Des éoliennes au « Pays des Hautes Falaises » (I)

02/06/2017 18:02

 

Une étude de faisabilité pour installer des éoliennes sur la commune de Saint Pierre en Port a été autorisée par le conseil municipal, alors que notre village est encore très préservé, avec ses deux valleuses et ses nombreux chemins de randonnée.

 

Une association « Bien vivre en Caux » s’est constituée car nous craignons que l'implantation éventuelle d'éoliennes ne soit, en plus du gâchis esthétique et de la gêne sonore pour les riverains, un frein au développement touristique et à l'attractivité de cette magnifique partie du littoral normand.

 

Mais, avant d’accepter les propositions du lobby des éoliennes, il faut aussi se pencher sur les recherches scientifiques actuelles qui rendront prochainement ces « ventilateurs géants » parfaitement inadaptés aux besoins en énergie.

Il y a beaucoup de textes sur le web sur les centrales au thorium, les énergies libres, la fusion nucléaire, les moteurs sur-unitaires, etc…

 

Evidemment, toute remise en cause du système par l’arrivée de nouvelles technologies est vigoureusement combattue par Areva, et l’industrie nucléaire en général, dont pratiquement tous les investissements deviendraient obsolètes.

 

Ajoutons aussi que le lobby militaro-industriel désire absolument pouvoir continuer à faire du plutonium pour nos « bombinettes » !...

Il faut savoir que le développement de la nouvelle génération de sous-marins stratégique, et la modernisation des armes nucléaires dont le développement du missile M51, vont absorber 40% du budget des armées dans les prochaines décennies !...

Une absurdité lorsque le véritable danger pour l’avenir est le terrorisme.

 

Cette orientation de la Défense du pays a ses détracteurs au sein-même de la Défense Nationale : le général Bernard Norlain, ancien chef d’Etat-major de l’armée de l’air, considère que la stratégie nucléaire de la défense du pays est obsolète.

 

Pour ma part, je considère que l’armement nucléaire est dissuasif et qu’il nous a évité des massacres continuels depuis des décennies.

Mais est-ce une raison suffisante pour continuer une course folle à l’armement nucléaire qui est réellement « budgétivore » ?...

On pourrait quand même rester plus raisonnables et passer à autre chose (j’y reviendrai dans un prochain post).

 

Revenons au sujet principal de ce post : les nouvelles technologies dans la production d’énergie et le gâchis que représente l’installation d’éoliennes.

 

Ci-dessous, un texte tiré d’un texte rédigé par « I-Cube », fiscaliste et romancier, qui reprend les dernières évolutions de la recherche sur la production d’énergie.

 

Bonne lecture !...

 

Jean-Charles Duboc

 

 


« En Chine, j’ai vu tourner des centrales à sels fondus. Mais des grosses machines au sodium. 800° C le fluide caloporteur. Ça me paraît « limite » aussi, mais faisable et surtout, ils n’ont aucune difficulté à les faire tourner depuis des années. Juste des problèmes de corrosion à prévoir au bout d’une décennie de fonctionnement, au pire. »

Des centrales à neutrons rapides, c’est ça ?

« – Exactement !

– Tu sais que c’est le prochain grand projet de mon co-fondateur ?

Il y en a qui cherche à mettre en place des réseaux internet orbitaux, qui cherchent à résoudre les problèmes de prévention des maladies de leurs futurs clients en traçant ainsi tout le monde en temps réel. Mais Bill, lui, il veut de l’électricité, de l’énergie pas chère et en abondance, pour tout le monde !

Et il pense depuis des années à ces technologies à neutrons rapides ! »

 

Effectivement, moins d’un mois plus tard, l’homme le plus riche du monde, s’en prendra aux énergies dites « vertes » ou renouvelables. Et il n’y ira pas par quatre chemins : il annoncera investir 1 milliard de dollars prélevés directement sur son plan d’épargne-titre personnel, pour la recherche & développement dans une firme créée récemment, TerraPower.

Et pourquoi Bill Gates s’intéresse-t-il à l’énergie nucléaire ?

Tout simplement parce que, dira-t-il, « il n’existe à l’heure actuelle aucune technologie de stockage avec des batteries permettant de fournir toute l’énergie électrique dont on a besoin exclusivement à partir des renouvelables car il est impératif de tenir compte des alternances jour-nuit et des longues périodes, inévitables également, de ciel couvert et d’absence de vent ».

 

Gates considère que les sommes colossales d’argent investies dans les énergies renouvelables telles qu’on les conçoit aujourd’hui, éolien et photovoltaïque, sont perdues d’avance car elles n’atteindront jamais leur but qui est de remplacer le pétrole et le charbon dans la production d’électricité, non seulement pour l’industrie, les services et les ménages, mais également pour les transports à moins d’une diminution brutale de la population mondiale de l’ordre de plusieurs milliards d’habitants !

 

Gates insistera sur le fait que c’est exactement ce que veulent les « verts » car ils savent, du moins ceux qui ne mentent pas, que le 100 % renouvelable est impossible à atteindre.

Ce système mis en place ne peut perdurer qu’avec des subventions provenant de taxes que paient les utilisateurs finaux et il ne profite qu’à une petite poignée d’industriels.

Pour lui, le tournant politique pris ces dernières années pour développer les énergies renouvelables est une utopie vouée à une impasse. Cette impasse doit donc, toujours selon lui, cesser et il importe de réorienter une part des investissements vers la R&D dans les technologies nucléaires de quatrième génération.

Et il sera intéressant de noter que John Gilleland, le CEO de TerraPower était, avant d’occuper ce poste, Managing Director pour les USA du projet ITER.

Gilleland n’utilise pas non plus de périphrases à propos du projet ITER : « C’est un truc (ITER) sur lequel je ne peux même pas espérer pour mes petits-enfants. À TerraPower nous nous sommes focalisés sur la fission plutôt que sur la fusion parce qu’il faudra (pour la fusion) encore énormément de temps et d’investissements. »

 

La direction prise par la R&D de TerraPower cible le TWR, pour Travelling Wave Reactor, une technologie imaginée dans les années 1950 par Saveli Feinberg et qui ne nécessite aucun rechargement de combustible, donc aucun arrêt, pendant plus de 50 ans en « brûlant » de l’uranium 238 non-radioactif avec des neutrons rapides provenant d’uranium 235 enrichi à environ seulement 4 %.

Le plafond d’enrichissement qui sera permis aux iraniens après l’accord avec le groupe « 5 + 1 ».

Les supercalculateurs du MIT ont entre-temps validé l’idée de Feinberg.

Ce réacteur de IVème génération sera aussi refroidi avec du sodium liquide et un prototype de 500 MW prévus tournera aux alentours de 2020.

Dans moins de 5 ans !

« La technologie existe, le design du réacteur et son fonctionnement en continu permettront d’utiliser de manière optimale les neutrons afin d’atteindre des rendements améliorés » défend Paul Allen.

Ces améliorations permettront de « brûler » également les actinides à haute radioactivité et c’est la raison pour laquelle le réacteur prototype, qui coûtera 1,5 milliard de dollars – on est très loin des coûts monstrueux de l’EPR – est appelé le WAMSR, acronyme de Waste Annihilating Molten Salt Reactor.

Ce réacteur « brûlera » en effet non seulement de l’uranium appauvri mais aussi le combustible usagé des réacteurs à neutrons lents…

Cette technologie permettra enfin de fournir de l’électricité pendant des centaines d’années à l’humanité avec des coûts très faibles.

TerraPower a donc repris la technologie du MSR (Molten Salt Reactor) d’Oak Ridge qui fonctionna en continu et sans aucun indicent de 1965 à 1969, mais n’a pas encore déposé de brevets malgré le fourmillement d’idées nouvelles émanant de la collaboration du staff de la société avec les laboratoires du MIT. 

 

« C’est marrant, moi je vois plutôt d’utiliser du thorium 232. Et de l’ensemencer avec un accélérateur de particules tout con. Tu lui balances quelques protons dans les naseaux, et il s’allume en uranium 235, qui percute et rayonne ses voisins en U238 et éventuellement en plutonium 239 qui se dégrade ensuite plus ou moins vite en plomb et libère de la chaleur récupérée par un fluide à haute température, comme le sodium par exemple qui ira chauffer un circuit secondaire. Qui lui-même fait tourner une turbine électrique qui va servir, notamment à entretenir l’accélérateur de particules et alimenter la torche à plasma confiné dans un fort champ magnétique dans la tuyère de mes moteurs.

Si le truc s’emballe, tu coupes l’accélérateur de particules et la chaudière nucléaire se refroidit toute seule : aucun danger pour l’environnement ! »

Peut-être. Mais de toute façon il faudra en passer par des centrales au sodium.

« Oui, mais juste pour la technologie des hautes températures. Tu as raison. Mais c’est déjà au point puisque je l’ai vue en Chine. »

Fabuleux avenir : « Je peux en parler à Bill ? »

Bien sûr !

Plus on est de fous, plus on rigole.

 

Dans ce réacteur dit ADS, aussi appelé « réacteur hybride », car couplant un accélérateur de particule et un réacteur nucléaire sous-critique, une partie des neutrons sont produits par spallation d'un noyau lourd (le plomb, l'eutectique Plomb-Bismuth ou le tungstène par exemple) par un faisceau de protons issus d'un accélérateur de particules. Ces neutrons issus des réactions de spallation vont alors provoquer des fissions dans le massif sous-critique entourant la cible de spallation. L'énergie de fission peut alors être récupérée de manière classique via un échangeur de chaleur et une turbine.

Paul Allen sait cela et Paul de Bréveuil vient de le lui confirmer.

 

L'ADS à caloporteur gaz (hélium par exemple) ou métal fondu (plomb par exemple) appartient à la famille des réacteurs à neutrons rapides (RNR) et peut être conçu pour une utilisation selon deux modes : comme producteur d'énergie, en brulant du plutonium, du thorium ou de l'uranium selon un cycle direct ou de surgénération pour développer un cycle du thorium. Ce mode a été largement promu sous l'appellation d'amplificateur d'énergie de « Rubbia », du nom du premier découvreur.

Ou comme incinérateur (avec ou sans production d'énergie) où l'on « brûle » les actinides mineurs voire certains produits de fission issus du traitement du combustible nucléaire irradié.

Dans les deux modes, l'ensemble réacteur est sous-critique (généralement avec un niveau choisi par conception entre 0,95 à 0,98) et l'accélérateur amène et règle le flux neutronique à la criticité de 1 (comme incinérateur en revanche, l'accélérateur fait l'intégralité du travail de production de neutrons, d'où la modeste contribution énergétique). Ceci implique que toute réaction s'arrête dès la coupure du flux de l'accélérateur, d'où le nom de « pilotage par accélérateur ».

L'intensité du faisceau de protons va également compenser les variations de réactivité en fonctionnement.

 

Le système ADS sont généralement présentés comme plus fiables que les réacteurs nucléaires critiques pour la raison simple que la coupure du faisceau de protons, même accidentelle, entraine l'arrêt des réactions de fission en chaîne.

Cela étant, il faut aussi noter l’impossibilité de faire des bombes nucléaires avec les résultats de la réaction ; la valeur du « k effectif » est très proche de 1 (keff = 0,98 donc 2.000 pcm seulement d'anti-réactivité) ; pour une même énergie produite la puissance résiduelle est la même. Or, cette puissance résiduelle est, en bonne partie, à l'origine du risque de fusion du cœur en cas de défaut de refroidissement accidentelle ou terroriste après l'arrêt du réacteur.

 

Les systèmes ADS demeurent donc intrinsèquement plus sûrs que les réacteurs sans accélérateur, car le cœur sous-critique induit un arrêt de la réaction en chaîne dès la coupure du faisceau de protons, et limite les risques d'une divergence incontrôlée lors des états d'arrêt pour intervention ou rechargement.

Tout le monde sait que l'intérêt d'un ADS réside dans sa faculté à produire des neutrons dans une large gamme d'énergie en fonction de celui du flux de protons issu de l'accélérateur. C'est cet accès à des sections efficaces de fission à hautes énergies inaccessibles en réacteur nucléaire à spectre thermique qui permet la transmutation par réaction de fission nucléaire (incinération) des actinides mineurs ou par réaction de capture neutronique.

Reste à étudier la longévité et les matériaux des fenêtres d'interface entre le vide de l'accélérateur et l'eutectique Plomb-Bismuth chaud sous pression, ou à sodium ; dresser le bilan des produits de fissions involontaires de la spallation du Bismuth et/ou du Plomb à différents niveaux d'énergie du flux de l'accélérateur ; étudier les configurations géométriques optimales de cœurs en générateur et en incinérateur de déchets nucléaires.

 

Du pain sur la planche et des financements à trouver…

 

I3

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/08/chapitre-xxviii-paul-allen.html

 

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