Au nom du père II : chapitre XX : Petit coup de pouce du destin : L’évasion de Cécile…

16/11/2015 10:37

 

Au nom du père (Chapitre XX ; Tome II)

 

Petit coup de pouce du destin : L’évasion de Cécile… 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Ça s’est passé deux jours avant, lors de son transfert de la prison vers le centre hospitalier de l’Hôtel-Dieu, l’hôpital situé au cœur de la capitale, coincée entre la préfecture de police, la Cathédrale, le marché aux fleurs, le Palais de justice, le tribunal de commerce et la Seine. 

Le fourgon cellulaire emmène deux détenues à destination de leurs juges d’instruction respectifs et deux autres à l’hôpital, Cécile et Stéphanie Roya, une codétenue souffrant d’une appendicite aiguë qu’il est question d’opérer en urgence. 

L’escorte est « légère » et le convoi entre à Paris par la nationale 20, descend l’avenue du Général Leclerc toutes sirènes hurlantes, puis le boulevard Port-Royal et le Boulevard Saint-Michel vers le boulevard du Palais et le palais de justice. 

L’entrée du fourgon est déjà prête à recueillir ses « visiteuses » par le quai de l’horloge, qui prolonge le quai de Corse, avant de faire le tour de l’île de la cité. 

Normalement, il est prévu de ressortir quai des orfèvres, par le quai du marché neuf, et de pénétrer dans l’Hôtel-Dieu par la rue d’Arcole. 

 

Mais place Saint-Michel, le fourgon est enfoncé par une voiture-bélier déboulant du quai Saint-Michel devant les touristes médusés. Le fourgon, les roues en l’air, n’a pas le temps d’arrêter sa course folle contre le trottoir du « petit-pont », que déjà deux complices sortis de nulle part à moto font sauter les serrures, ouvrent la porte et maîtrisent les deux gardiens de la pénitentiaire enfermés avec leurs prisonnières à l’arrière. 

Des coups de feu claquent. Accompagnés de cris d’hystérie. 

Les portes s’ouvrent. 

Les menottes sont ouvertes en un tour de main et les quatre pensionnaires de la pénitentiaire se retrouvent, sonnées, groggy, à la lumière du milieu de matinée. 

Deux sautent sur deux des 4 motos qui filent déjà vers le boulevard Saint-Germain ou dans la file des bus du boulevard Saint-michel qui remonte vers le sud. 

Cécile et Stéphanie, les deux « sanitaires », sans réfléchir, remontent le flux de voitures congestionné et s’engouffrent dans la station du RER… 

À peine cinq minutes plus tard, le quartier est bouclé, mais trop tard ! 

 

La fuite des « sanitaires » ne progresse pas très loin. Le RER est investi par les forces de l’ordre sans ménagement pour les voyageurs. Elles ont filé par le premier tunnel, au péril de leur vie. 

Pour bifurquer avant d’atteindre la station « Les Halles », de l’autre côté de la Seine dans une galerie d’évacuation des eaux pluviales. 

Qui mènent à une sous-station de relevage d’égouts. Par miracle, leurs poursuivants n’y pensent pas et elles se terrent là plusieurs heures, sans un bruit. 

Sans montre ni aucun repère, c’est à l’aveugle qu’elles rebroussent chemin, alors que les RER se font rares : Ce doit être la nuit, imaginent-elles. 

Stéphanie souffre, mais ne veut pas se rendre. Sauf quand elle a vraiment très mal au ventre, à ne plus pouvoir marcher ni bouger. Pour Cécile, c’est encore plus simple : Entre 90 jours de mitard et la liberté au bout du tunnel, le choix est vite fait. Et c’est elle qui motive sa camarade d’évasion, va chercher de l’eau et des épluchures de grignotage dans les poubelles de la station la plus proche quand la faim tenaille les entrailles. 

Car elles ressortent toutes les deux des voies en montant sur le quai de la station « Port-Royal », franchissant l’enceinte close et vont camper à la belle étoile à l’abri d’un arbre sur un bout de pelouse sèche du square Marco-polo, les jardins de l’Observatoire.

Deux jours de vagabondage, cachées le jour dans les fourrés du jardin du Luxembourg, siège du Sénat, derrière les bâtiments de l’École des Mines, des endroits improbables, du quartier latin, avant de pouvoir chaparder un téléphone portable. 

 

Cécile envoie un texto à Paul : « Évadée. Besoin de toi ! CW ». 

Paul est à Washington, à attendre son avion quand son téléphone vibre. 

Il n’en croit pas ses yeux et met un certain temps à répondre. 

« Pas sur Paris. DSL. Rend-toi ». 

« Pitié. Ve pas retour prison. Help me. STP » 

Puis un autre « STP… », comme d’une ultime prière. 

Ah là… Aider une fugitive, qui plus est une vraie criminelle récidiviste, faudrait vraiment qu’il soit frappé d’inconscience hallucinante pour accepter, dans sa position pour le moins ambiguë et inconfortable… 

Il a un flic aux fesses sur Paris. 

Il décide de jouer un peu, change sa puce SIM et renvoie un texto au numéro entrant : « J’ai quoi en échange ? » 

À tout hasard, Paul forme le numéro de Charles Almont avec cet appareil. Ça sonne dans le vide pour finir par tomber sur sa messagerie. « Charlotte. Vous pourriez me rappeler en urgence ? » 

Nouveau texto. « Te prie. N’importe quel prix. Ta chose. » 

Complétement déjantée. 

Almont rappelle : « Paul ? C’est quoi ce numéro ? Qu’est-ce qui se passe ? » 

Ses agents parisiens peuvent-ils récupérer une épave fugitive qui pourrait bien être utile à leurs desseins ? 

« Non. » Il s’arrête, réfléchit puis annonce : « Vos potes coréens ne pourraient-ils pas s’en charger. D’une pierre deux coups : Ils croiront vous tenir par les couilles ! Ce qui nous arrangerait, finalement, pour l’autre phase du plan ! » 

Pas idiot, en effet. 

C’est au tour de Paul de « penser fort ». « Je vais essayer. Merci ! » 

 

Entre-temps, un nouveau texto. « Paul. Pas de retour prison. Ta bête ou mort ! » 

Elle pète le neurone… La pression de l’angoisse doit être particulièrement forte. 

Là, il répond : « Une seconde » et passe un coup de fil chez lui à Paris, la ligne sur écoute. Ça sonne dans le vide. Il essaye le portable de Miho qui répond. 

« Dis donc, ma douce, tes chefs, ils peuvent recueillir une fugitive pour moi ? »

Elle ne sait pas bien sûr, sauf qu’elle peut demander. On verra bien. 

« C’est un gage. J’accepte même d’aller bosser en Chine quelques jours en échange, si ça les amuse !» 

C’est si important ? 

« Je ne sais pas. Mais essaye. »

Elle essaye pendant l’embarquement de Paul. Il va bientôt devoir couper son portable. 

Sans réponse, il renvoie un texto à Cécile. « Contact de ma part Miho (suit son numéro) et détruis la puce SIM de ton portable après ! » 

« A la vie. A la mort » reçoit-il pour toute réponse. 

L’avion s’ébranle. C’est parti pour 7 heures de vol au-dessus des flots. 

 

Miho attend la réponse de sa hiérarchie, vite mise au courant. Le téléphone sonne : C’est Cécile. 

Miho ne comprend pas tout de ce qu’elle dit, mais finalement fixe rendez-vous à proximité d’où elles se trouvent rue de l’Abbé de l’épée, sous la statue du monument à la gloire des Professeurs Pelletier et Caventou, codécouvreurs de la quinine en 1820, pour dans les deux heures qui suivent. 

Le temps que ça se bouge à son consulat. 

Si elle n’a pas de réponse d’ici-là, ou si la réponse est négative, elle n’ira pas au rendez-vous, tout simplement. 

Dans le cas contraire, elle obéira aux ordres : Ça faisait si longtemps qu’il ne s’était rien passé d’utile permettant de « retourner » Paul. Et là, c’est lui qui propose une collaboration : Impensable ! 

C’est justement ce qui arrête le Lieutenant-Colonel Li à Pyongyang, l’officier supérieur de quart au QG des services. 

Pas bien longtemps : Dans tous les cas, soit c’est un « bluff » et il sera toujours temps de jeter le fugitif à la rue en plein Paris, soit, il est rapatrié au pays pour servir de monnaie d’échange contre ce facétieux et insaisissable De Bréveuil… 

Donc, rien à perdre : Il faut saisir l’opportunité qui se présente et que lui-même offre. 

Il sera toujours temps de jauger la situation, après. 

 

C’est comme ça que les deux femmes sont opérées dans les sous-sols de la délégation Nord-Coréenne de la banlieue Parisienne, l’une d’une appendicite aiguë, l’autre d’un curetage de boucher, avant d’être évacuées quelques jours plus tard sur un cargo à destination de Hong-Kong depuis le port de Rotterdam. 

Pendant ce temps-là, les deux autres fugitives et leurs complices fuient Paris. 

La première est arrêtée au sud d’Orléans en moins de 40 heures, dans une fermette de à l’orée de la Sologne. Et l’autre finit quatre jours plus tard sous les balles des policiers, défendue par deux de ses complices dans la forêt de Compiègne, en limite du département de l’Aisne. 

 

Et Paul rentre à Paris. Son affaire prend un détour inattendu. Miho, désormais le presse de rencontrer « l’agent Hang ». 

Ce qu’il accepte de faire à l’occasion de la visite d’une maison à Marne-la-Coquette au prétexte de s’en rendre acquéreur. 

Le deux-pièces terrasse est de toute façon trop exigu pour lui et sa voisine Nathalie bien trop empressée à récupérer son chat à tout moment de la journée, les locaux du Kremlin-Bicêtre sont en pataquès total depuis quelques jours, et même pas chauffés. 

Et il s’agit d’être prudent. 

 

« Vous remercierez pour moi votre hiérarchie », commence-t-il, les présentations faites en visitant le jardinet discret de la maison de banlieue. 

« Mon honorable correspondant aura l’occasion de le faire lui-même. Nous savons qui vous êtes et j’imagine que vous n’êtes pas sans ignorer que votre vol spectaculaire au-dessus de la méditerranée a éveillé la curiosité de notre grand-voisin. » 

Et encore, il n’a rien vu du prochain vol Aubenas-Orange par les pôles ! 

En bref, ils veulent, comme les autres, savoir de quoi retournent les fameuses céramiques du Nivelle 001. 

« Je vous avertis tout de suite que j’ai de toute façon pour mission d’approcher et de jauger les performances du J 20 de Pékin. Et de rapporter à mes chefs ! À partir de ce préambule, j’ai quartier libre. » 

De l’espionnage ? 

 

« Vous en faites bien autant à l’égard des productions de la MAPEA, notez bien. » 

Mais eux savent rendre service quand c’est nécessaire. 

« Moi aussi ! Parce que le J 20, je m’en moque, vous pensez bien. Je recherche des financements pour mettre au point le Nivelle 002… qui ne s’appellera pas comme ça, mais peut-être Sukhoï 100, Mig 60, J 500, X 90, je ne sais pas encore, ou Airbus-navette, allez savoir. » 

Il s’agit de quoi ? 

 

« D’abord, je vais vous faire une petite démonstration rapidement de ce qu’est capable d’encaisser le 001. La semaine prochaine. Ensuite, j’ai en tête un avion orbital de 150 à 200 tonnes. Réutilisable, naturellement. » 

« L’agent Hang » devait avoir une formation d’ingénieur pour comprendre l’intérêt du prototype. 

« Comment est-ce possible ? » 

 

Assez simplement : Des fusées nettement plus légères mettent en orbite des petits satellites depuis des années à peu près sous toutes les latitudes. 

« Rien d’exceptionnel en réalité. La vraie difficulté, vous le savez sans doute, c’est la rentrée dans l’atmosphère. Or, les fameuses céramiques règlent une partie du problème. L’autre partie tient dans la trajectoire de l’engin au retour : C’est juste un calcul que maîtrisent bien les américains, les russes et même votre grand frère chinois. Mais seule la navette américaine est jusque-là réutilisable ! »

Tout le monde sait ça. 

 

« Et votre gouvernement, pourquoi ils ne vous proposent pas de financer votre prototype ? » 

Réponse évidente : Il n’y a pas d’argent. « Le programme Hermès a été abandonné faute de crédit. Ils ne sont pas prêts de le relancer, d’autant mieux que l’ISS va être abandonnée à son sort dans quelques mois. La conquête spatiale, ça ne fait plus rêver les foules ! » 

Tout ce qu’ils espèrent faire c’est le ZEHST, à l’horizon 2040 ou 2050. « Mes céramiques ne sont même pas essentielles pour développer ce projet ! » 

 

Et le légendaire patriotisme du Capitaine de Frégate Paul de Bréveuil, dans tout ça ? 

« Monsieur Hang, il n’est pas entamé, je vous l’ai dit : Je suis chargé d’évaluer les performances du J 20. Et rien ne m’empêche, bien au contraire d’échanger les résultats de nos travaux avec des ingénieurs et chercheurs d’autres nationalités. On n’est pas aux USA ici, il n’y a pas la même protection des secrets de fabrique des technologies sensibles ! » 

D’autant mieux, qu’en échange, Paul n’a rien à trahir : « La technique des céramiques, je crois me souvenir que ce sont même les chinois qui l’ont exportée partout dans le monde depuis la renaissance ! Il n’y a rien de fabuleusement mystérieux là-dedans. C’est juste l’usage qu’on en fait en aéronautique-spatiale qui est un peu inédit et peut-être le mode de fabrication qui est lui aussi tout juste un peu « astucieux ». À vous de voir ! » 

 

Et la « démonstration » à venir ? 

« Un vol de 12 heures sans escale autour de la Terre par les pôles. J’emmènerai Miho que vous aurez équipée d’une balise : À vous de déployer d’ici la semaine prochaine des navires pour vérifier mon passage du nord au sud au-dessus du pacifique sur l’axe 350/190 par les pôles magnétiques. »

Il en reste la bouche ouverte… 

 

Et les deux fugitives ? 

« Je les récupère. J’en aurai peut-être besoin pour une petite opération de politique intérieure que je vous expliquerai sur place, si vous le permettez. C’est la moindre des choses. Sans ça, vous pouvez les jeter à la mer : J’ai d’autres solutions probables ! »

Pas tout-à-fait content-radieux, le Coréen. 

Est-ce du lard ou du cochon ?

Il lui faut de toute façon en référer à la hiérarchie du camarade-général. 

 

« Mais alors, pourquoi nous les avoir envoyées dans les pattes ? » 

Pour rentrer en contact avec vous et aller jusqu’au J 20. « Vous voyez, je joue l’honnête avec vous ! Votre agent Miho, elle est gentille, mais elle ne bouge pas d’une oreille en attendant vos ordres qui n’arrivent pas. Et pourtant je l’ai gardée au chaud un long moment alors que je pouvais vous la renvoyer depuis le printemps dernier : Mais il fallait bien que je prenne les devants en testant jusqu’où vous étiez capables d’aller et de faire, pour me croire à votre merci, non ? L’occasion s’est présentée, j’ai sauté dessus. » 

Vous n’y êtes pas, à notre merci pense son interlocuteur tout fort qui vient de se rendre compte de cette situation parfaitement inattendue. 

« Effectivement, loin de là. Je ne suis qu’un pion dans une partie qui nous dépasse tous les deux et dont je n’imagine même pas tous les ressorts. Je pose mes conditions à mes chefs. Ils prennent où ils ne prennent pas, je m’en fous. Mais quand ils prennent, je fais. Je compte bien en faire autant avec vos galonnés et vos ingénieurs. »

 

Le Nivelle 002, si le 001 passe bien comme prévu, c’est ce qui l’intéresse et il y revient pour être un peu déstabilisé par l’aspect saugrenu de la situation : Il avait pour mission de « retourner » un brillant ingénieur, capable de faire des vols hypersoniques, lui servir pour ça le couplet « philosophique anti-impérialiste », ou celui des facilités de recherches proposées par son pays et son « grand-voisin » qui œuvrent ensemble pour la paix dans le monde… 

Et c’est lui qui annonce la couleur, son objectif d’espionnage industriel voire même militaire, sans véritable contrepartie technologique ? 

« C’est un projet, je ne garantis rien. Je veux juste aller me mettre la tête dans les étoiles en pilotant le premier vol. J’en meure ou je survis : C’est pour le plaisir de l’avoir fait, c’est tout. Le reste appartient déjà à l’humanité toute entière ! » 

Extraordinaire ! 

Comment Hang va-t-il expliquer ça à sa hiérarchie ? 

 

Miho est vraiment ravie : Elle a servi, enfin, à quelle que chose. Tous ses efforts à maintenir le contact avec son bourreau d’antan qui sont enfin récompensés ! 

Il n’y a plus qu’à confirmer les dires de Paul et attendre les ordres avant de disparaître peut-être, à se faire oublier, ou au contraire à accompagner la suite.

Et la suite, Paul n’étant pas un méchant homme, Mylène étant épuisée par sa journée de labeur, le chat rentré chez les voisines, c’est avec ravissement qu’elle se couche entre ses draps au soir. 

Il lui arrive d’être si doux et si voluptueux, quand il n’est pas énervé par une de ses pouffiasses de passages ou par Mylène et ses humeurs. 

 

(Aparté n° 30) 

 

La suite ne tarde d’ailleurs pas à se faire connaître : Paul est sous étroite surveillance avant l’arrivée d’une équipe de soutien complète. 

Le temps du vol et du décalage horaire : Elle n’en a jamais douté. 

Dès le surlendemain, il file à Aubenas.

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/11/au-nom-du-pere-chapitre-xx-tome-ii.html

 

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