François HOLLANDE et les Opérations « Homo »

27/10/2015 12:04

 

Vincent Nouzille

 

La machine à tuer !

 

Je lis beaucoup… uniquement quand il y a des « images », parce que bon, vous le savez, je suis un enfant de « l’ékole-publik », de la maternelle à la faculté de droit-doctorant, plus quelques autres formations « ++ » connexes et accessoires, du temps où j’ai arrêté de fumer, tellement je m’ennuyais : Aucune jeune-fille ne résistait à ma soif de vivre de l’époque, alors je compensais.

À 6 heures, j’étais déjà d’attaque pour toutes sortes d’aventure, y compris celle d’apprendre.

Je bossais la journée et je suivais des formations le soir et les samedis.

Mais je n’ai pas appris à lire, ni à écrire, ni même à compter : Tout juste à déchiffrer… et réfléchir un peu aussi.

Le reste est venu par jeu, au fil du temps.

Et pourtant, j’ai lu de bout en bout le bouquin du sieur, « Les tueurs de la République ».

Bon d’accord, il n’y a pas « d’images » et je l’ai fait un peu dans le désordre. Mais j’ai secoué le tout pour le remettre dans l’ordre.

 

Il s’agit d’un vaste reportage sur le programme criminel d’assassinats mené par l’État Gaulois.

On cause des américains et de leurs drones (on va y revenir), on a tout su ou presque des crimes soviétiques, nazis, chinois, coréens, cambodgiens, de ceux du Mossad, etc., mais assez peu de chose de tous les autres, comme si cela n’existait pas.

Eh bien on découvre avec stupeur, et parfois une certaine fierté morbide et patriotique aussi, il ne faut pas se le cacher, que l’actuel président et le renseignement Gaulois mène une campagne de meurtres d’une ampleur sans précédent depuis la guerre d’Algérie du temps du premier ministre social-démocrate Guy Mollet.

À cette fin, il maintient une liste de cibles, qui contiendrait des terroristes présumés, même pas jugés, dont lui et les services de sécurité ont décidé l’élimination sans aucune autre forme de procès.

 

« La liste est ultrasecrète. François Hollande la garde précieusement non loin de lui, dans son bureau du palais de l’Élysée. Elle contient les noms des personnes dont l’élimination a été secrètement approuvée. Selon les circonstances, il peut s’agir d’assassinats ciblés confiés à des soldats, des agents des services secrets français ou de pays amis (l’opération d’élimination d’un commando en Somalie a ainsi bénéficié des moyens américains). Le Service Action (SA) et la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et les commandos des forces spéciales des armées n’ont, aux dires des connaisseurs, jamais été autant sollicités ».

D’après l’auteur, il établit cette liste de meurtres à commettre derrière le dos de la population, grâce au silence complice des médias et des forces de la « gauche radicale » qui soutiennent sans le dire le Parti soce (PS) au pouvoir.

« François Hollande décide seul de ces opérations exceptionnelles. De fait le président ne partage sa liste de cibles qu’avec une poignée de proches qui le conseillent et savent se taire, trois personnes principalement : son chef d’état-major particulier, le général Benoît Puga ; son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian ; et le directeur de la DGSE, le diplomate Bernard Bajolet ».

Notez qu’on s’en doutait un peu. 

 

Des révélations qui témoigneraient de la dégénérescence avancée de la démocratie dans mon pays à moi-même (celui que j’aime tant…) qui évolue tranquillement vers l’absence de toute justice au sens de notre propre Constitution !

Celle-ci, et son corpus législatif, interdisent la peine de mort, et personne n’a élu Puga, Le Drian, ou Bajolet pour discuter avec « Flanby-à-la-fraise-des-bois » comment décider arbitrairement de la vie et de la mort de personnes qui n’ont subi aucune procédure judiciaire.

Il donne ainsi un blanc-seing aux forces les plus réactionnaires de l’État, c’est-à-dire les forces armées et les services de renseignement, qui espionnent massivement la population Gauloise et mondiale.

 

L’auteur évoque des opérations menées en Afghanistan, en Somalie et au Mali pour éliminer des personnes ciblées ou des organisations entières. Il rapporte les propos d’Ange Mancini, coordinateur national du renseignement à l’Élysée : « il est bon que ceux qui, partout dans le monde, pourraient être concernés sachent que la France réagira toujours à une agression contre l’État ou ses ressortissants ».

Mais en omettant de dire que toutes les dictatures en ont fait tout autant.

Tous les terroristes également, faut-il aussitôt rajouter…

 

Alors que la Gaule et l’OTAN envahissent de larges portions de l’ancien empire colonial gaulois et de sa périphérie géographique (Libye, Côte d’Ivoire, Syrie, Mali, République Centrafricaine), le renseignement Gaulois mène en parallèle une série d’opérations « Homo » (pour homicide) à un rythme inégalé depuis la guerre d’Algérie pour assassiner des opposants de ces interventions.

Ces opérations « Homo » sont censées « venger » mon pays d’attentats terroristes ou de kidnappings de ses ressortissants.

En fait, elles contribuent également à terroriser des populations entières.

La belle image de mon pays-des-lumières…

 

Le livre de Nouzille passe en revue la longue histoire des opérations « Homo » menées depuis la guerre d’Algérie et l’établissement de la Cinquième République après un putsch mené par des unités de l’armée française contre le gouvernement Mollet en 1958.

Il raconte comment Mollet, puis De Gaulle, porté au pouvoir en 1958, ont fait appel à des tueurs issus des forces réactionnaires et d’extrême-droite de l’Algérie gauloise pour assassiner des centaines d’opposants algériens.

Cependant, cette guerre, qui avait joui du soutien non seulement de la droite mais du PCF stalinien sous les sociaux-démocrates de Mollet, a discrédité l’ensemble de la classe politique auprès de la population. L’État a dû prendre ses distances pendant un temps de l’usage machinal et régulier du meurtre.

 

L’auteur revient longuement sur l’hostilité des gaulois à l’encontre du régime libyen de Kadhafi, qui menaçait ses intérêts en Afrique. Il y a eu sous « Giskard-A-la-barre » et « Mythe-errant » de nombreuses tentatives de renverser le régime libyen en tentant d’organiser des insurrections, notamment dans la ville de Benghazi. Ceci souligne les intérêts de longue date qui ont poussé « Bling-bling » à mener avec l’OTAN une guerre pour renverser Kadhafi en 2011.

Pire, le nombre d’opérations « Homo » a commencé à remonter sous « Mythe-errant ». Il a sollicité plus que ces prédécesseurs de droite le Service Action et les forces spéciales pour liquider des cibles en Afrique et au Moyen-Orient.

Il a aussi modernisé le Service Action en créant la cellule Alpha, plus discrète dans les opérations « Homo », après le scandale du Raimbow Warrior.

Cette cellule est toujours chargée des assassinats ciblés.

 

Il nous raconte, pour ceux qui ont oublié, comment, pour ces opérations secrètes, « Myrthe-errant » fait appel à des forces d’extrême droite, tels Olivier D., surnommé « Naf-Naf », ex-militant du GUD (Groupe union défense) néofasciste qui avait combattu pour les phalanges chrétiennes au Liban.

Celui-ci mobilisait des cadres sortis de l’Algérie gauloise, « dont d’anciens paras et légionnaires, d’ex-membres d’OAS (Organisation Armée Secrète, antigaulliste) ».

 

C’est dans le contexte politique des années 80, marqué par le tournant de la rigueur et le discrédit populaire en politique intérieure, que les milieux dirigeants ont à nouveau fait appel au meurtre comme stratégie.

Si « le Chi » y avait renoncé, le « Capitaine de pédalo » a visiblement fait monter bien plus que ses prédécesseurs le nombre de meurtres.

Ayant relié encore plus directement les interventions gauloises à celles de Washington en Afrique et au Moyen-Orient – suite à la décision de « Bling-bling » de réintégrer mon pays au commandement intégré de l’OTAN – l’actuel président poursuit des politiques d’espionnage massif et d’assassinat à l’échelle mondiale, modelées sur celles des américains.

« Visiblement, François Hollande n’a pas d’état d’âmes concernant cette liste et les opérations qu’elle implique, rappelant ainsi un certain Guy Mollet … D’ailleurs, la détermination de François Hollande ravive bien des souvenirs dans les milieux militaires et du renseignement. ‘‘Franchement, nous n’avions pas vu cela depuis la guerre d’Algérie. Un président qui assume des opérations comme cela, c’est rare…’’ confie un haut gradé dans le secrets des opérations. »

 

En effet « Outre les 600 à 1.000 combattants djihadistes tués pendant l’opération Serval, les têtes commencent à tomber parmi les HVT (cible à haute valeur) avec plus d’une quinzaine de HVT (…) éliminées au Mali sous ordre de l’Élysée. ».

Et il ajoute que la liste des personnes à tuer se s’allonge régulièrement…

Le fait que des connaisseurs des opérations clandestines fassent le parallèle entre la période actuelle et celle de la guerre d’Algérie, quand l’État assassinait des opposants politiques, dont des Gaulois, souligne la faillite politique du système.

« À défaut de popularité et de résultats au plan intérieur, Hollande veut au moins se construire une image de vrai chef de guerre. Il est surtout sous l’influence de quelques diplomates néoconservateurs et de généraux va-t’en guerre » affirment des membres de l’entourage du président.

 

Les différentes lois sur le renseignement, de programmation militaire, etc. sont un moyen pour lui de couvrir les crimes commis par les services de renseignements et l’armée à l’étranger et de développer une machine à tuer à l’intérieur de l’État contre les opposants aux intérêts du pays. Tous des cibles potentielles…

Ces lois ne servent pas seulement les intérêts du pays à l’étranger mais aussi à surveiller toute opposition à la politique.

Ce livre est finalement un avertissement pour tous : Les crimes commis au pays pendant la guerre d’Algérie par le SA ne sont pas du passé mais bien de nouveau envisageables par l’État.

Toute opposition à la guerre et à l’austérité pousseront les éléments les plus réactionnaires de l’État vers une politique de répression sanglante contre l’opposition sociale.

 

D’autant que concomitamment et outre-Atlantique, après les révélations d’Edward Snowden qui montraient explicitement l’ampleur de l’espionnage que le Pentagone avait mis en place tant sur ses ennemis que sur ses alliés et, pire encore, sur son propre peuple, voilà qu’un nouveau lanceur d’alerte démontre, documents détaillés à l’appui, l’énorme farce tragique que constitue l’usage des drones et leur taux alarmant de dommages collatéraux.

L’affaire prend progressivement les proportions d’un scandale d’État, révélée la semaine dernière dans « The Intercept » qui dispose d’une quantité impressionnante de documents en provenance directe d’une source au sein de l’armée américaine qui a souhaité conserver son anonymat.

On ne sait pas pourquoi, mais on le devine quand même…

Ces documents démontrent assez clairement deux choses.

 

D’une part, la politique américaine actuelle consiste à mener des opérations d’assassinats en contradiction à la fois avec les bases mêmes du principe démocratique d’un contrôle de l’armée par le peuple et des idéaux normalement pacifiques des démocraties dont se réclament officiellement les États-Unis, et en violation totale avec les droits de l’Homme qui impliquent un jugement avant toute condamnation et son exécution.

Jadis, les États-Unis étaient un État de droit. Les révélations de ces « drone papers » démontrent que toute l’administration « Haut-bas-mât », prix Nobel de la Paix en tête tout de même, participe à établir la liste des personnes à assassiner, et à prendre la décision de le faire ou plutôt de le faire faire par les équipes militaires en charge des drones.

Bien sûr, là encore on savait déjà, au moins de façon non-officielle, que cela se passait ainsi. Il se chuchotait depuis plusieurs années que oui, le président américain, qui n’a toujours pas fermé Guantanamo, disposait lui aussi d’une véritable « kill list » et ordonnait directement que soient menés des assassinats.

La preuve en est maintenant faite.

Et on compte 178 frappes entre 2011 et 2015.

 

D’autre part, ces documents permettent de mieux mesurer la précision de l’outil « drone » dans la panoplie présidentielle américaine.

Et le constat est franchement amer puisqu’on apprend que l’usage massif de drones dans les différentes missions confiées entraîne un taux de dommages collatéraux de 90 %. Autrement dit, comme l’explique Edward Snowden dans un tweet du 15 octobre, près de 90 % des personnes tuées par les frappes aériennes n’étaient pas les personnes ciblées !

Ce qui est gênant parce que si à la base, faire assassiner un individu sans autre forme de procès n’est pas du tout dans les prérogatives d’un chef d’État d’une nation démocratique, fut-il américain, tout indique qu’une large partie des cibles abattues l’a été sans même recevoir « l’imprimatur » du chef suprême, ce qui laisse entrevoir toutes les dérives monstrueuses.

 

Et ce n’est même pas le pompon.

On apprend en outre que cet écart catastrophique entre les cibles choisies et les « autres » provient d’une collecte déficiente d’informations.

La tragédie qui se joue actuellement prend alors toute son ampleur lorsqu’on comprend que cette déficience d’informations est issue d’une utilisation quasi-exclusive de moyens électroniques pour rassembler les données sur les cibles, ces moyens mêmes qui furent dévoilés par Snowden il y a deux ans.

Or, dans le cas qui nous occupe la collecte de données électroniques par surveillance massive des réseaux et par l’imagerie aérienne ou satellitaire ne suffit manifestement pas.

Aussi pointues et invasives que soient les techniques mises en place par la NSA et l’armée américaine, elles ne peuvent remplacer l’infiltration sur le terrain, par exemple.

Autrement dit, l’État américain espionne tout le monde tant et plus, détermine des cibles de façon unilatérale, les fait buter par une armée qui, au passage, choisit elle aussi ses propres cibles ou, pire, dérape très largement, et on se rend compte que l’espionnage initial est très majoritairement fait d’une façon qui ne permet pas d’assurer la qualité des cibles et des moyens mis en œuvre.

Pire encore, cette « tyrannie de la distance » donne un faux sentiment de détachement et de puissance divine (« godlike power ») aux opérateurs et à toute la chaîne de commandement.

Et le plus consternant est qu’en choisissant systématiquement l’assassinat des cibles désignées plutôt que leur arrestation, l’État américain, son armée et la NSA se sont coupés de toute source d’information réellement fiable, puisqu’issue du terrain qu’ils ont désertés par commodité.

C’est proprement effarant !

 

Tout cela reste pitoyable : Il y a deux ans, on apprenait via Snowden l’ampleur de l’espionnage américain et le monde découvrait que l’armée et le gouvernement des États-Unis avaient outrepassé tous leurs mandats démocratiques pour satisfaire le besoin d’information et de flicage de sa propre population et du reste du monde pour une coterie prête à tout.

Il y a quelques mois, on apprenait de même qu’une fuite massive de données en provenance directe du gouvernement américain, via un hacking d’ampleur inégalée, exposait directement des millions d’employés fédéraux (mots de passe, empreintes digitales, détails de carrière, dossiers médicaux, judiciaires et même mœurs ou habitudes) se retrouvaient sur internet, en libre accès.

Les « Drone Papers » nous démontrent à présent que le gouvernement américain mène des opérations secrètes d’assassinats, là encore en dehors de tout cadre légal et démocratique, qu’il abat des individus sans procès, avec des informations lacunaires, collectées à la hâte, et réalise d’énormes bavures dans la foulée.

Et désormais qu’il en a presque toujours été de même en « Gauloisie-fliquée »…

 

Quel monde léguerons-nous à nos gamins ?

Celui d’une vaste dictature mondiale habillée des apparences de la démocratie… ?

Finalement, j’aurai dû faire « ékole-privée » de la maternelle aux ékoles d’élite : Au moins j’aurai pu lire tout ça bien avant que d’aller voter, et même vous l’écrire.

Là, j’apprends trop tard…

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/10/vincent-nouzille.html

 

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