La réforme de la CSG

06/09/2017 14:01

 

Gros gag !

 

 

Vous savez quoi, de « retour d’estives », je rattrape mon retard dans la livraison des « news » du pays depuis mon départ. Et je me suis esclaffer d’un titre lu pour vous dans la presse économique : « CSG : 21 millions de Français verront leur revenu net amélioré » !

Le pied…

Traduction logique : « 45 millions de français verront leur revenu net se dégrader » !

Vraiment trop fort comme gag…

 

En fait, dans le détail on apprend ainsi que l’assainissement de nos finances publiques se passeront en deux temps en ce qui concerne la CSG et les charges sociales : « Dès le 1erjanvier (2018), un gain de pouvoir d'achat bénéficiera aux salariés et aux indépendants. 21 millions de Français verront alors leur revenu net amélioré », aurait annoncé le gouvernement dans un communiqué.

Et il confirmerait ainsi qu’il engagera en 2018 le transfert des cotisations salariales vers la Contribution sociale généralisée (CSG).

Pas une surprise. L’étonnement vient seulement dans la façon de présenter « le bidule » : Plus de 40 millions de citoyens seront cocus !

Enfin… quoique.

 

Car selon Bercy, cette mesure devrait permettre de « redonner sept milliards d'euros de pouvoir d’achat aux actifs » et de « répartir plus équitablement le financement de la protection sociale » – ce qui devrait « alléger le poids qui pèse » sur eux.

Moi, j’adore : Plus ça va et plus l’assurance-sociale devient un impôt, une taxe « pré-acquittée », prélevée à la source…

Mais attention, le gag se poursuit par cette précision : La baisse présumée des cotisations réalisée « en deux temps ».

Aïe-aïe-aïe, y’aura-t-il donc 66 millions de cocus ?

 

Et de nous raconter que « l’exécutif » estime que la suppression des cotisations salariales « maladie » et « chômage » en 2018 – soit 3,15 points de cotisation – financée par la hausse de la CSG de 1,7 point donnera un « gain net de pouvoir d’achat de 1,45 % pour tous les salariés, soit 260 euros par an pour un salarié au SMIC », poursuivait le communiqué.

Wesh !

On va enfin pouvoir mettre des glaçons dans le whisky !

Rapportée au salaire médian (de 1.772 euros nets par mois en « Gauloisie-laborieuse »), cette augmentation du pouvoir d’achat représente 308 euros chaque année et 794 euros pour un cadre – dont le salaire moyen s’élève à 4.013 euros.

Précis, n’est-ce pas.

En fait 7 Md€ à se partager à 21 millions, ça fait 333,33 € par tête selon la calculette « Windows » de Bill Gates (merci à lui…).

Et les mêmes 3,15 points, on va dire 1,45 point parce qu’il y a aussi augmentation de la CSG de 1,7 point, sur 7 milliards ça fait une « masse salariale » de 482,758 Md€ qui eux-mêmes rapportés au 2.200 Md€ de PIB prévisionnel, représentent 21,94 % de toutes les créations de richesses du pays en un an.

Là, il y a comme un souci : Ce n’est pas cohérent avec les 900 milliards présumés par les organismes sociaux…

Passons, parce que 482,758 Md€/21 millions de salariés, on est à une moyenne de 1.915,70 €/mois (13ème mois conventionnel inclus), ce qui redevient cohérent, même si il me semble que c’est « un peu fort ».

On verra bien.

 

Mais bon, comme on ne parle pas encore – en tout cas dans le même « communiqué » – de hausse des taux de TVA, ni de TVA-sociale, de toute façon ne vous en faites pas, c’est tout le monde qui sera cocu…

Bé oui, la TVA ne touche que les « consommations » assujetties, des actifs et des inactifs, alors que la CSG a une assiette beaucoup plus large, puisque les revenus du patrimoine sont inclus dedans : Autant en piquer aussi à tous les épargnants qui glandent à ne pas en avoir mis assez de côté pour compléter leurs rentes, d’activité et de situation.

Ceux-là vont apprécier avec la réforme de l’ISF (on en reparlera plus tard), quand « la rente » n’est pas confiée à un banquier ou un assureur, mais investie dans le foncier…

 

De plus, Bercy aurait précisé que la baisse des cotisations sociales sera « réalisée en deux-temps », la première pas tout de suite et la seconde baisse à … seulement l’automne 2018 !

En fait, on ne voit pas passer la première, si j’ai bien compris…

Cela « devrait permettre d’économiser quelques précieux milliards d’euros par rapport à la facture totale de cette réforme si la baisse totale des cotisations avait été immédiate », analysaient les … « analystes ».

Autant de milliards de plus qu’il y aura en moins dans votre porte-monnaie : Vous n’aviez qu’à pas tomber malade autant que ça depuis tant d’années !

 

Par ailleurs, annonçait-on, « des discussions doivent avoir lieu en 2017 autour du ministre de l’Action et Comptes publics « Gégé-Dard-à-la-main » pour définir les modalités d’une compensation de la hausse de la CSG pour les fonctionnaires » qui ne sont pas soumis aux cotisations salariales, précise le cabinet du ministre.

C’est marrant ça, j’avais le souvenir d’une cotisation de solidarité propre aux fonctionnaires…

Enfin passons, depuis que je ne suis plus « Gauloisien-patriote », j’ai peut-être perdu pied.

Et puis le journaliste rajoute : « La suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du secteur privé, qui représentent 3,15 % du salaire, avait été présentée comme une réforme prioritaire par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle. »

Ok, on leur avait déjà fait le coup du « à somme nulle » quand les cotisations-maladies avaient basculé dans une hausse de la CSG du temps de « Bat-la-mou » (ou d’un autre).

En rappelant que la CSG, au moment de sa création par « Roro-Card » devait être … provisoire !

Je vous le dis : Un vrai gag !

Et de vous rajouter : « En déplaçant ces 20 milliards d’euros de pression fiscale des salariés depuis les cotisations salariales vers la CSG, le gouvernement souhaite redonner du pouvoir d’achat aux actifs, soumis selon lui à une pression fiscale excessive. »

Alors, un, ce n’est pas 20 milliards, mais 7 ; deux, la pression fiscale, certes – mais là il faudrait s’attaquer en urgence au train-de-vie de l’État – ce n’est sûrement pas en en rajoutant qu’elle va s’alléger, même au détriment des régimes sociaux…

 

En fait, tout ça est bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Résumons : Le gouvernement supprime les cotisations salariales afin d’augmenter le net sur la fiche de paye des salariés gauloisiens.

Mais une telle baisse des prélèvements obligatoires ne pouvait se faire sans compensation : La CSG, actuellement de 7,5 %, augmentera pour atteindre 9,2 %. Ainsi les sommes qui rentrent dans les caisses de l’État ne changent théoriquement pas. La hausse de la CSG touchant également les retraités, ce qui n’a pas manqué d’être critiqué, et tous les revenus du patrimoine, au final seuls les salariés sont (un peu) gagnants.

Et il est exact que plus de 40 millions « d’inactifs » (ces salauds de pôvres-flémards), ils auront qu’à passer devant les devantures de magasin les mains derrière le dos.

D’autant que comme toutes les dépenses « obligées » ne vont sûrement pas décroître en valeur (question de marge à « reconstruire » après le passage de la hausse de la CSG), ils essuieront leurs larmes avec leurs doigts pour économiser les mouchoirs…

 

Et puis si vous comptez bien, vous aurez noté que si l’augmentation de la CSG est bien prévu à son taquet dès le 1er janvier prochain, ce qui augmentera les rentrées d’argent de l’État, « en même temps » les cotisations salariales vont baisser… mais elles ne seront pas encore supprimées !

Et ça fait une belle différence, au moins pour tout le premier semestre 2018 et probablement un trimestre complet – voire plus – pour le suivant…

Quant à la première baisse, c’est pour une date qui reste à définir, et la seconde… jamais !

Énorme gag, vous dis-je…

 

J’avoue que ce que je n’ai pas bien compris, c’est pourquoi ces « manipulations ».

– D’abord présenter ça comme d’une mesure en faveur du konnard d’électeur.

C’est en fait un racket, généralisé, puis seulement ensuite « affiné »…

– Pourquoi « nationaliser » la recette sociale ?

C’est retirer autant au « paritarisme » et les syndicats n’ont même pas râlé…

– Augmenter une « recette » étatique, ce n’est pas très « libéral », mais bon, « Manu-Mak-Rond » ne s’est jamais présenté comme tel et l’annonce de l’augmentation des prélèvements-obligatoires (pas tous mais en tout cas la CSG) était annoncé dès avant les élections : Pas de surprise.

En revanche, la priorité ça reste de passer sous le seuil des 3 % de déficit avant le 31 décembre 2017 (et pas 2018). Et pour ça, il faut trouver 20 milliards d’économies/recettes supplémentaires.

 

On en est loin avec des mesures à la kon qui ne changent rien pour l’exercice en cours alors qu’il y a urgence et ce n’est pas les « soi-disant » 10 milliards d’économies annoncées avant l’été qui y suffiront. D’autant que quand on a compté, il n’y en avait même pas 7 à exercice constant, donc la moitié pour un semestre.

Et le reste doit être assumé par les fonctions territoriales et hospitalières. Or, vous aurez noté qu’on n’a encore aucune ombre d’un plan cohérent viable pour les 4 dernier mois de l’année, hors le gel des dotations, la diminution de 5  €/mois de l’APL et la suppression des emplois-aidés… à venir !

Ce qui restera invariablement insuffisant, quelle que soit la façon dont on a appris à compter.

 

En bref, je me demande si justement ils savent compter, finalement.

Enfin, on verra bien et c’est toujours mieux que d’avoir eu « Marinella-tchi-tchi » au château.

Mais on attend mieux d’un pouvoir exécutif qui ne veut pas « réformer » (le pays est rétif à en être irréformable d’après « Jupiter ») mais… « transformer » : Pour l’heure, il reprend les mauvaises recettes d’antan et les réplique avec les résultats calamiteux que l’on sait depuis le dernier quinquennat (et quelques-uns des précédents).

Ah, la « technostructure » toujours aussi trisomique que par le passé, c’est quand même triste.

Espérons seulement qu’elle se soit sortie de son autisme généralisé…

En attendant, j’ai quand même bien rigolé.

 

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Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/09/gros-gag.html

 

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