Au nom du père II : Chapitre VI : Rencontre internautique

26/10/2015 20:35

 

Au nom du père (Chapitre VI ; Tome II)

 

Rencontre internautique 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

Au soir même, Paul se retrouve dans son 60 m² coincé entre Miho et Mylène qui se font la gueule à s’énerver après le chaton des voisins. 

Il s’enfuit dans la mezzanine et trouve sur sa boîte mail plusieurs messages : Les « filles », Charlotte et Aurélie, sont en Californie. Sans plus de précision. 

Plus un courriel inhabituel marqué « @cia.org.us » qui donne les coordonnées internautiques de Blaucher. 

Il prend l’initiative d’envoyer un mail de contact. 

 

Pendant les jours qui suivent, Paul cherche du boulot. On lui propose bien d’aller œuvrer dans une entreprise d’assurance, de jouer les « dégé » dans une autre qui fait de la valorisation de déchets. Une boîte de réseau électrique attire son attention. Une coopérative de produits bio, un syndicat professionnel, un cabinet de consultants en stratégie, un marchand de programmes informatiques à façon. 

Même son ancien « producteur » de film porno, Jean-Luc, se rappelle à son bon souvenir : Il est prêt à lui acheter des scénarios. Ce qui lui donne une idée… Après tout, Charlotte, la vraie, elle a déjà eu à faire avec les « deux salopes [1] » ! Faudrait à voir ce qu’elles sont devenues, ces deux-là : Ça pourrait être utile à Almont, sait-on jamais !

Et tant qu’on y est dans la rubrique « souvenir-souvenir », pourquoi pas également la sulfureuse Natacha [2] ? 

Encore une enquête de merde, qui n’a pas empêché cette dernière de toucher l’assurance-vie sur la tête de son mari et de laisser moisir son amant en prison ! 

Et du coup, il se décidera à faire un détour par Caen, là où Jean-Luc a posé ses caméras après ses exploits du « Newvox ». 

 

Pour les entretiens d’embauche dans des entreprises « normales » soit ses prétentions sont largement supérieures aux moyens de la boîte, soit les perspectives de développement lui paraissent trop étroites, soit, ça ne le tente pas du tout d’aller faire le guignol dans un métier qu’il ne connaît pas plus que ça. 

Même Lady Joan lui propose d’aller épauler sa copine écossaise, voire même de le prendre en qualité de consultant à Londres. 

Or, pour l’heure, il lui faut rester en France. Voir si les choses se décantent avec le « cabinet noir » et œuvrer à pister Lacuistre, une petite idée de la suite commençant à germer dans son esprit. 

Il en profite d’ailleurs pour aller saluer Liamone à Bordeaux. Une rencontre courte entre deux trains. 

Le type est en bout de course. En fin de vie. 

« Paul de Bréveuil. Le fils du juge que tu as assassiné dans les années 80. Il va tout juste y avoir prescription. » 

Il y a prescription depuis quelques mois. 

« Je m’en fous. Pour moi, c’est comme en Italie : Il n’y a jamais prescription. Je voulais juste voir ta tronche avant de te faire la peau. Et te dire que je me suis occupé de Risle. C’était le premier sur ma liste. Tu es le second avec ton frère. Plus tard, je m’intéresserai à tes gosses. Ça te va ? » bluffe-t-il. 

Ça ne lui va tellement pas, qu’il en fait une poussée de tension qui le rendra le soir même victime d’une rupture d’anévrisme. 

Il décédera quelques jours plus tard, devenu paraplégique pour rajouter à son malheur. 

 

Pareil la semaine suivante chez le frère. 

Le « légume », il regarde quand même son visiteur depuis son fauteuil, devant la fenêtre. 

« Je suis le diable. Et je viens cherche mon dû. Je vais te prendre ton âme ! » 

Paul ne sait pas si l’autre « capte » ce qu’il lui dit, tellement il a l’air avachi du neurone. 

Mais en revanche, il saura plus tard qu’il est parvenu à se jeter par la fenêtre du premier étage de sa maison de santé en hurlant : « Le Diable ! Le Diable ! » 

Celui-là aussi, ira en enfer se console Paul. 

Sans « DD », Paul passe des heures sur internet à rechercher Parepoux. Mais il en reste bien incapable pour l’heure. 

 

Sa véritable occupation est consacrée à des échanges de courriels avec Blaucher. On peut résumer les activités de celui-là pour le compte d’une banque française qui a monté le dossier financier des frégates de Taïwan et d’Arabie-saoudite il y a des décennies de ça, comme d’un vaste réseau mafieux. 

En fait, ces grands contrats sont le prétexte, pour beaucoup, pour blanchir de l’argent qui circule. 

 

Extraits [3] : 

« Le temps c’est de l’argent » répète-t-il souvent. « Et les banquiers en ont à revendre, du temps ! Mais pas les petits porteurs. 

Les banquiers vivent comme ça, en appelant cela « le terme » !

Ils ne volent pas leur client « à vue » comme on le met sur les traites ! 

Ils ne font jamais cela sous leurs yeux maintenant détournés ailleurs vers des marchés virtuels. 

Les banquiers préfèrent utiliser des mots savants incompréhensibles même pour eux-mêmes, pour cacher leurs escroqueries présentées en complet veston de bandit de grand chemin. 

Dans le système, y compris à la COB, on les endort en anticipant sur le temps pour vendre leurs économies au plus haut afin de les racheter plus tard au plus bas. 

Seuls les financiers de haut vol, connaissent les cours de rachat qu’ils manipulent à l’avance sans que tu le saches.

Souviens-toi d’Eurotunnel et de Disney ! » 

 

« Plus fort que cela, les spéculateurs même pas taxés, passent leur temps à parier sur les cours qu’ils manipulent dans un marché tellement énorme qu’il dépasse l’économie réelle. Les énormes profits qu’ils en tirent sont placés et gelés en off-shore. Sans jamais plus servir, ces détournements plombent l’économie du travail que l’on doit bien ponctionner pour réaliser les profits fictifs et purement comptables des spéculateurs. 

Les produits de la spéculation et de la corruption se rejoignent pour se « geler » sous le soleil des paradis fiscaux de mafieux. On y constitue là une réserve de guerre qui ne fait pourtant pas le poids avec les réserves asiatiques qui représentent 75 % de la richesse monétaire de la planète. » 

 

« Ceci devient le moteur de nos plus grands dirigeants qui recherchent activement de la rétro-commissions et qui s'attribuent sur la compétence des autres des salaires astronomiques malgré leurs erreurs de gestion. 

Tout cela pour bénéficier en bandes organisées, de plus-values astronomiques totalement indues. Les bénéficiaires indignes de stock-options détournées sont bien informés en vendant souvent leurs propres titres avant les autres. 

Puis comble de l'hypocrisie, ils rachèteront plus tard leurs titres (comme les banques l'ont fait avec Eurotunnel, Disney) au plus bas en détroussant leurs propres salariés et les petits actionnaires particulièrement abusés en 2001. » 

 

« Tout cela est indécent et cela devient de plus en plus litigieux, voir criminel sans que l'on se donne mauvaise conscience en ne rechignant pas sur la fréquentation de capitaux totalement mafieux voir en ne refusant pas le fruit d'une corruption démesurée puisque l'on accepte facilement  le système des rétro-commissions qui fait croire à la nécessité de répondre aux besoins d'intermédiaires soi-disant indispensables et souvent inventés pour se constituer en off-shore une retraite occulte. » 

 

« Les « banquiers de l'ombre » pilotent un empire criminel basé sur les unités noires. Un système qui inspire nos propres banques qui confient cela en France à des organismes spécialisés et privés qui ont pignon sur rue sous l'enseigne d'officines de renseignement dirigées par d'anciens officiers toujours en missions. 

Le banquier gère en fermant les yeux, jusqu’aux fonds des « Martyrs de la Révolution », sans que le siège ne trouve rien à redire. 

Il y avait pourtant la couverture occulte de fonds iraniens et palestiniens alors que des bombes explosaient à Paris et que nos crédits dits documentaires pour l’importation d'armement passaient pour des livraisons de fruits. 

Mais cela n'était rien à côté de ce que j'allais découvrir en Asie en repartant pour ma boîte à Taiwan ou après de minables bakchichs, j'allais chasser les rétro-commissions et les blanchir en « margins accounts ». 

La spéculation débridée venait couronner le tout. La suite l'explique et montre ma résistance et mon divorce avec cette institution dominatrice qui me croyait son dévoué. 

En partant de minables frasques et d'opérations médiocres, j'allais découvrir peu à peu le montage d'opérations bien plus criminelles au profit d’une clientèle avide de retours et de solutions de blanchiment » se souvient-il de son passé de banquier aux premières loges. 

 

« J’avais monté un système justement pour éviter le blanchiment. Je faisais valoir à ma direction que nous avions tellement de clients qui achetaient et qui vendaient à Taipeh, qu'il était préférable, plutôt que de faire des transferts au siège et de recevoir de l'argent, de tout bloquer dans un compte, de ne pratiquer aucun transfert et de ne verser que la différence : horreur ! 

J'ai, en effet, appris par la suite que mes patrons faisaient bien de la compensation, mais pour « planquer » les commissions et dissimuler le blanchiment. Dans ces conditions, quand je proposais de faire de la compensation pour éviter les transferts de devises, la corruption et la spéculation, je passai pour une âme damnée. » 

 

C’est le principe du « barter triangulaire » (troc) avec des risques de transferts en divises minimum ! « Tu parles que tu gènes les banques ! Où planquer les détournements si tu rends leurs opérations moins opaques ? 

Et si tu vantes le travail par rapport au virtuel tu vas forcément déranger. Leurs mouvements virtuels de fric représentent plus de 80 % de l’économie réelle et plus de 1.000 milliards de dollars sont échangés chaque jour sur les marchés internationaux, (les réserves de changes des pays du G 7 varient entre 250 et 300 milliards de dollars seulement !) 

Ainsi le capitalisme occulte peut, s'il le désire et quand il le désire, jeter sans raison commerciale, sur les places jusqu'à 800 milliards de dollars par jour ne produisant aucune valeur ajoutée. » 

 

« Ce fric, des positions comme on dit, on ne l'a pas ! Il est virtuel, les profits sont factices et le développement suicidaire... Sur les 1.000 milliards brassés quotidiennement, seule une part infinitésimale se transforme en investissements productifs. C’est en l’an 2000 que l’on a atteint le comble de l’hypocrisie, en attirant sciemment des capitaux destinés à être détournés dans une spirale ascendante dont aucun banquier n’a osé en dénoncer le danger, vu qu’ils en connaissaient forcément le retour de fortune pour en profiter à coup sûr, en spéculant encore par des promesses de livraisons de titres au terme, dans le temps convenu. Ce qu’ils appellent « le terme » ou via les nouveaux produits dérivés. 

Le sort de cette épargne orientée vers l’abattoir financier, était scellé depuis longtemps, depuis que les banques voyaient leurs dépôts flancher pour les avoir trop orientés vers ce nouveau casino où seul le casinotier gagne et où l’on pratique le « baronnage » soit du blanchiment en dollar massif. Des profits purement spéculatifs de ces opérations finalement virtuelles se sont vite retrouvés dans tous les paradis fiscaux que le système bancaire a fait fleurir de par le monde, de Luxembourg à Limassol. » 

 

« Sauf que le fric cela ne s’évapore pas ! Et que nous sommes là, dans la comptabilité financière, voleuse et menteuse, mais toujours équilibrée et à chaque débit il y a un crédit pour un nanti improductif ! 

Et que si le profit spéculatif est virtuel il faudra bien le prendre en cash dans l’économie réelle, soit dans votre poche ! 

Alors comme on vous a déjà fait payer la note salée de CL, on va TOUS vous débiter sous formes divers, moins-values boursières, blocage de salaire, paiement forcé de frais divers et demain par la dette publique des pays qui ont refusé de tailler dans les salaires et les dépenses. 

Les autres, les bénéficiaires heureux élus et financiers de cette guerre indigne, les autres, bien peu nombreux ont été crédités loin de la bourse dans des paradis off-shore où ils se planquent pour aussi financer la guerre ! » 

 

Et encore : « Ce phénomène ne relève pas du complot ; il reflète plutôt l'irrationalité et la nature régressive du système financier. Les taux de change et d'intérêt réels, grâce en bonne partie aux mesures de déréglementation, sont largement hors du contrôle des gouvernements. Sur les seules trois places les plus importantes (Londres, New-York et Tokyo), les transactions quotidiennes de devises sont passées de 188 milliards à 653 milliards de dollars, selon les données de la Banque d'Angleterre. 

Et, en vertu de la déréglementation, elles sont désormais incessantes, et permettent de faire instantanément voyager des milliards tout autour de la planète. 

Les marchés sont de plus en plus concentrés géographiquement et aux mains de colosses. Les dix plus importants opérateurs de devises de Londres ont accaparés 75 % du marché. Les mêmes phénomènes sont à l'œuvre à New-York et Tokyo, allant de pair avec la puissance accrue depuis vingt années des deux cents plus grosses firmes multinationales de l'industrie et des services. » 

 

« Les grands acteurs jouent sur le long terme grâce à des portefeuilles de devises de 35 à 40 milliards de dollars. Grandes banques, fonds de pensions, compagnies d'assurances disposent d'une panoplie d'instruments sophistiqués idéaux pour intervenir dans « l'économie de casino » ; les gouvernements sont les otages de ces transactions qu'un opérateur qualifiait avec humour, mais non sans justesse, de « pratiques très élaborées de terrorisme financier ». » 

« Il faut te dire que pour bien planquer tout ce fric mal gagné, volé, escroqué, ce que ce que tu cherches n'est pas matérialisé et que ce que l'on cache au Luxembourg dans des comptes non publiés ce sont des écritures comptables qui n'ont aucune justification économique et dont seules les différences entre achats et ventes de n'importe quoi (du fric, des titres, des commodities, du vent parfois) sont extériorisées et virées via Swift. » [4] 

 

[1] Cf. L’épisode des enquêtes de Charlotte : « Contre-enquête : Carine & Claudine », à paraître aux éditions I-Cube. 

 

[2] Cf. L’épisode des enquêtes de Charlotte : « Le crime était parfait », à paraître aux éditions I-Cube. 

 

[3] Avec l’aimable autorisation de l’auteur de « CRA$H ! » dont l’action se situe en l’An 2000 (lien « écrasé » depuis par mesure administrative…). Un aperçu seulement : http://tycoon2000.free.fr/

 

[4http://www.swift.com/home/index.page?lang=fr

 

 

Source :

http://flibustier20260.blogspot.fr/2015/10/au-nom-du-pere-chapitre-vi-tome-ii.html

 

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