Brexit, encore !

04/07/2016 12:51

 

Ce n’est pas la fin du monde, mais la fin de mois…

 

Et ses liquidations mensuelles. Autrement dit l’heure des comptes.

Et là, grosses surprises pour la plupart.

Le « compteur » en fin de semaine dernière additionnait plus de 3.010 milliards de dollars strictement « effacés » de la surface de la planète.

Ne vous en faites pas, il en reste au moins 20 fois plus.

Une fois encore, c’est véritablement « magique » !

D’autant que ce n’était pas terminé.

 

Quoi, vous vous inquiétez des effets de ce cataclysme qui a fait s’évaporer autant d’argent ?

Mais il n’était jamais que « virtuel », jusque-là, si je ne m’abuse…

Juste une bulle généralisée qui se dégonfle un peu (en attendant pire peut-être…) et qui avait enflé à coups de QE divers et répétitifs et « détraqué » les lois normales de l’économie (qu’on souhaite tous prospère).

Ce n’est seulement que la conséquence des décisions des banques centrales qui s’apprêtent « à en remettre », en commençant par la Banque d’Angleterre (BoE).

On l’a déjà dit, elle prévoit 302 milliards d’euros (en Livres : 250 ou 245, je ne sais déjà plus, Mds…), sans compter l'annonce d'une baisse des taux qui va encore creuser l'écart dans les cours de conversion !
Notez qu’on ne sait encore rien ni des intentions de la BoJ (Banque centrale du Japon), ni de la FED (USA), ni de la BCE.

Et encore moins de la BoC, qui dévalue tranquillement à l’abri des regards son Yuan…

Quoiqu’on peut déjà prévoir que toutes soutiendront leurs monnaies et économies nationales ou locales par l’accélération des « mesures non-conventionnelles »… hors la Chine qui le fera par pincées pour sauver les apparences.

C’est là le drame des « politiques », qui ne maîtrisent plus rien, ne savent pas prévoir, et du coup ne font jamais que courir après les événements…

Tout autant que les économistes qui pilotent ces banques.

Et ça fait le bonheur des vautours qui rôdent autour des « charniers », tel un Soros qui persiste à prédire le pire : Il adore les champs de cadavres, ce gusse-là !

 

Bon, le consensus général, même parmi ses partisans, ne permettait pas de prévoir le « Brexit ». Il est devenu prévisible seulement dans les minutes qui ont précédé la fermeture des bureaux de vote.

Depuis, c’est la course à l’échalote pour nous faire croire qu’on peut revenir en arrière.

Là, je rigole…

Une pétition bidon, des discussions « informelles », des scénarii improbables qui apparaissent au fil de l’actualité, histoire « d’effacer » l’effacement d’une pareille montagne de pognon, histoire de se rassurer que tout va redevenir « comme avant », qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter : Des solutions vont être trouvées et mises en place, c’est sûr, mais pas celles avancées, une fois de plus.

De la carabistouille en barre en quelque sorte !

 

Le « cataclysme » a été engagé, peu importe si c’était voulu ou non. Un cataclysme historique car jamais, dans l'histoire moderne, une telle chute des Bourses mondiales n'avait eu lieu.

Le « Brexit » a même coûté, dès les premiers jours, plus cher que la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008, faillite qui avait enclenchée entre autres la crise des subprimes et celle des dettes, qui ont conduit à la crise économique globale dont on sort à peine en 2016.

En référence au « Black Thursday » survenu le jeudi 24 octobre 1929, le lendemain du référendum sur le « Brexit » est désormais appelé le « vendredi noir ».

Ce jour-là les Bourses ont effectivement ouvert en chute libre avec des pertes dépassant les 8 % dès les premières minutes.

Depuis, l'agence de notation Standard & Poor's a dévoilé ses calculs (qui ont sans doute motivé la dégradation de la note souveraine du Royaume-Uni annoncée mardi 28 juin 2016). Selon elle, vendredi 24 juin 2016, les marchés mondiaux ont tout simplement fait disparaître 2.080 milliards de dollars (1.800 milliards d'euros) de la surface de la terre en quelques heures.

En comparaison pour vous donner une idée, le PIB de la « Gauloisie-gréviste » en 2015 a été de 2.181 milliards d'euros pour une année complète de labeur, en vous rappelant que la dette publique s'est montée à 2.137,6 Md€…

 

Il paraît que certains milliardaires ont perdu gros tandis que certaines entreprises ont vu leur valorisation fondre… comme Virgin, le groupe du milliardaire Richard Branson, qui a perdu un tiers de sa valeur !

Notez que les « aurifères » ont gagné fort : Mon « boss à moi » a eu le nez fin…

Et il enrage de n’avoir pas pu en faire plus !

Les 400 plus grosses fortunes mondiales auraient perdu à elles seules 127  milliards de dollars en une seule journée, le vendredi 24 juin 2016.

Plus encore quelques 53 milliards de dollars le lundi, portant à 180 milliards leurs pertes en deuxième jour…

Elles ne sont pas à plaindre : Ceux qui sont à plaindre, ce sont les retraités et futurs retraités des fonds de pension américains qui « épargnent » sur les marchés financiers.

Ils vont enfin se rendre compte qu’on les a forcé à acheter de la merde des étrons, qu’un jour ou l’autre, ruinés et contraints aux menus de la soupe populaire, ils seront bien obligés de réclamer des comptes et des réformes…

Mais trop tard, une fois de plus : Il fallait y réfléchir avant sans se bercer d’illusions.

 

Et encore, heureusement pour la Bourse, le « Brexit » a été annoncé un vendredi… ce qui fait qu'après la panique des marchés les Bourses ont fermé, le week-end est arrivé pour reprendre ses esprits.

Ça n'aura pas rassuré les traders pour autant même si les Britanniques commençaient déjà à regretter leur vote, alors que leurs index ne perdaient que 3,5 %.

Car lundi 27 juin 2016, rebelote : Les marchés continuaient de s'effondrer !

Selon Howard Silverblatt de S&P la journée du 27 juin a vu de nouveau fondre 930 milliards de dollars supplémentaires.

Additionnées, les deux journées ont donc bien fait disparaître 3.010 milliards de dollars.

En comparaison, la faillite de Lehman Brothers n'avait coûté « que » 1.900 milliards de dollars aux Bourses mondiales sur plusieurs mois.

 

Puis dès mardi, les Bourses semblaient reprendre des couleurs avec des clôtures en hausse un peu partout… mais ces hausses sont loin d'effacer les pertes qui resteront indélébiles, au moins pour une large partie : Le Caca40 restera négatif de l'ordre de 10 % sur 6 mois, effet « vendredi-noir » presque effacé. Alors qui a perdu quoi ?
Car les deux jours suivants, les indices boursiers ont compensé une partie de leur baisse avec des performances de 4 à 5 %. Le Caca40 a retrouvé, avec émotion, les 4.200 points, et coure déjà vers ses 4.500 points, la livre sterling les 1,35 dollar et le Dow Jones est à moins de 2 % de son niveau pré-référendum.
Personnellement, j'y vois l'action concertée des banques centrales qui « trichent » avec les marchés : Elles avaient déjà pris le pouvoir sur l'obligataire, sur les changes, maintenant elles pilotent en douce le marché des actions avec ses fausses monnaies..
Ce sera peut-être la seule nouveauté du « Brexit » : On verra bien. 

Y-a-t-il eu entre-temps une annulation du referendum ou une nouvelle positive qui vous a échappé ? Non.

C'est juste que les marchés sont persuadés qu'il y aura un deuxième référendum et que rien ne changera. Soit ils sont totalement aveugles, soit ils sont génialement visionnaires ou que d'autres en ont décidé ainsi.

Moi, tout ce que je vois, c’est énorme fragilité des « fortunes » fondées sur du vent !

 

L’indice VIX (qui mesure la fébrilité des transactions, dit aussi « indice de la peur » : Une série d’équations qui mesurent les écarts de cotation sur de courtes périodes et se retracent en « Chandeliers japonais ») avait flambé de près de 49 points, pour revenir ensuite à un niveau de 25 %.

Notez que les CDS qui couvrent les contrats à terme suivent justement cet indice : De quoi en rajouter quand on sait « trader » ces contrats…

Même si le CACA40 n’a pas atteint son niveau critique au plus bas de 3.900 points (en référence au 3.600 d’après les subprimes, le plus bas de référence de la valeur de l’économie gauloise cotée), il est remonté depuis à ses niveaux antérieurs et espèrent défoncer le plafond des 4.500 points avant l’été.

Justement l’été, le moment où tout le monde est remplacé par les seconds couteaux, les « punis du mois d’août ».

L’heure de tous les dangers, quand on bronze les pieds dans l’eau…

 

Les épargnants vont regretter de ne pas avoir bouffé tous leurs sous, non seulement ils auraient vécu un peu mieux au quotidien, mais en plus les économies mondiales s’en seraient portées mieux, avec des perspectives de croissance et l’argent des QE aurait été portés en investissements productifs et non pas spéculatifs (pour un avenir encore meilleur).

Loupé.

 

D’autant qu’on vient d’apprendre que les banques (massacrée en bourses de valeurs) – qui détiennent en dépôt directement ou indirectement la menue monnaie de tout le monde, États, entreprises, particuliers – ont besoin de 40 milliards d’euros en « Ritalie », alors même que ni la « Deutsch-Bank » ni la Santander espagnole ne passent les « stress-tests », réputés mesurer la « fragilité » de leurs bilans…

D’autres sont sur la sellette…

Et je ne vous dis pas non plus les amendes infligées à VW : 15 milliards de dollars, il va falloir en vendre des « tas-de-boue-à-roulettes » pour payer cash : Une bonne affaire pour le Trésor américain.

« Das Auto » pourrait bien chanter la fin du cygne de l’industrie allemande (40 % du parc européen tout de même…) et ses dizaines de millions d’emplois…

On aura sans doute l’occasion d’y revenir, mais sachez seulement que là, ça n’a rien à voir avec le « Brexit »…

 

Depuis les ruses de « mon ange-gardien », j’ai compris qu’il ne servait à rien de spéculer sur la vie : Elle est de toute façon trop courte.

Même si c’est un immense marché sur lequel spéculent bien des acteurs, que ce soit sur les marchés des valeurs biologiques et pharmaceutiques ou « Gogol » et les GAFA plus quantité de « Girafes » (je n’aime pas le terme de « Licorne », bien trop immérité et sonnant comme étant des « visionnaires » d’un monde merveilleux qui n’a jamais existé : Telsa et son autopilot vient de tuer son premier heureux propriétaire).

Alors à quoi bon sinon de survivre dans ce monde effarant qui dépasse tout le monde pour être « hors contrôle » ?

Et puis, question « économie alternative » et « réelle » j’ai fait une découverte le week-end dernier.

 

Un type qui venait se renseigner sur le régime fiscal (et social) agricole gaulois, ce « petit-paradis » bien discret de la « Gauloisie des gens du bon sens ».

Plutôt que d’acheter des lingots d’or (ou des actions, des OAT à travers ses assurances-vie), il achète des vaches qu’il met en location dans un champ aux bons soins d’un éleveur.

L’éleveur, il est content et il reçoit des subventions pour cultiver (ou acheter) du foin (une saison) et de la luzerne (3 ans) pour ses bovins, trait leur lait, le vend pour arrondir ses fins de mois ou en fait des fromages, du beurre, etc.

C’est bon pour la planète, parce que ça nourrit ses habitants.

Coût de 10 vaches : Environ un lingot d’or (qui ne nourrit personne).

Le rendement : Les génisses, c’est environ 4,5 % annuel de son cheptel « en nature ».

Il double « son capital » tous les 19 ans.

En fait, déduction des frais de vétérinaires et autres, « ce pourcentage correspond à des têtes de bétail, en équivalence monétaire, le rendement net se situe autour de 3,60 %. »

Il est fort, lui, quand les rendements financiers sont négatifs, nuls ou au mieux à 0,75 % sur le livret d’épargne de ses gamins…

 

Et sa fiscalité est celle des revenus agricoles. Je m’entends dire qu’« il est possible d'amortir les sommes investies au départ, ce qui fait que la fiscalité est assez légère pendant une douzaine d'années, et de déduire ses pertes, quand on en fait, sur ses revenus globaux » à condition de ne pas dépasser « le total des autres revenus nets catégoriels, y compris les plus-values imposables au taux proportionnel, dont dispose le contribuable excède une limite fixée à 107.610 € (BO 5 E-4-10). »

« Ces déficits peuvent, toutefois, être déduits des bénéfices de même nature des années suivantes, qu'ils soient forfaitaires ou réels, jusqu'à la sixième inclusivement (CGI art. 156-I-1° ; doc. adm. 5 B 221-12). »

Et de préciser que « les déficits provenant des activités de production d'électricité d'origine photovoltaïque ou éolienne compris dans le bénéfice agricole ne peuvent pas être imputés sur le revenu global (CGI art. 75 A ; BO 5 E-1-09). Ces déficits sont imputables sur le bénéfice agricole de l'exercice au titre duquel les déficits ont pris naissance ou, le cas échéant, sur les bénéfices agricoles des six années suivantes (BO 5 E-1-09, n° 23) » pour former un tout annuel.

 

Et je lui demande ce qu’il en est de la pérennité de son « patrimoine-bovin » ?

« Pas de problème ! Si ma vache venait à mourir, l'éleveur a l'obligation de prendre une assurance (qu'il finance en vendant des mâles du cheptel pour la viande). De plus, le dispositif repose sur un système de mutualisation. C'est un genre d'auto-assurance qui couvre l’ensemble d’un troupeau. »

La sécurité sociale des vaches, en somme.

Oui mais alors, quel est le problème ?

Moi, j’aurai acheté des terres agricoles pour y cultiver de la vigne et faire de l’eau-de-vie en attendant que la ville voisine rattrape les ceps pour y poser ses HLM…

« Je suis veuf, mes enfants sont grands, ma retraite est confortable, mais vous me faites gagner trop d’argent en faisant fructifier mon épargne ! »

Ah là, c’est kon çà : Il m’aurait dit tout ça une semaine avant, on lui aurait acheté des valeurs bancaires, s’il s’agissait de faire des moins-values…

 

Rigolant, je me fous gentiment de sa tronche : « S’il n’y a que ça… Achetez de l’or et gardez-le pour payer votre succession.

Mais je ne comprends pas. Vous m’expliquez que vous faites du 4,5 % et vous venez me parler de vos déficits agricoles… »

Il est finalement comme tous les autres (hors le fait qu’il sache compter) complètement perdu dans ses priorités.

 

Une époque vraiment magnifique, finalement : Des fortunes colossales viennent de fondre, vont se reconstituer (puisque c’est du vent) et lui se plaint qu’il n’en perd pas assez…

Alors qu’il possède des actifs réels et négociables.

Quand je vous dis qu’ils perdent tous la boule, je ne suis pas loin de me convaincre moi-même, mais définitivement cette fois-ci !

 

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Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/07/brexit-encore.html

 

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