Ce qui vous attend.

18/07/2017 12:16

 

Il faut le savoir

 

Parce que c’est déterminant quant au fonctionnement de votre démocratie représentative, le « pire des systèmes politiques, à l’exception de tous les autres ».

Étienne Girard nous en a fait un descriptif dans « Marianne » l’autre semaine.

Je voudrai lui dire pourquoi, non seulement il a raison, mais également pourquoi vous allez tous passer sous la toise.

Et que vous direz merci (*)… 

 

C’est d’abord une information qui est un peu passée inaperçue : « Beau-Raie-L’eau » est confirmé très démocratiquement Délégué national « d’En marche », poste qu’il occupait depuis octobre 2016. Depuis, de « mouvement », la structure est devenue « Parti » : « LREM-même-pas-en-rêve ».

Vous pensez qu’à l’instar d’une vie démocratique assumée, comme dans tous les autres partis du pays, les adhérents ont pu voter, soumettre des candidatures, débattre, même en interne.

Pas du tout, pas du tout.

Détrompez-vous !

 

S’ils assurent que le parti de « Manu-Mac-Rond » « appartient à ses adhérents » (c’est marqué comme ça dans les futurs statuts), ceux-ci ne prévoient aucune élection interne !

Toutes les décisions seront prises par d’autres.

Ce qui est normal : Ne sont adoubés que ceux qui font acte de candidature et montrent quelque intérêt pour la vie politique.

Souvenez-vous, pour obtenir l’investiture du parti aux législatives, il fallait non seulement avoir fait une déclaration de foi en bonne et due forme, présenter un dossier complet de soi-même, mais également passer un « grand-oral » de confirmation et signer une « charte de l’élu », où ‘impétrant s’engageait par écrit à voter – sans discuter – toutes les mesures proposées par le futur gouvernement !

Pas de discussion : De bons soldats, bien obéissants, les débats, même pas en interne sous peine d’exclusion !

Passons et pourquoi pas : On n’est pas facho par hasard, on le devient !

 

Ça va d’ailleurs plus loin. Ce samedi 8 juillet au Paris Event Center, la question de la structuration du mouvement aura occupé la majeure partie des interventions, lors de la première convention de « La République en marche » (LREM-même-pas-en-rêve).

« Modernité », « ouverture » et « renouvellement », ont été répétés par la plupart des orateurs. Et Ô surprise, il devient alors indéniable que le parti majoritaire absolu du pays s’oriente vers un modèle inédit : À force de vouloir se démarquer des autres formations politiques, ça devient finalement le parti le moins démocratique de la « Gauloisie-totalitaire ».

Les « adhérents » vont voter pour avaliser ces statuts d’ici au 30 juillet, et ils n’auront ensuite plus aucune prise sur les décisions au sein du mouvement.

Bien sûr, ces 373.000 militants auront un rôle, mais il sera absolument accessoire.

Ils pourront par exemple saisir le bureau exécutif de « toute information utile à l’organisation et à la vie du mouvement » (c’est prévu), mais pas d’imposer une position.

Un petit nombre d’adhérents pourront intégrer « le Conseil », présenté dans les statuts comme le « Parlement » du parti, mais 20 % d’entre eux seront tirés au sort, et 80 % pré-désignés pour être déjà des élus locaux du parti et les référents territoriaux déjà adoubés par ailleurs par les dirigeants « non-élus ».

Au nombre de 110.

Autant dire que les 308 députés et 25 sénateurs du parti-présidentiel disposeront probablement de la majorité absolue au sein de l’instance et pourront ainsi imposer le point de vue officiel puisqu’ils… ont déjà signé pour ça. 

 

D’autant que ça tombe bien puisque le Conseil contrôlera l’ensemble des instances importantes du parti, dans une organisation en forme de poupées russes, où chaque collège s’emboîte dans un autre.

Le ou les dirigeants ? Nommés par le Conseil.

La commission d’investiture, chargée de sélectionner les candidats aux élections ? Désignée par le Bureau exécutif, lui-même… nommé par le Conseil.

Quant aux référents territoriaux du mouvement, ils ne sont pas non plus élus mais nommés par la direction de « LREM-même-pas-en-rêve ».

Tout se tient : Ce n’est pas « la base » qui se fait représenter, mais « la tête » qui en impose !

 

Vous vous souvenez que je vous avais déjà causé de « Beau-Raie-L’eau » en avril dernier. Je le voyais ministre des affaires sociales et m’étais engagé à aller le féliciter s’il y parvenait. Il n’a manifestement aucune appétence pour les feux de la rampe : Il a bien mieux.

Non seulement il est de ces « visiteurs du soir » qui viennent « contrôler » – non, on dit « conseiller », c’est vrai – l’action présidentielle de façon officieuse (tellement officieuse que la presse accréditée a été priée de déguerpir de devant l’entrée…), mais il réplique exactement ce qui fait sa fortune personnelle (et celle de quelques-uns qui l’entourent).

Je vous explique : Dans une société, commerciale ou civile, celui qui décide, c’est celui qui juridiquement possède. Dans une association, une coopérative, c’est celui qui paye sa cotisation. Dans une fédération, c’est pareil.

Dans une démocratie, c’est l’électeur inscrit (les autres ne comptent pas, pas plus que ceux qui ne se déplacent pas le jour du scrutin).

Seulement voilà, dans une démocratie, une association, une coopérative un peu moins, l’électeur est versatile.

Versatile, il change d’avis comme de chemise et on ne peut pas compter sur lui dans la durée.

Sauf à le manipuler, mais c’est une autre histoire dont on recausera plus tard : Pour l’heure il me manque encore des éléments pour essayer de vous paraître pas trop kon sur le sujet.

 

Comment se démerde depuis plus de 30 ans « Beau-Raie-L’eau » pour réunir dans sa « fédération » d’association quelques 800 à 1.000 associations tel qu’il « consolide » 15.000 salariés ?

C’est très simple et bête comme chou : Il fonctionne à l’envers !

Un vrai modèle du genre…

Globalement, pour x ou y raisons, notamment l’instabilité de la « gouvernance » des associations, ses troupes entrent dans le Conseil d’administration de l’association-cible. Non pas des hommes ou des femmes mortelles et « versatiles » par excellence, mais des associations représentées par des « salariés-de-confiance ».

Ce n’est pas pyramidale, c’est circulaire (vous savez, « l’économie-circulaire », bé ça vient de là…), les « boutiques » se contrôlent mutuellement avec une poignée de « fidèles-désignés » et choisis, avec un lien de subordination étroit qu’est le contrat de travail : Ils dékonnent, hop dehors et ils sont remplacés dans l’heure par d’autres plus dociles à qui on fait un pont d’or inespéré.

J’en connais plusieurs, de « bons soldats », qui sont totalement infatués à « la Coupole » de tête et son patron, « Beau-Raie-L’eau » soi-même.

D’ailleurs, lui aussi est officiellement « salarié » de son groupe. Et il choisit ses propres administrateurs de patron, qui changent régulièrement et sont « choisis » pour procurer une « caution morale » indubitable et notoire.

Puis ils s’en vont et sont remplacés quand ils commencent à se rendre compte de l’abus de confiance que cela représente…

C’est la clé de voute.

Bref, une fédération d’association, qui ne coûte pas un rond – un vrai hold-up – qui ne fonctionne pas de bas en haut, mais de haut en bas.

Et ça marche… depuis 30 ans comme ça !

 

Avec « LREM-même-pas-en-rêve », l’administrateur de tête, c’est « Mak-Rond ». La clé de voute.

Et tout le système mis en place est là pour le soutenir avec dévotion, payé par le denier public justement pour ça.

Ça ne coûte toujours pas un rond et en plus ça va rapporter gros.

La présidente par intérim « d’En Marche », assume ainsi benoîtement une volonté de privilégier l’efficacité du mouvement sur des élections internes qui pourraient susciter des ambitions mal placées.

Les idiots utiles, décidément…

La rhétorique est magnifique : « En observant le fonctionnement des autres partis, nous nous sommes aperçus que plus vous créez des postes, plus vous risquez de créer des ambitions pas forcément tournées vers l’intérêt du mouvement. Nous voulons éviter ça ».

Un autre en dit : « On ne veut pas de baronnies locales et de rivalités où le succès de l’un dépend de l’échec de l’autre, comme ça a pu être le cas au PS ».

 

Il faut dire que ces dernières années, avec l’organisation de primaires au « P.Soce », chez les « Républicains-démocrates » et les « écololos » le phénomène a pris une ampleur jamais vue. Au « P.Soce », on vote même pour chaque désignation interne : Tous les candidats aux législatives ont été adoubés par les militants de leur circonscription avec les résultats que vous avez pu noter.

À la direction de « LREM-même-pas-en-rêve », on vous dit que cette absence de démocratie interne n’empêchera pas les débats : « Avec leur pouvoir de faire remonter des sujets, les adhérents auront au final beaucoup plus de poids qu’ils n’en auraient eu en élisant un premier secrétaire tous les deux ans ».

Tiens donc ?

Facile quand tu es écarté des décisions.

Au moins, au PCF, on débattait, on remontait les bonnes idées qui passaient le filtre de commissions élues et on décidait ensuite, « un pour tous et tous pour un ».

 

Car effectivement, dans « Groupe SOS », les ex-adhérents sont regroupés en « comités ». D’usagers, de bénévoles, d’habitants, de quartiers, d’experts…

D’ailleurs, c’est une idée géniale de la CNAF pour l’accueil dans les centres sociaux qu’elle subventionne. En fait, elle a été soufflée à leur « Dégé » qui l’impose par « Beau-Eaie-L’eau » et en retour, signe d’une probité notoire, le « Dégé » s’est même fendu d’une inauguration parigote de la reprise d’un centre social par le groupe SOS !

Mais là encore, même les meilleures volontés et idées, tant qu’elles ne sont pas validées par la « Coupole » de décisionnaires auto-élus par des adhérents choisis par les mêmes, il ne se passe rien…

Déni de démocratie…

 

Ceci dit, c’est le schéma des meilleures dictatures !

Rappelez-vous des élections ayant porté au pouvoir quelques nazillons, de celles des Bolchéviques, de celle qui a su soutenir le Duce, j’en passe et des meilleurs.

On est exactement entré dans un schéma démocratique similaire.

Et il se peut qu’on ne puisse pas en sortir avant de nombreuses années.

Cinq ans minimum, malgré ce qu’on en a dit hier, probablement plus, car un « système », quel qu’il soit, une fois en place n’a d’objectif que de se maintenir.

Et il va tout faire pour s’imposer dans les esprits, soyez-en sûr.

Ce n’est pas grave : C’est vous qui avez choisi, en plus c’est vous qui payez et c’est vous qui direz « merci » (*) !

Finalement, je suis parti en exil pensant le raz-de-marée de la « peste-blonde » incontournable. Eh bien je ne regrette pas, parce que c’est le « sida-de-l’intellect » qui a pris ses aises « au pays ».

Et vous le savez, les sidas une fois chopés, même avec une lourde trithérapie, ce n’est pas si facile de s’en défaire…

 

(*) Selon la formule des « Maîtres du monde »…

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/07/ce-qui-vous-attend.html

 

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