Là, c’est sûr, vous êtes « mal » !

08/01/2018 18:56

 

Vœux à la presse

 

Non content d’avoir fait passer dans le droit commun toutes les mesures de « l’état d’urgence » de « Tagada-à-la-fraise-des-bois » plus celles des lois « sécurité & terrorisme » pour répondre à la menace qui planait déjà avant le massacre de « Charlie », il y a trois ans de ça (que les survivants, ils en ont marre de vivre en cage même à 1,5 M€ de « frais de sécurité »), « Jupiter », la semaine dernière, s’est fendu d’annonces qui en disent long sur votre liberté d’expression à venir.

 

Il entend mener la vie dure à celles et ceux qui diffuseraient en masse de fausses informations et a annoncé un texte de loi de plus (comme si l’arsenal juridique n’était pas suffisamment dense…), actuellement en préparation pour être « prochainement » déposé devant ses « godillots », dont le but va être de lutter efficacement contre la publication et la propagation de « fake news » sur Internet, et ce, notamment en « période électorale » !

Je te jure : Où c’est donc qu’il va te nous chercher tout ça ?

Le beau motif : « Nous allons faire évoluer notre dispositif juridique pour protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles », a déclaré le chef de l’État sans même rire ou faire un lapsus révélateur, lors de ses vœux à la presse, en indiquant que « le contenu de ce texte serait détaillé dans les semaines qui viennent ».

J’attends de voir, mais je vous te redoute déjà le pire.

 

Car le chef de l’État en a quand même dévoilé les contours en fustigeant « cette propagande articulée avec des milliers de comptes sur les réseaux sociaux » qui « en un instant répandent partout dans le monde, dans toutes les langues, des bobards inventés pour salir un responsable politique, une personnalité, une figure publique, un journaliste ».

Aurait-il peur pour lui-même ?

Des fois qu’on découvre ses petits-secrets et d’autres qui le sont déjà moins

Ainsi, « les plateformes se verront imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publique l’identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent, mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus », a-t-il précisé.

« En cas de propagation d’une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge à travers une nouvelle action en référé permettant le cas échéant de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l’accès au site internet », a-t-il poursuivi…

Hein, coincé, là et sans même le temps de vous retourner, puisque c’est du référé.

 

Bon, jusque-là, chacun pense aux « trolls » Nord-Coréens et Russes qui se sont invités subrepticement sur les réseaux dans « deux élections-loupées » (le « Brexit » et « Trompe ») en 2016 pour influer directement l’opinion des électeurs.

Mais alors quid des « politiques » eux-mêmes qui te vous racontaient des konneries, comme par exemple cette affaire des « 350 M£/semaine » que coûterait l’Europe au Trésor Britannique ?

Fake, naturellement : C’est exactement la somme que va coûter et par semaine, le « Brexit » lui-même à l’économie du pays durant des années et des années, mais ça, personne n’a su le relayer…

 

Mais pas seulement : Il a également annoncé que les pouvoirs du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) « seraient accrus pour lutter contre toute tentative de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des États étrangers ».

Un thème repris lors de la visite de « Vlad-Poux-Tine » à Versailles, le 29 mai 2017, justement qu’on n’a pas pu bien décoder à l’époque.

« Cela permettra (…) de refuser de conclure des conventions avec de tels services », ou de « suspendre ou annuler » ces conventions « en prenant en compte tous les contenus édités par ces services, y compris sur Internet », a-t-il prévenu.

Par ailleurs, il a appelé « à responsabiliser les plateformes et les diffuseurs sur Internet », tout en demandant à la profession journalistique d’entamer « une réflexion » déontologique.

Arf !

La « réflexion déontologique » des « journaleux-aux-ordres », une vaste tarte à la crème… !

Mais un retour probable de la censure sur Internet, c’est nettement plus certain. C’est vrai, abuser d’une Liberté, celle de s’exprimer, celle de s’informer, c’est un crime contre celle-ci. Mais la mettre « sous le boisseau » est encore pire.

Notez qu’en plus je ne me sens pas plus concerné que ça : Mon blog est finalement hébergé sous plusieurs « .com » (.fr, .it, .ir, .uk, et plein d’autres) depuis les « usines » irlandaises et états-uniennes, loin des lois de la « Gauloisie-libertaire ».

Et moi, je me ballade avant de reprendre mon maquis…

 

Mais lui de préciser encore : En ce sens, « la démarche de Reporters sans frontières d’inventer une sorte de certification des organes de presse respectant la déontologie du métier me paraît intéressante et souhaitable ».

Et voilà une idée qui va permettre de mettre toutes les « opinions » entre les tenailles d’une nouvelle « autorité-administrative », je vous en fiche mon ticket.

Avec ce bel alibi, souvenez-vous en, alors qu’il avait récemment déjà critiqué deux médias russes, RT et Sputnik, accusés de s’être comportés durant la campagne présidentielle «comme des organes d’influence (…) et de propagande mensongère ». Merci « Vlad ! »

Et s’il n’y avait qu’eux deux à éviter…

Il a par ailleurs confirmé la présentation en conseil des ministres, « avant la fin de l’année » 2018, d’un projet de loi sur l'audiovisuel public. « À la fin du premier trimestre 2018, des propositions partagées, chiffrées et structurées, construisant un scénario de transformation à mettre en œuvre seront rendues par la mission sur laquelle s’appuie la ministre de la Culture. (Elles) seront la matière d’un débat que nous voulons large avec l’ensemble des professionnels », aura-t-il déclaré.

La presse d’opinion et en plus les « humoristes » passés sous la toise  ? Ils vont apprécier !

 

« Ce travail doit être le fruit, non seulement du groupe interministériel constitué de la concertation en cours avec les sociétés audiovisuelles placées sous l’autorité de la ministre, mais également de ce débat extrêmement large qui nous permettra de comparer les différents modèles européens et internationaux parfois retenus et qui peuvent utilement nous inspirer » et probablement moins coûteux…

« L’audiovisuel public est au service de la cohésion nationale, il est un miroir tendu à la nation et il doit être pensé pour tous les publics, pour toutes les pratiques et viser l’excellence pour tous. C'est cela sa mission d’intérêt général et sa raison d’être ».

Très amusant comme idée : Imaginez donc de l’opinion du mek qui vit à la campagne entre ses chèvres et ses choux quand on lui déverse les âneries parigotes sur tel ou tel « événement-des-banlieues », alors que tout le monde se contre-cogne du tracé du prochain ronds-points qui va encore emmerder le « bon-peuple » local qui crève en plus sous les fardeaux et à qui on va prendre des terrains pour satisfaire quelques « ingénieurs-des-ponts » et rallonger les parcours pédestres entre deux lieux ?

Si c’est ça, l’intérêt-général d’une nation, c’est qu’on veut l’anesthésier encore mieux !

 

« Toutes les paroles ne se valent pas » : C’était le postulat que « Jupiter » a posé lors de ses vœux à la presse.

Bé voilà qui est dit et sera assumé ! La parole « jupitérienne » d’abord, le reste, ce sera du « kaka », de l’étron, de la bouse, vous êtes prévenus.

Et, il faut bien le dire, derrière le discours, il y a la face cachée d’une profession en crise, alors que les médias classiques souffrent de l’émergence de canaux d’information alternatifs, lui a finalement regretté cette concurrence faite à la presse historique (et largement subventionnée), qui ne sait même plus si c’est du lard ou du cochon.

Que d’argent balancé à tous vents qui ne sert à rien…

« C’est vous journalistes qui êtes les premiers menacés par cette propagande. Elle adopte votre ton (…) votre vocabulaire. Parfois même, elle recrute parmi vous », a-t-il déploré ajoutant qu’elle était « parfois même financée par certaines démocraties illibérales ».

Je veux, oui !

CQFD, tiens donc.

 

Évoquant la notion de « vérité » et de « liberté d’expression », « Jupiter » a bien l’intention d’intervenir et de contrôler la façon dont les informations sont produites, au nom selon lui de la « vitalité démocratique ».

« Entre complotisme et populisme, le combat est en effet commun ».

Mais non, il ne redonne pas du tout matière à « complotisme » en affirmant tout cela !

Non, il ne vise seulement qu’à accroitre la lutte « contre toute tentative de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des États étrangers », j’en suis certain… puisqu’il le dit !

MERCI patron !

La presse va  lui passer de la brosse à reluire après avoir râler, que je ne te vous raconte même pas, elle le « garant de la Liberté d’opinion »…

 

J’en rigole : D’après l’annonce faite ce 3 janvier, ne seraient visés que les « agissements de nature à affecter l’issue du scrutin que cela soit en période pré-électorale ou électorale ». Autrement dit : Tout le temps, figurez-vous !

« Vous aurez de quoi exercer votre métier » : Ils vont pouvoir applaudir un peu plus fortement, aux anges !

Heureusement, moi j’ai accès à la presse britannique in vivo, un peu ragoutante parfois, plus quelques autres qui me viennent de partout en Europe (même si je ne comprends pas grand-chose, hors un peu la « Ritale »), préférant la presse francophone.

Vous, je ne sais pas si vous ne te devrez pas vous t’abonner au « Soir » ou à la « Gazette de Genève » pour avoir autre chose que « la pensée-unique » jupitérienne.

Ils sont tellement performants, chez les « LREM-même-pas-en-rêve » (on y reviendra) qu’ils sont incapables d’avoir des initiatives : De vrais « godillots ».

Et en plus, il paraît que vous en êtes majoritairement satisfaits !

Alors si en plus la « Liberté de la presse » se soumet à « Jupiter », que demander de plus, puisque vous payez pour tout ça ?…

 

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Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2018/01/la-cest-sur-vous-etes-mal.html

 

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