Au nom du père II : chapitre XXXVIII : L’assassinat de Paul de Bréveuil

24/01/2016 22:26

 

Au nom du père (Chapitre XXXVIII ; Tome II)

 

L’assassinat de Paul de Bréveuil 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Et, ce qui n’était pas prévu et sera sans doute « coupé » au montage, Paul y va de son laïus pacifique : « Les menaces que les aviateurs militaires doivent contrecarrer dans le monde entier pour assurer la sécurité des vols civils et commerciaux, mais aussi l’intégrité politique et diplomatique de chacun leur patrie, sont nombreuses et variées. 

Aucun des pilotes militaires que je connais n’a vraiment envie de faire usage de ses armes. Même s’ils sont tous prêts à le faire : J’en étais et je l’ai fait, moi aussi. 

En revanche, je crois aussi à la très forte solidarité des aviateurs de tout pays. 

Demain les vôtres auront des « outils » me semble-t-il, adaptés à ces menaces : C’est avant tout une très grande force pour se dissuader de la guerre, une très grande force pour la paix mondiale à laquelle nous œuvrons tous, finalement. » 

« En attendant, je remercie vivement toutes les autorités qui m’ont permis ce vol sur le fleuron de votre aviation militaire : C’est comme dans un rêve. J’aurai piloté tellement de prototypes sous tous les cieux du monde, que désormais j’aspire aux étoiles, au-delà du ciel ! J’espère pouvoir vous y emmener tous un jour ! » 

Tu parles Charles : Un « truc » d’élitiste absolu, oui. 

Mais on peut toujours faire rêver, même les enfants à qui seront ouverts après-demain les « hôtels de l’espace » de Paul Allen, non ? 

 

La soirée est raccourcie et se passera sans Irina : Paul doit rentrer mission accomplie jusqu’au bout, pour retrouver après-demain avant midi son voilier et son équipière qu’il compte bien amariner avant son départ pour la route des « trois caps ». 

Il passe la journée à Paris dans les locaux de la rue des Saussaies avec « riri » (« Monsieur Albert »), pour y faire son rapport final et oral (mais enregistré) sur ses activités des derniers mois en Chine et en Russie, comme d’une reddition de compte à l’adresse de l’amiral Morthe de l'Argentière, son « autorité » de référence.

Et de ses alliés. 

Pas un seul centime de la République dépensé pour cette aventure qui touche à sa fin ! 

Un « bon agent », c’est finalement celui qui rentre vivant, mission accomplie résume « Monsieur Albert ». 

C’est comme ça que Paul voit aussi les choses.

 

Et puis il prend l’avion du soir pour Bastia. 

Parce que pendant ce temps-là, si le 12 août bien avant l’aube s’est joué un drame sur les côtes corses visant le « contact de Parepoux » à la Seyne-sur-mer, suite à la trouille qu’il  avait foutue au complice de la mort de son père, le juge Jean-Pierre de Bréveuil, un autre drame se trame un peu plus au sud. 

 

Le 23 au matin, le « Lisbeth » lève l’ancre par un petit-temps calme et se dirige vers le golfe de Porto-Vecchio. Il mouillera le lendemain matin devant la plage de Palombaggia, pour remettre le cap sur les Lavezzi, puis les bouches de Bonifacio, avec une route prévue sur les Baléares. 

Désormais, Florence et Paul ont le temps. 

Le temps de prendre du temps en vue de préparer le tour du monde par les « trois caps » qui tient à cœur Paul. D’autant que les choses se précisent en ce qui concerne Lacuistre où Valérie et « les filles » arrivent en phase finale : Il ne faut surtout pas qu’il soit sur le continent dans les jours qui viennent.

C’est au large de Piana, l’île de Cavallo la plus proche de la Corse, sous un chaud soleil, une mer calme, un petit zéphyr qui gonfle les voiles et une côte basse mais tourmentée, qu’il s’affale dans le cockpit : Une balle lui est tirée entre les épaules. 

Florence n’a rien entendu, sinon le bruit de la chute sur le plancher du cockpit, toute attachée à faire frémir quelques noix de Saint-Jacques sorties du congélateur du bord pour le repas de midi qu’elle déglace au vin blanc sur le fourneaux à cardans du voilier, dans la kitchenette située en ouverture du carré, côté bâbord. 

Ce n’est que bien plus tard qu’elle passe la tête hors de sa cuisine pour découvrir Paul dans une mare de sang. 

Complétement affolée la fille. Tétanisée au point qu’aucun son ne sort de sa gorge serrée à bloc, et qu’elle voit « son homme » derrière une buée de larme qui lui brouille la vue. 

Le voilier file lentement, pas pressé, poussé par le vent. 

Elle se saisit du micro de la radio à tribord et tente de lancer un SOS en jouant avec les boutons comme elle a vu faire Paul, mais sans succès. 

Elle ressort comme une folle, un gros nœud dans l’estomac : Un moteur approche.

Alors elle se lance dans des hurlements à s’agiter pour attirer l’attention. 

En vain : La panique l’étouffe, le bateau passe au loin sans se détourner.

Les fusées de détresse ! 

Elle s’en saisit d’une et tire sur la corde en la tenant à bout de bras comme il est indiqué sur l’engin. 

Pour manquer de se brûler au bout de quelques secondes qui lui semblent être une éternité. 

Elle retourne vers Paul gisant dans son sang. Il n’a pas bougé et le voilier continue d’avancer vers la Sardaigne. 

Elle tire une seconde fusée piquée à proximité de la table à carte à l’approche d’un autre bateau à moteur qu’elle entend vaguement sans deviner d’où il vient. 

 

Il arrive par l’arrière et dévie de sa route pour aborder le « Lisbeth ». Ce sont des touristes italiens, effarés par le spectacle. Toutefois, ce qui semble être le barreur tâte le pouls de Paul à la jugulaire et dit des choses en italien, totalement incompréhensibles pour Florence, ce qui rajoute à son affolement. 

Puis il entre dans l’habitacle, et appelle les secours à la radio. 

L’hélicoptère de la sécurité civile met 20 minutes pour se rendre sur place, pour un vol stationnaire qui durera une infinité de temps. 

Il en faut encore 10 pour que la civière qui emporte le corps de Paul le remonte, au moment où arrive sur place la vedette des gendarmes. 

Ils recueilleront la déposition de Florence maintenant en état de choc et rapatrieront les « Lisbeth » à Bonifacio. 

 

La nouvelle de l’assassinat de Paul remonte très vite la hiérarchie militaire, judiciaire et policière. 

Qui mobilise des moyens. 

Mylène en sera informée au soir et s’inquiète de Florence au point de décider de laisser tomber ses fourneaux pour partir sur le champ à Ajaccio via le vol du soir avec escale à Marseille. 

Cécile avertie par Barbara, mise au courant elle-même par Mylène et par l’intermédiaire de Jean-Charles Huisne – qui bosse à temps-partiel sur la comptabilité de la SAS à Kremlin-Bicêtre depuis le début de l’été –, décide de son côté de ne pas rester inerte. Elle retrouve Stéphanie par le TGV de Lyon vers Nice, pour être restée un peu aux côtés de Valérie qui compte les jours jusqu’au mariage de Lacuistre avec la « Carine ». 

« On aura sa peau, à celui-là ! » fait-elle en accueillant sa complice d’évasion et autres turpitudes. 

« Tu es d’accord ? » Bien sûr que Cécile est d’accord. Deux fois plutôt qu’une. 

Dans leur esprit, elles lui doivent bien ça, même s’il leur avait interdit toute violence autrement qu’en état de légitime défense. 

Là, pour l’une comme pour l’autre, il s’agit d’un cas de force-majeure. 

Elles seront le lendemain à Bastia, louant une voiture pour « descendre » à Bonifacio. 

Jean Vecchia, prend sa voiture de son côté après avoir lu la presse matinale du lendemain : Deux assassinats coup-sur-coup, selon le même procédé, sur un bateau et d’un bateau, dans le sud de « son pays », c’est trop surtout quand il s’agit de Paul. 

Il assurera l’intendance des deux filles rencontrées au « Châteaux-sur-Cher » en début d’été. Il a ses réseaux sur place, c’est un enfant du pays. 

Le soir du lendemain, Hélène Trois-Dom harcelle le secrétariat du procureur d’Ajaccio. Scorff de son côté, le SRPJ local depuis Paris. 

Ce n’est que le surlendemain que le général Li-Phong peste depuis Pyongyang : Le retournement de Paul de Bréveuil au profit de ses voisins chinois est définitivement un échec. Il passe sa colère nourrie de son dépit sur « l’agent Hang » au Consulat parisien qui est obligé de renter en Corée du nord, alors qu’il a prévu de se rendre sur place lui aussi. 

Almont peste de son côté un peu avant… Le voyage de Paul Allen n’ira pas plus loin ! 

Quelle déveine ! Son « meilleur agent » qui se fait descendre par des bandits-Corses ! 

Satanés Corses : Les USA ont bien fait de préférer un point de chute pour leurs sous-marins en Sardaigne et de décider d’abandonner la base de Staresò, il y a bien des années, aux bons soins de l’Université de Liège. 

 

Dans les jours qui suivent, la police se perd en conjectures : Il n’y a bien que la juge Hélène Trois-dom qui sait la relation possible entre Paul, Risle, Liamone, Parepoux et même Lacuistre. Mais elle n’aboutit pas à établir un lien convaincant entre Parepoux, le patron de la Seyne-sur-mer et Paul. 

C’est pourtant la même signature : Un commando exécute des contrats lancés par Parepoux avant son accident. Elle en est sûre. 

Même Scorff ne semble pas emballé par cette hypothèse vraiment très tirée par quatre cheveux. 

En revanche, elle sait que Paul est dans un coma profond à la Timone. On lui a extrait la balle fichée dans une vertèbre dorsale, sans savoir s’il aura des séquelles ou non, ni si un jour il se réveillera. 

Mylène fait un détour par l’hôpital. Puis repart à ses fourneaux après avoir installé Florence chez des amis dans la ville, qui se remet peu-à-peu de son état de choc à grands coups de valium à haute dose. 

 

Quant à Cécile et Stéphanie, elles remontent peu à peu les pistes fournies par les contacts de Jean Vecchia. C’est un peu long au début, mais ça devient facile en quelques jours. 

Car effectivement, il y a eu deux « campeurs » à motos, d’aspect bizarre dans la circonscription de Porto-Vecchio. Un gros et un petit qui reviennent dans les témoignages. Des discrets, des silencieux, genre « gros-bras » videurs de boîte de nuit. Des pas des drôles, ne se mêlant pas aux touristes ni aux autochtones. 

Elles les connaissent, naturellement. 

Dans la semaine, elles sont de retour sur le continent avec deux noms en tête : Paco et Loco. 

Les videurs de la boîte de nuit varoise sise à Le Pradet, qu’elles avaient identifiés en « filochant » Parepoux. Boîte où leur qualité « de fille » leur permet d’entrer assez facilement pour se faire draguer. 

Et c’est assez facile pour elles de piéger l’un des deux gaillards. 

On retrouvera plus tard le corps de Paco sur la jetée du port de l’Oursinières, tailladé de toute part au cutter, à moitié nu et entravé par ses propres vêtements, émasculé. Un type au casier judiciaire long comme un jour sans pain, qui aura mis du temps à mourir. 

Un décès attribué à un règlement de compte du milieu local, parce que le bonhomme, c’était une « nature » plutôt robuste, genre tatoué cuir et clou. 

Quant à Loco, son cadavre sera retrouvé le surlendemain dans les décombres incendiés de la boîte de nuit où il travaillait, avec celui de son patron. 

Encore une affaire de gang, semble-t-il, même si le premier meurtre ne correspond pas aux méthodes locales. 

De toute façon, les filles, elles ne parleront pas avant de très longues années à quiconque de leurs épisodes varois, ni de la façon dont elles ont pu vivre nuitamment pendant près de trois jours avant de rentrer à Paris. 

 

Pendant ce temps-là, Paul ne se décide pas à trépasser. Parfois il sort légèrement de son coma, parfois il y replonge plus profondément. 

Florence a lassé les amis marseillais de Mylène et fait des pieds et des mains pour que Paul, ou ce qu’il en reste, rentre sur Paris dans une maison de long séjour, rue Broca où elle finit par lui dégotter une place. Il a beau être intransportable, elle en devient tellement intransigeante et insupportable que, moyennant décharge, elle finit par obtenir gain de cause. 

De toute façon, il n’a plus besoin d’assistance respiratoire ni même cardiaque. Le monitoring n’est là que pour attester du prochain arrêt des fonctions vitales. 

Et c’est là que le miracle se produit. 

 

Un jour, Paul entre-ouvre un œil. Trois jours plus tard, il bouge un doigt pour faire signe qu’il entend vaguement. 

Le surlendemain il essaye de parler. Puis il bouge ses pieds, ses jambes, réacquiert des réflexes : A priori les médecins n’y croyaient plus, mais il semblerait qu’il reprend possession de tous ses membres. 

À la fin du mois de septembre, il se réalimente sans la sonde et veut rentrer dans son loft sur Seine. 

Scorff fait le déplacement pour l’interroger : Pour lui, c’est le grand vide. 

Il ne se souvient même pas de son départ de Palombaggia, plus du tout de sa dernière journée du mois d’août à bord, même pas d’avoir levé l’ancre au matin, tout juste et encore assez vaguement de son réveil dans sa chambre de la rue Broca. 

L’enquête de police ? Au point mort. 

Il y a bien quelques théories à envisager : « Mais je ne suis pas certain que soit intelligible, voire même crédible. » 

Où est son bateau, Florence, Barbara, où en sont ses affaires, il veut rentrer chez lui. 

Quel jour est-on ? 

Difficilement, très difficilement, il peut s’asseoir, puis se mettre debout, puis marcher. 

En revanche, la tête, ça va : Quand il a ses moments d’éveil, c’est pour enquiquiner Barbara ou Jean-Charles avec les chiffres, les contrats en cours, les commandes reçues, ou pour assommer son entourage, avec des questions sur l’actualité, notamment quand Isabelle Nivelle passe le voir… 

Jacques aussi lui fait des résumés de presse pour occuper ainsi ses soirées de nouveau célibataire, lui qui s’inquiétait tant pour son « petit-frère ». 

Même Lady Catherin fera le déplacement à son chevet pour lui raconter les nouveaux débouchés offerts par ses « minoritaires », qu’elle s’inquiète déjà de la valorisation de son usine, au cas où Paul disparaisse, alors que Lady Joan restera silencieuse. 

La vie reprend ses droits. 

 

Plus tard, il dira quand même qu’il revoit un rêve, où il est sur une scène de théâtre. À la fin de la représentation d’une pièce qu’il aurait jouée, le spectateur du premier rang, monte sur la scène à son invitation et sous les applaudissements d’un public enthousiaste : C’est son grand-père au visage rayonnant de sourire et de contentement ! 

Mais pas de rêve de son père. 

Fâché une nouvelle fois, sans doute, pour quelques peccadilles incompréhensibles et improbables. 

Comme quand il était gamin. 

 

Le plus étonnant, c’est quand même EADS, Beauty peut-être, qui lui fait porter des boîtes de chocolat à plusieurs reprises. 

Et puis ce visiteur d’un soir, qui lui laisse sa carte : Il travaille chez Dassault et ceux-là aimeraient bien qu’il aille faire un tour en Inde, à New-Delhi, au Brésil et à Abu-Dhabi quand il sera remis. 

« Pour quelle raison ? » 

Parce qu’on essaye d’y vendre des Rafales et depuis l’échec Suisse, qui a acheté des Gripen suédois, faire un détour dans les universités locales, dans les bagages de l’avionneur, histoire de faire savoir qu’en France, on est capable de tous les défis aéronautiques, ça pourrait aider.

« Peut-être, quand je pourrai voyager ! »

 

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Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/01/au-nom-du-pere-chapitre-xxxviii-tome-ii.html

 

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