C’est qui le chef ici ?

17/07/2017 14:21

 

Le terrible aveu…

 

 

Péripatéticienne de gourgandine ! Quelle sortie !

Et ils ne sont pas nombreux à avoir compris qu’il s’agit là d’un révélateur rare : Tout le monde parle de « recadrage », de l’affirmation de l’autorité du chef de l’État, de la prééminence institutionnelle sur le nombre d’étoiles sur la manche et le képi, d’un exercice d’autoritarisme.

Les uns critiquent la forme, d’autres le contenu du message. Les autres applaudissent et sont fiers de « leur chef » élu par le peuple.

Oui, certes cette phrase, cette « petite phrase » est tout ça aussi.

Il y a pourtant pire : L’aveu d’impuissance, peut-être beaucoup plus, un aveu d’incompétence !

 

 

Dans ma courte vie – qui est déjà trop longue, c’est moins de vue, personnel, forcément – des « chefs » j’en ai croisé des dizaines. Et c’est une constante, à chaque fois que certains ont pu me rappeler mes devoirs à leur égard de la sorte, vous pouviez être sûr que c’était des « kons-dangereux »…

Impuissant, incompétent.

Des erreurs de casting.

Et à chaque fois, les événements à suivre m’ont donné raison.

 

 

Il y a deux sortes de « patron ». Le gars qui explique, qui fait adhérer, qui fait comprendre, qui est « pédagogue », non pas pour se « faire bien voir », devenir « complice », se faire aimer, mais parce qu’il vaut infiniment mieux un collaborateur, subalterne informé et bien informé des enjeux, de la tactique, de la stratégie qu’un ignorant à qui on confie, délègue des responsabilités.

Soit il en fait son miel et vous saurez que vous pouvez compter sur lui, qu’il assumera ses fonctions avec succès, soit il vous met des bâtons dans les roues, soit il démissionne, va voir ailleurs.

L’idéal, dans ces deux derniers cas, c’est qu’il vous explique pour quelles raisons.

Ce n’est pas toujours facile, mais parfois ça permet de détecter les raisons d’un malaise et d’une cause d’échec de vos décisions que vous n’aviez pas vue préalablement.

Au mieux, on corrige le tir, au pire on a raté une occasion de s’enrichir et de s’améliorer.

Parce que bon, vos erreurs, vous les verrez bien arriver assez tôt… de toute façon.

 

 

En revanche la seconde espèce de « boss », celle qui joue de son autorité, se rend autiste à l’intelligence d’autrui, il est mort.

Il va ou ira droit au mur et ne pourra jamais en prendre conscience.

Il ne pourra jamais s’améliorer, s’enrichir et la « boîte » qu’il conduit va mourir des mauvaises décisions qu’il aura à prendre à tort.

Un classique du management, que l’on rencontre souvent, d’autant mieux que dans un de mes métiers qui consiste à redresser des entreprises. Si je débarque parfois dans des « boutiques » en perdition, jouant les « Zorro » du management, c’est parce qu’elles sont jugées être dans un état pitoyable, souvent au bord de la faillite et de la disparition.

Moi, ça m’a toujours fendu le cœur que d’entrer dans une entreprise qui a eu son heure de gloire, pour laquelle les personnels se sont parfois arraché les tripes durant des années et ne pas comprendre comment ils en sont arrivés à être « bons pour l’équarrissage ».

Naturellement, ils réfléchissent, puisqu’ils connaissent leurs métiers bien mieux que vous et depuis bien plus longtemps que vous, et vous propose des diagnostics parfois intelligents et parfois accompagnés de solutions tout autant intelligentes.

Mais au démarrage des difficultés, forcément il y a les dérapages propres à un « chef » qui n’a pas su faire face.

 

 

J’ai appris tout ça au fil de mon parcours professionnel, mais dès « mes classes » d’appelé sous les drapeaux, j’avais sous le nez une vaste application de ce que la hiérarchologie est capable d’apporter au management.

C’est simple, il y a les hommes du rang encadrés par des sous-officiers. Eux, on ne leur demande pas de réfléchir, mais d’obéir et de rapporter.

Simple et accessible à peu près par n’importe qui d’un peu entraîné.

Il y a les sous-officiers eux-mêmes encadrés par des officiers.

Là, on voit tout de suite la différence entre un officier qui a appris à commander à l’ékole – celui qui est disponible, écoute et sait expliquer à ses sous-officiers – et les officiers sortis du rang des sous-officiers.

Ceux-là n’ont appris à commander qu’en gueulant : Une vraie caricature !

Ils ne savent rien faire d’autre et croient dur comme fer que l’autorité tient uniquement dans la vocalise la plus puissante possible.

Dément…

Et puis il y a des officiers supérieurs, futurs officiers généraux, qui ont eu quelques mérites à commander avec succès en opération – ou non d’ailleurs – et qui ont su aller au-delà : Non seulement ils savent se faire obéir sans plus d’autoritarisme que ça, sans « gueuler » uniquement, et ils savent motiver leurs officiers et sous-officiers.

Seuls ceux-là gagnent dans la bataille, dans les difficultés, sous la grenaille et dans le bourbier des emmerdements quotidiens.

 

 

Ceci dit, je ne me prends pas pour un général étoilé, tout juste un capitaine (trois barrettes) qui a seulement parfois, le rôle d’un colon (5 barrettes). Pas plus et je sais que c’est toujours provisoire.

De toute façon, ça ne m’intéresse pas de durer – j’en deviendrai trop vite un vieux kon, vieux j’y suis déjà, kon… probablement aussi – et ça pourrait nuire « à la mission », à l’entreprise à diriger et redresser.

 

 

Eh bien « Mak-Rond », il ne sait pas tout ça et que j’en rigole. Il pense d’abord au coup de gueule, au coup de menton.

Vous l’avez vu faire avec ses ministres, même le premier d’entre eux, qu’ils traitent comme de vulgaires collaborateurs incompétents, les remettant sur les rails de la « pensée-complexe & jupitérienne » à tour de bras.

Après en avoir poussé d’autres – et pas les moindres – à la démission.

D’ailleurs, ils ne savent pas, mais ils sont tous des démissionnaires en puissance. Seul « le chef » est là pour cinq ans, les autres, ils sont soumis par avance à la « clause de résultat » promise à l’électeur…

 

 

Et alors, que va donc faire le général « Deux-Villes-Liées » ?

Un, il obéit. L’un et l’autre de ces protagonistes sont chacun dans leur rôle institutionnel.

Je ne suis pas dans la tête de « Mak-Rond », mais je suis certain que le général « 5 étoiles » s’est fait une opinion très carré sur « son chef ».

L’option « normale » qui s’offre au Chef d’état-major des armées n’est pas sorcière : Il n’en qu’une.

Son devoir de militaire de carrière c’est de proposer des solutions au problème – resté non expliqué – des impératifs budgétaires imposées par les circonstances au Président élu.

Celui-là veut retrouver de la crédibilité européenne en mettant toutes ses forces au respect du critère des 3 % de déficit budgétaire à la fin de l’année.

Il l’a dit et répété et il a raison.

 

 

Pour quelle raison il a raison ? Mais tout simplement parce qu’avec le quinquennat précédent, où comme les grecs, « Tagada-à-la-fraise-des-bois » a affreusement triché pour avoir fait voté un budget « insincère », il faut tourner la page pour pouvoir « faire payer » l’Europe.

Après tout, seule la « Gauloisie-rayonnante » assume sur le vieux continent l’essentiel de la lutte antiterroriste internationale.

Sur son territoire avec l’opération « Sentinelle », mais également sur le continent africain et en Syrie avec ses nombreuses, coûteuses et longues OPEX.

Ça a un coût qu’elle assume sans soutien autre que logistique et seulement anglo-saxon. Teutons, Ritaliens, Polaks, Ibériques et autres sont absents, notamment au plan des financements indispensables.

Bon, il faut dire, qui prêterait de l’argent à une nation de « paniers-percés » ?

À part aux grecs, bien sûr…

D’où la sortie par le haut qui se dessine : Une défense commune, un ministre de la finance commun, qui va pouvoir se rendre compte qu’on ne peut pas mégoter sur la sécurité intérieure (ça, il sait déjà) et extérieure (là, il faut qu’il découvre combien ça coûte) s’il est teuton.

 

Tout général qu’il est « Deux-Villes-Liées » sait tout ça. Il a compris qu’on ampute aujourd’hui, là pendant 6 mois, ses budgets alors qu’il est déjà « à l’os », pour lui en redonner des fameux dès 2018… dans 6 mois.

Il n’est pas kon, il a entendu comme tout le monde et il aura compris.

Oui mais alors, deux, pourquoi « sa sortie » devant la commission de la défense ?

Mais attendez, il est très exactement dans sa mission, son rôle que d’avertir la représentation nationale qui l’interroge légitimement qu’on ne peut pas perpétuellement vouloir le beurre sans l’argent du beurre et que la crémière, toute mignonne qu’elle peut être, elle n’en peut plus de se faire baiser par tous les orifices par tous les ministres et présidents qui passent et repassent.

C’est simple, si l’armée est la variable d’ajustement budgétaire depuis des décennies, il faut réduire ses missions au lieu de les alourdir.

Aussi bête que ça.

 

Et au pouvoir politique (« le chef ») de faire les arbitrages.

On  va savoir vendredi s’il en est capable.

Soit « Deux-Villes-liées » parvient à lui expliquer clairement la situation et, dans les prochains jours, on aura l’annonce de la réduction des dispositifs d’OPEX – sachant que l’opération Sentinelle prendra fin avec la fin de l’état d’urgence le 1er novembre prochain – et le chef d’état-major reste encore pour l’année en cours à son commandement.

Soit, il considère avoir affaire à un « autiste » et il démissionne considérant qu’il n’a plus les moyens de remplir sa mission.

À ses successeurs de se démerder pour remettre la piqûre autant de temps qu’il faudra.

Aussi simple que cela.

 

En fait, tout le reste est bavardage inutile.

Et moi, je saurai pouvoir vous dire si « le chef » que vous vous êtes choisi, il est ou non définitivement « mauvais ».

Pour l’heure, j’en reste à ce qui apparaît le plus flagrant : Cet incroyable aveu de faiblesse du bonhomme.

Ce terrible aveu…

Accessoirement, je pourrai vous dire s’il va planter le pays ou non.

Nous y reviendrons demain, sous un autre angle d’analyse : Pour l’heure, « l’autoritarisme » de « Mak-Rond » supporte bien la structuration de son pouvoir personnel.

Ce qui reste intéressant, c’est de comprendre comment il fonctionne.

Sachant que l’organe crée la fonction et que la fonction peut dépendre d’un « organe-dédié ».

À demain 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/07/cest-qui-le-chef-ici.html

 

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