Laudato si… (I)

05/06/2016 15:56

 

Premier chapitre : Une rentrée chargée


Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !



Dès le lendemain et une fois le tiramisu métabolisé, dernier jour de ce mois d’août, la rentrée se précise avec son lot d’impératifs à assumer.

La belle-famille de Paul débarque en Normandie : il s’agit pour elle de prendre le relai de leur fille quant à la garde de leurs petits-enfants parce que, ni Shirley la tâche de rousseur, repartie en Angleterre, ni Matilda elle-même en déplacement en Italie et jusqu’au Vatican, ne peuvent faire œuvre utile de « baby-sitter ».

Et très vite, l’embauche d’une « nounou-locale » s’imposera.

Ce sera un béninoise-normande qui aura très vite tapé dans l’œil de « beau-papa » et se mettra « belle-maman » dans la poche avec facilité…

Car il est prévu que Florence parte à San Francisco en fin de semaine pour se faire réparer sa jambe dans la clinique pressentie du chirurgien désigné par Harrison junior « n° 4 ». Et que tout le monde la rejoigne ultérieurement, si encore on trouve sur place à les loger de façon plaisante et pour pas trop cher.

Un impératif : abîmer la jambe du dictateur nord-coréen en réplique des dégâts du rapt dont Florence a été victime n’est évidemment pas suffisant (cf. épisode « Mains invisibles » tome II, publié aux éditions I-Cube).

D’autant que lui s’est fait réparer les blessures infligées par Paul il va y avoir un an de ça.

Opéré sans doute par le même chirurgien : peut-être un clin d’œil du destin.

Et qu’il faut redresser la jambe de Florence, très handicapée dans ses déplacements.

Paul se fend d’aller les chercher à la gare de Caen.

 

Pour repartir aussi vite ! Le même jour, le mari de Marie-Louise, la gouvernante du site et du grand-père de Paul, attachés tous les deux au lieu depuis des décennies, ça remonte à avant la naissance de Paul lui-même, tombe de son échelle : il taillait un arbre au fond du parc.

Notez que dans sa chute, bien des « branches mortes » se sont retrouvées à terre : radical !

On a d’abord cru à un accident, un barreau glissant, mais sa chute aura été la conséquence d’un AVC et le brave homme y restera le surlendemain.

À son âge, il aurait dû se ménager, mais n’était pas fait de ce « bois-là ». Depuis toujours, elle et lui, c’est style « marche ou crève ».

Paul laisse tout ce monde-là finir la saison avec les saisonniers qui sont prolongés, dans des conditions pas commodes, alors même que Mylène doit en faire autant à « Château-sur-Cher » (tout comme Petros à Kotor, quoique pour lui, la saison se prolonge parfois), pour s’envoler à bord de son hydravion à Aubenas.

Encore un impératif : relancer la saison à la MAPEA !

 

Et mettre le pied à l’étrier de « l’héritière » d’Isabelle, Sophie Nivelle. Ce qui ne se passera pas tout de suite très bien.

La va-nu-pieds se balade dans les couloirs des bureaux à se demander quel est son rôle dans le sillage de sa mère, sans tâche précise, entre des ingénieurs et des techniciens supérieurs dont elle ne comprend rien à leurs activités, dans une ville loin de ses amis et amies de la capitale, ce n’est pas forcément un cadeau à son âge de jeune-femme délurée.

Même pour une héritière.

Pour l’heure, elle est casée en adjointe de sa mère et bientôt supervisera le contrôle de gestion. Et même si elle a la formation et les diplômes pour ça, tout le monde sent bien qu’elle n’est pas faite pour ça.

Quant à la mettre « à la production »… Passons !

Alors que demain, enfin un jour ou l’autre, il s’agira qu’elle maîtrise assez bien tous les processus et procédés de « la maison » pour apparaître dans les négociations-clientèles qu’elle devra, tôt ou tard, côtoyer et harceler indéfiniment avec le responsable encore en poste.

 

Lors du premier « Codir » de la saison, les cadres et chefs de service s’inquiètent.

« Mais les gars, faudra l’intégrer, de gré ou de force. Notre boss n’est pas éternelle et plus vite la relève sera formée, mieux ce sera ! Faites-lui aimer votre boîte, quoi, flûte ! »

Parce que madame Nivelle est sur le départ ?

« – Pas du tout, mais elle est comme tout le monde, elle vieillit et il faudra bien un jour ou l’autre qu’elle passe le relai …

– Mais tu es là pour ça, patron !

– Moi aussi, je suis en intérim ici. Ça a bien marché parce que vous m’avez bien accueilli et c’est ce que je vous demande de faire avec Sophie. Mes gosses sont bien trop jeunes pour spéculer sur un passage de témoin et, de toute façon, cette boutique n’est pas à moi.

C’est votre outil de travail, alors entretenez et préservez-le ! »

Et pour l’heure, il n’y a pas d’autre option légitime.

Pareil pour la première séance du Comité d’entreprise de la rentrée !

« – Arrête là, boss, tu ne vas pas nous la coller à vie, tout de même ?

– Et vous voulez quoi ? Un autre Schmouller qui ne pensera qu’à sa retraite chapeau, sa voiture de fonction et à vous escagasser à outrance jusqu’à son départ ?

Vous méritez mieux, non ? »

 

Et de rappeler les rôles et fonctions : La pédégère fait la liaison entre le conseil d’administration et l’assemblée des actionnaires. « Je vous rappelle qu’avec moi, elle est majoritaire et tient les rênes de la boutique. Et moi, je ne m’en vais pas. »

Il manque un directeur général et c’est le rôle prévu pour Sophie d’ici deux ou trois ans, qui fait la liaison entre les équipes de direction et la patronne.

« Pour l’heure, je fais « office de » en qualité de secrétaire général. Et je viens en appui à la fillotte au fil de sa montée en puissance. Elle, c’est moi et moi c’est elle. »

Dubitatifs…

« Et puis c’est vrai que tôt ou tard, il faudra que je lâche pied sur le plan du quotidien. Pour les problèmes, vous vous adressez à vos chefs et eux à moi. Mais plus à moi en direct ; je n’aurai pas le temps d’y consacrer toute mon énergie ! »

Traduction : « Le boss fait son business personnel ailleurs ! »

« Ce n’est pas tout-à-fait ça, mais j’y aspire. C’est vrai que j’ai à m’occuper de ma famille, ce que je n’avais pas en arrivant ici. Mais ça ne devrait pas être insurmontable.

En revanche, j’ai une seconde activité qui me génère déjà une bonne part de mes revenus et je ne compte pas l’abandonner, d’autant que ça roule tout seul ! »

Enfin, rouler tout seul, ça reste justement à voir…

 

À la MAPEA, désormais, il y a deux activités : d’abord « les poudres » et ensuite… « les poudres ».

Les premières sont historiques puisqu’il s’agit des poudres à canon des fronts de la première guerre mondiale. À meuler, à mélanger, à « tasser », à préparer.

Qui ont eu une histoire en dent de scie en temps de paix.

Puis les poudres à canon et obus ont retrouvé une seconde jeunesse avec les chambres à combustion solide des missiles et autres accélérateurs de fusée, autant pour l’industrie guerrière que pour la spatiale naissante à ce moment-là.

Là encore, il y a eu des hauts et des bas, mais depuis que les matériels militaires s’exportent de nouveau et que les armées sont en campagne à travers le monde, le creux est effacé et la trésorerie est de nouveau à flot, alors qu’il y a deux ans de ça, les banquiers se faisaient tirer les poils du nez pour faire les échéances.

 

Les secondes, c’est une idée de Paul pour un rebond en « contra-cyclique » : les poudres à peintures spéciales et enduits dont ont besoin les parties chaudes (et moins chaudes) de l’industrie aéronautique.

Jusque-là, elles étaient importées des Pays-Bas, sous licence et toujours possiblement sous embargo américain.

Là, il s’agit d’un recours, d’une niche nationale, pour les clients potentiels et le démarrage, après la période de test est plutôt satisfaisant.

« Et les drones, alors ? »

La deuxième branche d’activité qui devait prendre son essor il y a deux/trois ans.

« Je suis passé plusieurs fois chez Dassault et il m’est arrivé de collaborer indirectement avec eux : ils sont très en avance sur nous.

J’ai beau m’être fendu d’un séjour en Chine cette année sous couverture d’EADS/Airbus, il n’y a pas de débouché pour nous par manque de fonds propres et de promesses préfinancées.

On n’est pas à la hauteur.

En revanche, on va faire bosser notre bureau de recherche et développement sur le projet « Birgit ». Attention les gars, ultra top-secret, pas la moindre fuite ! »

 

Et Paul de devoir en lâcher un peu plus. « Vous vous souvenez qu’ici on a testé des chemises en céramique. Ça, c’était en vue d’améliorer la température de combustion de nos poudres à missile et donc la performance de nos productions.

Pour ce faire, on a inventé le Nivelle 001 pour tester en condition limite d’utilisation et parce qu’il pouvait être décliné en drone de combat.

Bon, les drones de combat, le ministère préfère en acheter aux américains et le Neuron prendra le relai tôt ou tard : c’est un gros engin qui répond à la quadrature du cercle souhaitée dans les cahiers des charges. Ce que nous ne sommes pas capables de faire aussi bien que ne le fait Dassault avec ses logiciels de conception.

En revanche, nous sommes allés en Chine pour monter et tester le 002. Un bel engin qui ouvre la voie à un prototype 003 dont j’espère qu’il sera fabriqué ici dans quelques années, si on parvient à passer quelques étapes techniques indispensables avant.

Je vais la semaine prochaine aux USA et espère avoir quelques ouvertures sur le sujet.

Car le 002 nous a permis de tester in situ un enduit spécial baptisé « Birgit » (cf. « Mains Invisibles » tome II, publié aux éditions I-Cube).

Un truc tout simple auquel personne n’avait jamais pensé jusque-là, à base du principe des thermopiles qui entre parfaitement dans nos savoir-faire relatifs aux enduits spéciaux qu’on fait ici depuis quelques temps. »

Et il s’agit de quoi ?

« Top-secret les gars ! Mais globalement, ça nous permettrait de repousser le mur de la chaleur encore plus facilement que les programmes américains sur le sujet. Cheapest en plus !

Je n’en dis pas plus, il faut que le bureau d’études planche sur la question et fasse toute une série de tests pour modéliser la production.

L’avenir quand j’aurai passé le relai ici, si un jour je le passe, ok ?

Les grandes lignes ont été exposées ce matin en Codir et on fignole les grandes lignes et détails demain avant que je ne reparte. »

 

Les gars, c’est comme ça : quand vous leur parlez d’avenir, vous les mettez en érection.

C’est justement ce qui manque à tous les « politiques » du moment dans ce foutu pays : que des « bandes-mous » !

Bon, là les gusses, une fois revigorés, ça ne les empêche pas de râler à propos des primes, des horaires, de la rentrée scolaire, de la couverture prévoyance-complémentaire, des menus à la cantine, etc.

La tête sur les épaules, une fois qu’ils ont rêvé les yeux grand-ouverts…

C’est comme ça. Et il faut s’y habituer.

Pas sûr que Sophie ait tout compris, mais c’est une façon de lui mettre le pied à l’étrier, là encore, et qu’elle en fasse rapport à sa mère qui n’assiste que très rarement à ces réunions avec les représentants de son personnel.

 

Paul peut reprendre son hydravion mercredi aux aurores pour un court vol jusqu’au Bourget pour dîner avec Anjo (cf. les épisodes « Parcours Olympiques » et « Mains invisibles », publiés aux éditions I-Cube) qui fait le déplacement depuis le Portugal et lui commenter le dossier des « expositions » du premier semestre et de l’été.

Globalement, il a bien travaillé.

Il a participé à faire tomber les taux d’emprunt de souscription des émissions de l’agence France-Trésor (AFT) en zone négative, pas sur tout, mais selon le calendrier prévisionnel et ses disponibilités de trésorerie, et ce, à chaque émission.

 

Les chefs de file incontournables de ces opérations sont les Barclays, BNP Paribas, Crédit Agricole, HSBC, Morgan Stanley et Société Générale, des établissements « Spécialistes en valeurs du Trésor ».

Un groupe choisi par l’État pour l’aider à placer sa dette.

Lui opère depuis les Îles Caïmans, à travers un trust hollandais et fait ses contre-offres à partir du même endroit, mais, pour brouiller les pistes, ça vient d’une agence qatarie via le Luxembourg.

Le tout, c’est d’être servi et pour ça, il annonce à l’avance des taux et des montants. En million d’euros, après avoir approvisionné des comptes de dépôt en France depuis ces plateformes la veille ou l’avant-veille.

Quand le Trésor lève 10, 50 ou 100 millions et quelques aux maturités courtes, il se positionne contre les autres opérateurs.

En principe, il passe par la Générale, mais peut très bien parallèlement passer par la BNP ou HSBC.

Ça dépend.

« Dépend de quoi ? »

De son humeur du moment.

Quand la maturité est plus longue, disons supérieur à 52 semaines, il passe par la Barclays et/ou le Crédit agricole.

Et au-delà de 52 semaines, il opère alors depuis le Qatar, par la Générale et/ou Morgan Stanley. « Ils sont moins chers en termes de commission… »

Et son boulot, une fois servi est de rapatrier les fonds inutilisés et en refourguant ses bons à des personnes « non-servies », quitte à perdre un peu de marge pour aller « trader » des valeurs flottantes dans le monde.

« En ce moment, je fais dans le yen et sur l’or. Quand l’un monte, l’autre descend et inversement. Et le yen, plus les taux d’émission de la BoJ baisse, plus il grimpe : assez facile de présumer des cours. »

Curieux ça…

« Oui, mais tellement facile. C’est mon boulot de repérer des corrélations de ce type-là. On va en avoir avec le real brésilien et leurs élections compliquées. On en a d’autres avec le PM britannique qui souffle le chaud et le froid sur le Brexit. »

Mais, tout ça c’est pour compenser l’essentiel de ses « pertes » qui reste quand même de refourguer la dette française.

« Au fil du temps, ça s’amenuise ! On dirait que tout le monde accepte de payer pour emprunter… au moins à court terme. Parce que les taux à 50 semaines et plus restent positifs, mais les effets de levier ne sont pas très puissants sur le 10 ans par exemple.

D’ailleurs, on parle d’échéance centenaire pour le prochain trimestre. Ou le suivant.

Je fais quoi ? »

Quel est le problème ?

« Le taux tournera autour de 2,7/3,0 %. À 50 ans. Ils l’ont déjà fait et l’Irlande s’apprête à faire du centenaire en début d’année prochaine.

Bon, 50 ans, nous serons tous HS, mais il peut y avoir preneurs. Les russes de l’ancien régime empruntaient à 100 ans à 2 % dans le contexte d’avant-guerre… Première guerre mondiale, je précise. »

L’AFT avait lancé une souche en mars 2010. Le « papier » s’était placé au taux de 4,16 %. Lors de sa réémission en juin 2012, le coût d’emprunt était même tombé à un plus bas historique sur cette maturité : 3,27 %.

Les conditions de financement sont de plus en plus favorables pour l’État français. Son taux d’emprunt moyen (titres de moyen et long termes) depuis le début de l’année est de 0,42 %.

Et Bercy envisage de réviser à la baisse ses prévisions de taux d’intérêt : celle pour le taux à 10 ans va tomber à 0,9 % pour atteindre vraisemblablement 1,3 % fin 2016 (contre 2,4 % prévus dans le projet de loi de finances), avant de peut-être remonter à 2 % fin 2017.

« Une bonne nouvelle pour vous, puisqu’il est prévu d’emprunter 187 milliards d’euros sur les marchés pour l’exercice 2016, ce qui constituera quasiment un record ».

 

Même punition : « On souscrit sur du court, qui s’éteint certes très vite, même si vous n’avez pas le temps de vous en défaire, mais sur le long, on ne fait que si vous vous savez capable de le recéder rapidement… On n’est pas là pour faire du fric, même sur le dos du marché, sauf à votre marge, vous le savez bien et selon nos accords de Rome, mais pour faire pression à la baisse et soulager le pays. Je vous rappelle, Anjo, qu’il s’agit de son fric à lui, pas à nous ! »

Ok, sauf que « du fric à nous », sur 14 milliards d’euros, il commence à en faire des « petits-tas » intéressants…

Globalement, le rendement net ressort à 0,86 %, déduction faite de la rémunération fixe et des charges sociales et autres, attachées à l’activité d’Anjo.

En se rappelant que sur cette activité-là, il fait comme les hedge funds, prélevant chaque année à leurs investisseurs entre 1,5 et 2 % des montants en « frais de garde » et 15 à 20 % des profits générés en « frais de gestion ». Au moins autant que Kenneth Griffin, James Simons, ou Ray Dalio, les cadors du secteur.

On n'en parle qu’assez peu, mais les gérants de hedge funds sont le groupe de personnes le mieux payé au monde. Dans aucun autre métier, aucun, on ne reçoit autant d'argent chaque année en salaires et primes sans prendre de risque en capital. Aucun !

Les cinq premiers ont touché un chèque compris entre 1,2 milliard de dollars et 1,7 milliard de dollars. Et il n'y a pas là-dedans de levée de stock-options, ou de vente d'actions, comme pour les champions de la technologie ou autres grands dirigeants de grands groupes, non. C'est vraiment le versement du salaire et de la prime annuelle.

Alors, Anjo, avec son misérable 0,86 % sur 14 milliards, ce qui fait plus de 120 millions/an, il fait presque figure de smicard !

 

« Là, je vous fais confiance. Pas touche au pognon de la République : il doit être présent aux moments de vos opérations de souscription, répondre aux appels. Le reste, vous pouvez le perdre si ça vous chante, en tout cas sur votre part à vous ! »

Il en sera fait ainsi.

D’autant que Paul apprend qu’Anjo aime bien trader contre les robots, ces puissants algorithmes qui font du « speed-trading » : quand il repère une hausse ou une baisse soutenue sur une valeur ou un indice sans raison apparente – il n’y a aucune information prévisible, aucune rumeur sur les marchés sur la dite valeur – c’est que des robots sont à la manœuvre.

« Il faut suivre les dizaines de milliers de cours et j’ai pour ça un logiciel qui repère les mouvement en ciseau, les « W », mouvement d'un cours ou d'un indice en épaule-tête-épaule, et son inverse, les « M ». »

C’est quoi ça ?

Les tendances du marché mises en graphique. « Si un cours est en baisse régulière en intraday ou sur la semaine, qu’il remonte sans raison, il faut mettre le titre ou l’indice sous surveillance : 9 fois sur 10, il va inverser, redescendre s’il montait, après avoir attiré les gogos et les opérateurs humains. C’est là qu'il faut acheter en faisant mine de soutenir le cours en vue de revendre dès que la valeur va se redresser à dépasser le cours d’achat.

Et inversement dans une configuration en M : le cours monte sans raison et de façon relativement constante, ce sont des options d’achat des robots. Puis il redescend tout aussi régulièrement. Forcément, il faut acheter à ce moment-là avant que le cours n’atteigne son niveau de départ, parce que pour engranger leurs plus-values, les robots font faire remonter le cours dans troisième phase et vendre au plus haut avant de laisser tomber.

C’est du suivisme et il s’en passe une dizaine tous les jours des comme ça. Mais bon, je trade « petit-bras », laissant les millions aux robots. Ce qui me permet d’effacer les pertes sur les titres français et de faire quelques marges. »

C’est son métier et Paul ne saurait le contrarier.

 

Puis passant à autre chose : « Et pour votre statut personnel, vous avez une nouvelle identité à proposer comme vous me l’avez laissé entendre au téléphone. »

Non, pas encore. Mais ce sera peut-être l’occasion de déménager pour choisir un coin plus commode.

« Mais avec un ordinateur et une liaison internet potable, c’est commode depuis n’importe où ! »

Et puis Anjo n’est pas très favorable d’en passer directement par les compensations européennes : « Je pense qu’il nous faut mettre un écran supplémentaire pour nous protéger contre toute ingérence dans notre business. »

Oui,  mais plus on met d’intermédiaires, plus ça attire l’attention.

« Pas vraiment. En revanche, c’est noyé dans un ensemble beaucoup plus vaste et là, c’est plus facile de passer inaperçu. »

Dont acte.

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/06/laudato-si-i.html

 

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