Grexit ?... (IV)

16/07/2015 00:29

 

Pantalonnades : La désunion européenne.

 

Malgré l'accord enfin trouvé, c’en est fini !

 

Les ministres des Finances de la zone euro ont transmis dimanche aux chefs d’État un document qui évoque noir sur blanc l’option d’une « sortie temporaire de la zone euro » de la Grèce.

 

Première déconvenue jeudi dernier : La Grèce soumet une proposition d’accord qui reprend mot pour mot les exigences de la troïka.

Hors la division par deux des financements des armées grecques…

« Tsi-tsi-passe » veut sans doute éviter une nouvelle dictature des colonels à son peuple, suppose-je : Un vieil atavisme local.

Tout comme « Le Riant » a pu éviter de la même façon le putsch du 14 juillet 2014.

Dans la foulée, il mange son chapeau et soumet vendredi ce projet à son Parlement qui vote des deux mains absolument contre les résultats massifs et populaires du dimanche précédent !

Du jamais vu, mais eux, ils font l’effort !

Une belle pantalonnade : Tout ça pour ça ?

 

Et alors le magnifique, c’est la Finlande dont le parlement mandate, absolument sans gêne, ses négociateurs pour exiger un « Grexit » net et sans bavure.

Ceux-là, ils sont pires que « Schlag-A-aux-Bœufs ».

De la graine d’hérétique.

Normal, ce sont des huguenots luthériens à 85 %.

 

Et puis on apprend dès lundi que, vainqueur par KO, l’Eurogroupe a de nouvelles exigences : Un texte circule jusqu’à l’AFP où l'on peut piétiner l'homme à terre.

« En cas d’échec à trouver un accord, la Grèce se verrait proposer de négocier rapidement une sortie temporaire de la zone euro, avec la possibilité de restructurer sa dette ».

Un passage qui figure entre crochets pour signifier qu’il n’a pas emporté l’adhésion de tous les ministres et qu’il revient aux chefs d’État de trancher.

Mais c’est la première fois qu’une telle option est aussi clairement évoquée.

 

L’Eurogroupe enfonce le clou et s’est accordé pour estimer qu’un troisième plan d’aide à la Grèce devrait peser entre 82 et 86 milliards d’euros sur trois à cinq ans (ça reste flou au moment où je mets sous presse) et pour demander à la Commission, au FMI et à la BCE d’essayer d’alléger cette enveloppe en travaillant sur la fiscalité grecque ou les privatisations exigées d’Athènes.

En revanche, il n’y a pas eu de consensus sur l’épineuse question de la soutenabilité et d’une éventuelle restructuration de la dette grecque, le passage étant lui aussi entre crochets : « Dans le contexte d’un éventuel programme (…), l’Eurogroupe se tient prêt à envisager de possibles mesures additionnelles pour adoucir le service de la dette grecque, si nécessaire » par un rééchelonnement.
Et puis finalement ça serait la piste évoquée à l'unanimité.

Vous savez déjà ce que j’en pense.

En revanche, une réduction pure et simple de la dette est totalement exclue.

Normal : Constater ses pertes sèches n’a rien d’agréable et le peuple allemand traduirait cette mesure comme une trahison de « Mère-Qu’elle » qui s’est fait réélire triomphalement en lui promettant que rien ne serait payé ni abandonné…

 

Plus inconvenant, le document fait la liste des exigences nouvelles imposées par l’Europe à la Grèce, et là encore, il n’y avait pas eu de consensus sur tout.

L’Eurogroupe demande à Athènes de légiférer d’urgence sur certains dossiers chauds, d’ici à mercredi, là, hier, pour « reconstruire la confiance », entre les créanciers et Athènes.

Il s’agit notamment de légiférer sur la TVA (taux et abattements îliens), les retraites (date de départ et quotité), la procédure civile, l’indépendance de l’Office grec des statistiques.

Ces nouvelles lois seront considérées comme d’un préalable à la reprise des discussions pour un plan d’aide à venir, autrement dit une façon de ligoter les parlementaires grecs qui n'auront rien à discuter.

En attendant, les banques resteront peut-être fermées en Grèce.

 

Dans le cadre de cette négociation à venir, « les propositions de réformes grecques doivent être considérablement renforcées pour tenir compte de la forte détérioration économique et budgétaire du pays », selon ce document.

En oubliant d’en dire l’origine que tout le monde connaît…

Il s’agit schématiquement de libéraliser l’économie, en modifiant par exemple les règles en vigueur dans le secteur énergétique, les retraites, le marché du travail, celles régissant le travail du dimanche, les périodes de soldes, sur les boulangeries ou le commerce du lait… etc.

Heureusement, on ne demande pas encore aux Grecs d’annuler le réchauffement global de la planète, mais le ton y est !

 

L’Eurogroupe a ajouté quatre nouvelles exigences sorties de son chapeau : Plus de privatisations, réduire le coût de l’administration, faciliter le travail de surveillance des institutions internationales, et imposer un droit de regard des institutions sur les projets normatifs grecs.

Enfin, Athènes doit revenir sur certaines des mesures adoptées depuis la victoire électorale de Syriza eu début de l’année 2015 (ce dernier point n’auraient pas fait l’objet d’un consensus de l’Eurogroupe, mais au final il doit y être : Je n'ai pas pu vérifier).

Pire : L’Eurogroupe exige d’Athènes des abandons de souveraineté puisque la Grèce devra soumettre aux institutions certains projets de loi avant de les passer au Parlement. « Le gouvernement doit consulter et obtenir l’accord des institutions sur tout projet de loi dans certains domaines importants (…) avant de le soumettre à une consultation publique ou au Parlement », selon ce texte.

Autrement dit, une véritable « mise sous tutelle », tel un « coup d’État » : Une démocratie élective se soumet par avance à des eurocrates, des étrangers, des « métèques » non-élus qui décideront de ses propres lois à adopter ou non avec une sorte de droit de veto à préciser : Magnifique !

 

D’un autre côté, pour obtenir des garanties supplémentaires de la Grèce en matière de bonne gestion budgétaire, Berlin proposait l'établissement d'un fonds alimenté par le produit des privatisations qui servirait à rembourser la dette, ce qui finalement n'a pas pu être évité.

Une humiliation pour Athènes !

Cette mesure n'était pas sur la table des négociations avant ce week-end…

Elle figurait en revanche dimanche soir parmi les questions les plus sensibles discutées au sommet de Bruxelles.

Le chiffre de 50 milliards a été évoqué au cours des discussions.

À Athènes, il fait hurler.

Pour les Grecs, elle s'apparente à une prise d'hypothèque ou pire, une saisie sur salaire.

« L'idée n'est pas neuve », a indiqué le président du Parlement européen, invité au sommet. Le président de la Commission européenne et ancien premier ministre du Luxembourg « l'avait évoquée en 2010 », dit-il. Pourtant, le même ne prend pas au sérieux le montant de 50 milliards, exagéré selon lui car les actifs à privatiser (compagnie électrique, ports, aéroports) pèseraient nettement moins lourd.

Oui, alors pourquoi brader ce qui fait encore un peu de recettes, svp ?

 

Ce fonds permettrait de « ne pas brader les biens grecs, de ne pas les vendre à n'importe qui, à n'importe quel prix », indique une source européenne proche des négociations.

Une allusion à la concession d'un des terminaux du port du Pirée cédé à la compagnie chinoise Cosco.

Berlin tient absolument à ce que cette mesure figure dans l'accord final et il y figurera mais amendé.

Pour parvenir à un compromis, il est important de définir « qui contrôlera le fonds », souligne-t-on.

Un vrai hold-up !

« C'est un élément de souveraineté nationale, il faut éviter que les Grecs se sentent humiliés », plaide-t-il. 

 

Le projet de texte de l'Eurogroupe évoquait la possibilité de transférer le produit des privatisations vers « L'Institution pour la croissance » qui ne se fera donc pas tout-à-fait comme prévu.

Cet organisme a été créé par un accord signé en avril 2014 par le précédent gouvernement grec et la Banque européenne d'investissement (BEI). Il est basé à… Luxembourg.

Autant dire pour le gouvernement grec, c’est un lourd symbole de mise sous tutelle européenne, pire qu'en 1893. Précisément ce à quoi « Alex-Tsi-tsi-Passe » avait promis d’échapper à ses électeurs en début d'année de mettre fin.
Du coup, il se relocalisera à Athènes, la seule concession consentie ! 

 

N’en jetez plus !

 

Je conçois bien évidemment que l’Eurogroupe ait une confiance limitée dans le « Mes Luches » local (moi même, je ne le prendrais pas en stop sur le bord de la route, ai-je déjà dit) : Ils ne viennent pas du même monde, c’est sûr.

Et que pour restaurer un semblant de crédibilité, l’Europe se croit obligée d’en rajouter une couche.

Même et surtout au dernier moment, comme le fait tout bon maître-chanteur.

Et demain ce sera quoi ? Un droit de préemption des places d’hôtel à prix cassé pour les touristes allemands ?
Parce que bon, rendez-vous est pris pour Noël 2018 avec exactement les mêmes problèmes, en plus gros encore et avec de nouveaux dirigeants, naturellement.

 

Alors profitant de tenir à portée de colt la tempe de celui qui est devenu un otage, ils en abusent.

Mais le procédé est particulièrement dément, honteux et ignoble (et je m’y connais en ignobilité, puisque je suis « I-Cube » : Incroyable Ignoble Infreequentable).

Car si le coup était parti, il aurait tué « le gôchiste » et du même coup aurait mis en coupe réglée tout le pays.

Comme Napoléon qui voulait la paix en Europe, les coalisés lui ont fait la guerre à six reprises en 18 ans, déchirant et piétinant tous les traités de paix successivement signés, pour rétablir leurs privilèges issus d’un « Ancien régime » !

Là, ils se sont regroupés à plusieurs pour aller piller l’avenir grec, même avec quelques délais…

 

Le coup n'est pas parti pas, c'est une « grande victoire teutonne » et une belle déculottée camouflée en victoire pour « François III » qui, en participant activement, à adouber la curée future, a bien gagné ses premières étoiles « d’amiral de pédalo » de lutte contre « l’ennemi sans visage et qui ne vote pas ».

Moi qui avait parié sur le bon sens-Teuton, j’en resterais marri à vie.

Parce que bien sûr, malgré les communiqués et le réalisme de façade, c'est un coup contre l’Europe elle-même !

Car enfin, comment restaurer après ce tir de barrage la confiance des peuples d’Europe dans leurs institutions européennes, svp ?

Pas de cette façon-là, en tout cas.

 

Alors je m’interroge.

« Aima-Nue-Elle-Tode » (que je n’aime pas trop) en dit que l’Allemagne prend prétexte de conflits tous les 50 ans pour asservir ses voisins … se considérant comme le nombril du continent.

D’abord il se trompe : De 1914 à 1939, ça ne fait pas 50 ans. Pas plus que 1945 à 2015.

Mais l’idée est bonne.

 

Le vrai combat est double : D’abord Financier contre Liberté !

Là, c’est clair : Tu n’es libre qu’autonome, capable d’assumer tes engagements jusqu’à les éteindre.

Si tu dois quelque chose à quelqu’un, ou inversement, ta Liberté en est forcément limitée, entravée.

Ce que je vous en disais encore avant-hier comme rappelé ci-dessus.

 

Ensuite, il est bien une « guerre de civilisation », mais pas contre l’Islam : Entre pays Chrétiens.

Vous me direz Europe du sud contre Europe du nord : Non !

Europe Papiste & Orthodoxe contre Europe Réformée (huguenote, hérétique ou tout ce que vous voulez), quitte à choquer bien naturellement une bonne partie des Gaulois.

Parce que les uns et les autres n’ont décidément pas le même rapport à l’argent.

Pour les premiers, c’est un outil, rien d’autre. Tout dépend de ce qu’on en fait au même titre qu’un marteau ou un tournevis, le meilleur ou le pire.

Pour les seconds, c’est un pouvoir donné par Dieu aux « distingués » dans la multitude, seulement un pouvoir !

Et quelle démonstration ils nous en font donc…

 

Notez que normalement, dans la conscience d’un huguenot, un grand pouvoir implique une grande responsabilité. Dieu n’est pas aveugle : Il répartit « les richesses » en fonction des compétences et talents. Il y  des « élus » et d'autres non (« l'hérésie » Cathare). C’est leur postulat.

Or, manifestement, les abus de ce pouvoir-là, Il n’a pas su les éviter.

Depuis si longtemps d’ailleurs…

Conséquemment, ce « dogme-là » ne tient pas debout deux minutes : Notez bien que j’en étais déjà persuadé depuis au moins mon baptême pour être sûr que Dieu, dans son immense amour pour Sa créature, ne fait aucune différence entre le riche et le pauvre, entre l'enfant et le vieillard, entre le plus grand et le plus modeste.

 

Conséquence, à terme lointain ou relativement proche, ces deux Europe seront de plus en plus incompatibles.

Tôt ou tard, elles divorceront.

Si ce n’est déjà fait dans les esprits, d’ailleurs.

Et il faudra bien en tirer les conséquences, « Grexit » ou non, voire les préparer dès aujourd’hui.

Là, tout de suite et en urgence, parce qu'il y aura une suite que ne vous disent pas encore vos médias préférés mais qui est bien là : La rupture de la solidarité européenne qui peut aller jusqu'à se comporter comme un bandit de grand-chemin face au plus faible... qui le restera encore très longtemps, puisqu'ils vont tout faire pour qu'ils en soit ainsi pendant un bon siècle !

Quelle dérision, qu’elle pantalonnade : Adieu ce projet magnifique de peuples vivant unis dans la paix Européenne.

Décidément : « Pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » !

I3

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/07/pantalonnades-la-desunion-europeenne.html

 

J’ai toujours pensé que la création de la zone euro était une absurdité car c’était faire une « Union monétaire » avant d’avoir réalisé une « Union économique ».

Il était en effet extrêmement risqué de se lancer dans la création d’une monnaie unique tant que les différences fiscales, économiques, de structure même de l’Etat, étaient parfois profondément différentes et pour certaines immatures… Cela ne pouvait que conduire à la création de tensions entre les pays « vertueux » de la zone euro et les « dépensiers »…

Nous sommes arrivés à un point de rupture où un pays est mis quasiment sous tutelle en raison de son endettement, qu’il n’est possible que de combler en faisant de la cavalerie, en faisant une « pyramide de Ponzi », en empruntant de l’argent pour rembourser les dettes qui augmentent encore et toujours…

Un cercle infernal qu’il n’est possible de rompre que par l’effacement d’une partie des dettes ou de les transformer en « certificats d’investissement » comme cela avait été envisagé.

Pour l’effacement d’une partie de la dette, les Allemands ne veulent pas en entendre parler, quant à l’idée de « certificats d’investissement » c’est tellement « hardi » que personne n’en parle !...

C’est aussi deux vues du monde qui s’opposent.

On retrouve les faiblesses, le culte de la personnalité typique des pays catholiques où les « chefs religieux », et leurs substituts modernes, les « dirigeants politiques » sont sacralisés, presque déifiés, intouchables, même s’ils sont corrompus jusqu’à la moelle, et les pays protestants dont la philosophie du développement individuel et de la réussite sont à la base de capitalisme.

Le « monde d’après » va apparaitre, mais ce sera dans la souffrance pour les plus faibles, surtout si leurs rigidités mentales leur interdit les remises en cause.

Bien à vous !...

« L’Ami-râle »

 

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