Grexit ?... (II)

10/07/2015 01:00

 

Je ne comprends pas tout,

 

Et espère que vous allez pouvoir m’éclairer.

 

On recause une fois de plus de la Grèce.

Les marchés dévissent lentement, et sans tenir compte du plongeon de la bourse de Shanghai, tout comme les prix des matières premières, hors le cacao à Londres.

De l’argent est détruit en très grande quantité tous les jours que le feuilleton-Grec se poursuit.

En fait, les circuits sont « asséchés » par prudence, les investisseurs préférant garder du cash (cash is king !), prendre leurs bénéfices, dans l’attente d’une sortie de crise.

 

Les USA s’inquiètent de la fragilité politique grandissante de la zone euro, dont les acteurs campent sur des dogmes-imbéciles, les yeux rivés sur leurs feuilles Excel comme en a dit « Sœur Âne », la mairesse des parigots en marge d’une réunion de mode, et « Poux-tine », qui avait très mal reçu « Tsi-tsi-Passe » il y a quelques semaines, joue l’absent.

« Kiki-la-Garde-Meurt-mais-ne-se-rend-pas » de la banque mondiale des états-failliteux n’ose même plus se montrer, rincée par le décalage horaire et la claque d’avoir perdu son pognon.

 

Pendant ce temps-là, les grecs jubilent, même si leurs banques restent fermées, sous perfusion millimétrée.

Il faut dire aussi que leur premier ministre, il a fait un coup politique fabuleux : de 36 % des suffrages aux dernières élections nationales, il a fait 61 % dimanche dernier !

Mais ça n’arrange pas pour autant les affaires : Son nouveau ministre de la finance s’est pointé les mains dans les poches alors que tout le monde l’attendait avec un dossier épais de propositions « crédibles » !

Géant.

 

Et de toute façon, la zone euro est divisée sur la suite à donner lors du prochain raout.

Les uns ne veulent plus qu’on tue leur pays sous l’austérité qui n’amène que la ruine des peuples, désespoir et destruction de l’économie d’un pays, les autres parlant de « Grexit » comme d’une urgence.

Ils sont fous : D’abord, le Grexit n’est pas juridiquement possible en l’état.

Il faudrait modifier dans l’urgence les traités à faire ratifier par les Parlements des pays de la zone euro.

Soyons sérieux, SVP.

 

Ensuite, si on se met à éliminer les « maillons-faibles » les uns après les autres, il faut savoir que le niveau de dette publique grecque d’il y a huit ans est celui atteint par la « Gauloisie-richissime » actuellement.

Trois ans pour les italiens…

Il ne finira par ne rester, dans 10 ans, plus que les Allemands et peut-être la Belgique (là où siège la Commission, et uniquement pour cette raison) dans la zone euro, si ce procédé devient la règle !

 

Pendant ce temps-là, personnellement je procède à la vente de la dernière entreprise, ses machines, ses personnels, ses savoir-faire, où j’ai gardé un mandat de « redresseur d’entreprise ».

Je vous raconte, parce que c’est rigolo comme tout.

 

J’arrive il y a quelques années en situation de pré-cessation des paiements. Je remets les gusses au travail et me fait payer au cul du camion tout en obtenant des crédits-fournisseurs et une aide des banquiers.

Ça remet de l’argent dans les caisses et dessert l’étau autour du tiroir-caisse.

Puis je vends une première fois la boîte aux salariés, ce qui permet à la famille de se retirer dans de bonnes conditions. Eux pensent que non, mais ça valait zéro quand je suis arrivé, alors j’estime qu’ils s’en sortent bien au lieu d’avoir à remettre au pot.

Et je reste aux commandes pour organiser la suite.

Notamment pour améliorer les marges et résultat opérationnel, j’anime les ventes, crée de nouvelles références et étend un peu le marché à des clientèles nouvelles piquées à la concurrence.

 

La suite ne sait pas fait attendre : Les salariés ne se sentent plus dès que ça va mieux et commencent à grignoter la bête.

Que j’en suis réduit à ouvrir le capital social aux fournisseurs qui ont transformé leurs créances en actions de la boutique et ont commencé à l’étrangler eux aussi après avoir allégé le passif.

Autrement dit, une deuxième vente de la même chose.

Ce qui dilue aussi le poids des salariés qui devenaient insupportables, surtout le cégétiste qui n’avait pas souscrit, le seul d’ailleurs.

Tellement qu’à chaque fois qu’il m’emmerdait je lui disais : « Tiens voilà les clés, moi je me casse ! »

Et il n’en voulait toujours pas.

 

Alors, au fil des dégradations de l’activité, je le voyais bien dans mes tableaux de suivi de trésorerie, pour éviter une nouvelle fois le dépôt de bilan irrémédiable, j’ai fait appel aux clients, qui eux se voient déjà patrons de leur fournisseur indispensable.

Une troisième vente de toujours la même chose…

Fort, le mek !

 

Je me marre, parce que là, je me tire pour de bon – j’avais prévenu : Je suis en exil ! – et je vois déjà les « grandes gueules » faire la loi chez les salariés, se heurter aux fournisseurs qui sont restés et faire face aux diktats des banquiers.

Mais peu importe : À situation impossible, remèdes improbables !

La boutique, dans deux ans, elle est morte sur son site s’ils ne parviennent pas à faire une « synthèse » viable !

Ils n’auront plus qu’à céder les machines à la casse et tout le monde de tirer un trait sur le pognon investi à en sécher leurs larmes de schizophrène avec ce qu’ils veulent.

Parce que de tout temps, on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière, c’est bien connu.

 

Et alors, pourquoi les grecs ne feraient-ils pas pareil ?

Expliquez-moi !

Après tout, ce ne sont que des jeux d’écriture tant que le pognon tourne : On l'a vu en 2008 et 2009.

Le drame, c’est quand il s’arrête de tourner, de faire des petits.

Pour le reste, même après un désastre, la vie reprend le dessus : C’est d’ailleurs la grande leçon de « Zorba le Grec », justement.

Un coup de bouzouki, un petit sirtaki et ça repart après deux ou trois chopines gardées au frais de derrière les fagots pour les jours fastes ! 

 

Miracle !

Challenges révèle que c'est justement le scénario « créatif » sur lequel plancheraient les équipes de « McRond », notre ministre de la finance.

Moins kon qu'il en a l'air, finalement...

L'idée – proposée à l'origine par un prof d’éco à l’université de Toulouse, « proche conseiller de Syriza », un avocat spécialiste en restructuration d’entreprises, et un chercheur du CNRS – serait la suivante :

 

Au lieu d'annuler une partie de la dette grecque qui reste insoutenable, on la transforme en totalité en « certificats d'investissement ».

Les créanciers de la Grèce devenant alors des (ses) investisseurs.

N'ayant plus de créanciers, ni de dettes mais des « actionnaires », Athènes peut consacrer l'argent qu'elle mobilise pour rembourser ses prêts à des investissements productifs de nature à relancer son économie.

15 à 20 milliards d’euro pourraient être ainsi libérés pour être injectés dans l'économie grecque, la vraie.

C’est beaucoup ?

Oui : C'est environ 10 % du PIB grec d’un coup, c'est donc énorme et c'est effectivement, potentiellement, de quoi créer l’électrochoc dont a besoin le pays pour sortir de la spirale déflationniste dans laquelle il se noie.

L’idée me plait assez bien que mon pays puisse devenir « actionnaire » de la Grèce.

Au moins, j’ai une chance d’aller y poser l’ancre – une belle CQR – de mon voilier avec les dividendes à en attendre.  

 

Et ça peut marcher, pas comme chez mes rigolos, à condition de mettre en œuvre les mesures indispensables pour faire remonter le pognon dans les caisses du pays et réduire les coûts de fonctionnement de l’activité publique.

Autrement dit quelques efforts à fournir encore pour sortir durablement du tunnel où ils sont collectivement, je veux dire non seulement les grecs mais aussi la zone euro, encalminés.

Pour vivre, il faut du mouvement, il faut que l’argent recommence à tourner, au lieu d’assécher les sources.

 

Autrement dit mettre en œuvre des réformes structurelles ambitieuses car il implique que le budget de l'État, dont le surplus est consacré aux investissements, soit « très » excédentaire environ 2 % (contre 0,4 % en 2014), plusieurs années durant.

Mais bon, 2 % après la chute de 25 % en quelques années, c’est plus facile que sur une base 100 (*).

Avec un peu d’inflation, c’est même déjà acquis.

Ce que tout le monde devrait comprendre facilement, d’autant que pour les problèmes immédiats de trésorerie, l’Eurozone s’est déjà dotée de tous les outils indispensables : FESF et MES d’un côté, QE de 60 milliards/mois de l’autre côté.

 

Conséquence : Le Grexit, je n’y crois vraiment toujours pas.

Ou alors il faut désespérer définitivement du bon sens chez nos « sachants » et autres « élus ».

À suivre.

 

(*) Deux petites précisions :

 

1 – Faire + 2 sur une base 100, c’est plus difficile que de faire + 2 sur une base 75.

Ça ne fait que + 1,5, soit à peine plus que l’inflation générale à venir.

 

2 – Chose que j’ai découvert par hasard et in vivo dans une vie antérieure.

La boutique que je dirigeais alors venait de perdre 60 % de son chiffre d’affaires d’un trait à cause du mauvais caractère de mon prédécesseur à sa tête.

J’arrive en plein plan social que j’adoucis à seulement 4 licenciements secs alors que les effectifs se dégonflaient de plusieurs centaines de salariés, par perte de confiance.

J’étais jeune et j’y croyais.

Une fois la voilure ramenée partiellement pour la route à suivre, je mets la pression sur la force de vente rémunérée à la commission : « Je veux du + 10 % ! C’est une question de vie ou de mort » pour la boutique.

Ils s’attendaient à ce que je remette en cause les pourcentages de commission : Je m’en suis bien gardé !

 

Réaction immédiate du jars de l’équipe (assez nombreuse) : « Patron, tu n’y connais rien ! Je fais 1 million par mois avec des semaines de 70 heures, comment veux-tu que je fasse 100.000 de plus ? »

Réponse : « Ce n’est pas toi qui va les faire directement. Tu vas en faire même un peu moins, parce que tu vas consacrer un peu de temps à celui-là qui fait à peine 250.000 sur un secteur où il lui sera facile de faire 25.000 de plus.

Aide-le à doubler son chiffre ! Montre-lui comment faire et organiser ses tournées ! »

Résultat, en fin d’année la force de vente avait fait + 15 %.

 

Et puis je suis parti quand j’ai pris un accord commercial, hors force de vente, qui assurait l’année suivant le doublement des volumes (mais à marge moindre, je le reconnais) : La boutique pouvait continuer sans moi.

 

I3

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/07/je-ne-comprends-pas-tout.html

 

 

Transformer des dettes en actions !...

Il faut oser y penser !...

C’est hardi…

 

L’une des premières sociétés anonymes modernes a été la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales (VOC) créée par les Provinces-Unies en 1602 et dissoute en 1799.

Elle est le premier modèle de la société anonyme émettant des actions et obligations ainsi que le modèle de la multinationale implantée dans des pays à l’autre bout du monde. Elle est la plus influente des compagnies européennes fondées au xviie siècle pour exploiter les richesses d’Asie.

J’ai découvert ça en Norvège, à Runde, une île près d’Alesund, où un vaisseau de cette compagnie s’est fracassé sur les récifs en 1725. Les 500 kg de pièces en or, argent, et autres métaux ont été retrouvées au fond de la mer par des plongeurs dans les années 70.

Le navire était parti d’Amsterdam et avait entrepris de faire le tour de l’Ecosse afin d’éviter la Manche infestée de pirates et de corsaires (peut-être quelques-uns de mes ancêtres…).

Les actionnaires de la VOC connaissaient les terribles risques de telles expéditions mais le bénéfice au retour était considérable et couvrait les pertes inévitables.

 

Pour la Grèce, j’avoue que je suis un peu stupéfait d’une idée de transformer les dettes en actions !...

Un pays n’est pas une SA, quoique les obligations d’Etat, ou emprunt d’Etat, sont déjà une forme d’actionnariat et j’ai du mal à percevoir en quoi des actions vont coûter moins cher au final que le remboursement d’une dette.

Parce que là, c’est pour une durée indéfinie à moins de racheter ses propres obligations, donc payer ses dettes.

Je ne suis pas économiste, et encore moins financier, mais la combine m’a l’air fumeuse…

Et puis, on revient aux mêmes problèmes : un Etat trop important et incapable de percevoir les taxes et impôts ; un clergé tout-puissant qui possède 30% des richesses du pays en étant exonéré d’impôts, etc… ; une corruption endémique et un travail au noir en développement ; donc de fortes réformes à faire… On y revient encore…

 

Effectivement, et temporairement, cela allègerait très fortement les comptes de la Grèce mais quels sont les dividendes à attendre ?...

Et qui achèterait de telles actions  s’il n’y a pas de dividendes ?...

 

JCD

 

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Sujet: Grexit ?... (II)

Date: 10/07/2015

Par: I-Cube

Sujet: Commentaire en réponse

Une solution comme une autre qui a le mérite d'être légale et économiquement viable : On a bien fait le CDR pour apurer la dette du Crédit Lyonnais, vous rappelle-je et c'était plus "tordu" sur le plan juridique.
Quant aux dividendes à verser, ils peuvent l'être sous forme de rachat.

Ce qui me fait penser à la Compagnie française des Indes, en pleine Révolution française :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liquidation_de_la_Compagnie_des_Indes_orientales_(France)

Une affaire qui a fait jouer la guillotine plus qu'à son tour et qui s'est terminée avec l'épisode récent des "pigeons" dans nos lois de finances de "François III" le capitaine de pédalo à la fraise des bois.

Au XVIIIème siècle, la Convention taxait les dividendes comme les cession d'action au taux de 25 %.
Et des malins avaient obtenu que les remboursements d'action via des réductions de capital soient exonéré de la taxe.
D'où d'ailleurs la loi remettant ces remboursements comme d'une cession et sa taxe "comme d'un dividende", régime qui a duré jusqu'en 2013.

Jusqu'à ce que le Conseil Constitutionnel dans une décision de juin 2013 sur une QCP "de fiscaliste-émérite", dise que c'était une rupture de l'égalité des citoyens devant la charge de l'impôt : Un remboursement, ce n'est pas un revenu qui revient, mais une dette qui s'éteint et doit s'inscrire dans le cadre des mesures sur les plus-values et traiter comme telle, avec les abattements pour durée de détention obtenue par les "pigeons".
Bon, ça, c'était pour le petite histoire de la Révolution et de la fiscalité moderne.

Pour ce qui est de l'impôt grec, c'est vrai que le clientélisme restait roi.
Je vous signale que chez nous, c'est pareil avec nos milliers de "niches-fiscales & sociales".
Mais l'ensemble reste contrôlé par une administration surpuissante, ce qui n'est pas le cas chez les grecs et ça leur manque, sous contrôle du juge du droit et du fait.
Ce qui n'est pas non plus le cas en Grèce : C'est dire tout le travail qu'ils ont à faire contre la "corruption" !

Et notez d'un autre côté, que plus la pression fiscale est forte, plus les "combines" fleurissent.
Par exemple, expliquez moi comment l'Espagne fait progresser son PIB avec plus de 20 % de chômage, SVP ?
Comment se fait-il que la jeunesse particulièrement touchée par le phénomène ne casse pas tout dans les rues, hors le mouvement (épuisé) des "indignés" ?
Y'a pas un "truc" qui vous gêne au "bon sens", là ?
Bé l'explication est qu'il y a d'un côté les statistiques officielles et de l'autre l'économie souterraine qui continue de tourner et fournit du boulot à presque tout le monde, aussi simple que ça.

Essayez donc de payer avec votre carte-bleue en Espagne votre repas au restaurant.
Ca devient de plus en plus le cas en Italie.
Quant à la Grèce, je ne vous raconte même pas les tickets de caisse : Des torchons pas plus gros qu'un ticket de métro, et de toute façon, ils ne prennent même plus les chèques entre locaux.

C'est ça la vraie faillite : Plus les dépenses publiques sont grosses, plus nos économies modernes plombent tout le monde.
Et c'est autant vrai en Angleterre qu'en Allemagne : Pourquoi croyez-vous qu'il y a des coupures de 500 euros en circulation (3.000 balles d'antan d'un seul trait) ?
Mais parce que les allemands aiment bien payer en liquide et en recevoir tout autant !
La porte ouverte à tous les trafics et autres fraudes...
C'est comme ça.

Et la seule solution c'est de rendre au citoyen ses impôts et cotisations en dégonflant l'administration publiques et son périmètre de compétences.
Or, en "Gauloisie-friquée", on prend avec constance exactement le chemin inverse depuis des décennies.
Les grecs nous montre notre avenir, si on persiste encore...

Bien à vous !

I-Cube

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