Daphne Caruana Galizia, assassinée !

21/10/2017 19:35

 

Sale temps pour les incorruptibles.

 

Née Daphne Vella le 26 août 1964 (une « jeunette »…) à Sliema (Malte), Caruana Galizia est morte assassinée le 16 octobre 2017 à Mosta dans l’explosion de sa voiture piégée près de son domicile à Bidjina : Attention, les « mafieux » tuent de nouveau et je suis infiniment triste !

Leur seule réponse.

 

Journaliste depuis 1987, elle est chroniqueuse régulière au « Times of Malta » et éditrice associée au « Malta Independent », puis travaille pour le « Taste & Flair ».

Mais elle se lance ensuite dans la rédaction d’un blog controversé, très fourni et très populaire à Malte, dans lequel elle attaque différentes personnalités maltaises.

En 2013, elle est arrêtée pour ne pas avoir respecté le devoir de réserve la veille des élections générales.

En 2016, elle publie des informations sur l’implication de Konrad Mizzi et Keith Schembri dans le scandale des Panama Papers.

« Politico » la décrit alors comme une « croisée contre le manque de transparence et la corruption à Malte ».

Cette année, elle prétend que l’entreprise maltaise « Egrant » qui apparaît dans les Panama Papers, appartient à l’épouse du premier ministre Joseph Muscat.

Ce scandale entraîne la tenue de nouvelles élections, qui ne causent cependant pas la chute du gouvernement.

 

Pour la énième fois, elle venait de poster un article sur son blog relatant une affaire de corruption impliquant le même politicard maltais. De son habituelle écriture rapide et nerveuse, elle avait, encore une fois, exprimé son profond pessimisme face à ce fléau local : « Il y a désormais des escrocs partout où vous regardez. La situation est désespérée. »

Postée à 14 h 35, lundi 16 octobre, cette phrase semble étrangement prémonitoire. La blogueuse a été tuée une trentaine de minutes plus tard dans l’explosion de sa voiture de location, qui a été retrouvée par les services de secours dans un champ au bord de la route, à quelques encablures de son domicile.

 

La nature criminelle de l’attaque contre cette figure locale, qui comptait de très nombreux ennemis, ne fait guère de doute. Le premier ministre maltais, Joseph Muscat, qui faisait partie des cibles privilégiées de Mme Caruana Galizia, a d’ailleurs immédiatement qualifié cet acte de « barbare ». « Aujourd’hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d’expression », a-t-il ajouté, alors que l’île n’a pas connu d’assassinat politique depuis les années 1980.

Historiquement plutôt proche de l’opposition, elle s’était fait une spécialité dans la publication de scoops et de ragots compromettants concernant la classe politique locale. Son blog (en anglais) était un des sites les plus lus de l’île, souvent plus que les journaux traditionnels, auxquels elle contribuait parfois, même si la plupart de ses revenus provenaient de son activité d’éditrice.

 

Son fils, qui était présent dans la maison familiale au moment de l’explosion, travaille pour le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

À 53 ans, cette femme pour le moins courageuse s’était fait récemment des ennemis au sein du parti d’opposition, qu’elle avait pourtant soutenu lors des législatives, en mai. Elle avait notamment publié plusieurs articles en août sur le nouveau leader de la formation, Adrian Della, accusé d’avoir un compte à Jersey, alimenté, selon elle, par l’argent de la prostitution à Londres.

Des articles qui lui avaient valu de nouvelles plaintes pour diffamation, qu’elle collectionnait autant que les menaces de mort, récurrentes.

« Elle était très indépendante dans sa manière de penser », salue Arnold Cassola, ancien chef de file du parti Vert maltais. « C’est elle qui a révélé les plus grands scandales à Malte. Même si elle s’est aussi fait beaucoup d’ennemis en écrivant parfois des stupidités. »

 

Au milieu des scoops, elle aimait aussi s’en prendre aux membres de la famille ou aux tenues vestimentaires des responsables politiques, usant de termes parfois outranciers. Dans son avant-dernier post, elle critiquait vertement la posture de M. Della et « son cou qui dépasse à 45 degrés de ses omoplates, comme une tortue ».

Interrogée en mai sur ces messages, dont nombre de Maltais estiment qu’ils desservaient le reste de ses publications, elle les avait défendus : « Je pense que c’est vraiment important parce que les politiques utilisent leur apparence ou mettent leurs enfants en avant pour faire campagne. »

Les enfants de « Mak-Rond-Jupiter »… je n’en ai pas beaucoup vus : Ce doit être une spécialité maltaise.

 

Sous le choc, des milliers de Maltais sont descendus spontanément dans les rues, lundi soir, pour rendre hommage à la journaliste et dénoncer les coulisses peu ragoûtantes de ce pays membre de l’Union européenne depuis 2004. M. Della a notamment estimé que ce meurtre est une « conséquence directe de l’effondrement total de l’État de droit dans (le) pays ».

« Tout cela ressemble plutôt à la Russie qu’à l’Europe », abonde l’eurodéputé Vert allemand Sven Giegold, qui avait auditionné Mme Caruana Galizia cet hiver dans le cadre de la commission d’enquête sur les Panama Papers. « Sa passion était de révéler des vérités secrètes, mais dans une société plutôt étroite, comme à Malte, c’est particulièrement difficile. » : Malgré les nombreux scandales révélés par Mme Caruana Galizia, Joseph Muscat avait largement été réélu lors des législatives, le 3 juin dernier.

 

L’État-maffieux dénoncé par ailleurs en « Gauloisie-splendide » par notre « Ami-Râle » et quelques autres (de plus en plus nombreux ?) avance donc partout…

J’ai appris la nouvelle comme tout le monde mardi matin.

Véritablement choqué.

« Nos vies ne valent rien pour eux ! ».

Et pourtant, sans nous, ils ne seraient rien. Même pas des bêtes

Et je me remémore mon épisode vénitien, plus quelques autres plus anciens.

Qui n’auront jamais aucune explication…

J’aurai peut-être dû la prévenir…

 

La Valette, la douceur de vie maltaise, son « petit-paradis fiscal », tout ça, derrière la façade, derrière les images de cartes-postales, c’est la même gangrène, insupportable pour les « honnêtes-gens ».

Et ils persistent à protéger « leur » système ruineux…

Sont-ce là les derniers feux d’empires en perdition ?

Je veux le croire.

Même s’il est inadmissible au IIIème millénaire que l’Humanité ne soit toujours pas sortie de ses ténèbres.

 

Hommages attristés pour cette dame.

Condoléances sincères pour ses proches.

Que les mafieux se rassurent : Le combat va continuer et, de toute façon ils vont le perdre.

 

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Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/10/sale-temps-pour-les-incorruptibles.html

 

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