Journée internationale des violences policières…

04/04/2016 12:37

 

C’était mardi 15 mars !

 

Et, bien que ce soit un sujet des plus sérieux, vous n’en avez guère entendu parler. Il faut dire que la plupart sont passées sous le silence des maladies honteuses et qu’il y a des choses plus graves à traiter en urgence en commençant par les violences routières, celles faites à nos femmes, à tous les chômeurs involontaires et j’en passe tellement et tellement…

D’accord, ça ne fait pas 30 décès par jour comme pour la route, ni même 3 par semaine comme pour nos femmes, mais seulement 1 par mois en « Gauloisie-des-Libertés » de vivre.

En fait 109 morts entre 2004 et 2014 selon d’autres sources. Et au moins deux fois plus de blessés inutiles.

Survivre va bientôt devenir d’actualité quotidienne, ne vous en faites pas.

 

L'Acat, une ONG gauloise, a analysé 89 situations alléguées de violences policières enregistrées depuis 2005 en mon pays, celui que j’aime tant…

Parmi ces 89 cas, elle a dénombré 26 décès (dont un par un tir de flashball), 29 blessures irréversibles (infirmité permanente, dont 21 personnes ont été éborgnées ou qui ont perdu la vue) et 22 blessures graves. Et il ne s'agit que d'un « échantillon », la « partie émergée de l'iceberg », en dit-on.

Et principalement les victimes « des jeunes et des membres de minorités visibles », précise-t-elle sur la base des saisies du Défenseur des droits.

Ce qui est kon pour vos régimes sociaux futurs…

Si on persiste à abîmer les seuls capables de les faire survivre, ils dureront moins que les contributions directes et indirectes réunies.

 

Elle dénonce la dangerosité de certaines méthodes (de la technique d'immobilisation au « flashball ») mais aussi le manque de transparence des autorités et « l'impunité » dont bénéficient les forces de l'ordre.

La doctrine du maintien de l'ordre en hexagonie, qui visait historiquement à mettre les manifestants à distance, consiste désormais à « attaquer la foule », estime-t-elle.

Et l'« attaque » se fait de plus en plus avec des armes intermédiaires. Leur usage a fortement augmenté depuis le milieu des années 1990, date d'apparition des lanceurs de balles en caoutchouc, les flashball.

Réservés au démarrage aux situations extrêmes, les flashball, qui tirent des balles en caoutchouc à 186 km/h, sont désormais utilisés quotidiennement.

« Quelques mètres ou un mauvais angle suffisent à entraîner un dommage irréversible », notamment lorsque ces armes sont utilisées dans des situations de foule comme les manifestations.

Z’avaient qu’à pas être là non plus, n’est-ce pas ?

Au moins 24 personnes ont été grièvement blessées par des tirs de Flashball entre 2010 et 2015. Et en 10 ans, ces armes ont fait au moins un mort et 39 blessés graves, dont 12 mineurs. 

 

L'utilisation du taser, qui envoie une décharge électrique de 50.000 volts, est aussi en hausse. Cette arme est utilisée par la Police nationale, la gendarmerie et l'administration pénitentiaire depuis 2006.

Depuis 2010, les municipalités peuvent aussi équiper leurs policiers municipaux : C'est déjà le cas à Marseille, Nice, Bordeaux ou Calais.

Le taser est utilisé principalement en « mode contact », c'est à dire directement sur le corps d'un individu.

Quatre personnes sont décédées peu après l'utilisation d'un taser, selon les données recueillies. Mais dans ces quatre affaires relevées, « la justice a conclu à l'absence de lien » entre l'arme et le décès.

C’est tellement évident que ça ne se discute même pas : Z’avaient qu’à s’équiper de tenues NBC (Nucléaire/Bactériologie/chimique) !

« Destinées au départ à des situations extrêmes, et uniquement en cas de légitime défense, pour arrêter un individu particulièrement menaçant ou en cas de prise d’otage, ces armes sont aujourd’hui devenues banales ».

En 2012, ils ont été utilisés 442 fois par la Police nationale (contre 350 en 2011 et 288 en 2010) et 619 fois par la gendarmerie (contre 473 utilisations en 2011 et 522 en 2010), soit en moyenne trois utilisations par jour.

Moi aussi j’en ai un, mais à bord de mon voilier. Et je ne m’en sers seulement qu’à l’occasion, pour… pêcher : Radical même s’il faut faire gaffe à ne pas se prendre un retour de décharge !

 

Notre pays est le seul en Europe à avoir encore recours à des grenades de différents types pour ses opérations de maintien de l'ordre. En 2014, c'est une grenade offensive qui provoquait la mort de Rémi Fraisse, 21 ans, sur le site du barrage de Sivens.

Le ministère de l'Intérieur a ensuite interdit l'utilisation de ces armes.

(L’ont-ils remplacée par le bon vieux 9 mm réglementaire, nettement plus efficace question blessure ?)

Mais d'autres types de grenades restent utilisés, comme celles dites de « dés-encerclement », qui projettent 18 galets en caoutchouc.

Un journaliste blessé à Notre-Dame-des-Landes en octobre 2014 témoigne : « L’onde de choc m’a arraché la peau au niveau des deux chevilles sur une surface de plusieurs centimètres carrés (…), tout en causant des brûlures aux 2ème et 3ème degrés. »

Il aurait préféré être « dispersé » à coup de jet d’eau froide, celui-là, ou de chevrotine ?

 

Par ailleurs l’ONG pointe la dangerosité des gestes d'immobilisation utilisés par les forces de l'ordre, comme le placage ventre contre terre, jambes repliées : Depuis 2005, ces techniques ont fait huit morts !

Z’avaient qu’à pas se débattre après tout : Si on les arrête, c’est pour leur bien, finalement !

 

« Le ministère de l'Intérieur fait preuve d’une opacité flagrante » sur ces cas de violences. Au-delà de quelques exemples médiatisés comme celui de Rémi Fraisse, il n'existe « aucune statistique, aucun chiffre » publics sur l'utilisation des armes et des victimes des opérations de police : « Les seules données chiffrées dont on dispose sont éparses et incomplètes. Certaines peuvent être trouvées de manière dispersée dans des rapports institutionnels ou parlementaires, ou parfois au hasard de questions écrites au Gouvernement ou de communications de la France auprès d’instances internationales. »

Pourtant, les cas d'utilisation des armes par les forces de l'ordre sont bien recensés dans le fichier TSUA (Traitement relatif au suivi de l'usage des armes), mais les données de ce fichier ne sont jamais publiées.

Ainsi, « On sait combien de personnes sont tuées par an par des guêpes. Par les violences policières, on ne sait pas », souligne l'association.

Fort, là : Il y aurait un « observatoire des piqûres de guêpes » et je ne le savais pas ?

 

Par ailleurs, les chiffres analysés par l'Acat ne prennent pas en compte les violences « de l'ombre » (utilisations abusives des menottes, tutoiement, injures…).

Si on devait tout compter, en plus… !

Même l’observatoire des actes de christianophobie (parce que ça existe, mais il vit sans subvention, alors que le CRIF en reçoit à outrance, et ces errements sont largement moins médiatisés que les actes islamophobes) compte entre 15 à 30 « agressions » par mois contre les pèlerins ou les lieus de culte papistes et huguenots, cimetières inclus…

 

Pour Aline Daillère (qu'on salue au passage), l'auteure de ce rapport, cette absence de transparence revient à « nier la réalité » des violences policières et du coup « l'existence de victimes ». Alors que plusieurs villes ou pays font preuve de plus de transparence :

– À Montréal (Canada), le nombre d'utilisation d'armes intermédiaires par les policiers est publié chaque année par la police de la ville ;

– Au Royaume-Uni, l'Independent Police Complaints Commission, un organisme indépendant, les comptabilise depuis 2004 ;

– Aux États-Unis, les personnes décédées lors d'intervention policières sont recensées par le Bureau fédéral des statistiques judiciaires.

Mais eux ont une excuse, puisque il s’agit de veiller à la bonne application d’un programme politique avéré et toujours actif de lutte contre l’extrême pauvreté, vous rappelle-je : Ils expérimentent encore et toujours une solution qui commence à porter ses fruits, puisque même leur gosses font plus de morts que leurs « terroristes » !

 

En revanche, chez nos policiers comme chez nos gendarmes, l'opacité est aussi de mise en matière disciplinaire. Les autorités communiquent peu sur les motifs de saisines de l'IGPN et l'IGGN (Inspections générales de la police et de la gendarmerie nationales), ainsi que sur les sanctions prononcées.

À tous les niveaux, il est difficile d'obtenir une « enquête effective » sur un cas de violence, alors même que l’on constate de « graves défaillances dans les enquêtes administratives et judiciaires effectuées à la suite de plaintes pour violences policières ».

Normal : L'association évoque un « corporatisme » qui rend d'abord difficile le dépôt de plainte en cas de violence. Les agents peuvent refuser de les enregistrer lorsqu'elles visent leurs collègues.

L'enquête va ensuite être réalisée dans la majorité des cas par les services de police ou de gendarmeries eux-mêmes. Concrètement, cela veut dire que les enquêtes peuvent être réalisées par les services mis en cause.

Sans même évoquer la disparition d’éléments probants ou encore la durée excessive des procédures pénales…

Et lorsque l'IGPN ou l'IGNN sont saisies, dans les cas les plus graves, leur indépendance est aussi contestée.

Ces services sont notamment « suspectés d’accorder plus de crédibilité aux dires des policiers et des gendarmes qu’aux tiers les mettant en cause », note l'association.

Là encore, c’est normal : On a affaire à des agents assermentés, alors que la victime ne l’est en général pas.

Que vaut la parole d’un quidam sans autorité face à celle d’un représentant de la force-publique, détenteur de la violence d’État ?

Rien ? Bon alors circulez ou faites gaffe à votre matricule !

 

Sur les 89 affaires de violences suivies par l’ONG, sept seulement ont donné lieu à des condamnations. Et ces sanctions sont « faibles au regard des faits » : Une seule des affaires suivies a donné lieu à une peine de prison ferme.

 

Pour lutter contre ces violences inadmissibles, l’Acat plaide pour que les autorités prennent des mesures, comme la création d’un organe d’enquête indépendant : Là, j’en suis d’accord (au moins plus personne ne pourra venir râler après coup !)

Elle demande aussi l’interdiction des lanceurs de balles de défense et la publication annuelle de chiffres relatifs à l’usage de la force par les policiers et gendarmes.

« Il n’est pas question de retirer des moyens à la police, mais d’augmenter son efficacité en faisant en sorte que la population lui accorde plus de confiance », explique-t-on : « Ce n’est que dans le respect de la déontologie et des droits de l’homme qu’un lien de confiance s’établit entre la population et les forces de police. ».

C’est quoi, ça, la « déontologie » ?

Ce « truc » balayé en permanence d’un revers de manche négligeant par nos oligarques-politiques à nous ?

Ah oui, je vois très bien…

 

Il n’empêche, pour dissiper tous ces doutes sur l’impunité de nos forces de l’ordre, une solution pratique tombe sous le sens : La transparence.

Or, jusque-là, il semble que ces données sont enfouies, oubliées, alors que parallèlement, des données chiffrées très précises existent notamment en matière d'objectifs policiers, de nombre d'interventions, de nombre d'agents blessés ou tués dans l'exercice de leurs fonctions dont on vous abreuve à l’occasion.

Ce serait pourtant si facile à mettre en œuvre et réalisable sans coût supplémentaire pour la finance publique, pour une petite-mesure de transparence qui serait dans l’intérêt de tous.

À l’occasion, vous pourriez même signer la pétition (encore une : C’est devenu la mode depuis les reculades gouvernementales sur sa loi « El-Konnerie » !), qui circule en ligne.

Perso, celle-là je ne l’ai pas signée : Rien à battre, moi j’ai fui, je ne me sens plus vraiment concerné par votre sort de maltraité.

 

http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/03/journee-internationale-des-violences.html#comment-form

 

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