Economie : le modèle anglais (II)

17/12/2015 12:56

Ce qui nous manque pour mener à bien les réformes indispensables.

 

Encore une chose que j’ai apprise de mon passage chez les britishs…
 

 

… et avant de commenter les résultats du second et dernier tour des régionales.
Pour ça, vous attendrez que je me réveille aujourd’hui après la mise en ligne de ce post-là, que j’épluche un peu la presse qui arrive avec retard jusque chez mon-moi-même rital, que je « butine » aussi un peu la toile et que j’essaye, à mes moments perdus de la journée, d’en faire une synthèse cohérente.

 

Des réformes à faire, en « Gauloisie-magnifique », nous en avons plein les étagères. Des tonnes de rapports divers et (a)variés qui se recouvrent de poussière insolente au fil des mois, dans lesquels on retrouve globalement toujours les mêmes diagnostics, toujours les mêmes pronostics et à-peu-près les mêmes préconisations.

Et pourtant, rien n’avance, ou alors par si petites touches qu’elles touchent à l’homéopathie telles qu’elles restent insensibles et de tout façon n’améliorent pas la situation, alors que le monde dans lequel nous vivons accélèrent et pas toujours de façon intelligemment anticipée.

En bref, plus « ça va » et plus les choses s’aggravent, moins « ça va », quoi !

 

Quelles leçons retenir des réformes mises en place partout dans le monde pour régler les problèmes et défis que nous oppose le monde ?

Jouer les autistes, fermer les frontières à tout et tout le monde, s’enterrer la tête dans le sable comme nous le proposent quelques trisomiques-historiques, n’est manifestement pas la méthode triomphale qu’on attend de nos élus, technocrates, « sachants » et autres dirigeants.

 

En revanche, on peut regarder comment d’autres pays ont mené les réformes que mon pays, celui que j’aime tant, a bien du mal à mettre en œuvre, et parfois même à simplement imaginer, est ainsi riche d’enseignements.

Et mes « nouveaux potes » britishs, avec beaucoup d’humilité et sans vouloir donner de leçons m’ont éclairé avec les exemples venus d’Espagne, d’Irlande, d’Italie, du Royaume-Uni, et aussi de Nouvelle-Zélande.

Pour en faire une synthèse de ce que nous avons sous les yeux et que je vais essayer de résumer promptement (je veux dire de façon courte, ramassée, concise pour que mon « conseiller-omnipotent » puisse lire jusqu’au bout sans se décourager).

 

Première série d’enseignements, il semble qu’il y ait avant tout besoin d’une prise de conscience, par tous les acteurs, de la situation réelle de l’économie du pays.

C’est parce qu’il était sur le point d’être pris en charge par le FMI que le Royaume-Uni s’est confié à « Maggie Tâte-chair ».

C’est parce qu’ils avaient réalisé être au bord de l’abîme que les Canadiens ou les Néo-Zélandais ont voté pour les réformes.

Au départ, mais aussi tout au long du processus, l’information des citoyens est donc un facteur-clé de réussite.

Curieusement, chez nous, tout le monde est d’accord sur ces constats, mais dès qu’il s’agit de passer aux actes, plus personne n’est « assez d’accord » pour partager le fardeau des réformes à faire.

 

Un seul exemple, mais il est emblématique, celui de nos taxis depuis le rapport « @Talys », finalement rattrapés par UberPop et les VTC, mais qui mènent encore un combat d’arrière-garde devant les tribunaux, appuyé en cela par le pouvoir politique en place qui parvient à se renier lui-même sur une question qui le dépasse et à se noyer dans un verre d’eau.

Et encore, si je me souviens bien, le « diag » avait été posé dès les années 90, au moment où New-York commençait à libéraliser l’activité.

Depuis, les « yellow-cab » cohabitent sans difficulté avec les autres services offerts par d’autres sur le même créneau…

Pas chez nous !

 

Deuxième élément : Une « fenêtre d’opportunité politique » est donc capitale pour engager le changement, mais l’on se rend compte aussi que les politiques, pour avancer, se sont appuyés sur leur électorat et ont d’abord porté les réformes dans le camp de leurs non-électeurs ; agriculteurs pour les travaillistes néo-zélandais, syndicats pour les conservateurs britanniques, par exemple.

C’est le « résistant » au changement qui doit être convaincu des bienfaits des changements à proposer, pas celui qui l’est déjà.

Évidement et on l’oublie trop souvent !

 

Pour autant, le manichéisme ne doit pas être de mise. En effet, les citoyens doivent, autant que faire se peut, participer, par exemple à la production même des services publics comme dans le cas des « free schools » britanniques, elles-mêmes inspirées du modèle suédois, et être rassurés, en faisant en sorte que les réformes se traduisent par des « avantages », comme un meilleur service, plus rapide.

Et ici, l’inscription des actions dans un projet politique (sens, valeurs…) peut s’avérer déterminant.

C’est le troisième point : Il faut se montrer intelligent.

Ce qui n’est pas toujours gagné d’avance, j’en conviens.

 

Enfin, partout les réformes ont le plus souvent été drastiques et surtout menées rapidement une fois les décisions prises.

C’est la condition nécessaire pour que leurs effets soient visibles et acceptés.

Pour cela, il convient de résister aux pressions, et surtout ne pas changer de cap et ne pas se disperser en courant trop de lièvres à la fois.

 

Par ailleurs, il convient d’associer les fonctionnaires au processus de changement, et le plus en amont possible du processus.

En effet, ils connaissent mieux que quiconque les réformes à mener.

Mais pour les mettre en action et s’en faire des alliés, il convient aussi de les intéresser à la réforme.

Cela peut passer par le rachat d’avantages, la distribution d’actions lors de privatisations comme chez « Transe-télécom » ou « Air-Transe » en 1998, la mise en place d’incitations par la redistribution d’une partie des économies réalisées comme y a renoncé « François III » et son équipe de branques après le « un sur deux » de « Bling-bling » qui devait être redistribué, la prise d’engagements valorisants vis-à-vis des citoyens, etc.

 

Signalons aussi que, généralement la fiscalité n’a été que modérément mobilisée pour réduire les déficits.

Au contraire, c’est par des baisses d’impôts que l’on mobilise et motive, en particulier les entrepreneurs, mais aussi tout le corps des « acteurs-citoyens ».

Depuis plus de trois ans, on fait exactement l’inverse en « Gauloisie-fiscale », augmentant les taux, inventant quantité de nouvelles taxes.

Autrement dit, notre pays, comme souvent, est cité comme le contre-exemple à ne surtout pas suivre, parce que ce type de politique (au sens de l’administration de la chose publique) assomme plus que ne réveille, enferme le citoyen dans une nasse mortifère où il ne sait plus comment faire face…

 

Corollaire de la précédente observation, l’essentiel de l’effort doit porter sur la réduction des dépenses publiques.

Et celle-ci est, dans de nombreux pays, d’une ampleur inégalée avec d’importantes réductions d’effectifs, et le gel ou la baisse des rémunérations.

On le constate partout, aussi bien en Suède qu’en Allemagne, et ailleurs encore, alors que tout le monde se moque des gaulois dont les gouvernements « soces » successifs présentent « les économies » comme un ralentissement, une réduction des augmentations de la part léonine de la dépense publique.

Ailleurs, on réduit les budgets, pas seulement les augmentations de budgets…

 

Et cette baisse des dépenses publiques ne doit pas se limiter à la sphère étatique.

Elle concerne les dépenses sociales, mais également les dépenses locales.

Si l’on n’y prend garde, les échelons locaux, en effet, ont tendance à s’endetter ou à augmenter les impôts pour « compenser » la réduction des dépenses du niveau national.

Et c’est bien ce à quoi on assiste en « Gauloisie-pue-blique » depuis 1995.

Souvenez-vous de « l’effort » de « Jupette », du temps où il « premier-ministrait », avalé dans la même semaine par l’annonce de l’augmentation de la fiscalité locale d’un même montant …

Il faut dire qu’il avait aussi assommé le citoyen par une série de ponctions historiques pour tenter de réduire « la fracture sociale ».

 

Sur ce point, on soulignera que la méthode du rabot, pratiquée en « Gauloisie-trisomique », n’est manifestement pas efficace.

Les pays réformateurs préfèrent celle de la revue stratégique des dépenses, qui consiste à faire le tri entre celles que l’on veut maintenir et après avoir débattu du pourquoi, et celles auxquelles on peut renoncer, au moins provisoirement.

Il s’agit d’opérer de vrais choix politiques comme indiqué précédemment, pas de se contenter de « bricolages budgétaires ».

Et on l’a vu pour une première fois depuis des décennies avec la décision de « François III » de donner priorité au « pacte de sécurité » sur le « pacte de stabilité ».

Comme quoi, quand on veut, ça devient possible, même si ce n’est que pour 850 M€.

 

Conséquence, les réformes ne peuvent se limiter à des ajustements de dépenses et d’impôts. Elles doivent être avant tout structurelles.

Emportant une remise à plat des retraites, du marché du travail, des secteurs réglementés, du niveau de la protection sociale, actions de l’État et de ses démembrements dans le périmètre de ses compétences régaliennes.

L’avant-dernière leçon que m’ont livrée les analystes rosbifs,  est qu’il n’y a pas de recettes miracles, qu’il faut agir au cas par cas.

C’est à mon pays de trouver sa propre voie, en s’inspirant de ce qui a été fait ailleurs mais sans forcément le copier ou le plaquer sans prise en compte du réel.

Or, ce qu’il faut faire dans notre pays est à peu près connu. Beaucoup de rapports, d’ouvrages ont été publiés.

Les idées sont là.

Ce qu’il manque pour l’instant, en dehors d’une volonté politique, c’est un projet qui donne du sens à l’action et surtout la méthode pour y parvenir.

 

Pour cela, il faut peut-être, s’appuyer sur de vrais experts, sur des « techniciens » avertis, formé par le terrain, parce qu’ils en ont tâté les mains dans le cambouis.

Pas à des « penseurs » (du bonheur d’autrui), bien évidemment, qui vendent leur soupe pour exister encore mais n’ont jamais rien généré que des catastrophe.

C’est à ce titre que les méthodes des spécialistes du retournement d’entreprises pourraient être mobilisées, m’ont-ils assuré : Là, je bichais…

Notez que pour ma part, je leur ai avancé l’hypothèse d’un basculement radical : « On vit dans un « État-totalitaire », parce qu’il est tenu par une série de mafias corrompues qui s’épaulent mutuellement derrière un marketing-politique désuet et s’épuise à maintenir ses avantages indus. Ça n’aura jamais qu’un temps : Nous avons déjà eu une abolition des « privilèges » un certain 4 août. On peut et on doit le refaire ».

 

Je les ai un peu inquiétés, crois-je : Après tout, la Perfide-Albion a fait déchirer à plusieurs reprises les traités de paix napoléoniens (mon « cousin ») parce que celui-ci portait les valeurs de la Révolution au-delà des monts et des vaux…

 

(@ Jacques : Là, ça va ? 1.800 mots…)

 

I3

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/12/ce-qui-nous-manque-pour-mener-bien-les.html

 

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