes…

« – Les malhonnêtes à qui j’ai ôté le plaisir de disposer de ces sommes, j’imagine. Mais c’est à toi de me les découvrir, et de me le dire après confirmation.

– Tu as des pistes ?

– Contente-toi de chercher ce que je te demande : les pistes se révèleront à ce moment-là.

– Non mais je vais te dire avant qu’on ne te laisse à ta vaisselle, Van Mollard-Bach, c’est un nom qui me dit quelque chose. « DD » (pour « disque-dur », la secrétaire informaticienne de son équipe, experte dans la recherche d’informations « ouvertes » sur le net) se rappellera. »

Et pour cause, personne ne le sait encore à ce moment-là autour de la table, mais c’est elle qui avait été chargée d’identifier le bonhomme décédé, repéré au Luxembourg.

« – Bon, mais tu restes très, très discrète : des mecs qui sont capables de faire sauter un avion en plein vol, ce sont vraiment des dangereux au plus haut point.

– Compte sur moi, tu penses bien ! Je te fais un devis avant de commencer ? »

Et puis la conversation est repassée « chiffon » : quatre femmes au tour de la même table, ça ne loupe jamais, alors même que deux sont des « ex » de Paul, d’avant Florence, même si Florence est aussi une « ex » mais « reconvertie-mère-au-foyer » depuis, Charlotte ayant toujours été une lesbienne native et rétive-totale aux poils des couillus !

 

Dès l’embarquement, les choses redeviennent « hors-norme » pour Florence. Pas de difficulté pour elle malgré ses cannes anglaises, grâce à sa carte verte. Alors que quant à Paul, qui n’a pourtant qu’un visa touristique provisoire depuis que les américains ne délivrent plus de visas permanents, c’est tout juste si on ne lui déroule pas le tapis rouge dès qu’il s’est identifié.

Toujours étonnante la vigueur de la mémoire des personnels des compagnies, navigants ou au sol !

Bien sûr, il a bouclé un tour du monde sans escale en 12 heures sur le prototype 001 (cf. épisode« Au nom du père » tome II, publié aux éditions I-Cube), le faisant entrer dans « la légende » du monde aéronautique, mais les plus anciens se souviennent encore de l’épisode du sauvetage de tous les membres d’équipage et passagers d’un Boeing tombé dans l’atlantique en croisant un cyclone tropical, la faute à la pressurisation tombée en panne (cf. épisode « Opération Juliette-Siéra », publié aux éditions I-Cube), une histoire qui avait aussi fait le tour du monde aéronautique bien malgré Paul qui passait par-là par hasard, pris au piège du même « coup de torchon », en route pour l’Europe depuis Tahiti, via San-Cristobal.

Depuis, il a droit aux honneurs de tous les équipages, que s’en était presque gênant, avec annonce au micro de sa présence à bord…

Heureusement, à part quelques-uns qui profitent de la longueur du vol pour fureter dans les allées de circulation et quêter un autographe, on ne voit qu’à peine ses voisins immédiats.

Quoique l’évolution technologique a encore frappé : il faut aussi se plier à la mode du « selfie », donc se lever de son siège…

Ce n’est pas que ça énerve Florence, mais elle est dérangée et avec sa patte-folle, ce n’est pas des plus confortables. Et puis elle a le spleen prononcé provoqué par l’absence, au moins provisoire, de ses deux marmots confiés à ses parents à elle.

 

Bref, deux repas qui pèsent sur l’estomac coincés derrière la ceinture de sécurité, tous les deux arrivent crevés aux abords de la piste 10L de SFO, la plus longue, alors que la nuit tombe et que le fameux brouillard de San-Francisco commence à se former au-dessus de la magnifique et incroyable baie : ils ne verront pas grand-chose, même si on est toujours samedi pour encore quelques heures, tellement ils sont aussi crevés et descendent au Marriott installé près de l’Union-square, un immeuble curieux, en cube et aux façades rouges ourlées de blanc en frise à toutes les ouvertures, s’ouvrant sur un vaste patio carré intérieur qui dessert les chambres tout autour.

Non sans avoir été préalablement et « aimablement » reçus par les autorités aéroportuaires en qualité de VIP : elles ne reçoivent pas tous les jours le seul étranger double médaillé du Congrès et de la Liberté !

Les formalités de douane et d’immigration… pas vues, pas gênés.

Un coup de l’équipage…

La climatisation est bien agréable, car dehors, en ce début d’automne, l’atmosphère est lourde, même si la température n’est pas très élevée. Ça sent la mer, mais aussi un peu la pollution des gaz d’échappement : ils roulent tous dans de gros véhicules, absolument tous équipés de boîte et embrayage automatiques qui font un bruit inhabituel aux oreilles d’un européen. Et ils sont assaillis pour la première fois du son des sirènes stridentes des véhicules d’urgence.

Ce n’est pas omniprésent, mais très fréquent d’autant que ça s’entend de loin…

Ils feront un tour demain avant d’aller à la clinique où on les attend pour une entrée lundi aux premières heures.

 

Un aéroport inauguré le 7 mai 1927 sur 60 hectares de pâturage. C’est l'œuvre des architectes Skidmore, Owings and Merrill. À partir de 1935, Pan American World Airways y utilise les installations comme terminal pour son service « China Clipper » d’hydravions traversant l’océan Pacifique.

Mais les vols nationaux réguliers ne débutèrent pas avant la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’aéroport international d'Oakland, situé en face dans la baie, fut réquisitionné par l’armée et les vols civils déplacés vers San Francisco.

Ce n’est qu’après la guerre qu’United Airlines s’installe à SFO, utilisant le terminal de la Pan Am pour ses vols vers Hawaii et d’autres villes américaines. Dans les années 50, United Airlines construit de grandes installations de maintenance à San Francisco pour ses nouveaux Douglas DC-8. Et en 1974, un nouveau terminal sort de terre pour les vols nationaux et l’aéroport devient un terminal international.

C’est comme ça que « SFO » s’est étendu de façon continue à travers les décennies.

Plus récemment, un nouveau terminal international, d'un coût d'un milliard de dollars, s’est ouvert en décembre 2000 et une extension du « Bay Area Rapid Transit » a été mise en place vers l’aéroport le 22 juin 2003 : les passagers peuvent maintenant emprunter un train directement du terminal de l’aéroport en direction de San Francisco ou de divers points de la baie.

Les trains du BART fournissent en effet un voyage rapide vers Millbrae, où les passagers peuvent emprunter les trains de banlieue de Caltrain en direction de San Jose et de la péninsule et les bus de la SamTrans vers la péninsule. 

 

En 2004 est mis en place le système de navettes AirTrain, transportant les passagers entre les terminaux, les stationnements, la station BART et le service de location de voitures dans de petits trains automatisés.

Demain on imagine que « l’Hyperloop » de Musk lancé en 2013, qui le définit comme un cinquième mode de transport, en plus des bateaux, des avions, des voitures et des trains, pourrait passer à proximité en venant de Los Angeles en moins de 30 minutes, soit le parcours de 551 kilomètres à plus de 1.102 km/h, plus rapide qu'un avion qui parcourt cette même distance en 35 minutes à la vitesse de 885 km/h, auquel il faut rajouter le temps d’approche vers les centres villes au départ et à l’arrivée.

C’est sûr que ça évitera les embouteillages sur la « Road 101 » qui passe par Birsbane où, pour environ 12/13 miles, où il faut normalement compter un quart d’heure, là où Florence et Paul mettront une bonne demi-heure en taxi, entourés de « grosses autos », cars et bikers pétaradant somptueux en tout genre, avec cette particularité très américaine, que tout ce qui a quatre roues ou plus roule décidément en boîte automatique !

Encore faudrait-il que « l’Hyperloop » fasse une pause audit aéroport, ce qui n’a aucun intérêt !

 

« L'Hyperloop » consiste en un double tube surélevé dans lequel se déplacent des capsules transportant des voyageurs. L'intérieur du tube est sous basse pression pour limiter les résistances à l’avancement de l'air. Les capsules se déplacent sur un coussin d'air généré à travers de multiples ouvertures sur la base de celles-ci, ce qui réduit encore les frottements. Les capsules sont propulsées par un champ magnétique généré par des moteurs à induction linéaires placés à intervalles réguliers à l'intérieur des tubes : juste une reprise améliorée de l’invention de l’ingénieur Bertin pour son aérotrain, mis en capsule !

Tout simple.

Et on saura plus tard que des européens, qui avaient imposés le rail à grande vitesse au détriment de l’aérotrain, reviendront vers cette technologie par des investissements colossaux…

Drôle de pied de nez de l’Histoire !

 

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Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/06/laudato-si-iii.html

 

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