Aux plaisirs du palais - Acte III – Scène III

17/07/2017 11:12

 

Acte III – Scène III

Aux plaisirs du palais – (Comédie dramatique en 3 actes et en prose !)

 

Avertissement : Ceci est une œuvre de totale fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé, a fortiori à naître, ne peut qu’être pure coïncidence totalement fortuite, fruit de l’aléa propre au pur hasard. Tout rapprochement incongru relèverait donc de la plus haute fantaisie et son auteur se verrait impitoyablement poursuivi en justice pour répondre du préjudice qu’il aurait pu ainsi créer.

 

(AK entre dans le bureau alors que des équipes d’ouvriers en bleu de chauffe équipés de détecteurs en sortent)

AK – Bien messieurs ! Rien d’anormal ?

O1 – Non Monsieur le secrétaire général. Pas de micro-espion dans ce bureau. Le téléphone est clean et le télex aussi.

AK – Parfait messieurs. Merci à vous.

(Les ouvriers sortent de la pièce avec leur matériel et le secrétaire général parcourt la pièce, remet en place quelques fauteuils et un coussin, va vers le bureau présidentiel, ouvre la boîte à chaussures, marque son étonnement, la referme sans un mot et va vers la fenêtre, les mains croisées derrière le dos.

Entrent alors EM, JA et JMB).

EM – Venez donc jeune-gens, j’ai à vous parler. Ah, re-bonjour Monsieur le secrétaire général !

AK – Monsieur le Président, Monsieur Attali, Monsieur Borelo…

EM – Tout va bien ici ?

JMB – Bonjour Alex.

JA – Bonjour Monsieur le secrétaire général.

AK – Oui, tout est en ordre. Vous pouvez commencer à travailler. Je peux vous laisser.

EM – Non restez. Il faut qu’on trouve une solution.

AK – À quel problème ?

JMB – Gérard a chialé grave dans le grand salon. Il faut lui trouver un ministère d’importance.

EM – La justice ? L’intérieur ? Les affaires étrangères ? Ou la défense ?

JA – Méfie-toi Emmanuel. Tu bouscules « nos plans » à la dernière minute. Ce n’est pas très sain.

JMB – On a en effet déjà parlé de ça. On devait l’envoyer au numérique…

EM – Le numérique, il n’y connaît rien. Non mais vous l’avez déjà vu se battre avec un clavier, Jean-Marc ? Et puis je ne peux pas le laisser sur la touche avec tout ce qu’il a fait depuis des semaines.

JMB – Le travail alors ?

EM – Non, il nous faut une vraie professionnelle… On était tous d’accord là-dessus.

JA – L’économie ? Le budget ?

EM – Mais il faudrait trouver une place pour le grand con de Le Maire. Quoi ? Ça ne ferait que déplacer le problème.

JMB – Oui, tu as raison, mais tu nous emmerdes là, avec « tes émotions », Manu.

AK – Puis-je me permettre ?

JMB – Non !

JA – Et si on laissait arbitrer ton futur premier ministre, Emmanuel ?

EM – Et puis quoi encore ? Depuis quand on laisserait une marge de manœuvre à celui qui va plancher à Matignon ?

JMB – Ce n’est pas dans nos plans, Jacques.

JA – Oui mais Monsieur le Président veut en changer, justement…

JMB – On peut adapter…

JA – On peut.

EM – Bzzz. Si on met Gérard à l’intérieur, il faudrait trouver un plan pour ce connard de Bayrou.

JMB – Pourquoi à l’intérieur ?

EM – On a toujours dit qu’il fallait un homme de totale confiance à l’intérieur.

JA – C’est vrai ça : Une règle de la République. Mais justement Bayrou, c’est un piège à cons. Il est loyal comme un âne qui recule !

JMB – C’était une façon de le piéger. De l’avoir sous la main et de lui faire fermer son clapet.

EM – Bzzz. Je sais. Une belle manœuvre : il n’aurait pas tenu 6 mois !

JA – Bon, alors on le percute à l’éducation !

EM – Ah non ! J’ai besoin de Jean-Mi à ce poste-là. Bzzz.

JMB – Alors tu le mets à la justice.

JA – Tu parles de Bayrou ?

JMB – Oui ! Et Gérard à l’intérieur…

EM – Bayrou à la justice… ? Bzzz. Avec ses casseroles au cul ? Mais c’est cinglé, ça !

JMB – Non justement : On le piège total. Si les enquêtes avancent sur les attachés parlementaires du Modem, il ne peut plus être le patron de l’administration qui diligente lesdites investigations…

EM – Pas idiot ! Bzzz.

JA – Oui mais alors, on fait quoi de la mariole de Sarnez ?

EM – Oui ! On la met où, Jean-Marc ?

JMB – Ok, ok ! Je vous rappelle qu’il nous faut un équilibre entre transfuges du PS, des LR et du Modem. Et je suis partisan d’y coller aussi un UDI.

JA – On en a déjà parlé. Morin ne veut pas et de toute façon il ferait de l’ombre à Le Maire.

JMB – Et puis ça ferait un peu trop de normands au gouvernement. Déjà avec le havrais… j’en conviens. Dans une prochaine étape quand il s’agira d’élargir encore l’assise électorale à l’occasion de la fin de mandat.

EM – Bzzz. Ce n’est pas idiot, la justice, après tout.

JA – Pas chaud pour ma part.

AK – Excusez-moi, messieurs…

JMB – Dis donc Manu, tu fais « Bzzz » un peu trop souvent depuis quelques minutes…

EM – Vous croyez ?

JA – Je confirme.

AK – J’allais le dire…

EM – Mais non, je vais très bien. Bzzz.

JMB – Tiens ! Tu vois ? Tu viens de le refaire.

EM – Mais non ! C’est ma langue. Soyons sérieux, Bzzz, l’urgence est de caser Gérard. Et donc de recaser Bayrou. Bzzz. Du coup on peut penser à déplacer Sarnez et on garde les deux autres Bzzz à leurs places.

JMB – Jacques, appelle Bibi, s’il te plaît. Il va nous faire un malaise.

AK – Je peux aider ?

EM – Mais qu’est-ce que vous racontez, Bzzz, Jean-Marc ?

JMB – Non ! Vous, vous sortez Monsieur le secrétaire général.

JA – Sans vouloir te froisser, Emmanuel, avec tout ce que tu viens de vivre, ta dose n’est manifestement pas suffisante.

EM – Ma dose ? Bzzz. Vous insinuez quoi au juste ? Je vous dis que l’urgence c’est de caser Bzzz Gérard.

JMB – Bon assied-toi. Respire profondément : On s’occupe de ce petit détail d’intendance.

AK – J’appelle un médecin ?

JA – Et puis quoi encore ? Vous êtes fou ? Et encore là, vous ? Jean-Marc vient de vous demander de sortir, s’il vous plait !

AK – Mais…

JA – La situation est sous contrôle : Une petite baisse de tension. Rien d’inquiétant.

AK – Si vous le dites…

(AK se déplace vers la porte, sort et ferme la porte.

Pendant ce temps-là les deux compères allongent EM dans le canapé du fond de la pièce).

JMB – Punaise ! Un grand malade.

JA – Arrête ! Avec tout ce qu’il avale depuis une décennie, c’est un peu normal, aussi.

JMB – Pourvu qu’il tienne la distance. Tu appelles sa femme oui ou non ?

JA – Je le fais, je le fais.

(JA décroche le combiné téléphonique et compose un numéro)

JA – J’espère qu’il n’y a aucun mouchard dans cette pièce ni sur cette ligne… Ah re-bonjour Brigitte. C’est Jacques. Tu peux nous rejoindre rapidement dans le bureau présidentiel ?

JMB – Tu rajoutes « discrètement ».

JA – Le plus discrètement possible, si c’est possible… Oui. Merci !

EM – Mais vous faites quoi tous Bzzz les deux.

JMB – Bibi va te remettre une dose.

EM – Ah oui, ça Bzzz j’aime bien. Bzzz.

JA – Ça va devenir urgent. Comment ça se fait qu’il ait été si mal « dosé » ce matin ?

JMB – La tension du moment, l’émotion, j’imagine.

JA – Mais normalement, c’est justement fait pour ça. Qu’il puisse se maîtriser sans rien laisser paraître…

EM – Elle arrive Bzzz quand, Bibi ?

JMB – Tout de suite.

EM – Et Bzzz mon Gégé ? On a décidé quoi Bzzz ?

JA – On s’en occupe. T’inquiète pas Monsieur le Président.

(Entre en trombe « Bibi » dans sa robe bleue)

EM – Ooooh Bibi ! Tu Bzzz es magnifique ma fée !

BM – Ouh-là, les garçons ! Dans quel état vous me l’avez mis ? Tout s’était bien passé jusque-là.

JMB – Oui, mais là, avec les larmes de Gégé Collomb, il a craqué…

EM – Ma Bibzzzzzzbiche !

BM – Ok ! Sortez de là. Je m’en occupe.

(JMB et JA sortent)

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2017/07/acte-iii-scene-iii.html

 

 

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