Au nom du père : chapitre XXXIV : Surprise sur les bords du Cher

02/01/2016 19:42

 

Au nom du père (Chapitre XXXIV ; Tome II)

 

Surprise sur les bords du Cher 

 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 

Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

 

À Paris, le « cabinet-noir » jubile, exulte même : Il était temps que « Charlotte » fasse parler la poudre et les « petits-messages » subliminaux à l’adresse des Services s’étaient fait de plus en plus nombreux et pressants. 

On avait bien suivi la trajectoire de « Paul » jusqu’en Chine, puis au Japon et aux USA, mais ça « tardait » pour la rencontre d’avec le « futur-ex »…

Alors évidemment, quand la nouvelle tombe dans la nuit, personne n’y croit plus, sauf quelques-uns : Pourquoi une « black » ? 

« Charlotte » avait pourtant sur place deux acolytes spécialement mobilisées, pour lesquelles il avait même fait faire des faux papiers… 

Encore un coup tordu ? 

« Monsieur Albert » est réquisitionné pour savoir ce qui s’est vraiment passé. Même l’amirauté : Or, « faux-cul » à souhait, celle-ci veut rester dans l’ignorance de tout !

Et quand « Monsieur Albert » parvient à joindre Paul, il ne comprend rien à « l’aventure foireuse », sauf de lui rapporter qu’au « cabinet-noir », ils sautent de joie. 

Que faut-il qu’il rapporte à son tour ? 

« Vous leur dites que ça a marché comme sur des roulettes, sauf que personne n’y est pour rien de nos services. C’est authentique. Même pas moi ! 

J’ai juste fait un film de 8 minutes mais qui restera vraisemblablement au secret pendant des années, sauf si j’en passe une copie à Wikileaks, parce que le fait de montrer ces images attestera indubitablement d’un « complot » préparé à l’avance pour avoir « piégé » sa suite ! »

Ce qui innocentera le bonhomme aux yeux de l’opinion mondiale, alors que c’est vraiment un malade du sexe doublé d’un pingre… 

Pas d’initiative hasardeuse, surtout pas, n’est-ce pas : On laisse le cours des choses faire leur œuvre. 

Comiques, va ! 

 

Mais au moins, on peut donner consigne au « château » que les services français sont totalement hors du coup. 

Surtout si le film ne sort pas, ce qui attesterait effectivement de l’existence d’un complot : Il est entre les mains des juges et de la CIA, il y a donc assez peu de chance. 

Parce que des caméras de sécurité, il y en a partout dans le Sofitel, mais pas dans les chambres ni dans les couloirs, hors, les portes des ascenseurs principaux. 

On peut donc affirmer tranquillement et sans mentir qu’il s’agit d’une affaire strictement privée qui ne regarde pas la vie politique du pays. 

Reste quand même à espérer que les américains ne relâchent pas trop vite l’ex-candidat avant les primaires de son parti. 

Un mois à tenir alors même que ledit parti se déchire déjà sur les causes et les conséquences, mais sans résultat : Le délai passe. 

Le « futur Président » n’est même pas éligible. 

D’ailleurs, une fois rentré au pays, il aura l’audace d’annoncer qu’il a manqué à son rendez-vous d’avec le peuple : Son seul regret ! 

Magnifique. 

Même son épouse, qui a payé tous les frais au passage, en sera élue « femme de l’année », heureusement avant l’année internationale de la femme, et recrutée pour diriger l'édition française de l'Huffington Post, un site américain, créé en 2005 par la flamboyante Arianna Huffington, ayant bâti sa renommée sur un savant mélange d'information, de divertissement et surtout d'opinions, avec une fréquentation du site qui fait rêver : Près de 37 millions de visiteurs uniques par mois. C'est même Matthieu Pigasse - directeur général de la banque Lézard, propriétaire des Inrockuptibles, actionnaire du quotidien Le Monde - qui lancera la version française en janvier 2012. 

 

Finalement, Paul rentre à Paris en passant par Londres et Glasgow : Il s’agit de mettre un point final à l’opération de cession des titres du trust le Lady Joan qui les portaient jusque-là, avant de rentrer jusque sur les bords du Cher. 

 

L’inauguration de Mylène est en fait aussi la réception définitive du chantier de restauration du « Château-sur-Cher », avec paiement des soldes, et a lieu sur deux jours à la fin-mai. Elle y met les petits plats dans les grands pour l’occasion, invitant presse et VIP locaux, le ban et l’arrière-ban, y compris les équipes des bâtiments de France qui auront enquiquiné Florence durant de longues semaines, les officiels de la préfecture en charge du dossier et même quelques « compagnons » qui auront participé au chantier, 

Et l’opération de promotion aura réquisitionné pratiquement tous les hôtels et chambres d’hôte entre Vierzon et Bourges. 

 

Quant à Paul, propriétaire du site à travers sa SCI à capital variable, il aura fait le tour de son carnet d’adresse des anciens de sup-aéro et de l’X, dont finalement assez peu auront fait le déplacement. 

Seront présents Mozart, Bach, Vivaldi, Beethoven, J-M. Jarre, Moby, un groupe folklorique local, les « gais bourréyeux » avec leurs binious, leurs vielles à roue et leurs sabots pour l’ambiance musicale. Et aussi Dominique Gijou, sa « garde du corps » durant la fin d’année 2009, toujours aussi accorte, les époux Rémarde, Lydia en parfaite poufiasse tout de cuir vêtue, son pote Jean Vecchia et sa femme, ceux-là chargés de l’entretien du sémaphore de Saint-Florent, venus spécialement de Corse, Isabelle Nivelle et sa fille Sophie, Joëlle Lidoire la hackeuse de la cour des comptes et ses rejetons. Jean-Charles Huisne revenu de sa retraite et sa collègue Gabrielle Choisille toujours en activité qui peine à vendre les bijoux de famille de la Nation récupérés par Paul, Sandrine la première épouse de Jacques et leurs enfants, l’ex de Jacques, la belle-sœur de Paul, avec ses gamins lui collent aux trousses, la juge Hélène Trois-dom, l’œil pétillant, mais pas Scorff retenu sur la capitale. Nathalie Lévy, la belle voisine aux yeux myosotis et son cousin Lev qui persiste à entretenir des liens de pseudo-amitié avec Paul espérant le débaucher pour le compte d’une université israélienne, sa colocataire Marie-Claire Gouët et son œil de travers, la cuisse toujours aussi légère qui se fait draguer par quelques bellâtres. Barbara la secrétaire générale de la SAS de distribution de liqueur de Paul, sage comme une image derrière son sourire niais, Cécile et Stéphanie avec de nouvelles identités, helvétiques cette fois-ci, Miho, au moins aussi discrète, Lady Catherin venue vérifier que leurs accords tenaient toujours. Marc avec ses polices d’assurance en poche, Jean-Luc et ses caméras en bandoulière qui fera des paquets de « rush », « DD » et sa marmaille « boule-de-suif » et « Monsieur Albert » et ses « riririris » insupportables. 

 

Il manque Emily Lison retenue à L.A. pour un enregistrement. Charlotte la vraie et Aurélie, elles-mêmes surbookées. Jacques son frère, Eva, la fille de Mylène, quelle que part par monts et par vaux avec on ne sait qui. Lady Joan et Sir Martin qui n’ont pas répondu à l’invitation pour être en voyage de noces aux Îles Caïman. Quelques « militaires » de promo, alors que d’autres ne sont surtout pas invités, y compris ni Carine & Claudine, les deux sœurs déjà à pied d’œuvre dans le lit de Philippe Lacuistre (des rapides !). 

Une vocation, on avait dit… 

 

Pas loin de 1.000 à 1.500 personnes se sont relayées autour des buffets montés par Mylène qui a dirigé les deux journées de main de maître, aidée d’une cinquantaine d’intermittents qui œuvrent depuis le début de la semaine, où elle présente sa carte et ses formules « menus » à venir : Et déjà des réservations…

Le « brunch » continental et copieux est à 5,50 €, le même mais anglais est à 8,90 €, le menu de midi avec buffet de hors-d’œuvres à volonté est à 15,90 €, les menus du soir ont des prix qui varient de 18,20 € à 27,70 €, boissons non comprises… 

Des prix un peu élevés pour la région, mais avec sa carte de quelques 36 références, elle rehausse le niveau local. 

Manque simplement une carte des vins un peu mieux fournie : Ça viendra avec le temps. 

Magnifique journée, d’autant qu’il fait beau et chaud. 

 

Comme c’est aussi journée de chèque final après réception des travaux, Paul à la surprise de taille de rencontrer le gérant de l’entreprise générale de bâtiment sise dans le Var retenue par Florence l’architecte à la manœuvre, tout simplement parce que c’est une entreprise habilitée « bâtiments de France », assez grosse pour avoir une agence à Vierzon. Et ce gérant n’est autre que Daniel Parepoux… 

Certes, bien plus vieilli qu’il ne pouvait s’y attendre, le visage ravagé par de profondes rides dues à l’âge, le teint buriné, le casque colonial sur le ventre, quasiment chauve, le rare cheveu plaqué en mèches sur le haut du front nettement dégarni. 

Lui, d’abord au moins autant surpris que Paul, hésite entre large sourire et fuite ventre à terre vers les antipodes jusqu’au moins Ushuaia, comme s’il avait vu Satan en personne. 

Puis ils se ressaisissent tous les deux. 

« Qu’est-ce que tu ressembles à ton père ! » fait-il d’un compliment qui sonne faux. 

« Tu aurais dû me dire que c’était toi le propriétaire, je t’aurai fait une petite remise supplémentaire ! ». 

C’est dire s’il s’en est mis plein les fouilles ! 

Naturellement il demande d’abord des nouvelles de sa mère : Morte depuis un bail ! 

Et son frère ? Il avait bien un frère : « Retenu à Paris. » 

Finalement, la conversation roule rapidement sur l’épisode de Trouville après avoir à peine évoqué les difficultés du chantier tout juste clos. 

« Tu sais, j’ai toujours été disponible pour ta mère… dans son malheur ! » 

Il voulait coucher avec elle, oui ! 

« Non, ce n’est pas ça. J’avais déjà couché avec elle ! » 

Paul se retient pour ne pas lui foutre son poing dans la gueule façon boulet de marine de 380 : Comment ose-t-il ainsi salir la mémoire de sa mère ? 

« En attendant, elle t’a jeté et elle a bien fait. Je vais te dire Daniel, de toute façon les frères Liamone ont parlé et ont expliqué ton rôle ce fameux soir. » 

Là, Parepoux fait la tronche, bouche ouverte, l’œil fixe, la mâchoire crispée, tétanisée, à deux doigts de l’AVC. 

L’autre commence à bafouiller quelques mensonges. « Je sais tout, pas la peine de raconter des bobards. » 

« Tais-toi et écoute-moi : Je ne savais pas que c’était toi derrière le marché de rénovation du bâtiment, sans ça tu n’aurais pas eu le chantier. Et je vais t’expliquer pourquoi : Tu m’écoutes ? » 

Il écoute Paul lui improviser une baliverne éhontée : 

« Depuis que les frères Liamone ont causé, naturellement, j’ai cherché à mettre un contrat sur ta tête. Mais renseignements pris, il se trouve que je sais que tu en as déjà au moins un. Un de tes créanciers à qui tu as fait des misères récemment et qui fait dans la fourniture de matériau d’aménagements divers de je ne sais quoi. 

Donc je reste étonné que tu sois encore vivant et bien entendu, je n’aurai pas confié mon fric à une entreprise qui est sur le point de perdre son patron à tout moment. 

Tu piges ? 

Mais je te remercie d’avoir terminé le boulot avant d’être abattu comme un chien, même si ça eut été un peu cher ! » 

La tête du Parepoux ! 

Paul a une folle envie d’en rire mais se retient à presque s’en pincer les fesses. 

 

« Et si tu veux confirmation, elle ne te dira pas tout, bien entendu, mais il y a ici la juge qui a recueilli les témoignages d’un des frères Liamone, l’autre ayant eu plein de semoule dans la tête avant de crever comme un chien. 

Oui, parce qu’ils sont morts tous les deux et que oui, leur employeur commun, le professeur Risle, c’est moi qui l’ai abattu au large du Canada. Tu peux vérifier auprès d’elle : Ça, elle te le confirmera ! 

Tu vois comme je suis sérieux. Alors planque tes miches avant que tu répandes ton sang sur mon lopin de terre : On va encore dire que c’est de ma faute, alors que je redoute plus pour la sécurité de mes invités ! 

Une balle perdue peut faire désordre en présence du Préfet du département ! » 

C’en est assez pour Parepoux : Il ne demande pas son reste et file à l’anglaise avec sa troupe et son chèque en poche. 

Paul fait signe à Cécile qui s’approche instantanément avec Miho collée aux basques. 

« C’est votre prochaine cible. Tu notes le numéro de sa voiture, tu prends un appareil photo et un chéquier, du fric, et tu le retrouves à Vierzon. » 

Paul ramasse le duplicata de la facture pour qu’elle ait l’adresse. 

Elles font quoi ? 

« Vous le filochez discrètement jusqu’à sa tanière et vous me faites un topo complet sur ses activités et ses habitudes : Je lui ai mis la trouille de sa vie au ventre. On avisera plus tard. Pas d’initiatives crapuleuses, hein ! »

Quand même curieux les détours du Destin se dit Paul en regardant partir discrètement sa troupe, ravie de redevenir utile. 

 

Puis les agapes se poursuivent, comme si de rien n’était. Il faut dire aussi qu’avec une bonne partie de ses « ex » sous la main, plus quelques nouvelles venues, Elsa et Virginie par exemple, Paul a de quoi faire pour avoir l’embarras du choix, ce qui ne plaît pas du tout, mais alors pas du tout ni à Florence, pas partageuse pour un sou, ni à Mylène, trop crevée pour protester : Elle n’avait qu’à pas mettre tant de chambres à disposition, aussi ! 

 

(Apartés n° 38 à 41) 

 

C'est aussi cette nuit-là qu’il rêve de son père entre-deux parties-fines.

Ils sont sur une plage de sable blanc. Il fait beau. Son père devise avec son grand-père qui tourne d’abord le dos à Paul approchant d’eux. 

Le grand-père (enfin il l’imagine) se retourne et semble ravi de la présence de son petit-fils. 

« Viens ! » fait son père, tout aussi radieux. 

Et Paul est fou de joie à cette idée. 

« Ah non ! Pas encore ! » intervient le grand-père à ce moment-là, quand il se retourne. 

« Ce n’est pas le moment. Fini donc ce que tu as à faire. » 

Il sera toujours temps. 

Et le rêve s’évanouit, laissant Paul en extase. 

 

Le lendemain, « la fête » se poursuit avec un sanglier en broche, alors que chacun met la main à la pâte pour remettre un peu d’ordre dans les chambres et les abords du « Château-sur-Cher » : Une bâtisse qui revit après de longues décennies d’abandon. 

Elle aurait dû devenir un centre aéré pour les gamins de la ville d’Orléans et du Val-de-Loire avant que le projet soit toujours suspendu et reporté par la mairie locale, faute de crédit. 

La cession à Paul aura permis un refinancement d’autres infrastructures municipales et départementales, qui avait avancé les fonds de travaux conservatoires, les mêmes qui ont donné tant de mal à Florence pour ne pas être conformes au cahier des charges des « bâtiments de France » : Il a fallu casser pour refaire à l’identique, mais selon les normes. 

De quoi alléger durablement les factures d’impôts futures de Paul à travers la loi Malraux, même si « la niche » a dû être rabotée entre-temps.

 

Source : http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/01/au-nom-du-pere-chapitre-xxxiv-tome-ii.html

 

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