Il y a tout juste un siècle …

22/02/2016 12:49

 

La Bataille de Verdun débutait 

 

21 février 1916 – 19 décembre 1916 (9 mois, 3 semaines et 6 jours)…

Conçue par le général Erich von Falkenhayn, commandant en chef de l'armée allemande, comme une bataille d'attrition pour « saigner à blanc l'armée française » sous un déluge d'obus dans un rapport de pertes de un pour deux, elle se révélera en fait presque aussi coûteuse pour l'attaquant : 714.231 morts, disparus ou blessés, 362.000 soldats français et 337.000 allemands, une moyenne de 70.000 victimes pour chacun des dix mois de la bataille.

En fait, l'objectif allemand était plus simplement de prendre le saillant de Verdun.

 

C'est la plus longue et l'une des batailles les plus dévastatrices de la Première Guerre mondiale et de l'histoire de la guerre. L'artillerie y cause 80 % des pertes, le rôle des hommes y consiste surtout à survivre dans les pires conditions sur un terrain transformé en enfer, tout cela pour un résultat militaire nul : Elle se termina par un retour à la situation antérieure.

Elle n'en constitue pas moins une grande victoire défensive de l'armée française.

Parallèlement, de juillet à novembre, l'armée britannique ainsi que l'armée française seront engagées dans la bataille de la Somme, tout aussi sanglante.

De plus, du 4 juin au 20 septembre, l'armée russe sera engagée dans l'offensive Broussilov, la plus grande offensive sur le Front de l'Est de l'armée russe de toute la guerre qui contraindra l'état-major allemand à retirer des divisions sur le front de l'Ouest pour les envoyer à l'Est, ce qui contribuera à alléger une partie de la pression allemande sur Verdun.

 

Alors que, côté allemand, ce sont pour l'essentiel les mêmes corps d'armée qui livreront toute la bataille, l'armée française fera passer à Verdun, par rotation, 70 % de ses Poilus, ce qui contribua à l'importance symbolique de cette bataille et à la renommée du général Pétain qui en commanda la première partie.

C'est au général Nivelle (surnommé « le boucher de Verdun ») que revint le mérite de l'enrayement définitif de l'offensive allemande (juin – juillet 1916), puis de la reconquête du terrain perdu entre octobre et novembre 1916 avec la récupération du fort de Douaumont, aidé en cela par son subordonné le général Mangin.

 

Verdun sera, comme la Somme, une terrible leçon que certains théoriciens militaires allemands sauront comprendre. L'immobilité du front, malgré les moyens engagés, est due à l'absence de moteur : En 1940, soumise au feu motorisé des Panzers, Verdun tombera en 24 heures.

 

Elle suit la bataille de la Marne, où les forces anglo-françaises repoussèrent les armées allemandes le long de l'Aisne. Finalement, à ce moment-là, le front se stabilise sur une ligne faisant 750 km, de la mer du Nord à la Suisse, en passant par Nieuport, Compiègne, Reims, Verdun et la région de Nancy.

Les armées s’enterrent. La guerre de mouvement est terminée.

Durant l'année 1915, le nouveau commandant en chef des forces allemandes, von Falkenhayn, souhaite concentrer son attention sur le front oriental. L'état-major allemand prend conscience que toutes les percées sur le front occidental ne pourront avoir lieu, dans la guerre nouvelle, qu'au prix de pertes immenses.

Ce n'est qu'à partir du 2 mai qu'une nouvelle offensive, menée cette fois-ci par le maréchal von Mackensen, permettra la poussée décisive : Sur un front de 160 km, les troupes russes sont bousculées de toute part. Le 22 juin la Galicie est libérée. Le 13 juillet, la Grande Retraite se poursuit alors que le commandement allemand est réunifié sous les ordres de Falkenhayn. Quand l'offensive s'arrête le 19 septembre, les forces allemandes occupent Varsovie, Novogeorgievsk, Brest-Litovsk et Vilnius, mais elles n'ont jamais été capables d'encercler les troupes russes, qui se dérobaient toujours vers l'arrière.

 

Sur le front occidental, au cours de l'hiver 1915-1916, les états-majors adverses préparent leurs plans de campagne pour l'année à venir. Après plus d'une année complète d'expériences, les commandements commencent à ajuster leurs stratégies en fonction des conditions de la guerre de positions moderne : La stratégie qui sera adoptée chez tous les belligérants sera celle de la guerre d'usure. Dans les formes nouvelles du combat qui émergent, le rôle du soldat s'efface de plus en plus devant celui du matériel.

 

C'est donc sur le front occidental que l'armée allemande devra prendre l'initiative. Le général Falkenhayn est toutefois conscient que les méthodes qui ont assuré le succès en Russie ne peuvent mener qu'à la faillite en France. Falkenhayn choisit d'adopter une stratégie tout à fait novatrice : Au lieu de tenter une percée sur un endroit particulier du front, il décide d'amener l'armée française au bout de ses ressources matérielles et morales.

Par une suite ininterrompue d'attaques répétées, il souhaite user l'ennemi dans son ensemble.

 

Du côté des forces de l'Entente, la priorité devient l'organisation concertée des forces sur les deux fronts afin de fixer les troupes des puissances centrales en position.

Le nouveau credo des forces anglo-françaises est celui du général Foch : « L'artillerie “conquiert” le terrain, l'infanterie (l')“occupe”. »

Toutefois, la coopération entre les différents alliés demeure très déficiente. Seuls les Français et les Britanniques réussissent à élaborer un plan commun.

Pour le commandement français, dirigé par le général Joffre, la guerre de mouvement reste d’actualité. Le chef des armées prête toute son attention à la préparation d’une offensive importante sur la Somme. Il faut percer, reprendre la guerre de mouvements et en finir.

 

Pour le commandement allemand, ce n’est pas tout à fait la même façon d’aborder le problème. Effectivement, il faut en finir avec ce conflit. Mais pour cela il faut rendre la guerre coûteuse aux Anglais par une nouvelle méthode, la guerre sous-marine, et surtout il faut détruire les forces françaises : « les forces de la France seront saignées à mort… que nous atteignions notre objectif ou non ».

Pour des raisons de stratégie et de fierté nationale, l'Armée Française ne peut reculer et devrait donc s'accrocher à défendre tout objectif sous le feu allemand.

 

Le site de Verdun est finalement choisi pour de multiples raisons :

– Tout d'abord, c’est une position stratégique importante car elle se trouve à proximité immédiate des usines d’obus de Briey-Thionville et du complexe ferroviaire de Metz ;

– Le saillant de Verdun est entouré par les forces allemandes de trois côtés, qui bénéficient d'un réseau logistique de voies ferrées performantes, alors que, du côté français, Verdun ne peut être approvisionné que par une mauvaise route et une ligne de chemin de fer à voie étroite ;

– Les forts du complexe défensif de Verdun sont vétustes, et Joffre a dégarni le secteur, laissant moins de 300 pièces d'artillerie et des unités à faible valeur combattante, ce qui devrait permettre aux Allemands de prendre l'avantage en première partie de bataille.

 

C’est effectivement un saillant des lignes françaises, cerné de tous les côtés, la Meuse compliquant la défense du secteur. Dans le saillant se trouve une double ceinture de forts, dont ceux de Douaumont et de Vaux. Mais depuis la destruction des fortifications de Liège, Namur et Maubeuge par les obusiers allemands, le commandement français ne croit plus aux places fortes.

Les canons des forts de Verdun ont été retirés par décret du 5 août 1915, diminuant ainsi très fortement leur capacité opérationnelle : Et Joffre a besoin de ces canons pour l’offensive qu’il projette dans la Somme.

De même, les garnisons occupant les forts sont bien souvent réduites à quelques dizaines de combattants, voire moins. Le système de défense est lui aussi parfois ramené à une tranchée au lieu de trois, et les barbelés sont en mauvais état.

Pour ravitailler le secteur, il ne reste plus qu’un chemin de fer à voie étroite reliant Bar-le-Duc à Verdun. Véritable tortillard, le Chemin de fer meusien est impropre au transport de matériel lourd.

Parallèlement au Chemin de fer meusien se trouve une route départementale que Maurice Barrès appellera « la voie sacrée ».

Ce manque de voies de communication avec l’arrière rend encore plus fragile cette partie du front.

 

Comptant sur la supériorité allemande en artillerie lourde, les allemands vont employer la méthode du « Trommelfeuer » (roulement de tambour) : Les canons ne tirent pas par salves mais font en feu à volonté, ce qui effectue un pilonnage continu. La préparation d’artillerie devrait permettre de détruire les défenses du terrain à conquérir.

Pour ce faire, les Allemands rassemblent face à Verdun quelque 1.225 pièces d’artillerie de tous calibres dont 542 obusiers lourds. En moyenne, on peut compter un obusier rapide de 210 mm tous les 150 m. Ils déploient 13 obusiers Krupp de 420 mm, 17 obusiers Skoda17 de 305 mm, 2 pièces de marine de 380 mm et les munitions en conséquence, environ 2.500.000 obus.

Et ils massent 72 bataillons d’infanterie dans des abris enterrés.

Sur les vingt divisions affectées à l'opération, dix sont prévues pour la bataille proprement dite, les dix autres étant réservées pour une éventuelle bataille décisive sur un autre secteur dégarni en conséquence.

 

Depuis la mi-janvier, les préparatifs allemands sont confirmés par le 2ème bureau des services de renseignements français, par la reconnaissance aérienne qui prend des photographies inquiétantes et par des déserteurs Alsaciens et Lorrains.

Joffre reste sourd à ces renseignements.

 

Le lundi 21 février 1916 vers 7 heures, un obus de 380 mm explose dans la cour du palais épiscopal de Verdun. C’est le début d’une bataille inhumaine – opération baptisée « Gericht » (tribunal) par les Allemands – qui durera dix mois .

Un déluge de fer et de feu s’abat sur un front de quelques kilomètres, et le bombardement est perçu jusque dans les Vosges, à 150 km de là.

Un obus lourd toutes les trois secondes tombent sur les positions françaises.

À 16 heures, le même jour, 60.000 soldats allemands passent à l’attaque sur un front de six kilomètres au bois des Caures, croyant s'attaquer à des troupes à l'agonie, totalement désorganisées.

L’infanterie allemande effectue une progression limitée, aménage immédiatement le terrain afin de mettre l’artillerie de campagne en batterie. La portée ainsi augmentée, les canons allemands menacent directement les liaisons françaises entre l’arrière et le front.

 

Sur le reste du secteur, les défenses sont broyées, disloquées, écrasées. En quelques heures, les massifs forestiers disparaissent, remplacés par un décor lunaire. Les massifs de Haumont, de Herbebois et des Caures sont déchiquetés, hachés, nivelés. Derrière le feu roulant, le 7ème corps rhénan, le 18ème hessois et le 3ème brandebourgeois avancent lentement.

 

Le fort de Douaumont, qui n’est défendu que par une soixantaine d’hommes, est enlevé dans la soirée du 25 février 1916 par le 24ème régiment brandebourgeois.

 

Ce succès fut immense pour la propagande allemande et une consternation pour les Français. Par cette prise, les Allemands ne se retrouvent plus qu'à 5 km de la ville de Verdun, se rapprochant inexorablement.

Malgré tout, la progression allemande est très fortement ralentie. En effet, la préparation d’artillerie présente des inconvénients pour l’attaquant. Le sol, labouré, devient contraignant, instable, dangereux. Bien souvent, la progression des troupes doit se faire en colonne, en évitant les obstacles.

Et contre toute attente, les Allemands trouvent une opposition à leur progression.

Chose incroyable pour eux, dans des positions françaises disparues, des survivants surgissent. Des poignées d’hommes, souvent sans officiers, s’arment et ripostent, à l’endroit où ils se trouvent. Une mitrailleuse suffit à bloquer une colonne ou la tête d’un régiment. Les combattants français, dans un piteux état, résistent avec acharnement et parviennent à ralentir ou à bloquer l’avance des troupes allemandes.

 

Un semblant de front est reconstitué. Les 270 pièces d’artillerie françaises tentent de rendre coup pour coup. Deux divisions françaises sont envoyées rapidement en renfort, le 24 février 1916, sur ce qui reste du front. Avec les survivants du bombardement, elles arrêtent la progression des troupes allemandes.

Joffre fait appeler en urgence le général de Castelnau à qui il donne les pleins pouvoirs afin d'éviter la rupture des lignes françaises et une éventuelle retraite des troupes en catastrophe. Le général donne l’ordre le 24 février de résister sur la rive droite de la Meuse, du côté du fort de Douaumont, au nord de Verdun.

La progression des troupes allemandes est ainsi stoppée grâce aux renforts demandés par Castelnau jusqu'au lendemain, jour de la prise du fort de Douaumont.

 

Le 25 février 1916, Joffre décide de l'envoi à Verdun de la IIème Armée, qui avait été placée en réserve stratégique, et dont le général Pétain était le commandant depuis le 21 juin 1915. À la suite des recommandations du général de Castelnau, il lui confie le commandement en chef du secteur de Verdun.

 

Dans un premier temps, le général Pétain réorganise la défense. Elle s’articule sur les deux rives de la Meuse, en quatre groupements : Sur la rive droite Guillaumat, Balfourier et Duchêne, Bazelaire sur la rive gauche. Une artillerie renforcée dans la mesure des disponibilités couvre les unités en ligne. Les forts sont réarmés. Pour ménager ses troupes, il impose « le tourniquet ». Les troupes se relaient pour la défense de Verdun.

En juillet 1916, 70 des 95 divisions françaises auront participé à la bataille.

 

Dans un second temps, il réorganise la logistique. La seule voie de ravitaillement possible consiste en une voie ferrée sinueuse doublée d’une route départementale. La route ne fait que sept mètres de large et se transforme en bourbier dès les premières pluies. Sur ces 56 km de piste, il fait circuler une succession ininterrompue de camions roulant jour et nuit.

Sur cette « Voie sacrée », y circulent plus de 3.000 camions, un toutes les quinze secondes, 90.000 hommes et 50.000 tonnes de munitions sont transportés chaque semaine.

Des carrières sont ouvertes dans le calcaire avoisinant. Des territoriaux et des civils empierrent en permanence la route. Des milliers de tonnes de pierres sont jetées sous les roues des camions qui montent et descendent du front. Les deux files font office de rouleau compresseur et dament les pierres.

Il est interdit de stationner. Le roulage se fait pare-chocs contre pare-chocs, de jour comme de nuit. Le flot ne doit s’interrompre sous aucun prétexte.

Tout véhicule en panne est poussé dans le fossé.

 

La voie ferrée existante est une voie métrique. Elle est intensément exploitée à partir du matériel roulant d'origine (celui du « Petit Meusien ») mais comme cela ne suffit pas, l'armée utilise aussi des locomotives, voitures et wagons en provenance de toute la France. Alors que le réseau n'est pas dimensionné pour absorber un tel trafic, aucun accident n'est pourtant à déplorer. Dans le même temps, les sapeurs construisent une nouvelle voie de chemin de fer, à voie normale cette fois, pour desservir Verdun : La ligne 6 bis. Construite en un temps record, elle contribue à la victoire française, en particulier en évitant les transbordements.

 

Enfin, Pétain réorganise l’artillerie. L’artillerie lourde restante est récupérée. Un groupement autonome est créé et directement placé sous ses ordres. Cela permet de concentrer les feux sur les points les plus menacés. Ces changements apportés à cette partie du front font remonter le moral de la troupe qui sent en Pétain un véritable chef qui la soutient dans l’effort et la souffrance.

 

Pour la première fois depuis le début de la guerre, l'aviation intervient de manière véritablement organisée avec la création de la première grande unité de chasse, chargée de dégager le ciel des engins ennemis, et de renseigner le commandement sur les positions et les mouvements de l'adversaire : « Je suis aveugle, dégagez le ciel et éclairez-moi », leur dira-t-il. Les Allemands sont arrêtés à quatre kilomètres de leurs positions de départ, avance très faible eu égard aux moyens qu'ils ont engagés.

 

Le Kronprinz supplie Falkenhayn d’attaquer la rive gauche pour faire taire les canons français. Les Allemands attaquent autour du Mort-Homme, du côté de la rive gauche, du bois des Bourrus, du bois de Cumière et du bois des Corbeaux. Puis ils attaquent sur la rive droite autour du fort de Vaux, de la Côte du Poivre et d’Avocourt. Ce sont à chaque fois des boucheries pour les deux camps. 

 

Le 6 mars 1916, les Allemands pilonnent et attaquent le Mort-homme sur la rive gauche. Mais le feu français les arrête. Cette « bataille dans la bataille » va durer jusqu’au 15 mars. Au cours de ces 10 jours, le secteur est transformé en désert.

Simultanément, le 7 mars, les Allemands lancent une offensive sur la rive droite, à partir de Douaumont. Cette partie du front fut le secteur le plus durement touché de la bataille. Le fort de Souville (aujourd'hui totalement en ruine), l'ouvrage de Thiaumont (totalement rayé du paysage), l'ouvrage de Froideterre (qui a bien résisté, bien que les différents organes du fort ne soient pas reliés par des souterrains) permirent à l'armée française de s'accrocher sur la dernière position haute dominant la ville de Verdun.

Le village de Fleury-devant-Douaumont fut le théâtre de combats particulièrement intenses, il fut pris et repris seize fois. Et les Allemands n'iront pas plus loin. Ce village, qui fait aujourd'hui partie des huit villages fantômes de France (qui ont un maire, mais n'ont plus d'habitants), a représenté l'avance extrême de l'armée allemande devant Verdun.

 

Pétain réclame des renforts à Joffre. Mais ce dernier privilégie sa future offensive sur la Somme. Cela fait dire à Pétain « Le GQG me donne plus de mal que les Boches ».

La 11ème division bavaroise investit, le 20 mars, la cote 304 qui couvrait de son feu le Mort-Homme. Malgré ces succès, l’offensive générale allemande sur les deux rives de la Meuse est arrêtée par les Français. « Les assauts furieux des armées du Kronprinz ont partout été brisés. Courage… on les aura ! » dira Pétain.

 

Les Allemands étant arrêtés, Joffre veut quelqu’un de plus offensif pour diriger la bataille. Il nomme Pétain chef du groupe d’armées Centre et le général Nivelle à Verdun.

Ce dernier charge le général Mangin de reprendre le fort de Douaumont. La bataille s’engage par six jours de pilonnage du fort par les Français. L’infanterie prend pied sur le fort le 22 mai, mais en est chassée le 24.

Durant ce temps, 10.000 Français tombent pour garder la cote 304 où les Allemands sont accrochés sur les pentes.

L’artillerie, pièce maîtresse de ce champ de bataille, est toujours en faveur du côté allemand avec 2.200 pièces à ce moment-là pour 1.800 pièces côté français. 

 

Falkenhayn reprend l’offensive sur la rive droite de la Meuse. Sur un front de six kilomètres, les Allemands sont à quatre contre un. Ils mettent les moyens pour emporter la décision qui tarde depuis si longtemps. À trois kilomètres au sud-est de Douaumont se trouve le fort de Vaux. Il est défendu par une garnison de 600 hommes. L’eau, les vivres et l’artillerie sont en quantité insuffisante. Après une intense préparation d’artillerie, le 1er juin 1916, l’infanterie allemande se lance à l’assaut du fort. Le 2 juin, elle pénètre dans l’enceinte. Toutefois, il faut encore « nettoyer » la place. Les combats se livrent couloir par couloir. Il faut gazer la garnison pour la réduire.

Une expédition de secours est anéantie le 6 juin.

Finalement, le commandant Raynal, chef de la place, capitule car les réserves d'eau à l'intérieur du fort sont tombées à zéro. Les honneurs sont rendus par l’ennemi aux défenseurs de la place, tous les soldats allemands ainsi que les officiers se sont mis en rangs et ont salué les soldats français, sortant du fort au-delà de l'épuisement.

 

Les Allemands sont tout près de Verdun dont ils peuvent apercevoir les spires de la cathédrale. Falkenhayn croit la victoire à sa portée.

Le 18 juin 1916, il fait bombarder le secteur avec des obus au phosgène. Mais les 70.000 Allemands doivent attendre, l’arme à la bretelle, que le gaz se dissipe pour attaquer. Ce temps précieux est mis à profit par les forces françaises pour renforcer la position.

Lorsque l’assaut recommence, le 23 juin, il réussit à occuper la crête de Fleury.

Puis les Allemands repartent à l'assaut le 11 juillet après une préparation d'artillerie de trois jours visant le fort de Souville. Ce dernier est écrasé sous les obus de très gros calibre car il est le dernier arrêt avant la descente sur la ville de Verdun.

Néanmoins, l'artillerie de 75 lointaine ainsi que des mitrailleurs sortis des niveaux inférieurs du fort de Souville portent un coup d'arrêt définitif aux vagues d'assaut allemandes.

Une cinquantaine de fantassins allemands parviennent quand même au sommet du fort mais ils sont faits prisonniers ou regagnent leurs lignes : Le fort de Souville était définitivement dégagé le 12 juillet dans l'après-midi. 

 

Le 1er juillet 1916 au matin, les Alliés ont attaqué sur la Somme. Les Russes avancent sur le front oriental. Les Italiens font reculer les Autrichiens. Des troupes et de l’artillerie ont été prélevées sur le front de Verdun.

Ces conditions compliquent la situation du commandement allemand pour continuer les opérations sur Verdun. 
Le 11 juillet les Allemands perdent l’initiative.


Du 21 au 24 octobre les Français pilonnent les lignes ennemies. Écrasés et gazés par des obus de 400 mm, les Allemands évacuent Douaumont le 23 octobre.

Les batteries ennemies repérées sont détruites par l’artillerie française.

Puis, le 24 octobre, trois divisions françaises passent à l’attaque sur un front de sept kilomètres. Douaumont est repris et 6.000 Allemands sont capturés.

Le 2 novembre, le fort de Vaux est évacué par les Allemands.

À la mi-décembre, les troupes allemandes sont refoulées sur leurs positions de départ.

 

C’est la fin de la bataille de Verdun, une immense boucherie.

L’armée française obtient une victoire défensive incontestable.

Un tournant dans ce conflit, on ne le dira jamais assez.

Mais il y en a eu tant d’autres depuis.

 

C’était ma « page-patriotique » du souvenir à ces poilus-là à qui je dois, parmi beaucoup d’autres, d’être encore « Gaulois de France ».

Parmi eux, mes deux grands-pères et leurs fratries ainsi que celles de mes deux grands-mères. Tous ne sont pas revenus, et ceux qui en sont revenus n’ont jamais pu oublier. Notamment pas celui qui a été gazé pour avoir dû cracher ses poumons tout le reste de sa vie.

Même s’ils n’en ont jamais parlé à quiconque…

 

Merci, profondément merci à eux tous et toutes.

 

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