Je m’inquiète…

09/03/2016 20:48

 

… et on va encore prétendre que je suis pessimiste !

 

Ce n’est pas vraiment du pessimisme, ce sont des réalités qui frappent aux portes de l’Europe, donc de mon pays (celui que j’aime tant…).

 

La Turquie, qui frappe elle-même et de temps à autres à la porte de l’UE, membre actif de l’OTAN tout comme son voisin Grec, a interdit à l'hélicoptère de la ministre allemande de la Défense, autre membre actif de l’OTAN et de l’UE, d'atterrir à Mytilène sur l'île de Lesbos, a rapporté la chaîne grecque Skai.

Et seul le site Sputniknews a rapporté l’information.

Chez vous, en « Gauloisie-de-la-presse-libre », rien, nada, ensemble vide…

Ce qui en dit long sur la « liberté de la presse » gauloise.

 

Ursula Gertrud von der Leyen, après un atterrissage à Mytilène sur l'île de Lesbos, prévu pour ce dimanche 6 mars, devait atteindre en hélicoptère le bateau allemand « Bonn » qui participe à la mission de l'Otan en mer Égée pour la réduction de l'afflux des migrants.

Or, la Turquie considère comme « inadmissible que l'aviation militaire atterrisse sur l'île car Lesbos est une zone démilitarisée », a affirmé Ankara.

Attends, là, une minute : Depuis quand Lesbos n’est plus sous souveraineté grecque, au juste ?

 

Et ce n’est pas son premier coup d’essai : Début février, le gouvernement turc a interdit au jet d'affaires « d'Alex-Tsitsi-passe », premier ministre grec encore en exercice, qui se déplaçait jusqu’en Iran, de survoler le territoire de la Turquie. Il a dû se poser sur l'île de Rhodes pour un ravitaillement.

Suite à cette interdiction de l’avion civil non-armé, Athènes avait été contraint de changer l'itinéraire du vol qui est arrivé en Iran en passant par l'Égypte et l'Arabie saoudite.

Par ailleurs, les médias grecs accusent Ankara d'entraver l'accord sur le déploiement des forces de l'Otan en mer d'Égée. La Turquie ne permet pas le déploiement des forces de l'Otan, dont elle est membre, dans ses eaux territoriales en dépit de l'accord conclu, a rapporté l'agence grecque Proto Thema. 

 

Globalement, la Turquie déverse « ses » réfugiés syriens – pas les kurdes qu’elle bombarde depuis peu – sur Lesbos et les îles environnantes, ou directement en territoire grec via Istanbul…

Un territoire devenu dépotoir-poubelle, chassant le touriste, rendant la vie des locaux infernale : Ils n’ont pas « la jungle de Calais », mais ils caguent dans les rues qu’ils empuantent, faute d’équipement !

Une « annexion » de fait, où les réfugiés, musulmans pour la plupart, sont désormais largement plus nombreux que les îliens, orthodoxes, ce qui permet même au Pape « François 1er » de parler « d’invasion arabe »…

Et naturellement, les frontières du Kosovo et de la Macédoine, et encore bien d’autres plus loin sur le chemin de Londres ou de Munich, sont fermées…

 

La Grèce, c’est loin et ce sont les mauvais élèves de l’Euroland : Ils n’ont qu’à se démerder, n’est-ce pas et en passer par les diktats de la Troïka qui en rajoute au boxon turc…

Regardez donc l’Irlande qui a fait l’effort, ses « bons chiffres », le Portugal qui se redresse, l’Espagne qui surnagent…

Vous n’avez pas manqué de noter que le Portugal a voté et en devient ingouvernable ;

Vous n’avez pas manqué de souligner qu’en Espagne également ils ont voté et sont incapables de former un gouvernement ;

Et vous n’avez pas non plus manqué qu’en Irlande, ils sont passés également devant les urnes, démontant pièce par pièce les « sortants » contraints et forcés d’avoir obéit aux mêmes diktats de l’UE : Que des échecs démocratiques !

Mais c’est un autre sujet que nous aborderons une autre fois…

 

Là, je m’inquiète pour l’Europe, incapable de s’entendre sur le sort des réfugiés, quitte à fermer une frontière sans prévenir ses voisins, justement en Belgique qui nous a fait la démonstration impériale qu’un pays pouvait se passer de gouvernement durant des mois et des mois il n’y a pas si longtemps que ça…

Sacré symbole de l’impuissance avérée des urnes, n’est-ce pas ?

Et dire que c’est le fondement de nos démocraties représentatives et électives !

De quoi en trembler pour l’avenir…

 

C’est que le sort de la Syrie martyre, après le destin ahurissant du Liban il y a quelques décennies de ça, déchiré par ses factions armées par des étrangers et le supplice des réfugiés palestiniens traités comme de la « chair à canon », rien n’a pas empêché 250.000 morts syriens et plus d’un million de réfugiés, en Turquie, mais aussi en Jordanie.

C’est le résultat de « plusieurs guerres » en une seule.

 

En intervenant militairement dans le conflit en septembre 2015, il est clair que « Vlad-Poux-tine » a changé la donne. Ses objectifs étaient clairs : Sauver le régime syrien à l’agonie ; garder, via la Syrie, un pied au Moyen-Orient et sur la rive est de la Méditerranée où Moscou dispose de facilités navales ; replacer la Russie sur la scène internationale après le conflit ukrainien.

Et la priorité russe a été de remettre sur pied l'armée syrienne, puis de lui permettre de reconquérir les régions tombées aux mains de l'opposition non djihadiste, partiellement armée par les Européens et les Américains, en y déversant des tapis de bombes, façon US au Vietnam, il y a quelques décennies de ça.

Depuis, l’armée syrienne ratisse au nord d'Alep, en direction de la frontière turque, pour couper les lignes d'approvisionnement. Elle vient également de lancer une offensive au sud, vers Deraa, pour reprendre la région frontalière de la Jordanie, très inquiète de voir arriver des milliers de nouveaux réfugiés.

 

C’est une guerre russe, qui marque l'échec des Occidentaux, impuissants et tétanisés. Ces derniers exigent toujours le départ de « Bla-bla-Char-el-As-Sale » dit le « chimiste » qui se fera, éventuellement, à son heure et à celle de « Poux-tine » et au mieux à l’occasion des prochaines élections prévues fin avril, mais ils constatent que l'opposition armée qu'ils soutiennent – trop peu, probablement – est sur le point de perdre la partie. 

La Syrie permet ainsi aux russes de prendre leur revanche sur l'Ukraine et la Libye. Ils n’ont jamais pardonné à « Bling-bling » et ses alliés de l'Otan de les avoir trompés en dépassant le mandat de l'ONU pour éliminer « Kad-à-fi ».

Mais pas seulement.

 

Parce que la Turquie poursuit deux objectifs : Chasser le dictateur syrien et mener, sous le couvert de la lutte contre le terrorisme, une guerre sans merci aux Kurdes turcs du PKK. Et lorsqu'Ankara annonce que ses avions vont bombarder Daech, ils frappent, en priorité, les sites du PKK.

D’autant que le 13 février dernier, et pour la première fois, la Turquie est intervenue directement sur le sol syrien. L'artillerie turque a bombardé, au nord de la Syrie, les Kurdes syriens du PYD, un parti qui ne serait qu'un faux nez syrien du PKK, selon eux.

La Turquie refuse farouchement que les milices du PYD s'installent au nord de la Syrie, le long de la frontière turque. Cette région pourrait servir de base arrière aux combattants du PKK, estime Ankara, question de sécurité nationale en disent-ils.

 

Ce qui reste incroyable c’est qu’en bombardant le PYD, les Turcs se mettent en porte-à-faux avec leur allié américain qui les arme et les finance dans leur lutte contre Daech.

Autrement dit, la Turquie profite de la situation pour mener « sa » propre guerre en Syrie dont nous sommes solidaires à travers l'OTAN. Et pousse pour une intervention au sol à laquelle elle se dit prête à participer, aux côtés de l'Arabie saoudite, entre autres.

 

Justement, la rivalité traditionnelle entre les deux grands de la région, Arabie saoudite et Iran, a naturellement trouvé à se développer sur le terrain syrien. Téhéran est un des alliés de la première heure du régime syrien, les deux pays sont liés par un accord de défense datant des années 1990. Une Syrie dirigée par une minorité alaouite (secte non sunnite et plus ou moins proche du chiisme) permet à l'Iran de bénéficier d'une tête de pont en bordure de la Méditerranée. Un moyen aussi de garder des liens étroits avec le Hezbollah libanais, que Téhéran arme et finance.

En face, Riyad veut une Syrie dirigée par la majorité sunnite.

Depuis la guerre, les Saoudiens ont aidé financièrement et militairement l'opposition, y compris des groupes djihadistes.

Ces derniers mois, l'Arabie saoudite, qui craint Daech et son idéologie salafiste extrémiste, a mis sur pied une coalition islamique contre le terrorisme, tout en participant à la coalition internationale. Elle regroupe une trentaine de pays musulmans, du Maroc à la Malaisie.

Et tout aussi curieusement, des avions saoudiens sont arrivés sur la base turque d'Incirlick. « Des experts vont se réunir prochainement pour mettre au point les détails, les effectifs et le rôle de chaque État de la coalition », a déclaré le général saoudien Ahmed Assir : La guerre est en marche.

 

Une situation qui alarme Téhéran : « Nous ne permettrons pas que la situation en Syrie évolue conformément à la volonté des pays rebelles. Nous prendrons les décisions nécessaires le moment venu », déclarait le 15 février, dans une interview télévisée à la chaîne Al-Alam, le général Massoud Jazayeri, adjoint du chef d'état-major de l'armée iranienne, alors que les armées du pays participent à la coalition internationale.

Plus diplomate, le ministre des Affaires étrangères tendait, lui, la main à l'Arabie Saoudite pour que les deux pays « travaillent ensemble contre l'EI » et que cela permette de «surmonter (leurs) tensions ».

 

La situation pourrait encore rester « cohérente » et « gérable » si vraiment tous les acteurs se fédéralisaient dans la lutte contre l’EI. Mais c’est bien plus complexe que ça : La Turquie et la Russie entretiennent des relations exécrables depuis qu'Ankara a abattu, en novembre dernier, un avion russe à la frontière syro-turque.

Un bras de fer sans issue se déroule entre deux personnages autoritaires, peu enclins aux concessions.

Leurs objectifs politiques sont aux antipodes sur la Syrie et le sort de son président.

Le 13 février, Moscou a dépêché un navire lance-missiles en Méditerranée, en passant par la mer Égée déjà sillonnée par les navires de l’OTAN, après avoir organisé de grandes manœuvres en mer Noire, dans la Caspienne et au sud de la fédération de Russie.

Et puis la Chine y déploie depuis quelques semaines ses propres navires militaires…

Pour les observateurs, Moscou montre ses muscles à la Turquie, qui ne semble guère s'en soucier et continue de bombarder les Kurdes du PYD, non seulement soutenus par les États-Unis, mais aussi par la Russie qui vient d'accueillir, à Moscou, un bureau du mouvement kurde…

 

Dans ces conditions, force est de constater que l’optimisme n'est guère de rigueur et le flot de réfugiés ne faiblit pas au détriment de l’UE…

De toute façon, même si les armes se taisent, rien n’est résolu pour autant.

En admettant même qu’un cessez-le-feu tienne dans la durée, alors que ni Daech ni Al-Nostra ne sont partis au dernier accord, le compromis à trouver relève de la quadrature du cercle : Il faudrait organiser le pays en cantons de sorte que toutes ses communautés puissent se sentir en sécurité à l’abri d’une large autonomie et que tous les courants politiques de l’insurrection puissent rester maîtres des positions qu’ils se sont assurés.

Une carte, de l’avis de tous, très difficile à établir.

De plus, il faudrait aussi définir les pouvoirs de l’État central et décider de qui l’incarnera, l’actuel président ou un autre issu d’une autre communauté.

Mais qui, qui soit agréé à la fois pas l’Iran et de l’Arabie saoudite, des chefs de file des camps chiite et sunnite, qui ne voudront ni l’un ni l’autre renoncer à contrôler la Syrie sans être évincé ?

Pour les Saoudiens comme pour les Iraniens, l’enjeu est si fondamental qu’il faudra soit que les cantons pèsent beaucoup plus que l’État central et puissent s’aligner sur l’une des deux puissances régionales soit que le futur président syrien rassure aussi bien Riyad que Téhéran.

D’autant qu’au Yémen, l’Arabie saoudite et l’Iran se combattent par chiites et sunnites yéménites interposés dans une guerre dont la cruauté est au moins égale à celle du conflit syrien.

Les monarchies pétrolières et l’Iran sont également aux prises à Bahreïn, petit État du Golfe dont la famille régnante est sunnite alors que la population est très majoritairement chiite.

En Irak, on se rappelle que l’intervention américaine a mis aux commandes une majorité chiite, et depuis, l’affrontement est permanent entre les deux religions de l’islam que soutiennent pleinement leurs parrains respectifs, parfois au détriment des chrétiens de la zone, une fois de plus, qui meurent dans le silence international.

 

Au Liban, les tensions s’avivent de jour en jour entre les protégés sunnites et chrétiens de l’Arabie saoudite et le Hezbollah, la puissante organisation politico-militaire chiite créée, armée et financée par l’Iran.

Et c’est sans compter sur le sort des urnes : L’Iran a voté pour renouveler à la fois le « Majlis », le Parlement, et « l’Assemblée des experts », l’instance cléricale à laquelle il reviendra, le jour venu, d’élire le successeur du Guide suprême, l’homme le plus puissant de la République islamique.

Réformateurs et modérés ont décidé de faire front, contre les conservateurs, derrière le très pragmatique président de la République sortant.

Et ça a fonctionné : Le chef de l’État pourra libéraliser le régime de l’intérieur et rechercher une détente avec l’Arabie saoudite en Syrie, au Yémen et au Liban.

Pour compliquer le tout, aux USA, les urnes vont parler dans huit mois : Rien ne dit qu’il y aura « continuité » diplomatique sur le sujet de la Syrie en particulier et au Proche-Orient et Moyen-Orient en général.

 

L’effondrement des cours du pétrole vide par ailleurs et à grande vitesse les caisses des États, jusqu’en Algérie, en passant par la Libye, les Kurdes, l’Irak, Daech, l’Iran, les monarchies pétrolières, le Mexique et même la Russie.

Le premier à faire faillite, c’est le Venezuela qui en est à brader son or.

Comble d’ironie, celui-ci, avant d'être vendu, n’étant pas reconnu comme satisfaisant aux critères mondiaux, doit être envoyé en Suisse pour y être refondu et « purifié »…

La stabilité de tous ces pays a longtemps reposé sur la capacité de ses gouvernants à acheter la paix sociale : Ils et elle vacillent jusque dans le Maghreb, déjà amplement fragilisé, si proche de l’Europe et de la « Gauloisie-pétocharde » en particulier.

D’autant que celle-ci n’est quasiment plus gouvernée : Vous allez pouvoir vous en rendre compte dès cet après-midi.

« Bling-bling » en a été jusqu’à prétendre la semaine dernière que le « capitaine-de-pédalo-à-la-fraise-des-bois » devait se démettre très vite.

 

Voilà qui me fait bien rire (malgré ma côte manquante) : Le chômage régresserait au sens du BIT et de « Lyne-sait » tout.

Il a ce qu’il lui faut pour envisager de se représenter, sans même de « primaires-soces ».

C’est vous dire, que sans vouloir devenir pessimiste, il n’y a pas lieu d’être vraiment optimiste, finalement…

 

http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/03/je-minquiete.html

 

 

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