Au nom du père II : chapitre XXVII : Premiers pas dans l’empire du milieu

13/12/2015 20:41

 

Au nom du père (Chapitre XXVII ; Tome II)

 

Premiers pas dans l’empire du milieu 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

« Je vous ai rachetées ! 100.000 dollars comptant. Parce que j’ai besoin de vous ! » 

Enfin, qu’elles se rappellent bien : D’une seule seulement, l’autre elle finit entre les mains de la police. 100.000 dollars pour deux rebuts de la société, rejetées, recherchées, parias du monde des civilisés ? 

Il doit être totalement fou. 

« J’ai trois missions à vous confier. Après je vous fournis une nouvelle identité, des papiers en règle, votre liberté et 10.000 euros chacune si vous me suivez. » 

C’est ça : Complétement cinglé ! 

De quoi s’agit-il, se reprend Stéphanie en premier ? 

« On se casse d’ici. Je vous veux, ou au moins une, à New-York ou Washington « opérationnelles » d’ici la fin du mois. Il s’agit de piéger cet homme-là. » Et il sort la photo du banquier des pauvres et autres États en faillite.

« Il s’agit de le violer s’il le faut, mais je veux des photos bien dégueulasses et quelques traces physiques nouvelles bien apparentes sur le visage. » 

Il ne préfère pas un bon coup de cutter à lui en couper les parties génitales ? 

« C’est une hypothèse : On m’a suggéré que vous le mordiez à lui en couper un bout, que ça en fera des vacances pour beaucoup de ses victimes. C’est vous qui verrez sur le moment. Mais il n’est pas question de le tuer. On ne veut pas d’un martyr, mais d’un homme-fini. » 

Et pourquoi ? 

« Secret-défense. Ne posez pas la question ! » 

 

Bon. Et on organise ça comment ? 

« Je me ballade tout le reste du mois de mars et un bout du mois d’avril aux USA après notre prochaine étape au Japon. Je vous mettrai en contact avec qui vous épaulera pour l’intendance. On a un mois ou deux pour faire le coup et rentrer en France. 

Deuxième mission, ce type-là ! » Et il montre une vieille photo de Parepoux. 

« L’inconvénient, c’est que je ne sais pas encore où il crèche. Ni le sort qu’il faudra lui réserver. On aura à décider sur place le moment venu.  

Troisième et dernier homme, celui-là : On ne veut pas qu’il soit réélu sénateur. Là encore, je n’ai pas de précision quant aux détails de l’opération. On avisera sur place, mais celui-là, je sais où le trouver. Les prochaines élections sénatoriales, c’est pour septembre. Donc intervention avant l’été.» 

Il s’agit de les occire ? 

Aucunement et jamais. 

 

« À partir de maintenant, vous ne tuez plus personne, jamais ! Et, à part pour le premier, où je n’ai pas d’autres solutions que d’éviter de le tuer, ce qui est impératif je vous le rappelle, plus d’acte de violence dans votre vie, ou je ne pourrai plus rien pour vous éviter la prison.

C’est bien compris ? 

Si par hasard il y violence, ce sera soit en état de légitime-défense, mais là encore ce n’est pas moi qui en jugerai mais les magistrats que vous connaissez bien et qui seront ravis de vous revoir les fréquenter sur l’île de la cité que vous connaissez, soit par procuration. »

Et c’est quoi la « violence par procuration » ? 

« Vous ne faites pas vous-même, vous faites faire par des locaux pour « x » ou « y » raisons parfaitement valables pour qu’un juge et les flics s’y laissent prendre. » 

La première leçon de « Monsieur Albert »… 

 

Autrement dit, on fournit un mobile, des armes et du fric à un exécuteur « légitime » façon « Colonel Frank » qu’elles ne connaissent pas mais dont Paul sait comment il opérait depuis les « aveux » de Liamone à la juge Trois Dom et à Scorff, et on se planque loin et derrière plein d’alibis pour se couvrir en cas de pépin, en restant tout du long de la préparation le plus discret possible. 

« Simple quoi ! Tu nous expliqueras. Pour moi c’est d’accord. Parce que là, j’ai pris goût à ta bite et que je suis encore en manque depuis si longtemps ! » lance Cécile la criminelle.

« Pour moi aussi : Je suis en manque, même si tu ne corresponds pas tout-à-fait à mes fantasmes et idéaux-masculins : Ça reste quand même bien bon, mais… ! 

Mais tu nous promets papiers, pognon et liberté après ? Tu es sûr, parce que moi, je n’ai pas la reconnaissance du ventre et si tu ne tiens pas parole, je te troue le cuir jusqu’au plus profond du cœur ! » 

Voilà Paul prévenu. 

« Je vous ai bien tirées de votre merdier, jusque-là. Mais bon ça m’arrange, parce que le petit marché dans lequel j’ai embringué les coréens sur vos cas personnels, va beaucoup plus loin, et c’est dans l’intérêt supérieur de la Nation ! » 

Il n’en dira pas plus, d’ailleurs, l’intérêt supérieur de la Nation, quel qu’il soit, elles n’en ont rien à battre. Tout ce qu’il leur demande, c’est le « secret-absolu » sur toutes ces activités futures. 

Elles, elles sont épuisées, mais ont droit à une nouvelle séance de « rentre-dedans » débridée avant de s’endormir. 

 

(Aparté n°35) 

 

Elles resteront consignées dans la chambre le lendemain, quand Paul est en revanche debout aux aurores après une deuxième « courte nuit » pour son passage vers Xuzhou en jet privé, accompagné d’agents des services secrets de la RPC (République Populaire de Chine). 

Dans l’avion, il y reçoit des consignes de sécurité : Pas de photo, pas d’appareil d’enregistrement, ni vidéo ni vocaux, pas de valise ni de sac. Tout lui sera fourni sur place. 

Il est d’ailleurs prié de se changer dans les toilettes de l’avion, y compris chaussures-chaussettes et sous-vêtements tout propre, pour revêtir un uniforme neuf de l’armée de l’air chinoise de « Shang Xiao » (上校, en chinois dans le texte), avec deux étoiles, autrement dit de « Dirigeant aîné de champ », l’équivalent du grade de Colonel, pour devenir officier honoraire dudit corps sur-le-champ. 

Mais on ne manque pas de lui rappeler que les grades n’existent en Chine que depuis 1988, après une longue période d’abolition voulue par « Grand Timonier » dans les années 60 à l’occasion de la grande « Révolution culturelle ».

Naturellement, aucun contact en dehors de ceux des personnels autorisés et pas de document à ramener hors de ceux qui lui seront éventuellement remis par des officiels autorisés. 

Consignes traduites laborieusement par un traducteur au nom imprononçable, du mandarin en français, détaché du ministère provincial du tourisme, la tête patibulaire au moins autant que le camarade-officier détaché du ministère de la propagande qui supervise l’opération. 

On lui explique aussi le détail de ces deux journées consenties par leurs gouvernements respectifs. 

 

Accueil par la promo des élèves-pilotes sur la base de Xuzhou à la descente de l’avion. 

Présentation des cadres et de la base. 

Visite des installations, puis déjeuner sur place organisé par l’armée de l’air. 

Ensuite, envol pour la grande ville construite en cercles concentriques de Chengdu, plus au nord dans les grandes plaines de Chine centrale, au pied des massifs himalayens, pour une présentation des usines aéronautiques du pays. 

Dîner avec les autorités locales au « palais du peuple », qui se révéleront pour partie être venues de Pékin. 

Nuit et petit déjeuner américain au « Binjiang Hotel » situé en centre-ville avec une petite équipe de l’usine pour quelques échanges culturels… et techniques. 

Et, le lendemain, retour à la base pour un vol sur l’unique J20 version biplace double commande, déjeuner offert à l’université locale et conférence devant les étudiants. 

Décollage en milieu d’après-midi pour un retour à direct Hong-Kong au soir. 

Le tout pour démontrer la bonne volonté du pays d’accueil pour le futur « 002 »… 

Sympathique ambiance à prévoir. 

 

« Je ne pourrai pas faire un peu de shopping en vos lieux touristiques ? Ou visiter la région ? » 

Non. Peut-être en matinée demain, un tour de la ville avant de reprendre la voiture. De toute façon, il ne se déplace pas seul, sans être escorté par un officier accrédité. 

C’est beau la vraie confiance… 

Vraiment dommage pense Paul : La première étape est située dans une région très touristique pour y receler toutes ses merveilles géologiques qu’on voit souvent en carte postale, ses rizières à flanc de colline du point bas jusqu’au sommet, ses pains de sucre recouvert de végétation luxuriante dans les vallées, déchirant les brumes tropicales de loin en loin, ses populations bigarrées… ses jeunes-filles en fleur au sourire avenant sous leurs chapeaux de pailles typiques de ses régions. 

 

L’accueil des cadets est superbe. Seul bémol, la Marseillaise est un peu écorchée, avec des mesures oubliées. Paul prend un plaisir certain à « la revue des troupes » bien alignées, dans son uniforme austère de couleur bleu électrique tout neuf, gants blancs saluant « à la casquette », façon poêle à frire de plus petite dimension que celle des biffins de l’Armée rouge… 

Puis, c’est la visite de la base, des hangars vidés pour la circonstance, hors un J20 monoplace dont il fait le tour une première fois, et des ateliers attenants et bien rangés. 

Un engin d’une longueur approximative de 20/22 mètres, 12 à 13 mètres d’envergure pour une hauteur d’un peu plus de 4 mètres, bimoteur à section de sortie de tuyère variable, un plan « canard-delta » situé derrière le poste de pilotage, ailes delta d’à peu près 60 m², dont on lui dit qu’il pèse 17 tonnes à vide pour une masse au décollage de 36 tonnes, propulsé par deux moteurs saturn 117/S qui sont donnés pour 32 tonnes de poussée en postcombustion. 

De quoi filer vite (Mach 2,5 lui dira-t-on), monter haut (autour du niveau 650) et dont on lui affirme qu’en mode subsonique il peut parcourir 5.500 km, pour un rayon d’action de combat « bas-haut-bas » de 2.000 km, et « haut-bas-haut » de 1.300 km pour des attaques au sol : Un engin multi-rôles, donc… 

Ce qui est frappant, c’est qu’avec ses entrées d’air en parallélépipède sous le ventre, ses soutes internes situées entre les moteurs, hors les double-dérives en dièdre et inclinées, un peu plus courtes et pivotantes, c’est quasiment le frère jumeau du F 35 américain qui lui n’a qu’un seul moteur, plus trapu et plus haut, lui ! 

De la belle œuvre d’espionnage ? 

 

« Nous avons nos propres bureaux d’ingénieurs. Ils restent ouverts à toutes les solutions aérodynamiques les plus avancées… » 

Tu parles Charles ! 

Et question « furtivité » radar ? Il n’y aucune trappe biseautée en chevron, comme on en trouve sur le F 22. 

« On prête beaucoup à notre nouveau chasseur… » 

Du lard ou du cochon ? 

Pour l’heure il n’en saura pas plus : Il est question de rejoindre rapidement le mess. 

On s’y échange les traditionnels toasts de bienvenue, de paix dans le monde, de fraternité des peuples, des frères d’armes aériennes et les « cadets » en veulent un peu plus sur les « combats aériens ». 

Paul se fend de ses souvenirs d’Afghanistan, de l’époque où il a gardé le sobriquet « Charlotte », nom de code de sa patrouille, de quelques anecdotes d’appontages, des missions inutiles, pour finir par raconter qu’il a rendu ses galons quand on l’a remisé à la garde des sites des essais nucléaires dans le Pacifique sud où il ne se passe décidément rien d’utile pour la patrie. 

« Il faut savoir obéir. Et comme mon temps avait été dépassé, j’ai rempilé dans l’industrie aéronautique, pour finalement m’occuper de fabriquer des propulseurs pour missiles. »

Et est abordé son vol historique par les deux pôles : Ils n’attendaient que ça pour lui poser tout un tas de questions sur ce périple et ses dangers, sur le prototype, sa conception et ses performances. 

« Le plus grand danger à affronter, c’était l’éventuelle panne d’un moteur. Nous en avons eu une parce qu’on avait coupé par mégarde l’alimentation en kérosène. Mais on a pu récupérer l’engin qui reste vraiment très sain en haute altitude. Pas en basse. » 

Parce que oui, il n’y avait pas d’aéroport de dégagement sur le trajet Pacifique.

« Remarquez, comme on avait averti toutes les autorités aériennes, y compris les vôtres, les américains qui nous ont vu passer sur leur réseau NORAD, nous suivaient et avaient disposé quelques navires tout du long du Pacifique, et j’imagine que votre marine avait dû détourner quelques navires dotés de moyens de détection pour nous repérer et vérifier nos dires, dans quelques parties du grand océan. On n’était pas perdu, en somme ! » 

Rires à la fin de la traduction. 

Pour le retour du pôle sud, de toute façon, il fallait survoler tout le continent africain : Sans problème. 

Le prototype ? Un engin unique, juste destiné à tester en condition réelle les céramiques réfractaires. 

Les céramiques ? 

 

« Mais je n’ai rien à vous apprendre sur le sujet : Vos ancêtres en ont inventé ici même le procédé de fabrication depuis des siècles ! » 

Rires à la fin de la traduction. 

Ambiance sympathique. Courbettes de salutation et séparation : Il faut reprendre l’avion pour Chengdu, la ville-berceau du J20, avec quelques passagers nouveaux qui avaient fait le voyage en sens inverse pour accueillir Paul. 

Naturellement, Paul repère une « grande blonde » annoncée par Almont. Mais s’ils échangent quelques mots devant un parterre de témoins, en anglais, épiés comme des tourtereaux que l’on veut piéger, ils n’échangent pas pour autant leurs « mots de passe ». 

 

Et c’est l’envol vers Chengdu avec les quelques ingénieurs, dont la « grande blonde » qu’il évite du regard.

 

 

 

Et réciproquement.

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/12/au-nom-du-pere-chapitre-xxvii-tome-ii.html

 

—————

Précédent


Sujet: Au nom du père II : chapitre XXVII : Premiers pas dans l’empire du milieu

Aucun message nʼ a été trouvé.